Archives de Tag: Paris

Fitness géant à l’Olympia

 

Pour la première fois, la mythique salle de spectacle parisienne a été le théâtre d’un cours de fitness XXL. CP/MB

C’est un vrai show !
CP/MB

Un batteur, un animateur déchaîné, des jeux de sons et lumières, la salle de l’Olympia : il n’en fallait pas moins pour rendre hystériques les 1200 participants du cours de fitness XXL donné à Paris dimanche dernier. Par Méryll Boulangeat, à l’Olympia (Paris).

Il est à peine 9 heures passées, en ce dimanche matin, quand les trottoirs du boulevard de la Madeleine, dans le neuvième arrondissement de Paris, s’activent. Une longue file d’attente se crée aux abords du magasin de l’enseigne sportive Reebook de la capitale.

Une particularité attire le regard des curieux Lire la suite

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TDF : « Moi, masseur ! Mais pas seulement »

Pendant le Tour de France, Le sport entre les lignes vous fait découvrir les coulisses d’une équipe de cyclisme (Cofidis) en rencontrant plusieurs de ses protagonistes. Cet épisode vous emmène à la rencontre d’un des masseurs de l’équipe : Christophe Hajaer. Présent depuis une vingtaine d’années dans le milieu du cyclisme professionnel, il est assistant sportif chez Cofidis depuis 2003. Titulaire d’une formation massage, confort et bien-être, de nombreux cyclistes professionnels sont déjà passés entre ses mains.

« Sur le Tour de France, l’équipe compte cinq masseurs. Chacun d’entre nous à deux cyclistes attitrés. On s’occupe d’eux pendant toute la grande boucle. Pour un massage il faut compter une heure. Cela peut même aller jusqu’à une heure et demi pendant les journées de repos. Selon l’état de fatigue, les cyclistes sont massés de la tête aux pieds. Bien sur, la priorité ce sont les jambes. Mais les coureurs sont aussi demandeurs au niveau du bas du dos, des paumes des mains et Lire la suite

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Pas besoin d’être un ninja pour être le meilleur

CP/Red Bull

CP/Red Bull

«  J’ai toujours aimé gagner. Ce qui me plaît, avant tout, c’est d’être en confrontation directe avec mon adversaire. » Lilou, de son nom de scène, est un des meilleurs breakdancer français. Ce week-end, il disputera, à Paris, la finale du Red Bull BC One. Invité suite à ses précédents succès sur la compétition, il sera opposé aux meilleurs danseurs du monde, qui ont passé toutes les sélections avec succès. Ils seront 16 compétiteurs, dont trois Français. Et à ce petit jeu-là, ils ne sont en général pas les plus mauvais. Lilou a remporté cette compétition, « la plus prestigieuse », deux fois (en 2005 et en 2009). L’édition de 2012 a également sacré un danseur tricolore (Mounir). « Le breakdance n’est pas encore très médiatique en France mais nous faisons quand même partie des meilleurs nations car nous sommes déterminés, explique le danseur de 30 ans. Je passe beaucoup de temps à travers le monde pour donner des stages et pour m’entraîner. C’est en Asie et en Amérique latine que la discipline est la plus développée bien que l’on commence à sentir une expansion un peu partout, comme en Europe de l’est par exemple. » La France figure dans le top trois des meilleures nations. Elle partage le podium avec les Américains, « c’est eux qui ont inventé le truc », et les Coréens, « le breakdance fait partie de leur mode de vie. Le côté un peu ninja, tout ça, leur correspond bien ».

CP/Red Bull

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Bboy lilou doing a freeze during Red bull Take one, Belgium on May 01 2011. CP/Red Bull

Bboy lilou doing a freeze during Red bull Take one, Belgium on May 01 2011. CP/Red Bull

Mais il ne suffit pas d’être un « ninja » pour être le meilleur danseur. « Plusieurs critères sont pris en compte : La musicalité, comment tu gères le Battle, la variation des figures, la propreté dans la réalisation des mouvements et le charisme, l’énergie que tu dégages sur scène. C’est un ensemble très complet. Le plus difficile, c’est d’exécuter les mouvements sur la musique. C’est le meilleur moyen de marquer des points. » La musique est un élément phare mais totalement aléatoire. Avant de monter sur scène les danseurs acrobates ne connaissent pas les choix des Dj. Surprise et donc improvisation totale pour les compétiteurs qui répètent des mouvements chacun leurs tours comme si ils se renvoyaient la balle à chaque fois. « Les mouvements, nous les travaillons beaucoup chez nous, en amont, car sur scène il faut être propre. Nous n’avons pas le droit à l’erreur. Pour m’entraîner, je fais aussi un peu de cardio. »

