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Quand les bleus répètent leurs gammes, dans les coulisses de l’équipe de France de ski alpin.

Avant de faire leur show sur les neiges du grand cirque blanc, les skieurs de l’équipe de France vivent de longues phases d’entraînement. Printemps, été, automne. Autant de saisons pendant lesquelles ils répètent leurs gammes avec l’espoir de briller, une fois les premières neiges tombées. De Tignes à Saas Fee, sur les glaciers européens, ils nous ont raconté leur été, leur objectif et même un peu plus parfois. À travers cette série, partez à la rencontre des meilleurs skieurs français. Ceux-là même qui vous feront vibrer, cet hiver, devant votre poste de télévision. Préparez-vous à vivre une immersion dans les coulisses de l’équipe de France de ski alpin.

#1 : ALEXIS PINTURAULT

Leader de l’équipe de France à seulement 23 ans, Alexis Pinturault est au centre du troisième épisode de « Les bleus répètent leurs gammes ». En Suisse, il s’est confié sur son entraînement estival, ses objectifs de l’hiver et son très médiatique changement de matériel. Rencontre avec « la petite perle du ski français ».

#2 : TESSA WORLEY

Championne du monde en 2013, Tessa Worley a été privée de Jeux Olympiques l’hiver dernier suite à une blessure au genou. Cet automne, dans le cadre de la série « Les bleus répètent leurs gammes », nous sommes allés à sa rencontre. La skieuse tricolore a évoqué sa confiance, ses doutes et son retour sur les skis.

#3 : ADRIEN THÉAUX

Pour cet épisode de « Les bleus répètent leurs gammes », nous avons suivi Adrien Théaux. À l’aube de la saison, sur le glacier de Tignes, il s’est livré. Changement de matériel, été compliqué, préparation mental, ambiance de groupe. Avec honnêteté, il raconte tout.

#4 : STEVE MISSILIER

Après sa médaille olympique l’hiver dernier, l’été de Steve Missilier n’a pas été de tout repos. Dans le cadre de la série « Les bleus répètent leurs gammes », il se confie sur son été et évoque ses ambitions pour l’hiver. Loin d’être rassasié après son succès olympique, il rêve à nouveau de podium et pas seulement en géant.

#5 : MARION ROLLAND

La carrière de Marion Rolland a été ponctuée de haut et de bas. La championne du monde en titre se confie pour la série « Les bleus répètent leurs gammes ». Elle évoque sa blessure au genou en septembre 2013 et les raisons qui l’ont poussées à remonter sur les skis. Rencontre touchante avec une skieuse attachante.

Textes et vidéos : Méryll Boulangeat

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Que se cache-t-il derrière un chronomètre ?

Elle passe la ligne d’arrivée, se retourne, prend connaissance de son temps et lève les bras au ciel. Elle vient de gagner. Le temps s’arrête, elle savoure. Quelques minutes auparavant elle défiait ce même temps sur la piste. Le temps. Sans lui, il serait difficile, voir impossible, de départager les skieurs à l’arrivée. Le temps. Un outil-clé qui permet d’apprécier le spectacle et les prouesses des sportifs glissants. Derrière cet indicateur, Lire la suite

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Jeux Olympiques de Sotchi : Vrai ou faux record ?

Avec 15 médailles en Russie, la France a atteint son objectif. Et apporté aux JO une poignée de belles surprises. Mais derrière les chiffres se cache une réalité plus nuancée. Les échecs ont été nombreux et le programme n’a jamais été aussi fourni.

 

Début décembre. Fabien Saguez, directeur technique national de la fédération française de ski, annonce : « Pour les Jeux olympiques de Sotchi, notre objectif à la FFS est de 15 médailles, dont 5 en or », avant d’ajouter : « C’est un objectif ambitieux ». Le 23 février dernier, lors de la cérémonie de clôture de ces mêmes Jeux olympiques, le tableau des médailles affiche 15 récompenses (dont 4 en or)…pour l’ensemble de la délégation française. Un record aux Jeux olympiques d’hiver. Un record à l’allure trompeuse.

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Enquête : Jeux olympiques de Sotchi, vrai ou faux record ?

Michel Vion, président de la Fédération Française de ski Crédit photo : L'Equipe

Michel Vion, président de la Fédération Française de ski
Crédit photo : L’Equipe

Avec 15 médailles en Russie, la France a atteint son objectif. Et apporté aux JO une poignée de belles surprises. Mais derrière les chiffres se cache une réalité plus nuancée. Les échecs ont été nombreux et le programme n’a jamais été aussi fourni.

Début décembre. Fabien Saguez, directeur technique national de la fédération française de ski, annonce : « Pour les Jeux olympiques de Sotchi, notre objectif à la FFS est de 15 médailles, dont 5 en or », avant d’ajouter : « C’est un objectif ambitieux ». Le 23 février dernier, lors de la cérémonie de clôture de ces mêmes Jeux olympiques, le tableau des médailles affiche 15 récompenses (dont 4 en or)…pour l’ensemble de la délégation française. Un record aux Jeux olympiques d’hiver. Un record à l’allure trompeuse. Benoît Lallement couvre les disciplines hivernales depuis 1998 pour le journal L’Equipe. Il estime que « c’est un bilan correct. Ils ont fait le nombre de médailles qu’ils avaient annoncées ». Pourtant, le journaliste pose quelques nuances : « On peut se poser la question de savoir si l’objectif n’a pas été sous-évalué en amont ». Benoît Lallement souligne qu’il n’y ait jamais eu autant de disciplines au programme des Jeux olympiques. Six nouvelles épreuves ont fait leur apparition en Russie. De quoi faire sourire le clan français. En half pipe, deux filles et trois garçons jouaient sur le devant de la scène en cette année olympique. L’équipe de saut à ski féminin, aussi jeune soit-elle, n’avait pas à rougir face aux autres nations et pour le relais mixte en biathlon, la France faisait partie des favorites au titre. A ce vent de fraicheur et de nouveauté, il fallait ajouter la forte bise venue des anciens. Ceux pour qui l’aventure olympique est devenue une simple formalité tous les quatre ans. Ski alpin, biathlon, combiné nordique…des épreuves et des chances de podiums légitimes.

