Archives de Tag: sportifs et nourriture

TDF : « Réveillé par un contrôle anti-dopage » Le carnet de route de Cyril Lemoine : #épisode 7

Cyril Lemoine est cycliste professionnel depuis 2003. Il participe à son quatrième Tour de France avec l’équipe Cofidis. Pendant les trois semaines que dure l’événement, Cyril nous fait partager SON Tour de France. L’occasion de découvrir la grande boucle d’un angle différent à travers un coureur sympathique et disponible.

Lundi 21 juillet, journée de repos

« Deuxième jour de repos…Ça fait du bien après les étapes des Alpes. Cette journée a une saveur particulière pour moi puisque ma compagne et mon petit garçon de 2 ans m’ont rejoins. Après près de trois semaines sans se voir, c’est une parenthèse agréable de ce Tour de France. Cependant, ici, je ne suis pas le même qu’à la maison. Il ne faut pas que je m’éparpille sinon le lendemain c’est très difficile. Je reste dans ma petite bulle, concentré sur mon Tour de France. Si je commence à relâcher les nerfs, je ne serais plus dans la bonne dynamique. Ma compagne en est consciente. Mais ça me fait du bien au moral de les voir.

Le fait qu’ils soient là me permet de m’éloigner un peu de mes coéquipiers, de m’isoler. Après trois semaines tous ensemble, ça fait du bien d’avoir du temps pour soit.

Nous logeons dans un château : le Domaine de l’Hospitalet. C’est une propriété viticole. C’est calme, c’est tranquille et c’est beau. Nous sommes entourés de vignes, pas loin de la mer. Pour un amateur de vin comme moi, c’est super !

Ce matin, j’ai eu une mauvaise surprise : je me suis fait réveiller par un contrôle anti-dopage. On sait que ça peut arriver n’importe quand et c’est important de jouer le jeu si on veut avoir un sport clean… Mais un jour de repos…c’est dur ! C’est mon deuxième sur le Tour. Dans la vie quotidienne, nous devons signaler chaque jour où nous sommes avec une adresse précise car nous pouvons avoir des contrôles inopinés à tout moment.  Je ne compte plus le nombre de fois où ils sont venus à la maison me contrôler, c’est un peu contraignant. Depuis peu, une application a été mise en place pour nous faciliter les choses. C’est déjà ça !

Après le contrôle, je suis allé faire 1h30 de vélo avec un de mes coéquipiers. Nous avons roulé dans les terres et nous sommes revenus par Narbonne Plage, l’occasion de voir la mer ! Pour moi, cette petite sortie est essentiel un jour de repos. Ainsi, je dis à mon corps que ce n’est pas fini, qu’il faut continuer, qu’il y a encore des étapes derrière. Les 15 premières minutes, j’ai mal aux jambes, puis les muscles chauffent. Je fais alors quelques efforts sur une allure course, je transpire avant de terminer tranquillement. C’est important de transpirer pour éliminer les toxines emmagasinées la veille. La nourriture joue aussi un rôle important. Il faut faire attention de ne pas se suralimenter. Les efforts physiques sont réduits, les repas doivent l’être aussi. Nous mettons l’accent sur les légumes pour se « purifier » le foie, les viscères… Nous évitions aussi les laitages surtout quand il fait chaud.

Finalement, c’est plein de petits paramètres qui peuvent paraître insignifiants mais qui font la différence. Chacun a ses petites habitudes.

L’après-midi passée en famille, c’est le retour à la routine traditionnelle avec massage, ostéo et diner. Tu retrouves ta peau de cycliste du Tour de France pendant le repas du soir avec une pensée parmi d’autres : demain c’est 237 kilomètres… »

Propos recueillis par Méryll Boulangeat @Meryll_B

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TDF : « Aujourd’hui, c’était maki » Le carnet de route de Cyril Lemoine : #épisode 4

Cyril Lemoine est cycliste professionnel depuis 2003. Il participe à son quatrième Tour de France avec l’équipe Cofidis. Pendant les trois semaines que dure l’événement, Cyril nous fait partager SON Tour de France. L’occasion de découvrir la grande boucle d’un angle différent à travers un coureur sympathique et disponible.

Vendredi 11 juillet, septième étape. Détenteur du maillot de meilleur grimpeur.

