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Jeux Olympiques de Sotchi : Vrai ou faux record ?

Avec 15 médailles en Russie, la France a atteint son objectif. Et apporté aux JO une poignée de belles surprises. Mais derrière les chiffres se cache une réalité plus nuancée. Les échecs ont été nombreux et le programme n’a jamais été aussi fourni.

 

Début décembre. Fabien Saguez, directeur technique national de la fédération française de ski, annonce : « Pour les Jeux olympiques de Sotchi, notre objectif à la FFS est de 15 médailles, dont 5 en or », avant d’ajouter : « C’est un objectif ambitieux ». Le 23 février dernier, lors de la cérémonie de clôture de ces mêmes Jeux olympiques, le tableau des médailles affiche 15 récompenses (dont 4 en or)…pour l’ensemble de la délégation française. Un record aux Jeux olympiques d’hiver. Un record à l’allure trompeuse.

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Immersion dans le tourbillon médiatique de Renaud Lavillenie

Au septième étage du bâtiment du groupe multimédia L’Equipe, on attend un invité très spécial. Et pour cause, le centre des attentions n’est autre que Renaud Lavillenie. De retour d’Ukraine la veille seulement, la tournée médiatique du recordman de saut à la perche (6,16m) passe par les locaux de L’Equipe. Et tout le monde, ici, est au courant. Dans les couloirs, les premières infos commencent à circuler, elles traversent aisément les étages. On sait en temps et en heure où est le Champion Olympique. A 11h30, il serait, à priori, devant le bâtiment dans un taxi privé.

Ca tombe plutôt bien pour l’équipe qui s’occupe des archives puisque c’est l’heure « de descendre fumer une clope ». Les quatre acolytes observent la scène devant l’entrée principal du média : « on fumait une cigarette dans un coin. La copine de Renaud est sortie la première de la voiture aux vitres tintées dans laquelle ils se trouvaient. Puis Renaud a suivi, avec ses béquilles. » Un Renaud qui semblait « fatigué. Il avait les traits tirés, le sourire un peu crispé ». Elise, Jessica, Sophie et Pierre Nicolas ne sont pas les seuls à assister à l’arrivée du champion. « Il y avait une dizaine, une quinzaine de personnes. Il y avait même Antoine Deneriaz (ndlr : champion olympique de ski alpin en 2006) qui l’a félicité. Il y avait surtout des JRI (ndlr : journalistes reporters d’images), des photographes et des personnes de la rédaction. »

Parmi eux, des journalistes privilégiés vont le suivre pendant son marathon médiatique. Nicolas Herbelot est spécialisé en athlétisme et commente ses performances depuis des années pour le journal L’Equipe. Anne Odru, journaliste à L’Equipe 21, fait un reportage sur la folle course médiatique du champion : « je le suis depuis hier puisque j’étais à l’aéroport quand il est arrivé. Normalement j’étais en congé aujourd’hui mais quand on m’a demandé si je pouvais le suivre toute la journée, je n’ai pas réfléchi une seconde. Sacrifier une journée de repos pour suivre une légende ? Tu ne te poses même pas la question ! C’est l’occasion de partager la journée d’une légende, en plus dans ces moments-là, c’est génial. »

Nicolas Herbelot et Anne Odru

Nicolas Herbelot et Anne Odru

Accueilli par des journalistes, Renaud est ensuite escorté jusqu’à la conférence de rédaction. Un moment privilégié pour le sportif puisque c’est lors de cette réunion que les unes et les sujets traités dans le journal sont décidés. Renaud est convié à donner son avis. Les journalistes l’écoutent énumérer ce qu’il a aimé ou pas dans l’édition du jour. Il donne aussi son avis sur ce qui l’intéresse dans le quotidien et surtout ce qu’il a pensé des articles qui lui ont été consacrés. Il avoue d’ailleurs ne pas avoir eu le temps de tout lire. Pas étonnant puisque pas moins de quatre pages étaient consacrées à son exploit !

La conférence terminée, Renaud arrive au septième étage. L’Equipe 21. C’est l’effervescence dans le couloir. Tout le monde veut une photo avec Renaud. « Une photo avec lui c’est quand même la classe », avoue Jessica. Pas le temps pour Renaud de satisfaire toutes les demandes, il est déjà en retard.