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Lors d’une précédente édition du Red Bull Bc One CP/Red Bull

Lilou s’inspire des arts martiaux, de la gymnastique, de la capoeira et de ce qu’il voit dans les films pour trouver de nouvelles idées, « des petits trucs » qu’il met en commun avec son groupe pour accoucher de nouveaux mouvements techniques.

À Paris, ce week-end, il espère bien réussir à réaliser ces nouvelles figures, celles sur lesquelles il travaille secrètement, à l’ombre des lumières depuis quelques mois. « J’ai fait quelques tests sur une compétition à Londres, que j’ai gagné, avant d’aller à Paris. C’est important de s’habituer à l’ambiance. Quand tu es en pleine lumière devant 2 000 personnes, tu n’as pas les mêmes repères et la même pression que dans ta salle d’entraînement. » C’est la première fois qu’un rassemblement de cette envergure est organisé en France. Lilou a déjà eu l’occasion d’aller au Brésil, en Afrique du Sud et en Corée. « Sur les Red Bull BC One, il y a toujours un sacré public, j’espère juste que les Français seront à la hauteur ». Difficile d’en douter quand on sait que les 2 000 places se sont écoulées en moins d’une demi-heure !

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Méryll Boulangeat Meryll_B

Le sport entre les lignes sur Facebook

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Bienvenue dans le futur

Tout commence dans une salle noire, très noire. Petit à petit, au rythme des corps qui s’étirent, de somptueux paysages défilent. Les rares chanceux présents sont invités au voyage. De la sérénité d’un levé de soleil sur une plage paradisiaque, eau turquoise et sable fin, ils passent à un panorama saisissant au coeur des montagnes…Le tout en faisant du yoga. Tel est le nouveau concept de fitness proposé par la célèbre marque LesMills, « The Project, Immersive Fitness™ ». Faire du sport et se dépenser dans une salle en ajoutant du piment à l’exercice : un écran de 180° diffusant des images et de la musique qui transportent les participants dans une autre dimension.

Crédit Photo/Reebook LesMills

Crédit Photo/Reebook LesMills

« L’Immersive Fitness™ réinvente la façon de penser l’exercice physique, décrit Les Jnr Mills, directeur du programme. Quand vous faites un pas dans le studio de l’Immersive Fitness™ vous entrez dans un nouveau monde. Un lieu où le temps s’arrête, où vous pouvez donner le meilleur de vous-même. Vous êtes transportés dans une nouvelle zone, un nouvel état d’esprit. Vous pouvez atteindre un pic de performance incroyable en terme de concentration et d’accomplissement personnel. »

Depuis 2013 l’idée d’ajouter une dimension visuelle à l’exercice physique germe dans les têtes de Les Jnr Mills et de son ami Adam Lazarus. Inspirés par des festivals de musique proposant des expériences immersives puis par des concerts de stars mondiales comme Beyoncé ou Kanye West, ils imaginent, créent, testent et développent le concept.

Un concept simple. Le cours de sport se transforme en aventure. Ainsi, totalement plongés dans le noir, les sportifs ont l’impression d’être seuls face à des ennemis à frapper, des lignes vertes à sauter, des côtes à gravir, des vaisseaux spatiaux à détruire, des formes à créer.

Le cours de RPM plonge les participants dans un univers de jeu vidéo. Crédit Photo/Reebook LesMills

Le cours de RPM plonge les participants dans un univers de jeu vidéo.
Crédit Photo/Reebook LesMills

Crédit Photo/Reebook LesMills

Les participants sont guidés par des formes. Crédit Photo/Reebook LesMills

L’espace d’un week-end, les curieux pouvaient découvrir, sur les bords de Seine parisiens, le fitness du futur. «  C’est comme un simulateur, se réjouissait Hermine Prunier qui a eu la chance de tester le dispositif. On se prend très vite au jeu. En général, je n’apprécie pas les cours de RPM (programme de cyclisme en salle, ndlr). Mais avec ce dispositif, il y a un côté très ludique. J’ai été étonnée dans les descentes, j’avais vraiment l’impression de sentir mon estomac remonter. Mon coup de cœur reste le BodyBalance (cours mêlant étirements et relaxation, ndlr). Les paysages étaient extraordinaires. C’est hyper relaxant, on déconnecte vraiment.»

