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Chloé Trespeuch : des supporters en or pour une médaille de bronze !

Chloé dans l'aire d'arrivée avec son frère Léo

Chloé dans l’aire d’arrivée avec son frère Léo

Dimanche 16  février, au pied du boardercross de Rosa Kuthor, une petite blondinette, tresse sur le côté, explose de joie. Chloé Trespeuch, jeune française de 19 ans, vient de remporter le bronze olympique. Après avoir tourné un moment autour, c’est le premier podium international (sénior) de sa jeune carrière…onze mois seulement après une opération du ligament croisé du genou.

Pour partager son bonheur en bas de la piste, le clan Trespeuch est réuni. Son grand frère, Léo, est le premier à pouvoir féliciter la toute nouvelle bronzée olympique. « Une fois la compétition terminée, j’ai couru dans l’aire d’arrivée. En voyant le nom Trespeuch sur mon accréditation, les contrôleurs m’ont laissé passer dans la zone presse. J’ai  pu rejoindre Chloé pour lui dire que j’étais fier d’elle !  »

Pourtant, il s’en est fallu de peu pour que la famille de Chloé ne soit pas dans les gradins.  « Pour aller à Sochi, nous avons commencé par recenser les Trespeuch intéressés. Ensuite, nous sommes rentrés dans une aventure administrative incroyable. Obtenir les visas était un vrai parcours du combattant. Nous avons fait plusieurs aller-retour à Paris. Nous les avons finalement reçus…la veille du départ ! »

A Rosa Kuthor, dimanche matin, tout le clan Trespeuch était mobilisé  » de bonne heure, kit du supporter » en main (banderoles, bonnets…). Après la première manche qualificative, Chloé a terminé à la treizième place, à trois secondes du meilleur temps. « Je suis allée la voir après son premier run. Je lui ai demandé pourquoi elle ridait en demi teinte, raconte Léo. Je lui ai donné quelques conseils pour qu’elle fasse mieux. » Deuxième manche : un autre visage de Chloé se dévoile : « elle a amélioré son temps d’une seconde et demi et remporté la manche », se félicite Léo.

Les qualification terminée, une longue période d’attente s’en suit pour Chloé et son fan club.  » Il y a eu une heure de break avant la finale. Le stress montait petit à petit au sein de la famille. Puis les chaos à six par six ont commencé  (ndlr : les snowboardeuses s’élancent à six en même temps dans le même parcours, les trois premières à franchir la ligne d’arrivée passent au tour suivant). J’avais l’estomac noué tellement j’avais peur que ça se passe mal. Finalement, tout c’est bien passé jusqu’à la finale. On savait qu’une médaille était en jeu, que tout était possible. Il fallait qu’elle donne tout ce qu’elle avait. Nous en avions parlé ensemble un peu plus tôt. Il ne fallait pas qu’elle relâche la pression en finale. Il fallait ce podium coute que coute. Après le départ, Chloé était quatrième. Il n’y a que trois places sur le podium. Tout était encore possible. Je l’ai vu tenter de doubler par l’intérieur, puis par l’extérieur avant de faire une grosse faute. Elle avait perdu toute sa vitesse. Dans ma tête, c’était la catastrophe. J’avais peur. A côté, ma copine y croyais « ce n’est pas encore perdu, aller, aller, jusqu’au bout ». Devant Chloé, les filles se sont bousculées avant de chuter.  Chloé a réussi à éviter le carambolage et s’est envolée vers le bronze olympique ! Dans le clan Trespeuch, on pleurait de joie. Nous voir comme ça, tous en larme, c’était magique ! »

La breloque en poche, les larmes séchées, la soirée des  supporters de Chloé, Léo en tête, est presque aussi chargée que celle de la médaillée. « Nous sommes tous allés au club France. On a fait quelques interviews. »

Léo, le grand frère de Chloé

Léo, le grand frère de Chloé

Pour compléter cet agenda de ministre improvisé, les Trespeuchs ont pris la direction de Sotchi en train. 45 minutes pour savourer et partager ce moment de joie. Sotchi, la remise des médailles, la montée des drapeaux et des larmes, encore. 45 minutes de trains dans l’autre sens pour retourner au Club France avant de faire un petit tour en discothèque pour fêter : les premiers Jeux Olympiques de Chloé !

Méryll Boulangeat

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Histoire de médaille

Les Russes ont vu les choses en grand, en très grand pour ces Jeux Olympiques d’hiver. D’abord, il y a eu le parcours de la flamme olympique : 65 000 kilomètres parcourus, un voyage dans l’espace, une plongée dans le lac Baïkal et l’ascension du Mont Elbrouz (5 642 mètres d’altitude). Et puis ensuite, il y a eu les médailles. Pourquoi se contenter de faire des médailles banales alors que l’on pouvait faire mieux, plus original ?!

Les organisateurs ont annoncés que 7, des 98 médailles d’or décernées pendant les Jeux Olympiques de Sotchi, seraient ornées de morceaux de météorites. Parmi les chanceux, les gagnants des épreuves suivantes : ski alpin (super géant femmes), ski de fond (le relais féminin), le saut à ski (le K-125 hommes), le skeleton (épreuve masculine), l’épreuve de vitesse de patinage (le 1 500 mètres hommes) et le short track (les épreuves du 1 000 mètres femmes ainsi que le 1 500 mètres hommes).

Toutes ces épreuves auront lieu le 15 février. Une démarche symbolique pour l’état puisque cette journée marquera la date anniversaire de la pluie de météorites qui avait frappé la ville de Chelyabinsk, le 15 février dernier. L’évènement avait marqué les populations russes faisant 1 600 blessées et des dégâts estimés à plus de 25 millions d’euros.