Dix minutes au maquillage, à peine.  « C’est toujours un peu différent quand ce sont des personnalités, confie Cyril le coiffeur de la chaîne. Il y a plein de monde qui se précipite dans la loge avec des caméras et des appareils photos. Ils sont tout excités. Il faut toujours faire vite. Ils sont tellement sollicités  qu’ils ont peu de temps ». Dans la petite cabine, il y a aussi Nathalie, la maquilleuse, qui a l’habitude de s’occuper de personnalités.  Avant Renaud, le dernier qui est passé entre ses mains n’est autre que Jo Wilfried Tsonga. « Quand ils sont super connus, ça attire toujours les foules, raconte Nathalie. Nous, on essaye de discuter avec eux, de plaisanter un peu. Le maquillage, c’est le moment où ils peuvent se vider la tête, décompresser. On s’occupe d’eux, ils se laissent faire. Le fait qu’on les touche, qu’on ait un contact physique enlève un peu une barrière. La confiance se crée plus facilement. »

Renaud Lavillenie se fait coiffer avant l'émission

Renaud Lavillenie se fait coiffer avant l’émission

Renaud Lavillenie au maquillage

Renaud Lavillenie au maquillage

Tout le monde est en retard, il faut faire vite. « L’ingénieur son était à la bourre, raconte Anne Odru. Du coup, c’est moi qui ai équipé Renaud de son micro à deux minutes seulement de l’antenne. » Le champion entre sur le plateau. La course contre le temps s’arrête le temps du direct.

Renaud Lavillenie arrive sur le plateau

Renaud Lavillenie arrive sur le plateau de L’Equipe 21

Une fois l’édition spéciale « Renaud Lavillenie » à son terme, les couloirs sont à nouveaux en effervescences. Photos, autographes, félicitations… Tout le monde se presse pour vivre un moment privilégié aux côtés du champion. Une fois encore, ce ne sera que de courte durée car le perchiste est attendu pour une séance photo. Le timing de la journée est minuté. C’est ensuite au 8ème étage, dans la partie VIP du bâtiment, que Renaud entouré de sa compagne, son agent et des personnalités importantes de L’Equipe sont invités à déjeuner.

Autographes

Autographes

A peine le temps de souffler pour l’homme qui a sauté le plus haut du monde avec une perche ! Rassasiés, le marathon médiatique continue pour le clan Lavillenie toujours suivi de très près par la journaliste Anne Odru. Toujours en béquilles, toujours hyper sollicité, Renaud quitte le siège social de L’Equipe. La journée n’est pas terminée pour autant. Il a rendez-vous chez un de ses sponsors pour donner une conférence de presse. C’est sur le plateau du Grand Journal qu’il terminera sa journée.

Anne Odru l’affirme, « cette journée a été possible car il est blessé. Sinon, il aurait certainement suivi son frère et son entraineur à Clermont pour retourner à l’entraînement ». Après un tourbillon d’émotion, c’est bien un tourbillon médiatique qu’a subi Renaud Lavillenie…au plus grand bonheur de ses (nombreux) fans.

Méryll Boulangeat

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Justine Dupont, la surfeuse qui a dompté Belharra

Justine Dupond  Crédit Photo : Diane Sagnier

Justine Dupond
Crédit Photo : Diane Sagnier

Le 8 janvier, quand Justine Dupont, 22 ans, se gare sur le parking, il fait encore nuit. Elle ne la voit pas encore mais, sans aucun doute, celle pour qui elle est venue aujourd’hui est déjà réveillée… Elle ? C’est la vague de Belharra, la tant attendue Belharra !

La plus grosse vague de France qui ne marche que lorsque les conditions sont très grosses. Il peut se passer une année entière sans que Belharra ne soit surfable.

Belharra (le 28-10-2013) Crédit Photo : Olivier Caenon

Belharra (le 28-10-2013)
Crédit Photo : Olivier Caenon

Néanmoins depuis le mois d’octobre, la tendance est au gros sur la côte basque, puisque trois sessions ont pu être faites. Avec des hauteurs comprises entre 10 et 20 mètres, le spot fait le bonheur des meilleurs surfeurs de gros venus du monde entier, à l’image de l’Hawaïen Shane Dorian et du Landais Benjamin Sanchis qui se sont confrontés à la « montagne basque ».

Depuis peu, Justine fait partie de cette rare communauté de surfeurs capables de se mesurer à des vagues XXL. Le 28 octobre dernier, elle s’attaque à Belharra pour la première fois. A ce jour elle reste la seule fille à l’avoir surfée. Une expérience qui lui assure le record de la plus grosse vague surfée par une fille en Europe. Une vague estimée à une quinzaine de mètres de hauteur.  Depuis, elle a eu la chance de retourner deux fois à Belharra : le 22 décembre, en guise de cadeau de noël avant l’heure et le 8 janvier dernier, en guise de bon présage pour la nouvelle année !