Balade dans les montagnes de Nouvelle-Zélandepour le cours de BodyBalance. Crédit Photo/Reebook LesMills

Balade dans les montagnes de Nouvelle-Zélandepour le cours de BodyBalance.
Crédit Photo/Reebook LesMills

Les studios "The project, Immersive Fitness" sur les bords de la seine à Paris. Crédit Photo/Reebook LesMills

Les studios « The project, Immersive Fitness » sur les bords de la seine à Paris.
Crédit Photo/Reebook LesMills

Pour arriver à un tel résultat, le dispositif est impressionnant : « « The project » a lieu dans un studio spécialement conçu et équipé de technologies de pointe en terme de projection vidéo et de son, explique le petit-fils du créateur de LesMills. Avec un coût d’environ cent mille dollars par studio, le dispositif est difficilement reproductible à la maison. »

Après une présentation dans les villes du monde entier, le premier centre de fitness interactif devrait voir le jour fin novembre en Nouvelle-Zélande, à Auckland. D’ici là, Les Jnr Mills et Adam Lazarus continuent d’identifier les limites imposées par le sport pour pouvoir les repousser toujours plus loin : « Nous avons pour mission de créer une planète plus saine et chaque jour, nous explorons les idées qui aideront un peu plus les gens à aimer le fitness ».

Méryll Boulangeat @Meryll_b

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Noémie Balthazard (Gymnastique Rythmique) : Dans mon sac de sport #3

Vous allez découvrir au fil du temps une série de photographies qui mettent en lumière les espoirs français de Rio sous un angle…différent ! Les sportifs se mettent à nu en nous dévoilant l’intérieur de leur sac de sport. Objet banal en soi, son contenu peut révéler bien des surprises sur son ou sa propriétaire, en fonction de sa discipline et de sa personnalité. Dans la construction de sa performance, l’athlète a un rituel de préparation qui lui est propre. Les objets, font partie intégrante de ce rituel. Des petits trésors, des petites histoires qui pour la première fois sont partagés.

Du haut de ses 20 ans, Noémie Balthazard fait partie de l’Equipe de France de Gymnastique Rythmique depuis six ans. Avec son équipe, elle disputera, dans deux jours, les Championnats du monde, à Izmir en Turquie. L’occasion de découvrir l’intérieur de son sac de sport. Un sac de fille, à l’image du sport qu’elle pratique, glamour, brillant et coloré.  À travers Noémie, plongez dans l’univers si particulier de la GR. Ainsi, elle nous présente un objet plutôt insolite ainsi  qu’un autre dont l’histoire restera mystérieuse.

Dans le sac de sport de Noémie Balthazar : massues, barrettes, pomme de pain et pierre porte-bonheur, justaucorps, rouge à lèvres, serviette de transpiration, demi-pointes, gel coiffant, colle Satien, Vitamine C.

Dans le sac de sport de Noémie Balthazard : massues, barrettes, pomme de pain et pierre porte-bonheur, justaucorps, rouge à lèvres, serviette de transpiration, demi-pointes, gel coiffant, colle Satien, Vitamine C.                                              Crédit Photo/Emmelieke Odul

 

« Dans mon sac de compétition j’ai toujours mes deux porte-bonheur : une pierre qui brille et une pomme de pin. Si je les oublie ? Je ne suis pas trop superstitieuse mais… Je ne les oublie pas. Je vous raconte l’histoire de la pomme de pin mais celle de la pierre restera secrète. Cette pomme de pin date de mon ancienne équipe, celle des Jeux olympiques de Londres. Nous passions beaucoup de temps à l’intérieur. Nous l’avons ramassée sur le chemin du gymnase en nous disant qu’elle allait nous aider. Ce serait notre petit côté « nature ». Nous avons fait un super entraînement ce jour-là. Depuis je l’ai toujours avec moi.

Il y a aussi de la vitamine C dans mon sac, pour les petits coups de mou entre les deux passages.