Avec 19 médailles aux derniers championnats du monde, toutes disciplines confondues, la France a-t-elle vue petit en visant seulement 15 médailles à Sotchi ?« L’objectif était réaliste, voire ambitieux, analyse un expert de l’INSEP (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance). Comme lors de tous les Jeux olympiques, il faut prévoir que certains favoris seront présents mais d’autres non. » Un autre critère à prendre en compte dans les calculs : les blessures. « C’est plus compliqué à gérer que pour les sports d’été car il y a énormément de blessés », souligne Benoît Lallement. Parmi les blessures, survenues quelques mois avant l’échéance, deux ont particulièrement retenues l’attention : celles de Marion Rolland et de Tessa Worley, toutes deux Championnes du monde en titre de ski alpin (en descente et en slalom géant).

Miser sur la polyvalence

Sur 15 médailles ramenées dans les montagnes françaises 7 d’entre elles ont été remportées par des sports qualifiés d’« alternatifs » pour certains, « de djeun’s » pour d’autres (le snowboard et le ski freestyle). Sans ces sports, le bilan français serait réduit de moitié. Pour Michel Vion, ce n’est pas une surprise. « Depuis que je suis arrivé à la tête de la fédé, il y a quatre ans, nous avons pris l’option de jouer sur toutes les disciplines. Nous avons essayé de faire en sorte que tout le monde puisse travailler dans des conditions satisfaisantes, explique-t-il. Ce résultat n’est autre que le fruit de notre volonté de polyvalence. Nous essayons de répartir le budget le plus justement possible, même si nous sommes bien conscients que ce n’est jamais assez. »

Le Ski Freestyle Project regroupe les pratiquants du ski half pipe français. Géré en marge de la fédération, il est autonome. La FFS débloque un budget minimum, ce qui permet au groupe d’évoluer librement et d’échapper à certaines contraintes dictées par la FFS comme le choix du matériel et des tenues. Alors que certains s’interrogent sur le fait de pouvoir évoluer hors du cadre fédéral, Michel Vion assume cette situation : « Nous n’aurions pas la capacité de gérer ce groupe. Ils sont très professionnels dans leurs démarches, on leur fait confiance. Il serait même intéressant, sur le long terme, d’étendre ce mode de fonctionnement à d’autres disciplines. Nous avons compris qu’on ne gère pas de la même manière un groupe de snowboarder et de freestylers qu’un groupe de skieurs alpins ou de biathlètes. » Le président de la fédération se félicite de cette polyvalence, selon lui, spécifique à la France : « très peu de nations peuvent faire ce constat. Prenez la Norvège par exemple, ils sont très fort en nordique mais n’ont pas de snowboarders. Les Américains sont présents partout mais pêchent en biathlon. Aux Pays-Bas, l’accent est mis sur le patinage de vitesse. »

La glace a fondu

Le patinage de vitesse et tous les sports de glace, talon d’Achille du clan français. « En sport de glace, le bilan est nul », commente Benoît Lallement. Depuis Turin en 2006, aucune médaille n’a été décrochée par la fédération des sports de glace (FFSG). Et les Jeux de Sotchi n’ont pas permis d’inverser la tendance. « La glace, c’est un chantier énorme, explique le journaliste de l’Equipe. Il n’y a pas de stratégie mise en place. Ils sont restés dans la ligne droite de Vancouver sans se poser les bonnes questions et en tirer des leçons.» Même constat pour l’expert de l’INSEP, « c’est un échec, avoue-t-il. Il ne fallait pas s’attendre à des miracles. Les seuls chances étaient le couple Péchalat-Bourzat, qui pouvait espérer une médaille de bronze en danse sur glace, et Florent Amodio (ndlr : patinage artistique) qui s’est écroulé. Les autres ont patiné à leur niveau. »

Nathalie Péchalat et Fabian Bourzat.  Trophé Bompard 2012, Paris.  Crédit photo : Emmelieke Odul

Nathalie Péchalat et Fabian Bourzat.
Trophé Bompard 2012, Paris.
Crédit photo : Emmelieke Odul

Et le patinage de vitesse alors ? « Aucun effort n’a été fait sur les réelles chances de médailles, souligne Benoît Lallement. Tout a été misé sur le patinage artistique, les autres sports ont été laissés à l’abandon. Il n’y a pas de moyens, pas de coaches, pas de reconnaissances pour ces athlètes. » De ternes résultats qui handicapent la France dans le classement final des médailles selon Michel Vion : « nous sommes 10ème au classement des médailles (ndlr : 12ème à Vancouver). Le problème c’est que les 15 médailles sont réparties sur une seule fédération, la FFS. Sans compter les sports de glace, la France pointerait à la 4ème place. Si la FFSG avait ramené ne serait-ce que 4 ou 5 médailles en plus, nous pouvions lutter pour le top 5. Finalement le score ne repose que sur nos épaules ».