En cette journée de janvier, la nuit est encore présente quand Justine et son pilote de jet ski, François Liets (manager du team Billabong) s’agitent dans le port d’Hendaye. Ils se préparent, enfilent leurs combinaisons, vérifient les derniers réglages. La majorité du matériel a été préparé la veille, pour être sûr de ne pas perdre de temps le moment venu. Et le temps leur est compté… D’autres équipes de surfeurs arrivent… La course est lancée, c’est à ceux qui seront les plus rapides, les premiers à l’eau, les premiers à prendre une vague. Pari réussi pour Justine et son équipe qui s’échappent du port avant tout le monde à bord du jet ski mis à la disposition de la surfeuse. « On est parti au large avec le lever du soleil. Quand le jour s’est levé, nous étions sur le spot. C’est toujours énorme d’arriver la première sur un site ! Dans le ciel, les nuages étaient roses, c’était beau. » Un moment presque hors du temps où la surfeuse se fond dans un décor fait d’océan, d’immensité et de belles couleurs.

Pas question pour autant de traîner, les autres équipes ne sont pas loin.  « François m’a lancé sur une vague (ndlr : tractée en jet ski). La première de la journée ! C’est moi qui ai ouvert le bal ! J’ai pris une vague super grosse ! J’étais super contente ! Quand tu prends une vague comme ça, ta session est faite, l’objectif est atteint ! »

L’objectif prématurément atteint, mademoiselle Dupond se lance un nouveau challenge : réussir à prendre une de ces grosses vagues à la force de ses bras. Le jet ski sur le banc de touche, Justine se met à la rame. « C’est super impressionnant ! Quand je suis tractée, François n’est jamais loin, c’est rassurant. Là, tu es toute seule au milieu de l’océan. Il y a toi, ta planche et les vagues. » Une fois le côté éprouvant mis de côté, Justine se lance à plusieurs reprises. « Je n’ai pas réussi à en surfer une seule. J’aurais pu en prendre une mais je n’avais pas la priorité. Je suis un peu déçue. » Déçue mais pas abattue la miss de Lacanau : « je me suis pris des vagues plein la tête. Ca peut paraître bizarre mais je suis contente de voir ce que ça fait, que je suis capable d’arriver à m’en sortir ! ».

Shootée à l’adrénaline 

Se prendre des vagues plein la tête et risquer des chutes qui peuvent être lourdes de conséquences… Mais qu’est ce qui pousse ces surfeurs de l’extrême à s’aventurer sur des terrains si dangereux ?

Belharra (28-10-2013) Crédit Photo : Olivier Caenon

Belharra (28-10-2013)
Crédit Photo : Olivier Caenon

 « Avant tout, c’est l’adrénaline. Quand j’ai quitté le port, j’avais tellement envie que j’ai ressenti une décharge d’adrénaline ! En fait, on se shoot, plaisante la jeune fille à la longue chevelure aussi dorée que bouclée. Les sensations sont toutes démultipliées. Que se soit la vitesse ou la puissance c’est impressionnant. La pente qu’on prend, c’est fou, c’est comme si tu surfais une montagne. Tu sens la houle qui devient vague, la formation de la vague sous ton pied. A la fin de la vague, j’ai vu un clapot plus gros que les autres. Je suis arrivée tellement vite dessus que j’ai décollé.  Et en tombant, j’ai ricoché sur l’eau tellement la vague était puissante. »

 Seule fille au milieu d’un univers à dominante masculine, Justine estime avoir de « la chance » de pouvoir vivre de tels moments. « J’aime bien cette ambiance, cette solidarité à l’eau. Dès qu’une vague arrive tout le monde se met à crier, raconte-elle. Même si je reconnais que c’est un sport un peu macho, en règle générale les garçons sont sympas. Ils m’aident, ils m’encouragent. Au début, quand ils ne me connaissent pas, ils sont un peu intrigués. Par contre, ils ne vont pas me laisser une vague, ils me considèrent à leur niveau. Je ne m’attends pas à être avantagée. Je dois gagner ma place autant que les autres… et même parfois un peu plus que les autres ! ».

C’est riche de ces expériences de surf de gros que Justine va continuer son bout de chemin sur la voie plus « traditionnelle » du surf féminin : les circuits  WQS et WCT de shortboard et de longboard où elle s’est déjà illustrée. « Je vais me refocaliser sur le shortboard. C’est ce qui me fait avancer. Et puis, je n’ai pas encore atteins mes objectifs en compétition. »

Le surf de grosses vagues restera pour un moment encore, la cerise sur le gâteau !

Justine Dupont  Crédit Photo : Diane Sagnier

Justine Dupont
Crédit Photo : Diane Sagnier

Méryll Boulangeat

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