La gymnastique rythmique est un sport esthétique. Le maquillage est indispensable. Le rouge à lèvre que l’on choisit a une importance capitale. Il doit être rouge. Il donne une touche féminine mais, surtout, il faut qu’on le voie de loin, qu’il ressorte. C’est important vis-à-vis des juges. Nous nous maquillons et nous coiffons seules.

Outre le maquillage et la coiffure, nous avons une tenue spécifique pour les représentations : deux justaucorps que nous gardons à peu près un an et demi. L’entraînement se fait en collant et en short. Mettre un « justau », comme on dit dans le jargon, n’est pas toujours très pratique. Il se déplace à chaque mouvement. Pour qu’il reste en place, nous utilisons de la colle Satien. Entre nous, nous appelons ça de la « colle-à-cul » ! Nous en appliquons sur la peau et le justau ne bouge plus, nous sommes tranquilles !

Nous utilisons ce justau avec les massues. Ils sont faits sur-mesure par une couturière d’origine bulgare, comme notre entraîneur. Les ailes de papillon font références à la musique utilisée pendant notre enchaînement : « Butterfly and Hurricanes » de Muse. Le nombre de strass est calculé. Sur celui-là, il y a 3500 Swarovsky. Avec la main-d’œuvre, c’est ce qui coûte le plus cher. Le tissu, lui, est abordable. Pour ce justau il faut compter environ 500 €.

Je prépare toujours mon sac la veille. Dans le groupe, nous avons toutes le même. Nous l’avions reçu pour les championnats du monde à Montpellier en 2011… La plus belle compétition de notre vie pour l’instant. »

Propos recueillis par Méryll Boulangeat @Meryll_B

Photos : Emmelieke Odul

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TDF : « Nous continuons d’y croire » Le carnet de route de Cyril Lemoine : #épisode 8

Cyril Lemoine est cycliste professionnel depuis 2003. Il participe à son quatrième Tour de France avec l’équipe Cofidis. Pendant les trois semaines que dure l’événement, Cyril nous fait partager SON Tour de France. L’occasion de découvrir la grande boucle d’un angle différent à travers un coureur sympathique et disponible.

Mercredi 23 juillet, dix-septième étape

«  Encore une étape pas facile…Mais j’y suis arrivé ! Tout le monde commence à en avoir un peu marre. On sens que les organismes sont fatigués. L’étape d’hier nous a bien marqués.  L’échappée du jour est partie très tôt : au bout de 10 kilomètres c’était réglé. C’est un signe. C’est difficile de s’accrocher et ceux qui se sont le mieux préservés hier arrivent à décrocher le reste des coureurs rapidement.

Je suis resté dans le peloton. Ce n’était pas de tout repos, la pression était forte car l’équipe Katusha voulait absolument rejoindre l’échappée pour placer, Rodriguez, leur meilleur grimpeur, avant le premier col. Nous avons rouler à 50 km/h jusqu’au col. Après, j’ai aidé les grimpeurs de l’équipe à bien se placer. C’était usant. Bien que j’ai réussi à faire le premier col dans le peloton, je me suis ensuite retrouvé dans un groupe d’une trentaine de personnes avec un objectif commun : finir dans les délais.

Demain c’est rebelote avec plusieurs côtes, le col du Tourmalet et la montée du Hautacam en guise de dessert !

Le Tourmalet est un col mythique mais il ne me fait pas plus peur que ça. Je l’aime bien. Pour l’avoir fait plusieurs fois, je trouve qu’il monte bien. Moralement, je me console en me disant que nous l’attaquons par le côté que je préfère : par La Mongie. L’autre côté me plait moins et me paraît plus difficile.

C’est la dernière grosse étape de montagne. L’objectif pour moi va être de suivre au maximum tout en me préservant pour les étapes à venir. Je pense notamment à l’étape d’après-demain qui peut me convenir.

Gagner une étape

On sent que c’est la fin du Tour. Plusieurs équipes, comme nous, n’ont pas encore gagné d’étapes. C’est notre objectif et les occasions de le réaliser s’amenuisent de jours en jours. Mais nous continuons d’y croire.

A quelques jours de la fin, je peux dire que ce Tour est quand même costaud. Même si tous les Tour sont difficiles, la particularité de cette année est que nous avons commencé dès les premiers jours par des étapes pas faciles avec l’Angleterre, ces parcours accidentés et ces petits dénivelés.