Dans un communiqué, le responsable du ministère de la culture de cette région, Alexeï Betekhtine, a expliqué : « nos récompenses seront décernées à tous les athlètes qui auront remporté l’or ce jour-là, puisqu’une météorite, de même que les Jeux Olympiques, est un événement mondial ».

Les champions olympiques, sacrés le 15 février, auront une histoire de plus à ajouter à leur médaille !

Méryll Boulangeat

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Les soeurs dorées

J’aime bien les belles histoires. Et finalement, je crois ne pas être la seule. C’est pour ça qu’aujourd’hui, j’ai envie de vous conter l’histoire des sœurs Dufour-Lapointe. Elles sont canadiennes, belles, jeunes, souriantes, et un peu casse cou. Elles sont trois : Justine (19 ans), Chloé (22 ans) et Maxime (24 ans). Si je vous parle d’elles, c’est qu’hier, elles ont marqué les esprits. La plus jeune est devenue Championne Olympique de ski de bosses alors que la seconde, son aînée dans la vie, était sa dauphine. Maxime, la première de la fratrie à avoir vu le jour, a regardé le podium depuis l’aire d’arrivée, après avoir pris la douzième place de l’épreuve.

Il faut remonter en 1960 à Squaw Valley, aux Etats-Unis, pour retrouver trois sœurs prendre le départ des mêmes Jeux Olympiques. Les sœurs Leduc (Thérèse, Anne-Marie et Marguerite) représentaient le ski français mais aucune d’entre elle n’a réussi à se hisser sur la plus haute marche du podium. Ces histoires de sœurs font battre mon cœur car j’ai aussi deux sœurs (Mégane et Alizée) qui faisaient…des bosses !

Revenons à nos trois canadiennes. Deux blondes, une brune, trois caractères : selon leur grand-mère, Gabrielle, et leur grande tante, Simone (qui se sont confiées au site canadien La presse) , Justine, la jeune Championne Olympique, serait la plus bavarde. Maxime, l’aînée, celle qui concocte les meilleurs petits plats et Chloé, la médaillée argentée, la plus stylée ! Mais une fois sur la piste, ces trois là ne pensent plus qu’à une chose : être les meilleures.

Rivales sur la piste, elles sont inséparables dans la vie. L’esprit de famille prédomine chez les Dufour-Lapointe. Même compte Facebook, même compte Twitter : elles sont indissociables. Leur maman est petit à petit devenue leur agent. Ma sœur, Alizée, Championne du Monde junior de bosse en 2006 et présente sur les coupes du monde pendant sept ans, les a côtoyées sur les compétitions. Elle les a vu arriver au compte goutte sur le circuit : « Maxime est arrivée en premier. Puis il y a eu Chloé qui a tout de suite fait de bons résultats et puis Justine pour finir. Au début, elles s’entrainaient seules avec un coach personnel. Petit à petit, elles ont rejoint l’équipe du Canada mais toujours un peu en marge des autres. C’était un peu comme un groupe dans le groupe. Le groupe des Dufour-Lapointe. Je crois d’ailleurs qu’elles veulent lancer leur propre marque ».  Avec une médaille d’or et une médaille d’argent olympique en poche, tout porte à croire que leur future marque « SDL » (Sœurs Dufour-Lapointe) se prédestine à un avenir doré.

Méryll Boulangeat

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Deux Lamy-Chappuis à Sotchi !

La « petite Sibérie ». C’est ainsi que l’on surnomme le village de Bois d’Amont, dans le Jura. Entouré de deux lacs, à quelques kilomètres de la frontière suisse, le petit village est moins connu pour ses beaux paysages que pour ses champions. Ils seront 5*, sur les 1669 habitants de la commune, à prendre le départ des Jeux Olympiques de Sotchi. Parmi eux : deux cousins, deux destins. Le premier n’est autre que le porte-drapeau de la délégation française : Jason Lamy-Chappuis. Le second, Ronan Lamy Chappuis, découvrira l’univers olympique pour la première fois. Une fierté pour leur oncle René Lamy-Chappuis : « je ne sais pas si les Bois d’Amonier se rendent compte de la chance qu’ils ont d’avoir autant de sportifs aux Jeux! ».

Jason entouré de son oncle René, sa tante Véronique et sa cousine Justine.

Jason entouré de son oncle René, sa tante Véronique et sa cousine Justine.

Jason, 27 ans, est spécialiste du combiné nordique. La discipline comprend une épreuve de saut à ski et une épreuve de ski de fond. Champion olympique à Vancouver, double champion du monde en individuel et en équipe, il rêve de décrocher d’autres récompenses dorées. Malgré un début de saison mitigé (3 podiums « seulement » dont 2 victoires), René ne remet pas en cause l’objectif de son neveu : « c’est vrai que son début de saison est un peu compliqué. Mais on sait qu’il est toujours là. Il est assez intelligent pour gérer sa course des jeux ». Pour René, cette gestion des compétitions fait la différence sur les skis, «  Sa force c’est qu’il est capable de tout analyser, de gérer son effort ». Sur les skis, il analyse. Mais dans la vie, il est comment Jason ? « Jason, c’est la simplicité. Il est très, très gentil. Quand on se retrouve en famille, il ne se prend pas la tête. »

Ronan, 20 ans, sera le seul représentant français en saut à ski. « Le saut, c’est le parent pauvre de la Fédération Française de Ski, explique son oncle. Ils ne sont que deux ou trois en France à le pratiquer. Ils ont très peu de budget. » Même si ce n’est pas tous les jours évident, cette situation ne freine pas Ronan pour autant. « Il a beaucoup progressé cette année, raconte René. Je pense qu’il a pris conscience qu’il était capable de le faire. Il a gagné deux ou trois mètres. » Deux ou trois mètres qui ont fait la différence et qui lui ont permis de se hisser plusieurs fois parmi les 30 meilleurs mondiaux. Si, pour René, Jason représente « la simplicité », Ronan, lui, « c’est la persévérance ». « Le saut à ski c’est vraiment difficile, argumente René. A deux mètres près t’es bon ou t’es pas bon ! Ca se joue à rien. Les français rivalisent avec des nations dont c’est presque le sport national. »

Ronan entouré de son oncle René, sa tante Véronique et sa cousine Justine.

