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Mieux comprendre les paralympiques

Les jeux paralympiques sont ouverts. Des disciplines et des athlètes qui, petit à petit, sortent de l’ombre. Ils deviennent, aux yeux du grand public, des sportifs à part entière. Pourtant, les règlements restent encore méconnus. Les règles peuvent paraîtres flous pour les spectateurs novices des sports paralympiques.

Comment des athlètes ayant un handicap différent  peuvent-t-ils être en concurrence directe. Certains sont-ils avantagés ? Un aveugle a-t-il moins de chance de s’imposer qu’une personne en fauteuil ? Un unijambiste qui skie sans sa jambe a-t-il les mêmes repères qu’un unijambiste amputé ? Essayons de décrypter les subtilités des différents handicaps. Prenons l’exemple du ski alpin.

Pour commencer, il faut savoir que les skieurs sont divisés en trois catégories : « les malvoyants », « les debouts » et « les assis ». Les sportifs s’exprimant debout ou en fauteuils sont plus nombreux que les malvoyants.

Ils évoluent tous sur le même parcours, les uns après les autres, mais figurent dans un classement différent. En descente, par exemple, il y aura trois médailles d’or pour les hommes, soit une par catégorie. Ce sont les malvoyants qui s’élancent en premier sur la piste, suivis des « debouts ». Les « assis » ferment la marche car leurs traces abîment un peu plus la piste.

Les choses se compliquent : chaque catégorie possède des sous catégories. Le IPC (Comité International Paralympique), composé de médecins et de kinésithérapeutes spécialisés, se réunit deux à trois fois par an pour redéfinir les différentes classifications médicales. De ces réunions, émane un tableau qui permet d’établir des coefficients de corrections.

En fonction de la hauteur de leurs handicaps, les sportifs se voient appliquer une pénalité sur leur temps réel effectué pendant la descente. Au final, tout le monde se retrouve sur le même pied d’égalité. En ski alpin, les coefficients sont directement multipliés par le temps réel. A la télévision, seuls les temps finaux, déjà modifiés, sont affichés, facilitant ainsi la compréhension du téléspectateur.

Tous les ans, le comité reçoit les nouveaux licenciés pour définir leur niveau de handicap. Un classement remis en question tous les deux à quatre ans puisque certains handicaps, comme la vue, peuvent évoluer.

LES MALVOYANTS

La première catégorie concerne les malvoyants. Ces sportifs sont accompagnés par un guide qui les précède. La réglementation prévoit une distance maximale à ne pas dépasser entre le l’athlète et son accompagnateur.  Il existe trois déclinaisons de personnes malvoyantes. Les premiers, les B1 (B pour « blind »), sont complètement aveugles. Ils sont guidés par la voix de leur éclaireur qui utilise un haut parleur.

Ensuite, il y a les B2 qui sont capables de distinguer quelques formes. Un de leur entraîneur image ce qu’ils perçoivent : « c’est un peu comme regarder Canal + en codé ». En plus de suivre la silhouette qui les précèdent, ils reçoivent des informations par une oreillette bluetooth.

Les B3 sont ceux qui voient le mieux. Ils distinguent mieux leur guide que les B2 mais sont aussi dotés d’une oreillette.

Français engagés dans cette catégorie : – Ski de fond : Thomas CLARION (B1) guidé par Julien BOURLA

 » LES DEBOUTS « 

Alors qu’il y a seulement trois déclinaisons de malvoyants, les « debouts » sont beaucoup plus nombreux. Pour faire simple, il y a les amputés et les hémiplégiques. Mais ce n’est pas si simple car les amputés ne peuvent pas tous évoluer avec la même pénalité. Les unijambistes ou amputés fémoral (LW2), ont moins d’équilibre que les skieurs amputés au niveau du tibia, qui ont une prothèse (LW4). De même, si un sportif est amputé d’un bras (LW6/8) ou des deux (LW5/7), les repères ne seront pas les mêmes. Le niveau de l’amputation est aussi pris en compte par l’IPC. Par exemple, si le handicap du skieur débute au coude ou à l’épaule, la pénalité sera différente.

Dernière précision : parmi les amputés, il y aussi les sportifs ayant une agénèse. Ils sont nés avec un organe en moins. Classés avec les amputés, ils sont plus habitués au handicap.

Les hémiplégiques sont eux aussi divisés en deux sous catégories (LW9/1 et LW9/2).

Français engagés dans cette catégorie : – Ski alpin : Vincent GAUTHIER-MANUEL (LW 6/8), Cédric AMAFROI-BROISAT (LW 4), Romain RIBOUD (LW 9/2), Solène JAMBAQUÉ (LW 9/2), Marie BOCHET (LW 6/8)  – Snowboard : Patrice BARATTERO, Cécile HERNANDEZ-CERVELLON – Biathlon : Benjamin DAVIET (LW2),

 » LES ASSIS « 

Cette catégorie concerne les paraplégiques et les sportifs amputés des deux membres inférieurs. Sur la piste, ils évoluent en fauteuil roulant (ou glissant) ! A l’image des malvoyants, ils sont divisés en trois déclinaisons. Cela dépend de la hauteur de la lésion. C’est la sangle abdominale qui délimite les différentes sous catégories. Il y a les sportifs qui n’ont aucunes sensations en dessous des abdominaux (LW10) et les paraplégiques incomplets au niveau abdominal (LW11). Dans la dernière déclinaison (LW12), on retrouve les paraplégiques amputés et ceux qui ont toutes leurs capacités abdominales. Parmi eux, certains sont capables de se tenir debout avec ou sans béquilles.

Français engagés : – Ski alpin : Frédéric FRANÇOIS (LW 11), Jean-Yves LEMEUR (LW 12), Cyril MORÉ (LW 12), Yohann TABERLET (LW 12) – Ski de fond : Romain ROSIQUE (LW 11)

Ils seront quinze français à Sotchi, neuf en ski alpin, quatre en ski nordique et deux en snowboard pour la première apparition de la discipline aux jeux paralympiques. Forte de six médailles, dont une en or, à Vancouver, la délégation française s’est fixée l’objectif de rapporter dix médailles dans nos montagnes.

Méryll Boulangeat

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