Le soir, dans le bus, on est rincé. Le calme prend le dessus sur le reste. Nos petites habitudes commencent à prendre le dessus. Une fois les vélos rangés, nous essayons d’optimiser chaque moment pour être le plus rapidement possible au lit. Tout d’abord le massage. Il y a un kiné pour deux coureurs. Toujours le même kiné. Il connaît nos petites manies et nos petites habitudes. C’est aussi une question d’affinités. Ensuite le repas. Nous mangeons à la suite les uns des autres. Et puis nous regagnons la chambre. Je fais quelques étirements pour diminuer mes tensions dorsales avant de regarder la télé pour me changer les idées. Quelques mots échangés avec mon collègue de chambre (toujours le même) et il est l’heure de dormir. Récupérer, recharger les batteries avant d’attaquer le mythique Tourmalet…entre autres. »

Propos recueillis par Méryll Boulangeat @Meryll_B

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TDF : « Réveillé par un contrôle anti-dopage » Le carnet de route de Cyril Lemoine : #épisode 7

Cyril Lemoine est cycliste professionnel depuis 2003. Il participe à son quatrième Tour de France avec l’équipe Cofidis. Pendant les trois semaines que dure l’événement, Cyril nous fait partager SON Tour de France. L’occasion de découvrir la grande boucle d’un angle différent à travers un coureur sympathique et disponible.

Lundi 21 juillet, journée de repos

« Deuxième jour de repos…Ça fait du bien après les étapes des Alpes. Cette journée a une saveur particulière pour moi puisque ma compagne et mon petit garçon de 2 ans m’ont rejoins. Après près de trois semaines sans se voir, c’est une parenthèse agréable de ce Tour de France. Cependant, ici, je ne suis pas le même qu’à la maison. Il ne faut pas que je m’éparpille sinon le lendemain c’est très difficile. Je reste dans ma petite bulle, concentré sur mon Tour de France. Si je commence à relâcher les nerfs, je ne serais plus dans la bonne dynamique. Ma compagne en est consciente. Mais ça me fait du bien au moral de les voir.

Le fait qu’ils soient là me permet de m’éloigner un peu de mes coéquipiers, de m’isoler. Après trois semaines tous ensemble, ça fait du bien d’avoir du temps pour soit.

Nous logeons dans un château : le Domaine de l’Hospitalet. C’est une propriété viticole. C’est calme, c’est tranquille et c’est beau. Nous sommes entourés de vignes, pas loin de la mer. Pour un amateur de vin comme moi, c’est super !

Ce matin, j’ai eu une mauvaise surprise : je me suis fait réveiller par un contrôle anti-dopage. On sait que ça peut arriver n’importe quand et c’est important de jouer le jeu si on veut avoir un sport clean… Mais un jour de repos…c’est dur ! C’est mon deuxième sur le Tour. Dans la vie quotidienne, nous devons signaler chaque jour où nous sommes avec une adresse précise car nous pouvons avoir des contrôles inopinés à tout moment.  Je ne compte plus le nombre de fois où ils sont venus à la maison me contrôler, c’est un peu contraignant. Depuis peu, une application a été mise en place pour nous faciliter les choses. C’est déjà ça !

Après le contrôle, je suis allé faire 1h30 de vélo avec un de mes coéquipiers. Nous avons roulé dans les terres et nous sommes revenus par Narbonne Plage, l’occasion de voir la mer ! Pour moi, cette petite sortie est essentiel un jour de repos. Ainsi, je dis à mon corps que ce n’est pas fini, qu’il faut continuer, qu’il y a encore des étapes derrière. Les 15 premières minutes, j’ai mal aux jambes, puis les muscles chauffent. Je fais alors quelques efforts sur une allure course, je transpire avant de terminer tranquillement. C’est important de transpirer pour éliminer les toxines emmagasinées la veille. La nourriture joue aussi un rôle important. Il faut faire attention de ne pas se suralimenter. Les efforts physiques sont réduits, les repas doivent l’être aussi. Nous mettons l’accent sur les légumes pour se « purifier » le foie, les viscères… Nous évitions aussi les laitages surtout quand il fait chaud.

Finalement, c’est plein de petits paramètres qui peuvent paraître insignifiants mais qui font la différence. Chacun a ses petites habitudes.