Outre la glace, des grands loupés, des grosses déceptions, il y en a eu. A commencer par le porte drapeau et son équipe. Le combiné nordique, que l’on voyait, que l’on voulait doré avant l’heure. Certes, il y a eu cette erreur de fart, assumée et revendiquée, mais pas seulement… « Les garçons sont sûrement arrivés un peu émoussés, un peu fatigués ». Et la malédiction du porte-drapeau, il en pense quoi Michel Vion ? « ça c’est un peu la question cliché. Mais ça n’a rien à voir ». Pour lui, l’analyse est ailleurs, plus profonde qu’un simple drapeau : « cela fait trois ans que Jason est au sommet de son sport. Il y a un an, il décrochait trois titres de Champion du monde. Depuis le début de saison, il est un peu moins bien. D’abord parce qu’il a eu des soucis personnels. Et ensuite parce que le combiné est un sport très exigent, qui peut laisser des traces. Il a tellement tout gagné qu’il ne peut plus être aussi dominateur qu’avant. Mais il va bientôt regagner, j’en suis sûr. » Pour Benoît Lallement, « le débriefing de Lamy-Chappuis sera intéressant pour l’ensemble de l’équipe de France. Cela pourra permettre de mener une réflexion sur la gestion d’une olympiade. C’est un bon exemple. Cela montre aussi à quel point il est difficile d’être Champion olympique deux fois de suite. »

Au chapitre des déceptions, il y a aussi l’équipe de France de ski alpin. Plus forte que jamais, riche de 13 podiums en début de saison, comment pouvait-on ne pas espérer vibrer devant le ski alpin ? Il a fallu attendre le slalom géant pour voir se débloquer le compteur avant qu’il ne se fige sur un total de deux médailles (l’argent pour Steeve Missilier et le bronze pour Alexis PInturault). « Même si le résultat est meilleur qu’à Vancouver, pour moi le bilan ne reste pas très bon », interprète Benoît Lallement. Même son de cloche du côté de la fédération : « on attendait 3 ou 4 médailles, on est un peu en dessous. On a une très belle équipe. On peut dire qu’on a fait le service minimum », commente Michel Vion. Les observateurs s’accordent à pointer du doigt les performances des françaises, en retrait sur ces Jeux olympiques. « En vitesse (ndlr : descente et super-géant), c’est catastrophique. C’est une équipe qui n’existe plus. Il va falloir s’interroger sur ce qu’il y a à faire et trouver une solution pour remotiver et sélectionner les filles, débriefe le journaliste sportif. En technique (ndlr : géant et slalom) c’est différent, les filles ont bien skié, elles étaient à leur place. Et puis avec la perte d’une leader comme Tessa (ndlr : Worley), c’est compliqué. » Les blessures de Tessa Worley et Marion Rolland retentissent à chaque fois qu’on évoque les résultats féminins. « C’est vrai que les blessures mettent en évidence ces faiblesses, explique le président de la FFS. Chez les garçons, il y a beaucoup de monde à la base, une bonne émulation alors que chez les filles, le niveau global est un peu inférieur. On a toujours des talents que les autres pays nous envie mais pas un gros réservoir derrière.»

Des faiblesses ressenties aussi en biathlon. Malgré les belles performances de Martin Fourcade et ses trois médailles (deux en or et une en argent), et de Jean Guillaume Béatrix (bronze), la France a souffert. « La deuxième semaine a été difficile pour les biathlètes, avoue Michel Vion. Même pour Martin qui est tombé malade. Il n’y a eu aucune médaille en relais, un fait rare pour la France, qui traduit un niveau moyen de l’équipe. Les athlètes étaient calés sur le rythme des Championnats du monde 2013. Ils ont atteint leur pic de forme en janvier, deux semaines trop tôt. Nous avons mal géré ce point-là.»

Le coup de cœur Vaultier

Mais Sotchi, ce sont aussi de beaux moments, de belles images. Le sourire de Chloé Trespeuch, troisième en Snowbardcross pour son premier podium mondial. Et la fraicheur de Colline Mattel. Michel Vion espère que le bronze de la jeune femme va donner du souffle au saut à ski, discipline qui a du mal à trouver son public en France. « Il y a une génération de 3 ou 4 filles qui peuvent réussir à s’exprimer sur les compétitions internationales. L’émulation est importante, un noyau dur commence à prendre. Chez les garçons, en revanche, on éprouve une grande difficulté à créer une équipe. Nous n’avons la culture saut en France. Nous essayons d’y remédier. Depuis 2/3 ans, nous avons mis en place un « plan tremplin » pour faire découvrir la discipline et la rendre accessible aux plus jeunes ». Des jeunes qui pourront également s’inspirer de Pierre Vaultier, le snowboarder sacré Champion olympique avec un ligament croisé du genou en moins. Pierre Vaultier, ou l’athlète coup de cœur de Michel Vion : « deux semaines avant les jeux on ne savait même pas si il allait y participer. Et puis il est arrivé et il a survolé la compétition. Il n’a jamais été inquiété. Ca c’est une vraie belle histoire ».

Comment parler de belles histoires sans évoquer le triplé en Skicross ? « C’est historique, sourit le président de la FFS. Après Vancouver, nous avons fait le choix de recruter des skieurs alpins et de les former au skicross. Un choix audacieux, comme le fait de les amener en Turquie une semaine avant l’épreuve. Si ça n’avait pas fonctionné nous aurions été très critiqués. »

Et si finalement les grands vainqueurs de ces jeux étaient les fondeurs ? Dans l’ombre des autres disciplines, mais aussi des nations ayant une culture nordique forte (Russie, Norvège, Suède), ils ont su tirer leurs épingles du jeu. Troisièmes sur le relais homme du 4×10 kilomètres, c’est la première médaille de l’histoire des Jeux pour les français dans cette discipline. Les filles sur la quatrième marche ne sont pas passées inaperçues et les nombreuses places dans les 10 en individuel de ces sportifs non plus. Pour Michel Vion, « le fond c’est la grosse satisfaction des ces jeux. On a joué dans les premiers rôles alors que nous n’avons pas la fibre nordique comme les pays scandinaves. Par rapport au niveau attendu et aux moyens que l’on possède dans ces disciplines, le bilan est très bon ».

