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TDF : « Deux types de blessures chez les cyclistes »

Pendant le Tour de France, Le sport entre les lignes vous fait découvrir les coulisses d’une équipe de cyclisme (Cofidis) en rencontrant plusieurs de ses protagonistes. Cet épisode vous emmène à la rencontre du médecin de l’équipe, Jacky Maillot. Présent depuis une quinzaine d’années dans le monde du cyclisme professionnel, le docteur a rejoint l’équipe Cofidis il y a sept ans.

Jacky Maillot, médecin de l’équipe Cofidis pendant le Tour de France

« Mon travail de médecin au sein de l’équipe se décompose en plusieurs temps. En début de saison, j’effectue une batterie de tests médicaux : échocardiographie, tests à l’effort, bilan général… Il y a ensuite un suivi classique tout au long de l’année. Je me déplace sur les compétitions les plus importantes comme le Tour de France. Je suis en déplacement entre 110 et 120 jours par an. Le reste du temps, je le passe dans un cabinet libéral.

Sur le Tour mon emploi du temps très chargé.

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« J’ai gagné ! » : Live your dreams, #Épisode4

Après un mois d’entraînement sur les terres américaines, Annabel Merlier a participé à ses premiers Championnats du monde de Jujitsu Brésilien. Déjà sacrée aux derniers Championnats d’Europe, elle a remporté en Californie, le week-end dernier, le titre ultime, celui qui habitait ses espoirs les plus profonds. À 30 ans, Annabel est allée au bout de son rêve. Elle raconte sa journée, ses sensations, ses émotions et évoque le futur. Plus que jamais, elle arbore fièrement ce tatouage, symbole de l’aventure qui l’a conduite sur la plus haute marche du podium, sur lequel est inscrit : « Live your dreams » (Vis tes rêves, ndlr).

Les larmes d'Annabel Merlier, fraîchement sacrée Championne du monde de JJB

Les larmes d’Annabel Merlier, fraîchement sacrée Championne du monde de JJB

« Ça y est je suis Championne du monde! Après cette longue et difficile préparation j’ai obtenu la meilleure des récompenses ! Je suis tellement heureuse d’avoir décroché cette médaille tant désirée ! Je suis encore toute euphorique, et ce n’est que le début. Je rentre vendredi (le 7 novembre, ndlr) en France et je suis très impatiente de pouvoir fêter ça, d’abord avec mon chéri, puis avec les personnes de mon club, puis sur mon lieu de travail et enfin dans le nord avec ma famille ! Ma journée a commencé tôt. J’ai été matinale pour prendre le temps de m’attacher les cheveux et préparer mon sac. Dans la voiture, écouteurs sur les oreilles, je me concentre, je pense à la compétition. Une fois sur place, je vais me faire peser. Je suis dans la catégorie ceinture bleue, on l’appelle aussi la catégorie feather, pour faire simple, cela veut dire moins de 58,5 kg en kimono. Après la pesée, je peux grignoter quelque chose avant le premier combat.