Ronan entouré de son oncle René, sa tante Véronique et sa cousine Justine.

Gagner quelques mètres demande du temps. Et ne plus être identifié, par les journalistes, comme « le cousin de… » aussi ! « Au début, les journalistes l’appelaient Jason. Je crois qu’aujourd’hui ça va mieux et qu’il s’est habitué », confie René. Une situation facile à admettre puisque les cousins s’entendent très bien. « Il y a une vraie complicité entre eux, témoigne leur oncle. Ils s’entraînent ensemble. Jason demande même  des conseils techniques à Ronan ! ».

Un bonheur pour cet oncle, passionné de glisse, qui a sa technique pour ne manquer aucune compétition : « tous les week-ends, on enregistre Eurosport en continu. Pendant ce temps-là,  on va skier en famille, raconte-t-il. Le soir, en rentrant, on regarde la cassette jusqu’à ce qu’elle soit finie. Saut, combiné, biathlon, alpin… On suit tout. » Le cirque blanc n’a donc plus aucun secret pour la famille Lamy-Chappuis. Mais c’est bien devant le combiné nordique et le saut à ski qu’ils vivront le plus d’émotions pendant les jeux de Sotchi.

* en plus de Jason et de Ronan, Sébastien Lacroix (combiné nordique), Cyril Miranda et Aurore Jean (ski de fond) font partis de la sélection olympique.

Méryll Boulangeat

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Le mental d’acier de Johan Clarey

Johan est spécialiste des épreuves de vitesse

Johan Clarey est spécialiste des épreuves de vitesse

JOHAN CLAREY, c’est 1m91 pour 95kg. Mais c’est aussi un lot de blessures : deux opérations et une entorse aux genoux, deux blessures à l’épaule, une au poignet… et pour finir une opération pour soigner une hernie discale. Cette dernière a eu lieu l’hiver dernier à l’avant-veille des Championnats du monde de Schlagming (Autriche). Des blessures à répétitions qui n’ont pas eu raison du skieur de la Clusaz.

«  Sa dernière blessure n’a pas été évidente, confesse sa maman Monique. Le dos c’est délicat à gérer. Le retour sur les skis après une opération du genou, on connaît. C’est arrivé à presque tout le monde. Par contre, le dos c’est différent. Personne sur le circuit ne s’est fait opérer d’une hernie discale et a réussi à revenir. Son retour sur les skis était incertain. »

Une période de questionnements s’en suit pour Johan. Tout portait à croire que cette ultime blessure allait sonner le coup d’arrêt d’une carrière ponctuée d’interventions chirurgicales et de désillusions pour le skieur français. « En février, il voulait arrêter, il avait peur de ne pas y arriver, raconte sa mère. Il n’avait plus aucune sensation dans les jambes ». C’était sans compter sur le fort soutien familial « On lui a dit qu’il ne pouvait pas s’arrêter comme ça sur une blessure, ajoute Guy, le papa. Il fallait au moins qu’il essaie de revenir, de voir si physiquement il en était capable. Il ne pouvait pas prendre une décision sans voir ce que ça allait donner avant. Il a suspendu son choix jusqu’au mois de juillet, le temps de voir si ses sensations revenaient dans les jambes. »

Pendant de longs mois, Johan fait le vide. « A part nous, il ne parlait à personne, raconte Guy. Pendant deux mois, il s’est totalement coupé du monde du ski »… jusqu’à ce jour où il a décidé de revenir…

« Quand il a décidé de revenir, ses coaches l’ont beaucoup aidé, souligne Monique. Moralement surtout. » S’en est suivi un gros travail de préparation physique et mentale. En marge du groupe, au sein d’une structure mise en place par la Fédération Française de Ski. Un groupe qui accompagne les blessés et leur fait rattraper la préparation qu’ils ont manquée.

En arrière-plan, toujours, la famille. Présente, comme lors de chacune de ses blessures. « On l’aide comme on peut, témoigne Monique, mais moralement c’est dur. On ne peut pas faire grand chose, juste l’accompagner en tant que famille. Son parrain aussi est très présent. En fait, quand il se blesse, la famille fait bloc autour de lui. Quand il s’est fait mal aux deux genoux, on se relayait toute la journée avec ses sœurs pour qu’il ne soit pas seul. On le tirait, on le poussait sur son fauteuil. Cette période était dure. »

Johan et ses deux soeurs

Johan et ses deux soeurs

Grâce à « beaucoup de travail, de volonté et à un moral en acier », Johan est remonté sur les skis. Il a retrouvé son groupe, ses habitudes. En décembre dernier, il s’est même hissé sur la troisième marche du podium de la Coupe du Monde de Valgardena (Italie). Un retour sur le devant de la scène inespéré quelques mois auparavant.

