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Quand les bleus répètent leurs gammes, dans les coulisses de l’équipe de France de ski alpin.

Avant de faire leur show sur les neiges du grand cirque blanc, les skieurs de l’équipe de France vivent de longues phases d’entraînement. Printemps, été, automne. Autant de saisons pendant lesquelles ils répètent leurs gammes avec l’espoir de briller, une fois les premières neiges tombées. De Tignes à Saas Fee, sur les glaciers européens, ils nous ont raconté leur été, leur objectif et même un peu plus parfois. À travers cette série, partez à la rencontre des meilleurs skieurs français. Ceux-là même qui vous feront vibrer, cet hiver, devant votre poste de télévision. Préparez-vous à vivre une immersion dans les coulisses de l’équipe de France de ski alpin.

#1 : ALEXIS PINTURAULT

Leader de l’équipe de France à seulement 23 ans, Alexis Pinturault est au centre du troisième épisode de « Les bleus répètent leurs gammes ». En Suisse, il s’est confié sur son entraînement estival, ses objectifs de l’hiver et son très médiatique changement de matériel. Rencontre avec « la petite perle du ski français ».

#2 : TESSA WORLEY

Championne du monde en 2013, Tessa Worley a été privée de Jeux Olympiques l’hiver dernier suite à une blessure au genou. Cet automne, dans le cadre de la série « Les bleus répètent leurs gammes », nous sommes allés à sa rencontre. La skieuse tricolore a évoqué sa confiance, ses doutes et son retour sur les skis.

#3 : ADRIEN THÉAUX

Pour cet épisode de « Les bleus répètent leurs gammes », nous avons suivi Adrien Théaux. À l’aube de la saison, sur le glacier de Tignes, il s’est livré. Changement de matériel, été compliqué, préparation mental, ambiance de groupe. Avec honnêteté, il raconte tout.

#4 : STEVE MISSILIER

Après sa médaille olympique l’hiver dernier, l’été de Steve Missilier n’a pas été de tout repos. Dans le cadre de la série « Les bleus répètent leurs gammes », il se confie sur son été et évoque ses ambitions pour l’hiver. Loin d’être rassasié après son succès olympique, il rêve à nouveau de podium et pas seulement en géant.

#5 : MARION ROLLAND

La carrière de Marion Rolland a été ponctuée de haut et de bas. La championne du monde en titre se confie pour la série « Les bleus répètent leurs gammes ». Elle évoque sa blessure au genou en septembre 2013 et les raisons qui l’ont poussées à remonter sur les skis. Rencontre touchante avec une skieuse attachante.

Textes et vidéos : Méryll Boulangeat

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« J’ai gagné ! » : Live your dreams, #Épisode4

Après un mois d’entraînement sur les terres américaines, Annabel Merlier a participé à ses premiers Championnats du monde de Jujitsu Brésilien. Déjà sacrée aux derniers Championnats d’Europe, elle a remporté en Californie, le week-end dernier, le titre ultime, celui qui habitait ses espoirs les plus profonds. À 30 ans, Annabel est allée au bout de son rêve. Elle raconte sa journée, ses sensations, ses émotions et évoque le futur. Plus que jamais, elle arbore fièrement ce tatouage, symbole de l’aventure qui l’a conduite sur la plus haute marche du podium, sur lequel est inscrit : « Live your dreams » (Vis tes rêves, ndlr).

Les larmes d'Annabel Merlier, fraîchement sacrée Championne du monde de JJB

Les larmes d’Annabel Merlier, fraîchement sacrée Championne du monde de JJB

« Ça y est je suis Championne du monde! Après cette longue et difficile préparation j’ai obtenu la meilleure des récompenses ! Je suis tellement heureuse d’avoir décroché cette médaille tant désirée ! Je suis encore toute euphorique, et ce n’est que le début. Je rentre vendredi (le 7 novembre, ndlr) en France et je suis très impatiente de pouvoir fêter ça, d’abord avec mon chéri, puis avec les personnes de mon club, puis sur mon lieu de travail et enfin dans le nord avec ma famille ! Ma journée a commencé tôt. J’ai été matinale pour prendre le temps de m’attacher les cheveux et préparer mon sac. Dans la voiture, écouteurs sur les oreilles, je me concentre, je pense à la compétition. Une fois sur place, je vais me faire peser. Je suis dans la catégorie ceinture bleue, on l’appelle aussi la catégorie feather, pour faire simple, cela veut dire moins de 58,5 kg en kimono. Après la pesée, je peux grignoter quelque chose avant le premier combat.

