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Vendée Globe : La Louise, refuge planqué

Pendant une semaine, retrouvez, chaque jour un article sur le Vendée Globe. Découvrez les coulisses de ce grand événement à travers des histoires, des acteurs, des lieux et des hommes de l’ombre. Aujourd’hui, visite d’une goélette privée où les skippers et les acteurs du Vendée Globe aiment se retrouver.

Tout au bout du village éphémère du Vendée Globe, il y a un lieu hors du temps. Loin des files d’attentes interminables, La Louise fait face au ponton où sont amarrés les bateaux de course. Dans le milieu de la course au large presque tout le monde connaît ce voilier couleur « danette caramel » et son capitaine, Thierry Dubois. Ancien coureur au large, le skipper a participé à trois tours du monde en solitaire dont deux Vendée Globe (éditions 1996 et 2000). Vingt ans plus tard, il est toujours présent sur les pontons des Sables d’Olonne à bord de la goélette de 19 mètres en bois qu’il a entièrement construite. Plus qu’un bateau, La Louise représente beaucoup pour Dubois qui y vit à l’année.

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Rêves de marins : "Le sommeil, un défi supplémentaire"

Bertrand Delesne et son voilier, le TeamWork40  CP/ChristopheBresci

Bertrand Delesne et son voilier, le TeamWork40
CP/ChristopheBresci

Bertrand Delesne participe à la Route du Rhum pour la première fois CP/Christophe-Bresci

Bertrand Delesne participe à la Route du Rhum pour la première fois
CP/Christophe-Bresci

Telles de petites gouttes d’eau au milieu de l’immensité de l’océan atlantique, 91 marins lancés dans la route du Rhum, défieront vents et marées pour atteindre les côtes guadeloupéennes le plus rapidement possible. Jours et nuits, ils passeront leur temps à anticiper, calculer, évaluer les conditions pour être les plus performants possible. Outre les côtés purement techniques, les marins devront prendre soin de leurs corps. « Une transatlantique en solitaire sur ce type de voiliers est synonyme de dépense physique importante, explique Bertrand Delesne, engagé dans la catégorie des Class40 pour sa première route du Rhum. Il faut savoir gérer la récupération pour tenir jusqu’au bout ». Le sommeil, un défi supplémentaire pour les marins : «  C’est un paramètre propre à notre sport, développe le skipper de 37 ans. C’est un domaine qui est sans cesse perfectible. Les premiers jours sont les plus difficiles.  Je sais que je ne vais pas pouvoir dormir pendant deux ou trois jours car c’est intense. Nous traversons des zones dangereuses avec de multiples changements de bords et de nombreux bateaux aux alentours avec des risques de collisions. C’est une période difficile, il faut le temps de s’acclimater. Je me fais mal pour rester éveillé. Les yeux picotent, je ne me sens pas bien, j’ai froid. Et puis au bout de trois, quatre jours, je suis enfin en mode navigation et je prends un nouveau rythme. » Un rythme sommaire : 5 heures de sommeil par 24 heures. Pas question cependant de parler de jours et de nuits. En mer, les journées sont sans fin, le sommeil fractionné. «  En général je dors demi-heures par demi-heures. Jamais plus, parfois moins. Si les conditions sont risquées ou que je traverse des passages clés, je fais des micro-siestes de 5 minutes. »

L'intérieur du bateau la veille du départ de la route du rhum

L’intérieur du bateau la veille du départ de la route du rhum

L'intérieur du bateau la veille du départ de la route du rhum

L’intérieur du bateau la veille du départ de la route du rhum

 

Apprendre à dormir

Depuis quelques années, le recordman de la meilleure distance parcourue en Mini 6.50 sur 24 heures (304,9 milles, soit 555 km), se penche sur cette facette de la compétition qui lui a causé du tort au début de sa carrière. « Ma gestion était mauvaise. Je n’étais pas structuré, je perdais beaucoup d’énergie, avoue Bertrand Delesne. Mon sommeil n’était pas réparateur et la fatigue s’accumulait au fil des traversées. Je suis un gros dormeur à terre et j’ai eu besoin de m’habituer à ce paramètre. » Mais avant de « s’habituer », le skippeur aux trois transatlantiques en solitaire a eu besoin de comprendre. Comprendre le sommeil, son sommeil. Pour cela, il a rencontré des experts en la matière, est allé dans un centre spécialisé à Paris, a rencontré des nutritionnistes en quête de ce sommeil court et réparateur qui fait la richesse des navigateurs. Ses nuits et ses cycles ont été analysés, décortiqués. Sur le bateau, le travail continue : il note tout dans un petit agenda à la fois pour se souvenir mais aussi pour garder des repères. « En début de journée, je me fais une feuille de route avec les grandes étapes du jour. Je décompose les heures, les caps à suivre, les éléments techniques à réaliser mais aussi les temps de récupération. Cela me permet de ne pas perdre la notion du temps. Sinon, il m’arrive de ne plus savoir quand j’ai dormi. » Ces années de questionnement ont permis au skipper Breton d’atteindre le sommeil paradoxal, celui où les rêves prennent le relais, en moins de cinq minutes alors qu’il faut minimum une heure en temps normal. Et quand on lui demande sa technique pour réaliser de telles prouesses avec son rythme biologique, il évoque « l’habitude », « le travail sur soi » et « l’écoute du corps ».

Bertrand Delesne et son voilier, le TeamWork40  CP/ChristopheBresci

Bertrand Delesne et son voilier, le TeamWork40
CP/ChristopheBresci

 

Rêver éveillé

Les rêves quand à eux, sont une véritable source d’énergie pour les solitaires. « Il m’arrive de rêver de bateaux et de mer mais en général, j’arrive à m’évader et à penser à plein d’autres choses. Parfois je vois ma famille, mes amis. Je fais très peu de cauchemars, ce sont en général des rêves positifs. Ça fait toujours du bien. Il m’arrive aussi de me réveiller, de m’occuper de mon bateau machinalement tout en continuant mon rêve pendant quelques minutes. C’est assez surprenant comme sensation. Il m’arrive aussi de me réveiller et de mettre quelques minutes avant de savoir où je suis. Mon cerveau a un petit temps de réaction avant de se connecter avec le moment présent. » Dans son bateau, le matériel est sommaire. Pour dormir, Bertrand Delesne a opté pour un pouf fourré de microbilles. « Un lit prend trop de place. Avec le pouf, je peux me caler où je veux, surtout si le bateau gîte (penche, ndlr) ou saute pendant que je dors. Avec le temps, le corps s’habitue aux mouvements du bateau. Tout en dormant, l’inconscient écoute ce qui se passe à bord. Si il y a un changement de trajectoire brusque ou si le bateau ralenti, je suis automatiquement réveillé. »

Concourant dans la catégorie des Class40, Bertrand Delesne est en lice pour la victoire. Avec son monocoque, il devrait mettre entre 17 et 19 jours, si tout se passe bien, pour arriver sur les côtes antillaises avec sûrement cette irrésistible envie, celle d’une petite sieste sous les cocotiers.

Bertrand Delesne et son voilier, le TeamWork40  CP/ChristopheBresci

Bertrand Delesne et son voilier, le TeamWork40
CP/ChristopheBresci

Méryll Boulangeat @Meryll_B

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