A l’approche des compétitions, Guy et Monique sont « très anxieux, très tendus ». Pour Monique, cette « anxiété permanente » est normale, « elle est due à toutes ces blessures », ajoute-t-elle. Ce qui n’empêche pas Guy de suivre Johan sur la majorité des compétitions.

Le ski pour Johan ? Plus qu’une passion, c’est une évidence : « Johan adore la compétition avant toute chose, raconte Monique. Sa richesse c’est d’avoir une passion : le ski. »

Guy se rappelle de sa première course « il avait 6 ou 7 ans, il a poussé la porte du chalet, levé les bras au ciel avec une coupe dans chaque main. Avec un grand sourire, il nous a dit « j’ai tout gagné ! » ».

Aujourd’hui, la famille de Johan Clarey n’attend qu’une chose : qu’en rentrant de Sotchi, Johan pousse la porte du chalet, lève les bras au ciel avec ce sourire et cette phrase : « j’ai tout gagné ! »

Méryll Boulangeat

Johan Clarey

Johan Clarey

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Le mental d'acier de Johan Clarey

Johan est spécialiste des épreuves de vitesse

Johan Clarey est spécialiste des épreuves de vitesse

JOHAN CLAREY, c’est 1m91 pour 95kg. Mais c’est aussi un lot de blessures : deux opérations et une entorse aux genoux, deux blessures à l’épaule, une au poignet… et pour finir une opération pour soigner une hernie discale. Cette dernière a eu lieu l’hiver dernier à l’avant-veille des Championnats du monde de Schlagming (Autriche). Des blessures à répétitions qui n’ont pas eu raison du skieur de la Clusaz.

«  Sa dernière blessure n’a pas été évidente, confesse sa maman Monique. Le dos c’est délicat à gérer. Le retour sur les skis après une opération du genou, on connaît. C’est arrivé à presque tout le monde. Par contre, le dos c’est différent. Personne sur le circuit ne s’est fait opérer d’une hernie discale et a réussi à revenir. Son retour sur les skis était incertain. »

Une période de questionnements s’en suit pour Johan. Tout portait à croire que cette ultime blessure allait sonner le coup d’arrêt d’une carrière ponctuée d’interventions chirurgicales et de désillusions pour le skieur français. « En février, il voulait arrêter, il avait peur de ne pas y arriver, raconte sa mère. Il n’avait plus aucune sensation dans les jambes ». C’était sans compter sur le fort soutien familial « On lui a dit qu’il ne pouvait pas s’arrêter comme ça sur une blessure, ajoute Guy, le papa. Il fallait au moins qu’il essaie de revenir, de voir si physiquement il en était capable. Il ne pouvait pas prendre une décision sans voir ce que ça allait donner avant. Il a suspendu son choix jusqu’au mois de juillet, le temps de voir si ses sensations revenaient dans les jambes. »

Pendant de longs mois, Johan fait le vide. « A part nous, il ne parlait à personne, raconte Guy. Pendant deux mois, il s’est totalement coupé du monde du ski »… jusqu’à ce jour où il a décidé de revenir…

« Quand il a décidé de revenir, ses coaches l’ont beaucoup aidé, souligne Monique. Moralement surtout. » S’en est suivi un gros travail de préparation physique et mentale. En marge du groupe, au sein d’une structure mise en place par la Fédération Française de Ski. Un groupe qui accompagne les blessés et leur fait rattraper la préparation qu’ils ont manquée.

En arrière-plan, toujours, la famille. Présente, comme lors de chacune de ses blessures. « On l’aide comme on peut, témoigne Monique, mais moralement c’est dur. On ne peut pas faire grand chose, juste l’accompagner en tant que famille. Son parrain aussi est très présent. En fait, quand il se blesse, la famille fait bloc autour de lui. Quand il s’est fait mal aux deux genoux, on se relayait toute la journée avec ses sœurs pour qu’il ne soit pas seul. On le tirait, on le poussait sur son fauteuil. Cette période était dure. »

Johan et ses deux soeurs

Johan et ses deux soeurs

Grâce à « beaucoup de travail, de volonté et à un moral en acier », Johan est remonté sur les skis. Il a retrouvé son groupe, ses habitudes. En décembre dernier, il s’est même hissé sur la troisième marche du podium de la Coupe du Monde de Valgardena (Italie). Un retour sur le devant de la scène inespéré quelques mois auparavant.

A l’approche des compétitions, Guy et Monique sont « très anxieux, très tendus ». Pour Monique, cette « anxiété permanente » est normale, « elle est due à toutes ces blessures », ajoute-t-elle. Ce qui n’empêche pas Guy de suivre Johan sur la majorité des compétitions.

Le ski pour Johan ? Plus qu’une passion, c’est une évidence : « Johan adore la compétition avant toute chose, raconte Monique. Sa richesse c’est d’avoir une passion : le ski. »

Guy se rappelle de sa première course « il avait 6 ou 7 ans, il a poussé la porte du chalet, levé les bras au ciel avec une coupe dans chaque main. Avec un grand sourire, il nous a dit « j’ai tout gagné ! » ».

Aujourd’hui, la famille de Johan Clarey n’attend qu’une chose : qu’en rentrant de Sotchi, Johan pousse la porte du chalet, lève les bras au ciel avec ce sourire et cette phrase : « j’ai tout gagné ! »

Méryll Boulangeat

Johan Clarey

Johan Clarey

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" Etre journaliste indépendant à Sotchi, c’est un sport de combat "

Pendant deux semaines, la Russie sera au cœur de l’actualité mondiale. En organisant les XXIIème Jeux Olympiques d’hiver, le Kremlin espère bien étaler sa puissance aux yeux du monde entier. Un brillant qui perd un peu de son éclat jour après jour. Les critiques envers le gouvernement sont de plus en plus importantes. Lois anti-gays, budget mirobolant, travailleurs exploités, habitants expulsés… Les polémiques se succèdent et les conséquences ne se font pas attendre : de nombreuses personnalités politiques, François Hollande ou Barack Obama en tête, ont déjà annoncées qu’elles ne participeraient pas à la cérémonie d’ouverture le 7 février prochain. Pour certains athlètes, la question du boycott s’est même posée.