Leticia Ribeiro, ma prof américaine n’a pas pu venir. Maxine, une des filles avec qui je me suis entraînée, l’a remplacée. J’avais aussi un précieux soutien depuis la France. Par téléphone, Julien, mon coach et compagnon dans la vie, a été très présent. J’avais la chance de pouvoir écouter ses conseils avisés avant et après chaque combat. Sur place, Maxine a pris son rôle très au sérieux. Quand je l’ai vu arriver, la pression est montée d’un cran. Je savais que l’heure du premier combat était arrivée. Enfin, j’étais là. Prête à monter sur ce tatami mondial, celui dont j’avais tant rêvé, pour lequel je me suis tant entraînée. Le premier combat est le plus difficile car éliminatoire. J’étais très tendue. Je ne voulais pas repartir les mains vides après quelques minutes de compétition seulement. Il faut assurer dès le début. Etre prête psychologiquement dès les premières secondes et bien échauffée. J’étais confiante mais attentive. On ne sait jamais ce que cachent les adversaires. Les apparences peuvent être trompeuse donc il faut rester concentrée quoiqu’il arrive. Il y a beaucoup de bruit, la salle est immense et remplie. L’ambiance est incroyable. Je ressens des ondes positives. Le bruit et les cris m’aident à entrer dans la compétition et me transportent. Je gagne mon premier combat 13 à 0 et le 2ème, qualificatif pour la finale, 10 à 0. La médaille est assurée. À moi d’en déterminer la couleur. Je sais que la fille en face est très puissance et qu’elle a la rage. L’année dernière elle était déjà montée sur le podium. C’est une cliente sérieuse qui n’est pas la par hasard. Je reste lucide et je me dis que je ne suis pas là par hasard non plus. Julien et Maxine me le rappellent aussi. Je suis prête. L’or est à ma portée. J’oublie tout, la fatigue, la douleur et me prépare à faire mon dernier combat de ces Championnats du monde. Le duel est intense. Jusqu’à la dernière seconde, tout peut basculer.

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Nous avons terminé sur le score de quatre partout mais j’ai marqué un avantage qui m’a donné la victoire. Quand le temps de combat s’est écoulé, avant même que les juges annoncent ma victoire, des larmes ont commencé monter. J’ai eu envie de hurler et je l’ai fait! Je suis tombée dans les bras de Maxine et de ma famille américaine. J’ai pleuré. Un sentiment de liberté m’a traversé, toute la pression de ces derniers mois est retombée, laissant place à un autre sentiment : celui de la fierté du travail accomplie.

Les larmes de joie d'Annabel Merlier quand le juge annonce sa victoire

Les larmes de joie d’Annabel Merlier quand le juge annonce sa victoire

Annabel Merlier avec sa coach du jour, Maxine

Annabel Merlier avec sa coach du jour, Maxine

J’ai profité du podium. Sur la plus haute marche, je me suis refait le film de tous les moments passés pour en arriver là. Je suis fière du travail que j’ai réalisé avec Julien. C’est vraiment la plus belle et la plus difficile compétition que j’ai faite jusque-là. Une expérience incroyable que je n’aurais jamais pu réaliser sans le soutien de mes proches, mes amis et ma famille américaine. Sans eux, je n’y serais pas arrivée.

Le podium

Le podium

Les résultats finaux

Les résultats finaux

Cette victoire me donne envie d’aller encore plus haut et encore plus loin. A mon retour en France je vais recevoir la ceinture violette. Il faudra tout recommencer mais un cran au-dessus. On se prépare déjà pour les Championnats d’Europe de Lisbonne, fin janvier. J’aimerai y décrocher un titre. Je rêve des plus beaux titres et des plus belles médailles avec toutes les ceintures. La seule petite différence est qu’à l’avenir, Julien sera aussi du voyage. Ensemble, nous reviendrons surement au sein de l’équipe de Leticia Ribeiro mais le projet ultime reste de pouvoir combattre sous les couleurs de la Team Prana, notre chère équipe Française de Sète. »

Annabel Merlier, sa famille américaine et Maxine

Annabel Merlier, sa famille américaine et Maxine

Propos recueillis par Méryll Boulangeat @Meryll_B

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« Demain c'est la guerre ! » : Live your dreams, #Épisode3

Après un mois d’entraînement passé aux Etats-Unis, aux côtés des meilleurs, Annabel Merlier disputera, demain, les Championnats du monde de jujitsu Brésilien, son rêve.

