Archives de Tag: équipe de france

Pierra Menta #4 : « Nous avons croisé quelques petits pièges »

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Laetitia Roux et sa coéquipière Axelle Mollaret confortent leur première place.

Toujours en tête de la Pierra Menta après trois jours de compétition, Laetitia Roux, raconte comme elle a vécu sa journée. Elle nous transporte ainsi dans les coulisses de la compétition de ski-alpinisme la plus difficile au monde. Elle évoque aussi la gestion de la course par équipe, particularité de cette compétition qui se dispute à deux.

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« Le profil de la course était différent des autres jours. Un peu moins alpin, sur un terrain vallonné avec quelques passages en forêt et des panoramas magiques. Même si il y avait moins de difficultés purement techniques, ce n’était pas pour autant de tout repos. Le parcours était plus long qu’hier. Nous avons croisé quelques petits pièges. À commencer par Lire la suite

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Pierra Menta #3 : « La sieste ? Ce ne sera pas pour aujourd’hui ! »

Laetitia Roux, quinze fois championne du monde de ski-alpinisme, nous fait découvrir, au jour le jour, les coulisses de la mythique Pierra Menta. Encore victorieuse de l’étape d’aujourd’hui, elle raconte sa journée marathon, sur les skis et en dehors.

Crédit photo/Jocelyn Chavy

Crédit photo/Jocelyn Chavy

« Le départ de l’étape d’aujourd’hui était assez stratégique, comme souvent. Nous sommes partis en masse en direction de la première montée. L’idée est de se décrocher rapidement du peloton pour ne pas être coincés sur les parties techniques. Au départ la piste est large et damée. Tout le monde peut se frayer une place. Puis nous arrivons en zone hors pistes où il y a seulement deux traces. C’est la partie la plus technique avec des conversions et de la neige qui glisse sous le pied. Les garçons sont plus rapides sur le sprint du départ mais Lire la suite

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Michaël Llodra, papa avant tout !

Mickael Llodra et son fils
CP/L’Equipe

Comment concilier carrière de haut niveau et vie de famille ? Si certains sportifs ont du mal à trouver la recette, le tennisman Michaël Llodra est lui, un professionnel en la matière. À seulement 34 ans, le médaillé d’argent olympique de Londres (2012) est déjà père de trois enfants. L’aînée fêtera bientôt ses 11 printemps, le cadet est âgé de sept ans et la petite dernière a vue le jour il y a Lire la suite

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Illona, fée de la glisse

Illona Carlod
CP/ freerideworldtour.com/


Cachée derrière de grosses jumelles, elle regarde la montagne. Elle scrute chaque caillou, décrypte chaque pente, analyse la composition de la neige. Elle ? C’est Illona. Une jeune fille de 16 ans dont le prénom à des airs de fée Clochette. Sa vie n’a rien d’un conte de fée mais elle s’en rapproche. Son truc ? Le ski freeride. Explications : Lire la suite

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Trois médailles olympiques, ça change quoi ?

CP/ C.Cattin-OT Val Thorens

CP/ C.Cattin-OT Val Thorens

Une marseillaise pour trois. L’image était belle et presque surréaliste. La performance, historique. C’était à Sotchi, l’hiver dernier. Un podium 100% tricolore aux Jeux Olympiques, du jamais vu. Onze mois plus tard, la planète skicross s’est donnée rendez-vous en France, à Val Thorens, pour la deuxième Coupe du monde d’une saison marquée par le manque de neige. La station savoyarde organise cet événement international pour la troisième année consécutive. L’occasion de faire le bilan et de répondre à cette question : « Trois médailles olympiques, ça change quoi ? ».

Dans l’aire d’arrivée, ils étaient entre 1 500 et 2 000 spectateurs mais ils faisaient du bruit comme si il étaient 10 000. Cloches, tronçonneuse, cris, même le speaker était difficilement compréhensible dans ce brouhaha constant, entretenu par les belles performances des skieurs français. Jamais sur une Coupe du monde de skicross il n’y avait eu Lire la suite

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Pourquoi les Russes finissent-elles (presque) toujours par gagner ?