Rosa Khutor, la station de ski où auront lieu les épreuves de ski et snowboard pendant les Jeux de Sotchi

Rosa Khutor, la station de ski où auront lieu les épreuves de ski et snowboard pendant les Jeux de Sotchi

Un aspect est moins traité que les autres : l’indépendance des journalistes en Russie. La liberté d’expression : un droit bafoué, à l’image de nombreuses autres libertés dans le pays, parfois de manière claire et perceptible, parfois de manière plus subtile. Dans le classement de  Reporters Sans Frontières, la Russie fait figure de cancre lorsqu’il s’agit de la liberté de la presse (148ème sur 179).

JOURNALISTE RUSSE INDEPENDANT : UN SPORT DE COMBAT

Pour Johan Bihr, responsable du bureau Europe de l’Est, Asie Centrale chez Reporters Sans Frontières, « être journaliste indépendant à Sotchi, c’est un sport de combat ». L’exercice est possible mais à quel prix ? « C’est une vocation, ajoute Johan Bihr, un choix qui engage votre vie, celle de vos proches ». Les conséquences peuvent être sévères pour les journalistes qui vont à l’encontre des pouvoirs politiques.

Dans un premier temps, des conséquences financières, à l’origine de la faillite de nombreux médias. « En Russie, les médias survivent grâce aux subventions publiques », explique Yann Bertrand, journaliste pour France Info. Une réalité appuyée par les propos de M. Bihr : « les collectivités (locales, régionales) attribuent des aides aux journaux en échange d’un quota « d’informations » à diffuser. Des « informations » qui se résument à des publireportages à la gloire des autorités nationales et locales. Ces sujets ne se distinguent pas des autres articles, ce qui favorise la propagande. Il faut savoir que cela représente entre 50 et 70% du contenu. » Une manne financière importante qui n’encourage pas les médias locaux à enquêter sérieusement.

Mais parmi ces « petits soldats du journalisme » (ndlr : titre emprunté à l’ouvrage de François Ruffin) russe, il existe encore quelques exceptions. Une chaîne de télévision d’opposition, basée à Moscou, ainsi que des petites rédactions éparpillées à droite et à gauche essaient de survivre. « Les médias privés sont financés par de riches oligarques ou par des associations. Mais ils ont très peu de poids face aux autres médias », explique le journaliste de France Info.

Quand les sanctions financières ne suffisent pas à intimider les journalistes rebelles, les autorités peuvent aller plus loin. « Depuis l’an 2000, trente journalistes ont été assassinés dans l’exercice de leurs fonctions, raconte Christophe Deloire, Directeur Général de Reporters Sans Frontières. Et dans vingt-cinq de ces cas, personne n’a été inquiété ou mis en examen ». Des crimes impunis, des assassins et des agresseurs en liberté. Un climat d’insécurité et de peur règne dans le milieu journalistique. « Les zones proches de la Tchétchénie sont les plus touchées. La région du Caucase, où se trouve Sotchi, en fait partie ».

Photos : Marielle Berger

Rosa Khutor, la station de ski où auront lieu les épreuves de ski et snowboard pendant les Jeux de Sotchi

Nikolaï Larst est journaliste dans cette région du Caucase. Il enquêtait sur une affaire de garde familiale et de corruption, mettant en cause les forces de police, quand il s’est fait arrêter. Les policiers ont découvert de la drogue sur la plage arrière de son véhicule. S’en sont suivis plusieurs mois de prison ferme. Le journaliste nie les faits et estime que cette affaire a été montée de toutes pièces pour le faire taire.  

13 000 journalistes seront accrédités pour les prochains Jeux Olympiques, 200 seulement seront Russes. « L’Etat a organisé des concours au sein des rédactions pour choisir les journalistes russes accrédités pour l’événement », explique Yann Bertrand.

JOURNALISTES ÉTRANGERS ÉPARGNÉS ?

Les journalistes étrangers, eux aussi, sont soumis à la vigilance russe. Yohan Bihr et Yann Bertrand ont tous deux eu vent du voyage qu’ont vécu les journalistes d’une équipe de télévision norvégienne. « Ils ont été interpelés six fois en trois jours, raconte le représentant de Reporters Sans Frontières. Ils ont subi des interrogatoires hyper poussés, leur matériel a été inspecté sous tous les angles à chaque fois. » Une expérience réservée à ceux qui décident de s’aventurer hors des sentiers battus. « Il nous est fortement conseillé d’annoncer notre venue aux autorités russes », admet le journaliste de France Info. « La plupart du temps, les journalistes sont conduits par autobus. Une fois sur les lieux décidés par les autorités, les journalistes peuvent filmer ce qu’ils veulent à condition de ne pas s’éloigner de la zone dans laquelle ils ont été conduits », raconte Johan Bihr.

La politique des autorités s’affiche clairement : tout ce qui est diffusé dans la presse doit être sous contrôle afin de ne pas ternir une image que le Kremlin se donne tant de mal à gérer.