Leticia Ribeiro, ma prof américaine n’a pas pu venir. Maxine, une des filles avec qui je me suis entraînée, l’a remplacée. J’avais aussi un précieux soutien depuis la France. Par téléphone, Julien, mon coach et compagnon dans la vie, a été très présent. J’avais la chance de pouvoir écouter ses conseils avisés avant et après chaque combat. Sur place, Maxine a pris son rôle très au sérieux. Quand je l’ai vu arriver, la pression est montée d’un cran. Je savais que l’heure du premier combat était arrivée. Enfin, j’étais là. Prête à monter sur ce tatami mondial, celui dont j’avais tant rêvé, pour lequel je me suis tant entraînée. Le premier combat est le plus difficile car éliminatoire. J’étais très tendue. Je ne voulais pas repartir les mains vides après quelques minutes de compétition seulement. Il faut assurer dès le début. Etre prête psychologiquement dès les premières secondes et bien échauffée. J’étais confiante mais attentive. On ne sait jamais ce que cachent les adversaires. Les apparences peuvent être trompeuse donc il faut rester concentrée quoiqu’il arrive. Il y a beaucoup de bruit, la salle est immense et remplie. L’ambiance est incroyable. Je ressens des ondes positives. Le bruit et les cris m’aident à entrer dans la compétition et me transportent. Je gagne mon premier combat 13 à 0 et le 2ème, qualificatif pour la finale, 10 à 0. La médaille est assurée. À moi d’en déterminer la couleur. Je sais que la fille en face est très puissance et qu’elle a la rage. L’année dernière elle était déjà montée sur le podium. C’est une cliente sérieuse qui n’est pas la par hasard. Je reste lucide et je me dis que je ne suis pas là par hasard non plus. Julien et Maxine me le rappellent aussi. Je suis prête. L’or est à ma portée. J’oublie tout, la fatigue, la douleur et me prépare à faire mon dernier combat de ces Championnats du monde. Le duel est intense. Jusqu’à la dernière seconde, tout peut basculer.

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Nous avons terminé sur le score de quatre partout mais j’ai marqué un avantage qui m’a donné la victoire. Quand le temps de combat s’est écoulé, avant même que les juges annoncent ma victoire, des larmes ont commencé monter. J’ai eu envie de hurler et je l’ai fait! Je suis tombée dans les bras de Maxine et de ma famille américaine. J’ai pleuré. Un sentiment de liberté m’a traversé, toute la pression de ces derniers mois est retombée, laissant place à un autre sentiment : celui de la fierté du travail accomplie.

Les larmes de joie d'Annabel Merlier quand le juge annonce sa victoire

Les larmes de joie d’Annabel Merlier quand le juge annonce sa victoire

Annabel Merlier avec sa coach du jour, Maxine

Annabel Merlier avec sa coach du jour, Maxine

J’ai profité du podium. Sur la plus haute marche, je me suis refait le film de tous les moments passés pour en arriver là. Je suis fière du travail que j’ai réalisé avec Julien. C’est vraiment la plus belle et la plus difficile compétition que j’ai faite jusque-là. Une expérience incroyable que je n’aurais jamais pu réaliser sans le soutien de mes proches, mes amis et ma famille américaine. Sans eux, je n’y serais pas arrivée.

Le podium

Le podium

Les résultats finaux

Les résultats finaux

Cette victoire me donne envie d’aller encore plus haut et encore plus loin. A mon retour en France je vais recevoir la ceinture violette. Il faudra tout recommencer mais un cran au-dessus. On se prépare déjà pour les Championnats d’Europe de Lisbonne, fin janvier. J’aimerai y décrocher un titre. Je rêve des plus beaux titres et des plus belles médailles avec toutes les ceintures. La seule petite différence est qu’à l’avenir, Julien sera aussi du voyage. Ensemble, nous reviendrons surement au sein de l’équipe de Leticia Ribeiro mais le projet ultime reste de pouvoir combattre sous les couleurs de la Team Prana, notre chère équipe Française de Sète. »

Annabel Merlier, sa famille américaine et Maxine

Annabel Merlier, sa famille américaine et Maxine

Propos recueillis par Méryll Boulangeat @Meryll_B

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« Demain c'est la guerre ! » : Live your dreams, #Épisode3

Après un mois d’entraînement passé aux Etats-Unis, aux côtés des meilleurs, Annabel Merlier disputera, demain, les Championnats du monde de jujitsu Brésilien, son rêve.

Annabel Merlier CP/Copainsdavant

Annabel Merlier
CP/Copainsdavant

« Demain, c’est le grand jour. Celui pour lequel je suis venue aux Etats-Unis. La finalité d’un mois de voyage entre entraînements, doutes, joies, rencontres, courbatures et progrès. Je combas à partir de 10 heures ( 19 heures en France, avec le décalage horaire).