Des belles histoires, des déceptions, des loupés, des sourires, de la colère, de l’émotion, des larmes… Tous ces sentiments qu’il va falloir mettre de côté, un moment seulement, pour les acteurs du ski français. Le temps de faire le bilan, discuter et mettre en place une nouvelle machine, celle qui ne regarde que devant : direction PyeongChang 2018. Moins de quatre ans séparent les skieurs, les snowboarders et les patineurs des prochains Jeux olympiques.

Méryll Boulangeat

@Meryll_B

 

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Mieux comprendre les paralympiques

Les jeux paralympiques sont ouverts. Des disciplines et des athlètes qui, petit à petit, sortent de l’ombre. Ils deviennent, aux yeux du grand public, des sportifs à part entière. Pourtant, les règlements restent encore méconnus. Les règles peuvent paraîtres flous pour les spectateurs novices des sports paralympiques.

Comment des athlètes ayant un handicap différent  peuvent-t-ils être en concurrence directe. Certains sont-ils avantagés ? Un aveugle a-t-il moins de chance de s’imposer qu’une personne en fauteuil ? Un unijambiste qui skie sans sa jambe a-t-il les mêmes repères qu’un unijambiste amputé ? Essayons de décrypter les subtilités des différents handicaps. Prenons l’exemple du ski alpin.

Pour commencer, il faut savoir que les skieurs sont divisés en trois catégories : « les malvoyants », « les debouts » et « les assis ». Les sportifs s’exprimant debout ou en fauteuils sont plus nombreux que les malvoyants.

Ils évoluent tous sur le même parcours, les uns après les autres, mais figurent dans un classement différent. En descente, par exemple, il y aura trois médailles d’or pour les hommes, soit une par catégorie. Ce sont les malvoyants qui s’élancent en premier sur la piste, suivis des « debouts ». Les « assis » ferment la marche car leurs traces abîment un peu plus la piste.

Les choses se compliquent : chaque catégorie possède des sous catégories. Le IPC (Comité International Paralympique), composé de médecins et de kinésithérapeutes spécialisés, se réunit deux à trois fois par an pour redéfinir les différentes classifications médicales. De ces réunions, émane un tableau qui permet d’établir des coefficients de corrections.

En fonction de la hauteur de leurs handicaps, les sportifs se voient appliquer une pénalité sur leur temps réel effectué pendant la descente. Au final, tout le monde se retrouve sur le même pied d’égalité. En ski alpin, les coefficients sont directement multipliés par le temps réel. A la télévision, seuls les temps finaux, déjà modifiés, sont affichés, facilitant ainsi la compréhension du téléspectateur.

Tous les ans, le comité reçoit les nouveaux licenciés pour définir leur niveau de handicap. Un classement remis en question tous les deux à quatre ans puisque certains handicaps, comme la vue, peuvent évoluer.

LES MALVOYANTS

La première catégorie concerne les malvoyants. Ces sportifs sont accompagnés par un guide qui les précède. La réglementation prévoit une distance maximale à ne pas dépasser entre le l’athlète et son accompagnateur.  Il existe trois déclinaisons de personnes malvoyantes. Les premiers, les B1 (B pour « blind »), sont complètement aveugles. Ils sont guidés par la voix de leur éclaireur qui utilise un haut parleur.

Ensuite, il y a les B2 qui sont capables de distinguer quelques formes. Un de leur entraîneur image ce qu’ils perçoivent : « c’est un peu comme regarder Canal + en codé ». En plus de suivre la silhouette qui les précèdent, ils reçoivent des informations par une oreillette bluetooth.

Les B3 sont ceux qui voient le mieux. Ils distinguent mieux leur guide que les B2 mais sont aussi dotés d’une oreillette.

Français engagés dans cette catégorie : – Ski de fond : Thomas CLARION (B1) guidé par Julien BOURLA

 » LES DEBOUTS « 

Alors qu’il y a seulement trois déclinaisons de malvoyants, les « debouts » sont beaucoup plus nombreux. Pour faire simple, il y a les amputés et les hémiplégiques. Mais ce n’est pas si simple car les amputés ne peuvent pas tous évoluer avec la même pénalité. Les unijambistes ou amputés fémoral (LW2), ont moins d’équilibre que les skieurs amputés au niveau du tibia, qui ont une prothèse (LW4). De même, si un sportif est amputé d’un bras (LW6/8) ou des deux (LW5/7), les repères ne seront pas les mêmes. Le niveau de l’amputation est aussi pris en compte par l’IPC. Par exemple, si le handicap du skieur débute au coude ou à l’épaule, la pénalité sera différente.

Dernière précision : parmi les amputés, il y aussi les sportifs ayant une agénèse. Ils sont nés avec un organe en moins. Classés avec les amputés, ils sont plus habitués au handicap.

Les hémiplégiques sont eux aussi divisés en deux sous catégories (LW9/1 et LW9/2).