Méryll Boulangeat

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 » Etre journaliste indépendant à Sotchi, c’est un sport de combat  »

Pendant deux semaines, la Russie sera au cœur de l’actualité mondiale. En organisant les XXIIème Jeux Olympiques d’hiver, le Kremlin espère bien étaler sa puissance aux yeux du monde entier. Un brillant qui perd un peu de son éclat jour après jour. Les critiques envers le gouvernement sont de plus en plus importantes. Lois anti-gays, budget mirobolant, travailleurs exploités, habitants expulsés… Les polémiques se succèdent et les conséquences ne se font pas attendre : de nombreuses personnalités politiques, François Hollande ou Barack Obama en tête, ont déjà annoncées qu’elles ne participeraient pas à la cérémonie d’ouverture le 7 février prochain. Pour certains athlètes, la question du boycott s’est même posée.

Rosa Khutor, la station de ski où auront lieu les épreuves de ski et snowboard pendant les Jeux de Sotchi

Rosa Khutor, la station de ski où auront lieu les épreuves de ski et snowboard pendant les Jeux de Sotchi

Un aspect est moins traité que les autres : l’indépendance des journalistes en Russie. La liberté d’expression : un droit bafoué, à l’image de nombreuses autres libertés dans le pays, parfois de manière claire et perceptible, parfois de manière plus subtile. Dans le classement de  Reporters Sans Frontières, la Russie fait figure de cancre lorsqu’il s’agit de la liberté de la presse (148ème sur 179).

JOURNALISTE RUSSE INDEPENDANT : UN SPORT DE COMBAT

Pour Johan Bihr, responsable du bureau Europe de l’Est, Asie Centrale chez Reporters Sans Frontières, « être journaliste indépendant à Sotchi, c’est un sport de combat ». L’exercice est possible mais à quel prix ? « C’est une vocation, ajoute Johan Bihr, un choix qui engage votre vie, celle de vos proches ». Les conséquences peuvent être sévères pour les journalistes qui vont à l’encontre des pouvoirs politiques.

Dans un premier temps, des conséquences financières, à l’origine de la faillite de nombreux médias. « En Russie, les médias survivent grâce aux subventions publiques », explique Yann Bertrand, journaliste pour France Info. Une réalité appuyée par les propos de M. Bihr : « les collectivités (locales, régionales) attribuent des aides aux journaux en échange d’un quota « d’informations » à diffuser. Des « informations » qui se résument à des publireportages à la gloire des autorités nationales et locales. Ces sujets ne se distinguent pas des autres articles, ce qui favorise la propagande. Il faut savoir que cela représente entre 50 et 70% du contenu. » Une manne financière importante qui n’encourage pas les médias locaux à enquêter sérieusement.

Mais parmi ces « petits soldats du journalisme » (ndlr : titre emprunté à l’ouvrage de François Ruffin) russe, il existe encore quelques exceptions. Une chaîne de télévision d’opposition, basée à Moscou, ainsi que des petites rédactions éparpillées à droite et à gauche essaient de survivre. « Les médias privés sont financés par de riches oligarques ou par des associations. Mais ils ont très peu de poids face aux autres médias », explique le journaliste de France Info.

Quand les sanctions financières ne suffisent pas à intimider les journalistes rebelles, les autorités peuvent aller plus loin. « Depuis l’an 2000, trente journalistes ont été assassinés dans l’exercice de leurs fonctions, raconte Christophe Deloire, Directeur Général de Reporters Sans Frontières. Et dans vingt-cinq de ces cas, personne n’a été inquiété ou mis en examen ». Des crimes impunis, des assassins et des agresseurs en liberté. Un climat d’insécurité et de peur règne dans le milieu journalistique. « Les zones proches de la Tchétchénie sont les plus touchées. La région du Caucase, où se trouve Sotchi, en fait partie ».

Photos : Marielle Berger

Rosa Khutor, la station de ski où auront lieu les épreuves de ski et snowboard pendant les Jeux de Sotchi

Nikolaï Larst est journaliste dans cette région du Caucase. Il enquêtait sur une affaire de garde familiale et de corruption, mettant en cause les forces de police, quand il s’est fait arrêter. Les policiers ont découvert de la drogue sur la plage arrière de son véhicule. S’en sont suivis plusieurs mois de prison ferme. Le journaliste nie les faits et estime que cette affaire a été montée de toutes pièces pour le faire taire.  

13 000 journalistes seront accrédités pour les prochains Jeux Olympiques, 200 seulement seront Russes. « L’Etat a organisé des concours au sein des rédactions pour choisir les journalistes russes accrédités pour l’événement », explique Yann Bertrand.

JOURNALISTES ÉTRANGERS ÉPARGNÉS ?

Les journalistes étrangers, eux aussi, sont soumis à la vigilance russe. Yohan Bihr et Yann Bertrand ont tous deux eu vent du voyage qu’ont vécu les journalistes d’une équipe de télévision norvégienne. « Ils ont été interpelés six fois en trois jours, raconte le représentant de Reporters Sans Frontières. Ils ont subi des interrogatoires hyper poussés, leur matériel a été inspecté sous tous les angles à chaque fois. » Une expérience réservée à ceux qui décident de s’aventurer hors des sentiers battus. « Il nous est fortement conseillé d’annoncer notre venue aux autorités russes », admet le journaliste de France Info. « La plupart du temps, les journalistes sont conduits par autobus. Une fois sur les lieux décidés par les autorités, les journalistes peuvent filmer ce qu’ils veulent à condition de ne pas s’éloigner de la zone dans laquelle ils ont été conduits », raconte Johan Bihr.