Annabel Merlier à l'entraînement  CP/ Annabel Merlier

Annabel Merlier à l’entraînement aux USA
CP/ Annabel Merlier

Je suis prête mais hyper stressée. Je sais que je suis prête mais il y a toujours un petit doute qui subsiste. C’est normal. La gestion du stress sera vraiment importante. Certains sportifs sont transcendés par ce sentiment. D’autres perdent tous leurs moyens. Je ne suis dans aucun extrême mais je sais que si je gère mal, je peux basculer dans le mauvais stress, celui qui me fait perdre mes moyens. D’un autre côté, j’ai confiance en mon physique, le reste se jouera à l’instant T. J’essaie d’être positive, je me dis que j’ai fait ce que j’avais à faire, que je n’aurais pas de regrets de ce côté là. Maintenant il faut que je mette les bonnes choses en place au bon moment.

Annabel Merlier à l'entraînement  CP/ Annabel Merlier

Annabel Merlier à l’entraînement aux USA
CP/ Annabel Merlier

Je suis impatiente. J’ai hâte d’être demain pour faire mes preuves, montrer ce que je vaux. Je vais faire en sorte que tout ça, tous les efforts et les sacrifices que j’ai fait soient récompensés. Autant pour moi que pour les gens qui m’entourent. Je veux vraiment leur faire ce cadeau car c’est aussi grâce eux que je suis ici aujourd’hui. Plus qu’une journée avant le grand jour. Une journée longue, une journée de repos. Il faut que je trouve de quoi m’occuper au maximum. Et puis, demain c’est la guerre! »

Annabel et son entraîneur français, Julien Catagnier, à Sète.  CP/ Annabel Merlier

Annabel et son entraîneur français, Julien Catagnier, à Sète.
CP/ Annabel Merlier

Propos recueillis par Méryll Boulangeat @Meryll_B

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« Elles veulent voir ce que j’ai dans le ventre » : Live your dreams, #Épisode1

Annabel Merlier CP/Copainsdavant

Annabel Merlier
CP/Copainsdavant

« Live your dreams ». Plus que le simple tatouage qu’elle arbore, Annabel Merlier a fait de cette phrase sa ligne de conduite. A 30 ans, la petite brune musclée a décidé de se donner les moyens d’atteindre son rêve : Devenir championne du monde de jujitsu brésilien (la compétition aura lieu, aux Etats-Unis, les 1 et 2 novembre prochain). Le jujitsu (ou jiu-jitsu) est un art martial qui découle des MMA (« Mixed Martials Arts » ou « combats libres » en français) et utilise, entre autre, des techniques empruntées au judo. Un sport de combat encore confidentiel en France et pourtant ultra populaire au Brésil (où il est né) et aux Etats-Unis. En France, peu de pratiquants et surtout peu de femmes sur les tatamis. Annabel Merlier, 3ème des derniers championnats d’Europe, s’entraîne, presque exclusivement avec des hommes, à Sète (Hérault), au sein du team Prana. Poussée par son objectif sportif, elle a décidé de franchir le cap et la frontière pour s’entraîner avec une coach brésilienne installée à San Diego, en Californie (USA). Neuf fois championne du monde, Leticia Ribeiro est la grande dame de la discipline. Toutes les meilleures athlètes passent entre ses mains. Poussée par une envie de progresser et un esprit hyper compétitif, Annabel a décidé de se joindre au collectif de « la prof star ». Elle est partie, seule, pendant un mois vivre son rêve. Un aventure en partie possible grâce à Laurent Bodart, le patron de la salle de sport dans laquelle elle est employée, qui lui finance son voyage. Son boss mis à part, la languedocienne d’adoption ne compte qu’un seul sponsor à ses côtés, « Sitec Nutrition » lui fournit vitamines et compléments alimentaires. 