Français engagés dans cette catégorie : – Ski alpin : Vincent GAUTHIER-MANUEL (LW 6/8), Cédric AMAFROI-BROISAT (LW 4), Romain RIBOUD (LW 9/2), Solène JAMBAQUÉ (LW 9/2), Marie BOCHET (LW 6/8)  – Snowboard : Patrice BARATTERO, Cécile HERNANDEZ-CERVELLON – Biathlon : Benjamin DAVIET (LW2),

 » LES ASSIS « 

Cette catégorie concerne les paraplégiques et les sportifs amputés des deux membres inférieurs. Sur la piste, ils évoluent en fauteuil roulant (ou glissant) ! A l’image des malvoyants, ils sont divisés en trois déclinaisons. Cela dépend de la hauteur de la lésion. C’est la sangle abdominale qui délimite les différentes sous catégories. Il y a les sportifs qui n’ont aucunes sensations en dessous des abdominaux (LW10) et les paraplégiques incomplets au niveau abdominal (LW11). Dans la dernière déclinaison (LW12), on retrouve les paraplégiques amputés et ceux qui ont toutes leurs capacités abdominales. Parmi eux, certains sont capables de se tenir debout avec ou sans béquilles.

Français engagés : – Ski alpin : Frédéric FRANÇOIS (LW 11), Jean-Yves LEMEUR (LW 12), Cyril MORÉ (LW 12), Yohann TABERLET (LW 12) – Ski de fond : Romain ROSIQUE (LW 11)

Ils seront quinze français à Sotchi, neuf en ski alpin, quatre en ski nordique et deux en snowboard pour la première apparition de la discipline aux jeux paralympiques. Forte de six médailles, dont une en or, à Vancouver, la délégation française s’est fixée l’objectif de rapporter dix médailles dans nos montagnes.

Méryll Boulangeat

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Julien Lizeroux : " l’homme le plus heureux du monde d’être sur des skis"

Julien Lizeroux

Julien Lizeroux

–       Tu veux quoi pour ton anniversaire ?

–       Tu sais très bien ce que je veux…

–       Une mini cooper ?! (en rigolant)

–       Non des skis de géant pour passer mon Eurotest ! (ndlr : test de ski dans le cursus du monitorat de ski)

 Une minute de silence

–       Tu sais quoi ? Si je gagne une coupe du monde, je t’offre une mini !

 Le pari était lancé…. Quelques semaines plus tard, Julien Lizeroux remportait sa première coupe du monde sur la piste de Kitzbuhel, en Autriche. Marion Lizeroux, sa petite sœur, se rappelle de ce jour si particulier : « toute la famille était sur place…sauf moi ». L’ironie du sort fait qu’elle était justement en train de passer son Eurotest ( ! ) « Après sa victoire, se souvient Marion, il était injoignable. La remise des prix terminée, il m’a téléphoné. La première chose qu’il m’a dite c’est : tu as gagné une voiture ! ».

Voilà comment Marion s’est retrouvée avec une Mini Cooper rouge, symbole d’un des traits de caractère de ce grand frère, avide de défis. « Il fait beaucoup de paris, raconte Marion. C’est un grand joueur, surtout avec ses copains. Il a toujours aimé plaisanter ». Plaisanter mais aussi donner et partager. « Il adore faire des cadeaux. Ce sont souvent des cadeaux de valeur sentimentale. C’est sa façon à lui de donner de l’amour. Quand il part en compétition, il ramène toujours pleins de choses : pour nous, pour ses amis ou pour les enfants de ses amis. »

Derrière ce grand frère généreux, se cache un petit caractère. « Dans la vie, il est parfois chiant ! Il veux souvent avoir raison, avoue Marion. Il a du mal à accepter que l’on ait pas le même avis que lui ». Un défaut qui s’estompe avec le temps, comme le souligne sa petite sœur. « Sa vie d’athlète l’a calmé. Ça lui a apporté beaucoup. Je le trouve de plus en plus ouvert et à l’écoute d’autres opinions. »

Car le parcours de Julien a été semé d’embûches. Marion décrit son parcours sportif comme « périlleux ». « Toute sa carrière a été basée sur la persévérance. Ca a été long et difficile, témoigne-t-elle. Les premiers gros résultats sont arrivés tard. Tous ses efforts ont fini par payer, à la longue. »

Julien Lizeroux et sa soeur Marion

Julien Lizeroux et sa soeur Marion

Pour Marion, le déclic sur le plan sportif a été lié à une épreuve que la vie leur a imposée. En 2008, leur grand frère, Yoann, perdait la vie dans un accident de base jump. « Après le décès de Yo, je me suis dit : il va tout exploser, confie Marion. Il avait tellement envie. Ca lui a donné une force énorme. Dans sa tête, il était devenu invincible. C’est le moyen qu’il avait trouvé pour exprimer sa tristesse et le sentiment d’injustice qu’il ressentait. Un jour mon cousin lui a demandé à quoi il pensait quand il était dans la cabane de départ. Il lui a dit qu’il faisait le vide, qu’il ne pensait à rien. Après l’accident, il a dit : « maintenant je sais à qui je vais penser » »

Ce qui ne tue pas, rend plus fort. « C’est sa devise, notre devise, ajoute Marion. Mon père nous a élevé comme ça. » Julien enchaîne les victoires, les podiums, les résultats pendant plus de deux saisons. Il fait parti des meilleurs slalomeurs mondiaux, tout lui sourit. C’était sans compter sur une vilaine douleur au genou qui se fait de plus en plus insistante. « Il avait mal. Les médecins disaient qu’il n’avait rien. Il a continué à skier jusqu’à ce que la douleur soit si intense qu’il ne puisse plus poser le pied par terre. C’était difficile car il ne savait pas où il allait ni pourquoi il avait si mal. Malgré tout, il ne s’est jamais plains, témoigne sa sœur. Jamais de ma vie, je ne l’ai entendu s’apitoyer sur son sort. Il est très solide dans sa tête. Quand les médecins ont su ce qu’il avait, ils lui ont dit qu’ils ne pouvaient rien faire. A force d’abnégation, il a fini par trouver un chirurgien qui était d’accord pour l’opérer. Il lui a dit : «  je t’opère pour que tu puisses remarcher et monter les escaliers sans avoir mal. Pour que tu es une vie normale. » »