« L’étape du jour était l’une des plus longues. 235 kilomètres bouclés en 5h40. Plus les étapes sont longues, plus on commence tôt. Aujourd’hui, le départ était donné à 11h30. L’avantage de cette étape est que l’hôtel est proche de l’arrivée. Nous perdons moins de temps dans les transferts,  c’est agréable, ça nous laisse plus de temps pour les massages et se poser un peu à l’hôtel. Ça permet une bonne organisation de l’après-course.

J’ai toujours le maillot à pois, donc je tarde à rejoindre l’hôtel. D’abord il y a la remise protocolaire puis les sollicitations des médias. Sur le podium, j’y vais sereinement maintenant que je connais tout le protocole. J’apprécie toujours ce moment car il y a toujours autant de monde. J’en profite au maximum et je commence à y prendre goût…ça va peut être me manquer quand je ne l’aurais plus. L’étape de demain est plutôt accidentée. Il y a deux petits cols et une côte. Ça va être difficile de défendre mon maillot…enfin, je verrai bien comment je me sens. Il y a de nombreux paramètres à prendre en compte.

Du Tour à l’assiette

Sur le Tour, nous avons un cuisto depuis que nous sommes de retour en France. Jean-Luc Veyrier nous suit partout avec sa camionnette réfrigérée. Il cuisine dans les restaurants où nous nous arrêtons. C’est vraiment un  plus. Si on passe une mauvaise journée, on sait que le soir on va bien manger. De quoi nous remonter le moral ! Il a travaillé dans des restaurants étoilés et chaque fois qu’il nous présente une assiette,  nous sommes extasiés. Et puis Jean-Luc est vraiment à notre écoute. Si certains ne mangent pas de gluten, il fait des pates et du pain sans gluten. Il essaie de varier les repas, c’est appréciable.

Le matin, je mange une omelette jambon fromage, un bol (un petit bol !) de flocons d’avoine avec des fruits secs (noisettes, noix, dattes) que j’arrose de lait de riz et de miel liquide. Ensuite je me fais quelques tartines de pain avec du jambon. Un bon petit déjeuner quand même !!!  Pendant la compétition, nous avons des ravitaillements dans nos poches. Ce sont des gels énergétiques en général. A la mi-course, nous avons le droit de récupérer une musette. C’est un petit sac dans lequel on peut trouver tous types d’encas comme des tartes frangipanes, du pain avec du St-Moret et du jambon, des cakes aux fruits, des puddings… Il y a aussi des barres énergétiques et deux bidons d’eau.

La compète terminée, dans le bus qui nous mène à l’hôtel, c’est l’heure de la collation. Elle est composée de pommes de terre à la vapeur que l’on agrémente d’huile d’olive ou de parmesan. On peut aussi trouver des salades de riz ou de quinoa. Ça varie mais c’est toujours des féculents. Aujourd’hui, le chef nous avait préparé des makis au saumon. C’était super bon et ça fait du bien de changer. A cela s’ajoutent des boissons protéinées et des boissons riches en minéraux. C’est important pour la récup’ de recharger le corps le plus vite possible.

Quand on arrive à l’hôtel, si la faim est encore présente, il y a à notre disposition des fruits, du riz, des gâteaux ou des céréales dans une chambre. On peut dire que l’on ne manque de rien. Mais il faut quand même faire attention, le but n’est pas de grossir ! Le mieux, c’est de manger un peu en plusieurs fois car si on mange trop le soir, la digestion se fait mal et le sommeil est plus difficile à trouver.

Le soir, le repas est principalement composé de féculents mais il reste très varié. Aujourd’hui, par exemple, c’était salade de lentilles aux betteraves et aux pommes en entrée. Ensuite le chef nous a préparé du poulet avec du riz et de la ratatouille et pour finir de l’ananas avec du muesli et des framboises. C’était bon, mais je n’ai pas pu tout manger ! »

Propos recueillis par Méryll Boulangeat

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A chaque sport ses habitudes alimentaires

Bien qu’il soit difficile les ranger dans des cases, des diététiciennes ont constaté chez les sportifs des comportements alimentaires différents en fonction des sports pratiqués. De grosses tendances se dégagent. Article à lire ici

Photo et création : ABoul

Photo et création : ABoul

Méryll Boulangeat

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Manger, un plaisir de sportif !