Loin de la France, où quand elle prononce le mot « Jujitsu » ses interlocuteurs froncent les sourcils, elle est partie se fondre dans un univers qui est le sien, au plus près des racines du sport qui rythme sa vie depuis huit ans. A travers cette série, Annabel Merlier nous fait partager, en immersion, son aventure américaine.

Annabel Merlier ravie devant son nouveau centre d'entraînement

Annabel Merlier ravie devant son nouveau centre d’entraînement

« Je suis comme une gamine à Noël! Je peux maintenant vivre mon rêve pleinement et ne penser plus qu’à ça, plus qu’à mon sport! Fini le boulot et les contraintes que j’ai en France, ici je n’ai qu’une chose en tête: Les championnats du monde. Tout est tourné vers cet objectif, je suis ultra motivée !

Après une voyage compliqué et fatiguant je suis arrivée à San Diego, avec deux heures de retard, il y a un peu plus d’une semaine! Pour le moment, je suis hébergée chez le frère d’un ami. Une famille exceptionnelle que je découvre et qui m’a accueilli avec beaucoup de sympathie et de simplicité. Dans la famille, le père, Français, s’est marié avec une Américaine. Ensemble, ils se sont installés en Californie avec leurs deux enfants.

Le week-end m’a laissé le temps de m’adapter au climat et au décalage horaire. Petit à petit, je découvre les lieux. Après ces deux premières journées d’acclimatation sur le sol américain, j’ai pris le chemin de la salle lundi dernier.

C’est parti, mon aventure peut commencer ! Si je suis venue ici, c’est pour pouvoir m’entraîner avec Leticia Ribeiro. C’est une star dans le milieu du jujitsu et par la même occasion, une prof de renom, une des meilleures du monde. Doucement, elle s’occupe de moi. Elle me fait travailler avec son élite féminine, ravie de ma perspective de compétition!

Leticia Ribeiro  CP/Twitter

Leticia Ribeiro
CP/Twitter

Au programme deux entraînements par jour, un le midi et un le soir : En tout trois heures intensives quotidiennement. J’ai été bien reçue. Bien qu’ici tout le monde soit souriant, l’esprit de compétition est très présent. Tout de suite, les filles m’ont testées. Le test est simple : Le premier abord est cordial, gentil, mais dès que l’on commence les exercices pratiques, c’est la guerre ! Elles veulent voir ce que j’ai dans le ventre. Dans ces moments là, il faut savoir rester lucide et trouver le juste milieu pour se faire respecter sans passer pour quelqu’un de prétentieux. Ma technique est donc d’être à fond sans paraître agressive, savoir parfois me laisser faire et même aller jusqu’à perdre de temps à autre. Rester humble et simple. Le test est réussi si à la fin du cours je n’ai pas « bronché » tout en ayant donné le maximum, sans l’intention de me montrer supérieure.

Entre filles il y a toujours une relation de rivalité, une espèce de guerre froide. Ici, je suis sur leur territoire et elles me le font savoir. Mon but n’est pas de prendre leur place, je veux juste progresser à leur contact. Avec, Julien Castanier, mon coach français, on a une expression qui résume ces combats d’entraînements, on dit : « Qu’elles veulent me « désosser » ». C’est un peu brutal comme mot mais, dans l’esprit, c’est la guerre ! Grâce à mon entraîneur je suis préparée à ça.

Annabel Merlier en immersion aux Etats-Unis

Annabel Merlier en immersion aux Etats-Unis

Ici, je reste à ma place et j’apprends. Je sais que certaines filles finiront par me faire confiance. D’autres jamais. C’est comme ça ! J’ai fais mes preuves.

Je ne me suis pas encore complètement adaptée à la chaleur et aux habitudes alimentaires américaines. Ils grignotent après le petit déjeuner et mangent à 17h le repas du soir. J’ai décidé d’aller faire des courses pour reprendre mon rythme avec mes trois repas par jours. Je préfère faire attention car j’ai peur que mon corps me lâche prématurément.