La vie « normale » de Julien, elle, est sur les skis. Après trois ans d’absences, il fait son retour sur le circuit Coupe du Monde, en novembre dernier…et réussi à décrocher son ticket pour Sotchi ! « Il est heureux, souligne Marion. Cette blessure qui l’a handicapée pendant trois ans, l’a métamorphosé. Il est tellement heureux d’être remonté sur les skis ! Il le prend comme une deuxième vie, une seconde chance. Il a réussi à transformer la pression en plaisir. Il ski, il est dans son monde, il est heureux….et nous aussi ! »

« L’homme le plus heureux du monde d’être sur des skis » prendra le départ des Jeux Olympiques pour la deuxième fois avec, comme toujours, le sourire au bord des lèvres.

Méryll Boulangeat

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Julien Lizeroux :  » l’homme le plus heureux du monde d’être sur des skis »

Julien Lizeroux

Julien Lizeroux

–       Tu veux quoi pour ton anniversaire ?

–       Tu sais très bien ce que je veux…

–       Une mini cooper ?! (en rigolant)

–       Non des skis de géant pour passer mon Eurotest ! (ndlr : test de ski dans le cursus du monitorat de ski)

 Une minute de silence

–       Tu sais quoi ? Si je gagne une coupe du monde, je t’offre une mini !

 Le pari était lancé…. Quelques semaines plus tard, Julien Lizeroux remportait sa première coupe du monde sur la piste de Kitzbuhel, en Autriche. Marion Lizeroux, sa petite sœur, se rappelle de ce jour si particulier : « toute la famille était sur place…sauf moi ». L’ironie du sort fait qu’elle était justement en train de passer son Eurotest ( ! ) « Après sa victoire, se souvient Marion, il était injoignable. La remise des prix terminée, il m’a téléphoné. La première chose qu’il m’a dite c’est : tu as gagné une voiture ! ».

Voilà comment Marion s’est retrouvée avec une Mini Cooper rouge, symbole d’un des traits de caractère de ce grand frère, avide de défis. « Il fait beaucoup de paris, raconte Marion. C’est un grand joueur, surtout avec ses copains. Il a toujours aimé plaisanter ». Plaisanter mais aussi donner et partager. « Il adore faire des cadeaux. Ce sont souvent des cadeaux de valeur sentimentale. C’est sa façon à lui de donner de l’amour. Quand il part en compétition, il ramène toujours pleins de choses : pour nous, pour ses amis ou pour les enfants de ses amis. »

Derrière ce grand frère généreux, se cache un petit caractère. « Dans la vie, il est parfois chiant ! Il veux souvent avoir raison, avoue Marion. Il a du mal à accepter que l’on ait pas le même avis que lui ». Un défaut qui s’estompe avec le temps, comme le souligne sa petite sœur. « Sa vie d’athlète l’a calmé. Ça lui a apporté beaucoup. Je le trouve de plus en plus ouvert et à l’écoute d’autres opinions. »

Car le parcours de Julien a été semé d’embûches. Marion décrit son parcours sportif comme « périlleux ». « Toute sa carrière a été basée sur la persévérance. Ca a été long et difficile, témoigne-t-elle. Les premiers gros résultats sont arrivés tard. Tous ses efforts ont fini par payer, à la longue. »

Julien Lizeroux et sa soeur Marion

Julien Lizeroux et sa soeur Marion

Pour Marion, le déclic sur le plan sportif a été lié à une épreuve que la vie leur a imposée. En 2008, leur grand frère, Yoann, perdait la vie dans un accident de base jump. « Après le décès de Yo, je me suis dit : il va tout exploser, confie Marion. Il avait tellement envie. Ca lui a donné une force énorme. Dans sa tête, il était devenu invincible. C’est le moyen qu’il avait trouvé pour exprimer sa tristesse et le sentiment d’injustice qu’il ressentait. Un jour mon cousin lui a demandé à quoi il pensait quand il était dans la cabane de départ. Il lui a dit qu’il faisait le vide, qu’il ne pensait à rien. Après l’accident, il a dit : « maintenant je sais à qui je vais penser » »

Ce qui ne tue pas, rend plus fort. « C’est sa devise, notre devise, ajoute Marion. Mon père nous a élevé comme ça. » Julien enchaîne les victoires, les podiums, les résultats pendant plus de deux saisons. Il fait parti des meilleurs slalomeurs mondiaux, tout lui sourit. C’était sans compter sur une vilaine douleur au genou qui se fait de plus en plus insistante. « Il avait mal. Les médecins disaient qu’il n’avait rien. Il a continué à skier jusqu’à ce que la douleur soit si intense qu’il ne puisse plus poser le pied par terre. C’était difficile car il ne savait pas où il allait ni pourquoi il avait si mal. Malgré tout, il ne s’est jamais plains, témoigne sa sœur. Jamais de ma vie, je ne l’ai entendu s’apitoyer sur son sort. Il est très solide dans sa tête. Quand les médecins ont su ce qu’il avait, ils lui ont dit qu’ils ne pouvaient rien faire. A force d’abnégation, il a fini par trouver un chirurgien qui était d’accord pour l’opérer. Il lui a dit : «  je t’opère pour que tu puisses remarcher et monter les escaliers sans avoir mal. Pour que tu es une vie normale. » »

La vie « normale » de Julien, elle, est sur les skis. Après trois ans d’absences, il fait son retour sur le circuit Coupe du Monde, en novembre dernier…et réussi à décrocher son ticket pour Sotchi ! « Il est heureux, souligne Marion. Cette blessure qui l’a handicapée pendant trois ans, l’a métamorphosé. Il est tellement heureux d’être remonté sur les skis ! Il le prend comme une deuxième vie, une seconde chance. Il a réussi à transformer la pression en plaisir. Il ski, il est dans son monde, il est heureux….et nous aussi ! »

« L’homme le plus heureux du monde d’être sur des skis » prendra le départ des Jeux Olympiques pour la deuxième fois avec, comme toujours, le sourire au bord des lèvres.