« La nourriture c’est sacré ! » C’est Marcus, boxeur en équipe de France, qui l’affirme les yeux remplis de gourmandises. Ce n’est pas Noémie, qui représente la France en gymnastique rythmique, qui va dire le contraire : « j’adore manger, je suis hyper gourmande et ça depuis toujours  ». Ni Margaux, membre de l’équipe de France de natation synchronisée, qui considère son rapport à la nourriture comme « fusionnel ».

Les athlètes de haut niveau entretiennent un rapport particulier avec les aliments. Une relation « sacrée », presque obsessionnelle qui dépasse le facteur physique. Pour certains, le moment des repas devient un moment privilégié et attendu alors que pour d’autres c’est une épreuve. La nourriture est dans la tête de chaque sportif un moment à part. Un besoin autant qu’une envie.

Pour Isabelle Touffait, préparatrice mentale et sophrologue, « il y a un vrai lien entre les sportifs et ce qu’il y a dans leurs assiettes. Les sportifs aiment manger et possèdent une vraie curiosité culinaire, continue-t-elle. Cela peut venir du fait que les sportifs voyagent beaucoup et sont en contact avec de nombreuses cultures. Ils développent ainsi un palet différent des personnes qui sont moins en déplacement. » Le gout devient alors un facteur de plaisir. Un constat survenu après de nombreuses années de collaboration au près de sportifs de haut niveau.Lorsqu’elle utilise la sophrologie, elle demande aux personnes qui la consultent de choisir une « image ressource ». Un lieu, une couleur ou une image qui les apaise, les calme. Au fil du temps, elle s’est rendu compte que seuls les sportifs choisissaient une image en rapport avec l’alimentation.

Un autre détail a surpris Mme Touffait : quand elle demande aux sportifs de définir les points qui les emmèneraient, selon eux, vers la performance, elle s’est aperçue que « de nombreux sportifs citaient la nourriture… parfois avec une importance démesurée par rapport aux autres éléments cités. »

Le sportif est soumis à de fortes exigences. Pour être performant, il doit répondre aux contraintes exercées par son environnement. Entraînement, récupération, sélections, compétitions…. Les pressions sont permanentes. Tout est contrôlé et évalué par des personnes dont il dépend (entraîneur, préparateur physique, préparateur mentale, sélectionneur…). Pour Véronique Rousseau, diététicienne à l’INSEP (Institut Nationale du Sport, de l’Expertise et de la Performance), « la nourriture est un des seuls moments de liberté pour le sportif. Il fait ses choix, il est autonome. Lui seul contrôle son assiette ». Une autonomie qui peut finir par tourner à l’obsession.  Dans le cas des régimes par exemple : « plus on pense à ne pas manger plus on a envie de manger, rappelle Madame Rousseau ». L’esprit est centré sur l’interdit : la nourriture.

Marjorie Brun est kinésithérapeute du sport. Pour elle, « chaque sportif a son petit truc -pomme, chocolat, barres énergétiques…- qu’il croit efficace mais qui est  parfois à l’opposé de ce qu’il faudrait faire. Ces croyances sont un moyen pour l’athlète d’installer un rituel. Rituel essentiel pour la compétition car il met le sportif en confiance. Par la nourriture, il se crée un certain confort, une habitude qui vise à le rassurer ».

Une idée renforcée par Isabelle Touffait qui intègre la nourriture dans le rituel de préparation de l’athlète. « Dans les sports où le poids est important, la nourriture est intégrée à  la routine de préparation de la compétition. Par exemple, en biathlon, le petit déjeuner et le repas de la veille sont calculés, minutés, réfléchis.» Un gage de confiance. Pour pallier à l’inconnu. Pour rassurer.

Pour Véronique Rousseau, la nourriture s’inscrit aussi dans une dimension sociale pour les athlètes. « C’est un moment relatif à l’enfance, à la culture familiale », explique-t-elle. Souvent en déplacement, les sportifs sont séparés de leurs proches et de l’univers dans lequel ils ont grandit. La nourriture permet de garder un contact avec ses origines.

« C’est aussi un moment de partage », renchérit Madame Rousseau. Un avis approuvée par Ophélie David, championne de skicross : « ces moments autour de la table sont relaxants car on peut discuter, rigoler, échanger. C’est très important socialement, surtout dans un groupe. »

Pour performer, se faire plaisir, s’évader ou bien se rassurer, aucun doute : pour le sportif,  « la nourriture c’est sacré ! « .

Méryll Boulangeat

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Manger, un plaisir de sportif !