L’après-midi passée en famille, c’est le retour à la routine traditionnelle avec massage, ostéo et diner. Tu retrouves ta peau de cycliste du Tour de France pendant le repas du soir avec une pensée parmi d’autres : demain c’est 237 kilomètres… »

Propos recueillis par Méryll Boulangeat @Meryll_B

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TDF : « Dans le vélo, nous fonctionnons en équipe » Le carnet de route de Cyril Lemoine : #épisode 6

Cyril Lemoine est cycliste professionnel depuis 2003. Il participe à son quatrième Tour de France avec l’équipe Cofidis. Pendant les trois semaines que dure l’événement, Cyril nous fait partager SON Tour de France. L’occasion de découvrir la grande boucle d’un angle différent à travers un coureur sympathique et disponible.

Vendredi 18 juillet, treizième étape

« J’ai passé une sale journée. Je n’avais pas de bonnes jambes, j’ai subi. Je suis passé par tous les états.  Dans la tête il y a eu des moments durs. Comme on dit dans le jargon : j’ai eu l’impression de me faire taper dessus toute la journée. Sur trois semaines de compétitions, il y a forcément des jours sans. Aujourd’hui en était un. J’espère que si il y en a un autre ce sera sur une étape de plaine car sur les étapes de montagne c’est compliqué à gérer.

Les hostilités ont commencé assez rapidement. J’ai aidé un de mes coéquipiers à remonter le peloton jusqu’au pied du deuxième col. On roulait à fond, aux alentours de 60 kms/h, sur le plat. Quand je suis arrivé au début du col, je n’avais pas encore récupéré de mon effort. Je me suis écarté, j’avais fait mon boulot. Mais la montée du col a été vraiment difficile. J’ai entendu les mecs qui criaient « gruppetto »pour que le groupe s’organise. Même dans ce groupe, j’avais du mal à suivre. Je me suis accroché pour tenir. Je pense que j’étais sous-alimenté. Dès que j’ai pu manger un morceau, j’ai retrouvé de l’énergie.

En plus, la chaleur était pesante. Dans les cols, il y a peu de vent, c’est comme être dans un four. On souffre. On essaye de s’arroser, nos maillots sont trempés. Dans les chaussures, avec les frottements accumulés à la chaleur, les pieds brulent. Dans ces conditions, il faut s’hydrater en permanence.

En haut des cols, le staff de l’encadrement est placé pour nous distribuer des bidons. Le reste du temps, il faut appeler la voiture de l’équipe. La technique est simple : le coureur se met à l’arrière du peloton et lève la main. Le directeur de course appelle la voiture concernée. Celle-ci double les autres et se rapproche du peloton. Le coureur désigné par l’équipe vient récupérer les bidons pour lui et ses coéquipiers. C’est un petit exercice assez fatiguant car il faut ensuite remonter tout le peloton avec sept ou huit bidons (de 500 g chacun) pour les distribuer à ses coéquipiers. Aujourd’hui, je l’ai fait une fois avant les deux derniers cols. On essaie de mettre tout en place pour que les grimpeurs de l’équipe soient au top dans les cols. Malheureusement, le meilleur grimpeur de notre équipe, Dany Navarro (9ème de l’édition 2013), a du abandonner après avoir vomi plusieurs fois. Dans l’équipe nous sommes tous déçu pour lui mais on ne s’apitoie pas sur notre sort. On essaie de rigoler, de positiver et de se changer les idées.

Dans le vélo, nous fonctionnons en équipe. Tous les matins, le manager nous rassemble pour faire un récapitulatif de l’étape de la veille : ce qui a marché et ce qui n’a pas fonctionné. Jusqu’à aujourd’hui, il y a eu beaucoup de positif. Puis le directeur sportif nous fait un briefing de la course du jour. Les rôles sont définis en fonction de la fraicheur et des sensations de chacun. Tous les jours, ça change.

Au fil de l’étape, il peut encore y avoir des changements. Nous avons tous une oreillette dans laquelle nous sont signalés les changements tactiques pendant l’épreuve. Ce petit objet léger ne nous gêne pas. Il peut aussi être utile en cas de dangers ou d’obstacles identifiés sur la route. Un îlot directionnel, une chute à l’avant ou une route fondu à cause de la chaleur, ce sont des informations essentielles.