Noémie Balthazard, membre des équipes de France d'ensemble.  Crédit photo : L'Equipe/Lablatinière

Noémie Balthazard, membre des équipes de France d’ensemble.
Crédit photo : L’Equipe/Lablatinière

Tous les sportifs de l’INSEP s’accordent à le dire : « Quand tu finis ton entraînement après les GR, c’est que la journée a été longue ». Les GR, ce sont ces jeunes filles, les gymnastes rythmiques de l’Equipe de France, qui s’entraînent entre 35 et 40 heures par semaine. Depuis la grande baie vitrée du complexe sportif d’Oriola de l’INSEP, les curieux ont un poste d’observation privilégié. En contre-bas, les gymnastes virevoltent telles de petites fées, faisant valser leurs engins (massue, ruban, ballon, cerceau ou corde) au rythme de la musique. Encore et encore, elles répètent leurs gammes, à la recherche de la perfection. Rares sont les moments où la salle est vide. Un entraînement intensif, pourtant insuffisant pour accrocher les podiums internationaux.

Noémie Balthazard lors d'une démonstration dans la salle d'Oriola de l'INSEP.  Crédit photo : L'Equipe/Martin

Noémie Balthazard lors d’une démonstration dans la salle d’Oriola de l’INSEP.
Crédit photo : L’Equipe/Martin

Depuis la création de la GR (anciennement GRS), dans les années 40, les gymnastes issues des pays de l’est dominent la discipline. Certes, le sport a vu le jour en Union Soviétique mais depuis, de nombreux pays le pratique…sans, néanmoins, ne jamais réussir à s’y imposer. Depuis 1963, date des premiers Championnats du monde, tous les titres mondiaux et olympiques ont été raflés par les Russes, les Bulgares et les Ukrainiennes. Un constat qui ne surprend pas Céline Nony, journaliste à l’Equipe et ancienne gymnaste : « Depuis une vingtaine d’années, ce sont surtout les Russes qui dominent (en concours individuel notamment, ndlr). Elles maîtrisent parfaitement tous les aspects de la GR. Physique, travail corporel, technique, inventivité, esthétique, elles ont tout d’un coup. Elles réalisent des performances incroyables. » Une perfection qui n’échappe  pas non plus aux yeux de Noémie Balthazard, membre de l’ensemble de l’Equipe de France depuis six ans. « En Russie, vers trois ans, on impose aux jeunes filles le sport qu’elles vont pratiquer. Ainsi, elles commencent le travail technique très tôt. Elles grandissent avec l’engin. Si bien que le touché à l’engin devient naturel, presque banal. Quand elles arrivent à maturité, elles sont capables de faire des choses incroyables. Ce sont presque des extraterrestres ».

Toujours une longueur d’avance

En France, les gymnastes découvrent le haut niveau vers 14, 15 ans. A cet âge là, en Russie, elles font déjà parties de meilleures du monde. « Il y a des campagnes de détection très précoces et très efficaces en Russie, explique la journaliste. Ils ratissent extrêmement large et font venir des jeunes filles de toute la région dans le centre national de formation. La concurrence entre les filles est très forte. » Une fois à Moscou, les jeunes gymnastes sont intégralement prises en charge avec leur ancien entraîneur. A celui-ci s’ajoute toute une structure : entraîneurs nationaux, danseurs, chorégraphes, cuisiniers, costumières, répétiteurs… « Le réservoir Russe est impressionnant, raconte Noémie Balthazard. Sur chaque compétition, nous découvrons de nouvelles gymnastes. En France, quand deux filles se blessent, il est très compliqué de les remplacer. » Grâce à ce réservoir étoffé, l’école russe accentue, au fil des années, sa domination. « Toutes les évolutions sont testées en amont sur les plus jeunes, explique Céline Nony. Quand elles arrivent à maturité, les autres nations n’ont même pas eu le temps d’envisager ces mouvements alors que les Russes les maîtrisent parfaitement. » Une longueur d’avance qui leur permet « d’initier les règles ». « Nous passons notre temps à imiter les Russes et les Bulgares », confie la jeune Française. Pour pousser plus loin le « plagiat », les fédérations européennes s’entourent d’entraîneurs venus tout droit de pays de l’est. Ainsi, depuis 2007, l’entraîneur de l’équipe de France, Adriana, est Bulgare. Et ses méthodes aussi, comme le raconte la gymnaste tricolore : « La façon d’aborder l’entraînement est complètement différente de ce qui se fait en France. A chaque séance, il y a un programme à respecter. Que l’on soit malades ou fatiguées, c’est la même chose, il faut aller au bout en exécutant parfaitement les exercices. Tant que nous n’avons pas réussi, nous continuons. Parfois ça peut durer longtemps. » Les jeunes Françaises franchissent souvent la frontière pour faire des stages dans le pays de leur coache. Un système qui a ses limites. « Adriana nous parle en anglais. Pour le côté technique, il n’y a pas de problèmes. Par contre, il est difficile de jouer sur le côté émotionnel, d’utiliser des mots qui nous parlent et qui nous donnent envie de se sortir les tripes en compétition. »