La politique des autorités s’affiche clairement : tout ce qui est diffusé dans la presse doit être sous contrôle afin de ne pas ternir une image que le Kremlin se donne tant de mal à gérer.

Méryll Boulangeat

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Mathilde : « ma sœur, Marion Josserand, aux Jeux Olympiques ! »

Marion Josserand Crédit Photo : Gilles Baron

Marion Josserand
Crédit Photo : Gilles Baron

Le 24 février 2010 dans le petit lieu-dit de « La Bathie », au milieu des montagnes Iséroises, une famille va vivre une soirée riche en émotions ! Nous sommes dans la maison des Josserand. Serge, le papa, Sylvie, la maman, Mathilde, la grande sœur, Kanelle, la chienne et Chacha le chat (!) n’auraient loupé ce rendez-vous pour rien au monde. Ce soir, un autre membre de la famille passe à la télévision : Marion, la fille cadette, prend part à ses premiers Jeux Olympiques, en skicross. Tous réunis sur le canapé, la tension est palpable. Marion passe les tours et accède à la finale pour finir par décrocher la médaille de bronze. Une première pour le skicross tricolore. « On a tous gueulé ! Mon père s’est agenouillé devant la télé. Moi, j’ai pleuré, confie Mathilde. On recevait des coups de téléphone de tous les côtés. Ca n’arrêtait pas de sonner à la maison. Puis un copain est monté à la maison avec une bouteille de champagne. C’était vraiment génial ! ».

Quatre ans plus tard, Marion sera au départ du skicross de Sotchi… et sa grande sœur devant la télévision. « Je suis contente pour elle qu’elle y retourne, raconte Mathilde. Dans la vie d’un sportif faire les Jeux Olympiques, c’est une chance. »

Marion, la brune et Mathilde, la blonde

Marion, la brune et Mathilde, la blonde

Deux sœurs que tout oppose. L’une est brune, l’autre est blonde. L’une vit du sport et pour le sport, l’autre n’y voit qu’une activité très occasionnelle. Pourtant la complicité est frappante. Sœurs et amies à la fois, Mathilde et Marion se voient très régulièrement. Tous les sujets sont évoqués entre les deux sœurs. Tous ? Sauf un peut-être… « Avec ma mère, on ne lui parle pas trop de ski, confesse Mathilde. On évite le sujet et c’est volontaire. Ce n’est pas que je ne m’y intéresse pas, c’est juste que quand elle est avec nous, ça la sort du ski. Sinon toute la journée, elle a le ski dans la tête. »

Toute la journée, tout le temps. Marion est une hyperactive. « Elle est impliquée à 100% dans ce qu’elle fait. Pour l’instant, sa vie c’est le sport. Elle a du mal à lâcher prise. Même quand on lui dit de se reposer, elle n’arrive pas à s’arrêter. »  Et les blessures à répétition ne sont pas là pour arranger les choses. Depuis les derniers Jeux Olympiques, Marion s’est fait opérer 3 fois, a subi une dizaine d’infiltrations sur un genou toujours fragile à l’heure actuelle. « C’est difficile pour elle. Parfois, j’ai l’impression qu’elle n’a pas de chance. Chaque fois qu’elle arrive au niveau, qu’elle réussit à remonter la pente, elle se refait mal. » Une série de blessures qui aurait pu avoir raison de la skieuse. Mais Marion a tenu bon. La douleur éternellement présente, elle continue d’avancer.  « C’est une guerrière, lance sa sœur. Elle est très têtue. Quand elle a une idée en tête, elle ne lâche rien. Elle va au bout des choses. » Derrière ce sourire timide et ce visage fin se cache un fort caractère. « Même si elle peut paraître froide, admet Mathilde, elle est hyper sensible. Elle garde tout pour elle, il faut creuser pour se rendre compte que beaucoup de choses la touchent. »

Ultra talentueuse, Marion est une touche-à-tout. Football, hockey-sur-glace, boxe, le sport c’est son truc. Pour Mathilde, « c’est une passionnée et une compétitrice avant tout ». Marion est toujours à la recherche de nouvelles confrontations. Pour elle, c’est un jeu. Toute la journée, tout le temps, elle aime lancer des défis aux personnes qui l’entourent. Défis aussi divers que variés. Mais à ces petits jeux là, elle n’est pas toujours la meilleure ! Un problème pour celle qui déteste perdre : « depuis toute petite, elle est mauvaise perdante. Même quand on jouait à des jeux de société, elle tapait une crise si elle perdait. Je me rappelle d’une fois où elle a fait des spasmes du sanglot. Elle était tellement en colère qu’elle s’est arrêtée de respirer et qu’elle est tombée dans les pommes ! »

Bien que Marion l’ignore, Mathilde prend son rôle de grande sœur très à cœur et la suit de près. « Je regarde Ski Chrono (ndlr : site consacré aux sports d’hiver) pour savoir quand elle part en compétition. Et quand elle est en course, j’y pense tout le temps. Si je suis au boulot, je regarde toutes les heures mon portable pour voir où elle en est.»

L’avantage des Jeux Olympiques, c’est que Mathilde pourra suivre la course en direct à la télévision avec, on l’imagine, la boule au ventre !

Méryll Boulangeat

Marion Josserand Crédit Photo : Gilles Baron

Marion Josserand
Crédit Photo : Gilles Baron

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Marie-Marchand Arvier ? « C’est une grande malade ! »

Vincent Jay et Marie Marchand-Arvier Crédit Photo : Yves Perret média

Vincent Jay et Marie Marchand-Arvier
Crédit Photo : Yves Perret Média

Marie-Marchand Arvier est en route pour sa troisième olympiade. Après Turin en 2006 et Vancouver en 2010, Marie prendra le départ des épreuves de ski alpin en février prochain à Sotchi, en Russie. L’objectif est clair : ramener une médaille.