D’autres infos essentielles : les profils de chaque étape. Tous les cyclistes ont reçu en début du Tour vingt-et-un papiers détaillant les étapes. Chaque jour, je les découpent et les scotchent  sur mon guidon, autour de la potence. Cela permet de me donner des repères. Toutes les infos importantes sont notées : les kilomètres, les sommets, les longueurs de cols, les pourcentages moyens de chaque pente…

Le vélo de Cyril Lemoine avec le profil de la course scotché sur le guidon

Le vélo de Cyril Lemoine avec le profil de la course scotché sur le guidon

Demain, nous restons dans les montagnes. J’espère que pour moi la journée sera moins éprouvante. Comme chaque jour, j’ai utilisé le temps de trajet en bus pour commencer ma récup’ avec des bottes spéciales qui font à la fois cryothérapie et pressiothérapie avant de passer, une fois à l’hôtel, entre les doigts de mon kiné. Et demain, l’aventure continue… »

Propos recueillis par Méryll Boulangeat @Meryll_B

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TDF : Les enjeux de la deuxième semaine

Après plus de 12 ans chez les professionnels, Yannick Talabardon a pris sa retraite sportive à la fin de la saison 2013. Il a connu 3 équipes différentes (Big Mat Auber 93 – Crédit Agricole – SOJASUN), participé à 5 grands tours dont un Tour de France en 2011 (46ème) et a gagné 5 courses dont Paris-Troyes en 2009. Aujourd’hui, pour « Le sport entre les lignes », il décrit le Tour de France 2014 et les moments qu’il ne faudra absolument pas rater dans la deuxième semaine. Un Tour de France haut en surprise et rebondissements…

Yannick Talabardon, consultant pour Le sport entre les lignes

Yannick Talabardon, consultant pour Le sport entre les lignes

« Après une première semaine riche en rebondissements, le Tour de France s’apprête à prendre la direction des Alpes. Les cartes ont été redistribuées et Vincenzo Nibali possède, à première vue, la meilleure main.

Cette première journée de repos à Besançon marque la fin d’un premier acte spectaculaire et le début d’un second que l’on espère tout aussi passionnant. Ses deux victoires à Sheffield et à la Planche des Belles Filles, cumulés aux abandons de Chris Froome et d’Alberto Contador, permettent à Vicenzo Nibali de récupérer le rôle d’acteur principal, laissé vacant. N’en déplaise au discret Alexandro Valverde et à l’équipier de luxe, catapulté leader, Richie Porte. Cette pièce à ciel ouvert met aussi en lumière les jeunes espoirs français que sont Romain Bardet et Thibault Pinot. Le suspense étant encore total, les seconds rôles, Van den Broeck, Mollema, Van Garderen ou Talanski devront à l’image d’un Kwiatkowski passer eux aussi à l’offensive s’ils veulent déloger le champion d’Italie.

Ça tombe bien, le script de la deuxième semaine est écrit pour les attaquants. Les étapes d’Oyonnax et de Saint Etienne proposent des difficultés dans les derniers kilomètres. Alors que la courte mais difficile traversée des Alpes offrent, elle, deux arrivées au sommet, à Chamrousse et à Risoul. Et pour conclure ces cinq jours, il se pourrait que le vent joue, lui aussi, un rôle important du côté de Nîmes.

La première semaine est là pour nous le rappeler, le Tour de France est, avant tout, une compétition sportive où l’incertitude règne en maître. Une seule chose est sûre, le futur vainqueur de la grande boucle sera un néophyte. »

Yannick Talabardon

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TDF : « On doit aimer la souffrance » Le carnet de route de Cyril Lemoine : #épisode 5

Cyril Lemoine est cycliste professionnel depuis 2003. Il participe à son quatrième Tour de France avec l’équipe Cofidis. Pendant les trois semaines que dure l’événement, Cyril nous fait partager SON Tour de France. L’occasion de découvrir la grande boucle d’un angle différent à travers un coureur sympathique et disponible.

Lundi 14 juillet, dixième étape

« Voilà deux jours que le maillot de meilleur grimpeur a quitté mes épaules. Je savais que ça allait être difficile de le garder car je n’ai pas un profil de grimpeur mais il y a quand même une petite part de déception. Je commençais à m’y habituer à ces pois !!! Le côté positif c’est que je suis moins sollicité le soir, ce qui me laisse plus de temps pour récupérer.