Entre 3000 et 5000 euros à 15 ans

Outres les méthodes d’entraînement, c’est tout un mode de vie qui diffère entre ces deux cultures. Les « filles de l’est » ne vivent que pour la GR. Très jeunes, elles gagnent déjà leur vie. Ainsi, en Russie, une adolescente de 15 ans gagne entre 3000 et 5000 euros par mois. Une situation en partie possible grâce à un personnage incontournable dans le milieu de la gymnastique rythmique : Irina Viner. Depuis le milieu des années 90, elle contrôle l’univers de la GR en Russie et par conséquent dans le monde. Elle bouleverse ainsi les codes du sport, faisant évoluer les règlements internationaux en fonction des qualités de ses gymnastes. Une influence en partie possible grâce à sa situation financière. Son mari, Alisher Ousmanov, est l’homme le plus riche du pays. Riche et dotée d’un fort caractère, la « grande prêtresse » de la GR s’autorise ainsi tout ce qu’il y a de meilleur. Création d’un centre sportif, déplacement dans les meilleurs hôtels. On la soupçonne, sans preuve, d’acheter quelques juges. Elle s’applique aussi à soigner ses petites protégées. « Un jour, la maman d’une gymnaste m’a confiée donner une cuillère de caviar chaque matin à sa fille car c’était, selon elle, l’aliment le plus riche en nutriments », s’amuse l’ex-gymnaste.

Irina Viner (au centre) pose, en 2010 aux côtés du président Russe, Dmitry Medvedev, et de l'équipe nationale de gymnastique rythmique.  Crédit photo : AFP

Irina Viner (au centre) pose, en 2010 aux côtés du président Russe, Dmitry Medvedev, et de l’équipe nationale de gymnastique rythmique.
Crédit photo : AFP

Plus au sud, en France, les GR ne gagnent rien. Tout en menant leur carrière sportive, elles doivent anticiper sur leur avenir. « Pour nous, la GR est un objectif à court terme qui relève d’un rêve d’enfant, souligne le gymnaste grenobloise. Nous avons un devoir moral, celui de représenter la France, mais rien d’autre. Parallèlement, nous préparons notre reconversion. Ce sont des concessions que nous nous refusons de faire car nous n’en avons pas les moyens ». Quand on évoque le « double projet » des meilleures mondiales avec Céline Nony, elle sourit : « Cette année, le manager de l’équipe de l’Azerbaïdjan est allé passer le bac pour ses filles qui disputaient le championnat d’Europe. En Russie, les filles ont des répétiteurs qui viennent leur enseigner un minimum de culture mais elles n’ont ni examen, ni université. C’est incomparable avec la situation des Françaises qui ont pourtant le même objectif final. »

Un objectif que les Françaises savent quasiment inatteignable. Mais pourtant, chaque matin, elles se lèvent, elles s’entraînent, elles regardent au loin avec toujours cette même envie : l’envie d’aller au bout de leur aventure et de toucher du doigt leur rêve d’enfant.

Méryll Boulangeat

@Meryll_B

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