Dans un tout autre registre, petit à petit les courbatures se font ressentir. Des bleus apparaissent et mes doigts commencent à me faire souffrir à cause de la prise du kimono qui est plus intense que ce dont j’ai l’habitude. Malgré tout ça, je vis un rêve éveillé. Ici, ce n’est que du bonheur. »

Méryll Boulangeat @Meryll_B

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Noémie Balthazard (Gymnastique Rythmique) : Dans mon sac de sport #3

Vous allez découvrir au fil du temps une série de photographies qui mettent en lumière les espoirs français de Rio sous un angle…différent ! Les sportifs se mettent à nu en nous dévoilant l’intérieur de leur sac de sport. Objet banal en soi, son contenu peut révéler bien des surprises sur son ou sa propriétaire, en fonction de sa discipline et de sa personnalité. Dans la construction de sa performance, l’athlète a un rituel de préparation qui lui est propre. Les objets, font partie intégrante de ce rituel. Des petits trésors, des petites histoires qui pour la première fois sont partagés.

Du haut de ses 20 ans, Noémie Balthazard fait partie de l’Equipe de France de Gymnastique Rythmique depuis six ans. Avec son équipe, elle disputera, dans deux jours, les Championnats du monde, à Izmir en Turquie. L’occasion de découvrir l’intérieur de son sac de sport. Un sac de fille, à l’image du sport qu’elle pratique, glamour, brillant et coloré.  À travers Noémie, plongez dans l’univers si particulier de la GR. Ainsi, elle nous présente un objet plutôt insolite ainsi  qu’un autre dont l’histoire restera mystérieuse.

Dans le sac de sport de Noémie Balthazar : massues, barrettes, pomme de pain et pierre porte-bonheur, justaucorps, rouge à lèvres, serviette de transpiration, demi-pointes, gel coiffant, colle Satien, Vitamine C.

Dans le sac de sport de Noémie Balthazard : massues, barrettes, pomme de pain et pierre porte-bonheur, justaucorps, rouge à lèvres, serviette de transpiration, demi-pointes, gel coiffant, colle Satien, Vitamine C.                                              Crédit Photo/Emmelieke Odul

 

« Dans mon sac de compétition j’ai toujours mes deux porte-bonheur : une pierre qui brille et une pomme de pin. Si je les oublie ? Je ne suis pas trop superstitieuse mais… Je ne les oublie pas. Je vous raconte l’histoire de la pomme de pin mais celle de la pierre restera secrète. Cette pomme de pin date de mon ancienne équipe, celle des Jeux olympiques de Londres. Nous passions beaucoup de temps à l’intérieur. Nous l’avons ramassée sur le chemin du gymnase en nous disant qu’elle allait nous aider. Ce serait notre petit côté « nature ». Nous avons fait un super entraînement ce jour-là. Depuis je l’ai toujours avec moi.

Il y a aussi de la vitamine C dans mon sac, pour les petits coups de mou entre les deux passages.

La gymnastique rythmique est un sport esthétique. Le maquillage est indispensable. Le rouge à lèvre que l’on choisit a une importance capitale. Il doit être rouge. Il donne une touche féminine mais, surtout, il faut qu’on le voie de loin, qu’il ressorte. C’est important vis-à-vis des juges. Nous nous maquillons et nous coiffons seules.

Outre le maquillage et la coiffure, nous avons une tenue spécifique pour les représentations : deux justaucorps que nous gardons à peu près un an et demi. L’entraînement se fait en collant et en short. Mettre un « justau », comme on dit dans le jargon, n’est pas toujours très pratique. Il se déplace à chaque mouvement. Pour qu’il reste en place, nous utilisons de la colle Satien. Entre nous, nous appelons ça de la « colle-à-cul » ! Nous en appliquons sur la peau et le justau ne bouge plus, nous sommes tranquilles !