Méryll Boulangeat

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Histoire de médaille

Les Russes ont vu les choses en grand, en très grand pour ces Jeux Olympiques d’hiver. D’abord, il y a eu le parcours de la flamme olympique : 65 000 kilomètres parcourus, un voyage dans l’espace, une plongée dans le lac Baïkal et l’ascension du Mont Elbrouz (5 642 mètres d’altitude). Et puis ensuite, il y a eu les médailles. Pourquoi se contenter de faire des médailles banales alors que l’on pouvait faire mieux, plus original ?!

Les organisateurs ont annoncés que 7, des 98 médailles d’or décernées pendant les Jeux Olympiques de Sotchi, seraient ornées de morceaux de météorites. Parmi les chanceux, les gagnants des épreuves suivantes : ski alpin (super géant femmes), ski de fond (le relais féminin), le saut à ski (le K-125 hommes), le skeleton (épreuve masculine), l’épreuve de vitesse de patinage (le 1 500 mètres hommes) et le short track (les épreuves du 1 000 mètres femmes ainsi que le 1 500 mètres hommes).

Toutes ces épreuves auront lieu le 15 février. Une démarche symbolique pour l’état puisque cette journée marquera la date anniversaire de la pluie de météorites qui avait frappé la ville de Chelyabinsk, le 15 février dernier. L’évènement avait marqué les populations russes faisant 1 600 blessées et des dégâts estimés à plus de 25 millions d’euros.

Dans un communiqué, le responsable du ministère de la culture de cette région, Alexeï Betekhtine, a expliqué : « nos récompenses seront décernées à tous les athlètes qui auront remporté l’or ce jour-là, puisqu’une météorite, de même que les Jeux Olympiques, est un événement mondial ».

Les champions olympiques, sacrés le 15 février, auront une histoire de plus à ajouter à leur médaille !

Méryll Boulangeat

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Le mental d'acier de Johan Clarey

Johan est spécialiste des épreuves de vitesse

Johan Clarey est spécialiste des épreuves de vitesse

JOHAN CLAREY, c’est 1m91 pour 95kg. Mais c’est aussi un lot de blessures : deux opérations et une entorse aux genoux, deux blessures à l’épaule, une au poignet… et pour finir une opération pour soigner une hernie discale. Cette dernière a eu lieu l’hiver dernier à l’avant-veille des Championnats du monde de Schlagming (Autriche). Des blessures à répétitions qui n’ont pas eu raison du skieur de la Clusaz.

«  Sa dernière blessure n’a pas été évidente, confesse sa maman Monique. Le dos c’est délicat à gérer. Le retour sur les skis après une opération du genou, on connaît. C’est arrivé à presque tout le monde. Par contre, le dos c’est différent. Personne sur le circuit ne s’est fait opérer d’une hernie discale et a réussi à revenir. Son retour sur les skis était incertain. »

Une période de questionnements s’en suit pour Johan. Tout portait à croire que cette ultime blessure allait sonner le coup d’arrêt d’une carrière ponctuée d’interventions chirurgicales et de désillusions pour le skieur français. « En février, il voulait arrêter, il avait peur de ne pas y arriver, raconte sa mère. Il n’avait plus aucune sensation dans les jambes ». C’était sans compter sur le fort soutien familial « On lui a dit qu’il ne pouvait pas s’arrêter comme ça sur une blessure, ajoute Guy, le papa. Il fallait au moins qu’il essaie de revenir, de voir si physiquement il en était capable. Il ne pouvait pas prendre une décision sans voir ce que ça allait donner avant. Il a suspendu son choix jusqu’au mois de juillet, le temps de voir si ses sensations revenaient dans les jambes. »

Pendant de longs mois, Johan fait le vide. « A part nous, il ne parlait à personne, raconte Guy. Pendant deux mois, il s’est totalement coupé du monde du ski »… jusqu’à ce jour où il a décidé de revenir…

« Quand il a décidé de revenir, ses coaches l’ont beaucoup aidé, souligne Monique. Moralement surtout. » S’en est suivi un gros travail de préparation physique et mentale. En marge du groupe, au sein d’une structure mise en place par la Fédération Française de Ski. Un groupe qui accompagne les blessés et leur fait rattraper la préparation qu’ils ont manquée.

En arrière-plan, toujours, la famille. Présente, comme lors de chacune de ses blessures. « On l’aide comme on peut, témoigne Monique, mais moralement c’est dur. On ne peut pas faire grand chose, juste l’accompagner en tant que famille. Son parrain aussi est très présent. En fait, quand il se blesse, la famille fait bloc autour de lui. Quand il s’est fait mal aux deux genoux, on se relayait toute la journée avec ses sœurs pour qu’il ne soit pas seul. On le tirait, on le poussait sur son fauteuil. Cette période était dure. »

Johan et ses deux soeurs

Johan et ses deux soeurs

Grâce à « beaucoup de travail, de volonté et à un moral en acier », Johan est remonté sur les skis. Il a retrouvé son groupe, ses habitudes. En décembre dernier, il s’est même hissé sur la troisième marche du podium de la Coupe du Monde de Valgardena (Italie). Un retour sur le devant de la scène inespéré quelques mois auparavant.