« La nourriture c’est sacré ! » C’est Marcus, boxeur en équipe de France, qui l’affirme les yeux remplis de gourmandises. Ce n’est pas Noémie, qui représente la France en gymnastique rythmique, qui va dire le contraire : « j’adore manger, je suis hyper gourmande et ça depuis toujours  ». Ni Margaux, membre de l’équipe de France de natation synchronisée, qui considère son rapport à la nourriture comme « fusionnel ».

Les athlètes de haut niveau entretiennent un rapport particulier avec les aliments. Une relation « sacrée », presque obsessionnelle qui dépasse le facteur physique. Pour certains, le moment des repas devient un moment privilégié et attendu alors que pour d’autres c’est une épreuve. La nourriture est dans la tête de chaque sportif un moment à part. Un besoin autant qu’une envie.

Pour Isabelle Touffait, préparatrice mentale et sophrologue, « il y a un vrai lien entre les sportifs et ce qu’il y a dans leurs assiettes. Les sportifs aiment manger et possèdent une vraie curiosité culinaire, continue-t-elle. Cela peut venir du fait que les sportifs voyagent beaucoup et sont en contact avec de nombreuses cultures. Ils développent ainsi un palet différent des personnes qui sont moins en déplacement. » Le gout devient alors un facteur de plaisir. Un constat survenu après de nombreuses années de collaboration au près de sportifs de haut niveau.Lorsqu’elle utilise la sophrologie, elle demande aux personnes qui la consultent de choisir une « image ressource ». Un lieu, une couleur ou une image qui les apaise, les calme. Au fil du temps, elle s’est rendu compte que seuls les sportifs choisissaient une image en rapport avec l’alimentation.

Un autre détail a surpris Mme Touffait : quand elle demande aux sportifs de définir les points qui les emmèneraient, selon eux, vers la performance, elle s’est aperçue que « de nombreux sportifs citaient la nourriture… parfois avec une importance démesurée par rapport aux autres éléments cités. »

Le sportif est soumis à de fortes exigences. Pour être performant, il doit répondre aux contraintes exercées par son environnement. Entraînement, récupération, sélections, compétitions…. Les pressions sont permanentes. Tout est contrôlé et évalué par des personnes dont il dépend (entraîneur, préparateur physique, préparateur mentale, sélectionneur…). Pour Véronique Rousseau, diététicienne à l’INSEP (Institut Nationale du Sport, de l’Expertise et de la Performance), « la nourriture est un des seuls moments de liberté pour le sportif. Il fait ses choix, il est autonome. Lui seul contrôle son assiette ». Une autonomie qui peut finir par tourner à l’obsession.  Dans le cas des régimes par exemple : « plus on pense à ne pas manger plus on a envie de manger, rappelle Madame Rousseau ». L’esprit est centré sur l’interdit : la nourriture.

Marjorie Brun est kinésithérapeute du sport. Pour elle, « chaque sportif a son petit truc -pomme, chocolat, barres énergétiques…- qu’il croit efficace mais qui est  parfois à l’opposé de ce qu’il faudrait faire. Ces croyances sont un moyen pour l’athlète d’installer un rituel. Rituel essentiel pour la compétition car il met le sportif en confiance. Par la nourriture, il se crée un certain confort, une habitude qui vise à le rassurer ».

Une idée renforcée par Isabelle Touffait qui intègre la nourriture dans le rituel de préparation de l’athlète. « Dans les sports où le poids est important, la nourriture est intégrée à  la routine de préparation de la compétition. Par exemple, en biathlon, le petit déjeuner et le repas de la veille sont calculés, minutés, réfléchis.» Un gage de confiance. Pour pallier à l’inconnu. Pour rassurer.

Pour Véronique Rousseau, la nourriture s’inscrit aussi dans une dimension sociale pour les athlètes. « C’est un moment relatif à l’enfance, à la culture familiale », explique-t-elle. Souvent en déplacement, les sportifs sont séparés de leurs proches et de l’univers dans lequel ils ont grandit. La nourriture permet de garder un contact avec ses origines.

« C’est aussi un moment de partage », renchérit Madame Rousseau. Un avis approuvée par Ophélie David, championne de skicross : « ces moments autour de la table sont relaxants car on peut discuter, rigoler, échanger. C’est très important socialement, surtout dans un groupe. »

Pour performer, se faire plaisir, s’évader ou bien se rassurer, aucun doute : pour le sportif,  « la nourriture c’est sacré ! « .

Méryll Boulangeat

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