Nous utilisons ce justau avec les massues. Ils sont faits sur-mesure par une couturière d’origine bulgare, comme notre entraîneur. Les ailes de papillon font références à la musique utilisée pendant notre enchaînement : « Butterfly and Hurricanes » de Muse. Le nombre de strass est calculé. Sur celui-là, il y a 3500 Swarovsky. Avec la main-d’œuvre, c’est ce qui coûte le plus cher. Le tissu, lui, est abordable. Pour ce justau il faut compter environ 500 €.

Je prépare toujours mon sac la veille. Dans le groupe, nous avons toutes le même. Nous l’avions reçu pour les championnats du monde à Montpellier en 2011… La plus belle compétition de notre vie pour l’instant. »

Propos recueillis par Méryll Boulangeat @Meryll_B

Photos : Emmelieke Odul

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Marcus Gévia (Boxe anglaise) : Dans mon sac de sport #2

Vous allez découvrir au fil du temps une série de photographies qui mettent en lumière les espoirs français de Rio sous un angle…différent ! Les sportifs se mettent à nu en nous dévoilant l’intérieur de leur sac de sport. Objet banal en soi, son contenu peut révéler bien des surprises sur son ou sa propriétaire, en fonction de sa discipline et de sa personnalité. Dans la construction de sa performance, l’athlète a un rituel de préparation qui lui est propre. Les objets, font partie intégrante de ce rituel. Des petits trésors, des petites histoires qui pour la première fois sont partagés.

A 19 ans, Marcus Gévia est déjà triple champion de France de boxe anglaise. Membre de l’équipe de France, il participait ce week-end aux championnats du monde universitaires, en Russie,  où il a décroché la médaille d’argent. Un titre mondial qui s’ajoute au palmarès du jeune Réunionnais. Une marche de plus vers son ultime rêve : Rio 2016. D’ici là, il nous a offert la possibilité de s’immiscer dans son sac de sport.

Marcus_Fotor

Dans le sac de sport de Marcus Gévia : Gants, casque, coquille, vaseline, cœur en mousse, photo de son neveu.

« L’objet qui a la plus grosse valeur sentimentale dans mon sac est la photo de mon neveu. Il me l’avait donnée avant les championnats du monde en 2012. Au dos, il est inscrit : Pour mon champion. Ma sœur a ajouté : dans le K.O il n’y a pas d’injustice. Avant mon combat je regarde cette photo plusieurs fois. Ma famille tiens une place très importante dans ma vie. Elle est un de mes piliers. J’ai aussi un cœur en mousse offert par ma copine.

Parmi mon matériel, une coquille. Le jour où j’ai cassé la mienne, le pôle France m’a donné celle-là. Elle est spéciale, c’est presque une relique. Elle appartenait à Brahim Asloum (champion olympique et champion du monde, ndlr). En combat officiel je ne peux pas la porter, c’est trop gros. Pour le casque, c’est la même chose. Depuis que les règles ont changé nous n’avons plus le droit de nous protéger la tête pendant les compétitions. Des casques, j’en ai plusieurs, de différentes couleurs. Bleu, noir ou rouge. Les gants, c’est la même chose.

Dans mon sac de boxeur, on trouve aussi de la vaseline. C’est de la crème très grasse. Nous en appliquons sur le visage pour que les coups des adversaires glissent sur la peau. Nous avons une limite à ne pas dépasser. Si l’arbitre juge qu’il y en a trop, il nous demande d’en enlever. Sinon, le spectacle et le combat perdent de leur intérêt. Quand mon entraîneur applique la vaseline sur mon visage, je sens que je vais monter sur le ring, que je vais bientôt boxer. L’adrénaline monte. Ce moment n’est pas anodin, il fait partie de mon rituel.

Je dois avouer que je suis un garçon plutôt bordélique et tête en l’air. Mais avec mes affaires de boxe je suis très rigoureux. Il est rare que j’oublie quelque chose. »

Propos recueillis par Méryll Boulangeat @Meryll_B

Photos : Emmelieke Odul

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