A l’approche des compétitions, Guy et Monique sont « très anxieux, très tendus ». Pour Monique, cette « anxiété permanente » est normale, « elle est due à toutes ces blessures », ajoute-t-elle. Ce qui n’empêche pas Guy de suivre Johan sur la majorité des compétitions.

Le ski pour Johan ? Plus qu’une passion, c’est une évidence : « Johan adore la compétition avant toute chose, raconte Monique. Sa richesse c’est d’avoir une passion : le ski. »

Guy se rappelle de sa première course « il avait 6 ou 7 ans, il a poussé la porte du chalet, levé les bras au ciel avec une coupe dans chaque main. Avec un grand sourire, il nous a dit « j’ai tout gagné ! » ».

Aujourd’hui, la famille de Johan Clarey n’attend qu’une chose : qu’en rentrant de Sotchi, Johan pousse la porte du chalet, lève les bras au ciel avec ce sourire et cette phrase : « j’ai tout gagné ! »

Méryll Boulangeat

Johan Clarey

Johan Clarey

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Le mental d’acier de Johan Clarey

Johan est spécialiste des épreuves de vitesse

Johan Clarey est spécialiste des épreuves de vitesse

JOHAN CLAREY, c’est 1m91 pour 95kg. Mais c’est aussi un lot de blessures : deux opérations et une entorse aux genoux, deux blessures à l’épaule, une au poignet… et pour finir une opération pour soigner une hernie discale. Cette dernière a eu lieu l’hiver dernier à l’avant-veille des Championnats du monde de Schlagming (Autriche). Des blessures à répétitions qui n’ont pas eu raison du skieur de la Clusaz.

«  Sa dernière blessure n’a pas été évidente, confesse sa maman Monique. Le dos c’est délicat à gérer. Le retour sur les skis après une opération du genou, on connaît. C’est arrivé à presque tout le monde. Par contre, le dos c’est différent. Personne sur le circuit ne s’est fait opérer d’une hernie discale et a réussi à revenir. Son retour sur les skis était incertain. »

Une période de questionnements s’en suit pour Johan. Tout portait à croire que cette ultime blessure allait sonner le coup d’arrêt d’une carrière ponctuée d’interventions chirurgicales et de désillusions pour le skieur français. « En février, il voulait arrêter, il avait peur de ne pas y arriver, raconte sa mère. Il n’avait plus aucune sensation dans les jambes ». C’était sans compter sur le fort soutien familial « On lui a dit qu’il ne pouvait pas s’arrêter comme ça sur une blessure, ajoute Guy, le papa. Il fallait au moins qu’il essaie de revenir, de voir si physiquement il en était capable. Il ne pouvait pas prendre une décision sans voir ce que ça allait donner avant. Il a suspendu son choix jusqu’au mois de juillet, le temps de voir si ses sensations revenaient dans les jambes. »

Pendant de longs mois, Johan fait le vide. « A part nous, il ne parlait à personne, raconte Guy. Pendant deux mois, il s’est totalement coupé du monde du ski »… jusqu’à ce jour où il a décidé de revenir…

« Quand il a décidé de revenir, ses coaches l’ont beaucoup aidé, souligne Monique. Moralement surtout. » S’en est suivi un gros travail de préparation physique et mentale. En marge du groupe, au sein d’une structure mise en place par la Fédération Française de Ski. Un groupe qui accompagne les blessés et leur fait rattraper la préparation qu’ils ont manquée.

En arrière-plan, toujours, la famille. Présente, comme lors de chacune de ses blessures. « On l’aide comme on peut, témoigne Monique, mais moralement c’est dur. On ne peut pas faire grand chose, juste l’accompagner en tant que famille. Son parrain aussi est très présent. En fait, quand il se blesse, la famille fait bloc autour de lui. Quand il s’est fait mal aux deux genoux, on se relayait toute la journée avec ses sœurs pour qu’il ne soit pas seul. On le tirait, on le poussait sur son fauteuil. Cette période était dure. »

Johan et ses deux soeurs

Johan et ses deux soeurs

Grâce à « beaucoup de travail, de volonté et à un moral en acier », Johan est remonté sur les skis. Il a retrouvé son groupe, ses habitudes. En décembre dernier, il s’est même hissé sur la troisième marche du podium de la Coupe du Monde de Valgardena (Italie). Un retour sur le devant de la scène inespéré quelques mois auparavant.

A l’approche des compétitions, Guy et Monique sont « très anxieux, très tendus ». Pour Monique, cette « anxiété permanente » est normale, « elle est due à toutes ces blessures », ajoute-t-elle. Ce qui n’empêche pas Guy de suivre Johan sur la majorité des compétitions.

Le ski pour Johan ? Plus qu’une passion, c’est une évidence : « Johan adore la compétition avant toute chose, raconte Monique. Sa richesse c’est d’avoir une passion : le ski. »

Guy se rappelle de sa première course « il avait 6 ou 7 ans, il a poussé la porte du chalet, levé les bras au ciel avec une coupe dans chaque main. Avec un grand sourire, il nous a dit « j’ai tout gagné ! » ».

Aujourd’hui, la famille de Johan Clarey n’attend qu’une chose : qu’en rentrant de Sotchi, Johan pousse la porte du chalet, lève les bras au ciel avec ce sourire et cette phrase : « j’ai tout gagné ! »

Méryll Boulangeat

Johan Clarey

Johan Clarey

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