Il me restera de nombreux souvenirs de ces six jours passés sous les couleurs rouges et blanches. Chaque jour j’ai reçu un nouveau maillot protocolaire, j’en ai donc six. Et pour la course, c’est pareil, j’avais le droit à mon lot de maillot à pois : un maillot classique, une chasuble à manches courtes à mettre par-dessus en cas de froid, un maillot à manches longues et un k-way. Je vais en  garder quelques uns et en offrir à mon staff.

Nous sommes en ce moment dans les Vosges. L’arrivée d’aujourd’hui est la même que celle d’il y a deux ans (La Planche des Belles Filles). Nous finissons par un petit col qui n’est pas très long mais n’en reste pas moins difficile car pentu (environ 20%). Mais avant d’y arriver, nous avons pas mal d’autres cols à passer.

Cyril Lemoine sous les couleurs de Cofidis

Cyril Lemoine sous les couleurs de Cofidis

Les étapes de montagnes, c’est vraiment quelque chose à part. Il y a les grimpeurs et puis les autres. On peut dire que je fais partie des autres. Ces étapes sont stressantes car il y a un délai à respecter une fois que le vainqueur de l’étape a franchi la ligne. Hier, c’était 27 minutes. En montagne, un nouveau groupe se forme : le gruppetto. C’est un groupe de cyclistes qui ont étaient distancé par le peloton. Le but principal du gruppetto est de terminer dans les délais. Le rythme est un peu moins intense et il est plus facile de monter à son rythme. Mais attention, il ne faut pas croire que c’est une ballade. C’est aussi dur que d’être à l’avant car sur le plat, ça roule au maximum pour compenser le temps perdu dans les montées. Dans les descentes, la prise de risques est maximum. Il y a peu de temps de répit. Et puis, il y a le côté stressant : tu sais qu’il faut arriver dans les temps sinon le soir, tu rentres à la maison.

Heureusement je ne me suis pas encore retrouvé dans ce groupe cette année, j’ai réussi à rester dans le peloton. La journée d’aujourd’hui s’annonce difficile. Je vais essayer de m’économiser au maximum pour les étapes qui suivent. Mon rôle va être d’épauler les grimpeurs de mon équipe pour essayer de bien les placer dès les premiers cols, de les lancer.

Quand ça grimpe, tu passes par de nombreux états

En règle générale je reste plutôt optimiste et je me dis que je vais y arriver, qu’il y a toujours des solutions. Mais quand tu souffres, que les jambes commencent à bruler, c’est dur. Il y a des petits moments de découragements. Tu penses que tu ne vas pas y arriver. Tu te dis « ce soir je suis à la maison ». Et puis parfois, c’est juste le vide dans ta tête, c’est complètement vide. Il ne se passe rien. Il m’arrive aussi de penser à ma famille, ma femme et mon petit bout.

Le pire scénario, c’est quand tu lâches prise le premier. Tu te retrouves seul et tu sais qu’il te reste une dizaine de kilomètres. Tu vois les voitures des équipes qui ne sont plus là et au loin tu aperçois les autres coureurs. Il ne reste que toi et les spectateurs. Là, tu te poses des questions, ça trotte dans la tête. Heureusement, ca ne m’est arrivé qu’une seule fois !

Quand tu souffres, tu regardes et tu te concentres sur la roue du mec qui est devant toi. Et tu te fixes des étapes. Col par col, virage par virage. Dans ces étapes là, tu as le temps de regarder les autres coureurs. Sur certains visages, tu vois la fatigue qui commence à faire son effet. Quand c’est vraiment difficile, les nerfs craquent et certains pleurent sur leurs vélos. C’est drôle car après, quand c’est terminé, on en rigole entre nous. Ce sont à la fois des mauvais et des bons souvenirs. On se dit qu’on est des barjots et qu’on doit aimer la souffrance !

Les étapes de montagne, c’est aussi l’occasion de discuter avec les autres coureurs, quand nous ne sommes pas essoufflés ! En plaine, ça roule trop vite et avec les passages de relais, nous n’avons pas le temps. On parle de vélo, de nos sensations, des étapes passées et à  venir. On parle aussi de notre vie privée avec les cyclistes que l’on connaît le mieux. Ca permet de passer le temps car sinon, les journées sont parfois longues !  »

Propos recueillis par Méryll Boulangeat

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