À ses côtés un allié de taille puisque son compagnon n’est autre que Vincent Jay, Champion Olympique de biathlon en 2010. Le Savoyard a mis un terme à sa carrière la saison passée. Son statut d’ancien champion est un petit plus pour Marie. Mais pas question de « lui donner de conseils techniques, explique Vincent. Mon rôle est d’intervenir dans les moments de doute, pour pallier les angoisses. Tout sportif passe par ces moments-là. Grâce à mon passé, je peux la comprendre et la rassurer. » Un rôle d’amoureux, pas de coach !

Un amoureux qui connaît les secrets de la réussite. Un savant mélange entre talent, travail et sacrifices. Du talent, elle en a Marie. Élevée à Nancy au milieu d’une fratrie de six enfants, rien ne prédestinait la jeune fille à un avenir aussi « glissant ». Guidée par sa passion, elle rejoint les montagnes pour y inscrire sa trace. Médaillée d’argent aux Championnats du monde de Val d’Isère en 2009, elle fait partie des meilleures françaises depuis 10 ans.

Côté travail, Marie n’est pas en reste cette saison. « Elle s’est beaucoup entraînée, plus dur et plus sérieusement que les années précédentes », admet Vincent. « Elle est impliquée, motivée et très professionnelle. »

Côté sacrifices, elle ne fait pas les choses à moitié non plus : « Marie fait preuve de beaucoup d’abnégation. On a mis tous les deux la priorité sur sa saison. On a pris moins de vacances et on a refusé des invitations pour se concentrer sur le ski ».

Un projet commun qui est loin de déplaire à Monsieur Jay : « à travers Marie, je vibre encore pour la compétition. C’est super excitant ! Tout ça sans avoir besoin de me sortir le cœur de la poitrine et passer des litres de sueur par terre !!! ». Nostalgie de retraité ? « Pas du tout, je suis dégoûté du sport. Les seules fois où je vais en faire c’est avec Marie. J’ai repris 6 kilos

Dès qu’il le peut Vincent va voir Marie sur les compétitions. « Je l’accompagne avant sur la piste et sur l’échauffement. Au début, j’avais peur que ça la perturbe mais au contraire. Elle arrive très bien à faire la part des choses. Même quand sa famille est sur place, elle arrive à se mettre dans sa bulle. Elle a cette faculté d’être présente quand il le faut. Et puis elle a plutôt bien réussi quand j’étais là ! ». Méribel (3ème), Val d’Isère (4ème), Cortina d’Ampezzo (10ème)… Ses trois meilleurs résultats l’hiver dernier…

Marie Marchand-Arvier Crédit photo : Yves Perret Média

Marie Marchand-Arvier
Crédit Photo : Yves Perret Médias

Vincent était présent, dans l’aire d’arrivée à « boire du chocolat chaud dans la tente Milka en la regardant  descendre», plaisante-il. Mais il fait moins le malin, Vincent, quand il voit Marie dévaler la pente à plus de 100 km/h ! « Je stress. Je ne me rendais pas compte de la vitesse et de la pente à la télévision. Sur place, je me suis rendu compte que ça envoyait. C’est une grande malade ! Ils sont tous fous et folles ! Tant qu’elle arrive en bas saine et sauve, je signe! » Quand il la voit s’élancer, de vieux sentiments ressurgissent : « je suis tendu pour elle. J’ai la même appréhension que quand je courrais.  Ce petit pincement, ce petit picotement, ce stress qui te fait aller de l’avant. C’est entre le stress et la peur même si je lui fais confiance. Je sais qu’elle est entraînée et qu’elle a la force pour tenir ses courbes.»

On est tenté de demander au Champion Olympique les conseils qu’il prodigue à Marie sur la préparation de cet événement planétaire. « On a beaucoup parlé et échangé sur ce sujet. Elle a plus d’expérience que moi sur les jeux. Nos situations sont différentes, explique Vincent. Je n’étais pas attendu du tout. J’étais prudent, je n’ai jamais annoncé que je voulais une médaille. On m’aurait promis une cinquième place, j’aurais signé tout de suite. Marie, c’est différent. C’est une leader, surtout depuis la blessure de Marion (ndlr : Rolland, Championne du Monde 2013). Elle a envie d’y aller, elle a envie de faire une médaille. Elle l’a annoncé. Elle a plus de pression sur les épaules que moi à l’époque.»

Sotchi, pour Marie, comme pour tant d’autres, n’est pas une simple compétition. « Pour Marie ces jeux c’est l’objectif d’une carrière sportive, une étape de sa vie. Le graal du sportif. C’est une phrase un peu bateau mais c’est vraiment ça ! », admet Vincent, qui reste sûrement son plus grand fan. « Je suis fière d’elle. Elle m’impressionne au quotidien par ce qu’elle fait. Une olympiade c’est déjà quelque chose d’énorme pour un sportif. Elle en a fait trois. Quoi qu’il arrive, elle aura marqué le monde du ski et de l’olympisme. »

En route sur une piste qu’elle n’affectionne pas particulièrement, « trop plate pour son petit gabarit et ses 60 kilos toute mouillée », selon Vincent, Marie est prête à défier les neiges Russes. L’objectif de Vincent, lui est tout autre: « que Marie s’épanouisse et s’éclate dans ce qu’elle fait ! ».

Méryll Boulangeat

Marie Marchand-Arvier

Marie Marchand-Arvier

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