Annabel Merlier CP/Copainsdavant

Annabel Merlier
CP/Copainsdavant

« Demain, c’est le grand jour. Celui pour lequel je suis venue aux Etats-Unis. La finalité d’un mois de voyage entre entraînements, doutes, joies, rencontres, courbatures et progrès. Je combas à partir de 10 heures ( 19 heures en France, avec le décalage horaire).

Annabel Merlier à l'entraînement  CP/ Annabel Merlier

Annabel Merlier à l’entraînement aux USA
CP/ Annabel Merlier

Je suis prête mais hyper stressée. Je sais que je suis prête mais il y a toujours un petit doute qui subsiste. C’est normal. La gestion du stress sera vraiment importante. Certains sportifs sont transcendés par ce sentiment. D’autres perdent tous leurs moyens. Je ne suis dans aucun extrême mais je sais que si je gère mal, je peux basculer dans le mauvais stress, celui qui me fait perdre mes moyens. D’un autre côté, j’ai confiance en mon physique, le reste se jouera à l’instant T. J’essaie d’être positive, je me dis que j’ai fait ce que j’avais à faire, que je n’aurais pas de regrets de ce côté là. Maintenant il faut que je mette les bonnes choses en place au bon moment.

Annabel Merlier à l'entraînement  CP/ Annabel Merlier

Annabel Merlier à l’entraînement aux USA
CP/ Annabel Merlier

Je suis impatiente. J’ai hâte d’être demain pour faire mes preuves, montrer ce que je vaux. Je vais faire en sorte que tout ça, tous les efforts et les sacrifices que j’ai fait soient récompensés. Autant pour moi que pour les gens qui m’entourent. Je veux vraiment leur faire ce cadeau car c’est aussi grâce eux que je suis ici aujourd’hui. Plus qu’une journée avant le grand jour. Une journée longue, une journée de repos. Il faut que je trouve de quoi m’occuper au maximum. Et puis, demain c’est la guerre! »

Annabel et son entraîneur français, Julien Catagnier, à Sète.  CP/ Annabel Merlier

Annabel et son entraîneur français, Julien Catagnier, à Sète.
CP/ Annabel Merlier

Propos recueillis par Méryll Boulangeat @Meryll_B

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« Elles veulent voir ce que j’ai dans le ventre » : Live your dreams, #Épisode1

Annabel Merlier CP/Copainsdavant

Annabel Merlier
CP/Copainsdavant

« Live your dreams ». Plus que le simple tatouage qu’elle arbore, Annabel Merlier a fait de cette phrase sa ligne de conduite. A 30 ans, la petite brune musclée a décidé de se donner les moyens d’atteindre son rêve : Devenir championne du monde de jujitsu brésilien (la compétition aura lieu, aux Etats-Unis, les 1 et 2 novembre prochain). Le jujitsu (ou jiu-jitsu) est un art martial qui découle des MMA (« Mixed Martials Arts » ou « combats libres » en français) et utilise, entre autre, des techniques empruntées au judo. Un sport de combat encore confidentiel en France et pourtant ultra populaire au Brésil (où il est né) et aux Etats-Unis. En France, peu de pratiquants et surtout peu de femmes sur les tatamis. Annabel Merlier, 3ème des derniers championnats d’Europe, s’entraîne, presque exclusivement avec des hommes, à Sète (Hérault), au sein du team Prana. Poussée par son objectif sportif, elle a décidé de franchir le cap et la frontière pour s’entraîner avec une coach brésilienne installée à San Diego, en Californie (USA). Neuf fois championne du monde, Leticia Ribeiro est la grande dame de la discipline. Toutes les meilleures athlètes passent entre ses mains. Poussée par une envie de progresser et un esprit hyper compétitif, Annabel a décidé de se joindre au collectif de « la prof star ». Elle est partie, seule, pendant un mois vivre son rêve. Un aventure en partie possible grâce à Laurent Bodart, le patron de la salle de sport dans laquelle elle est employée, qui lui finance son voyage. Son boss mis à part, la languedocienne d’adoption ne compte qu’un seul sponsor à ses côtés, « Sitec Nutrition » lui fournit vitamines et compléments alimentaires. 

Loin de la France, où quand elle prononce le mot « Jujitsu » ses interlocuteurs froncent les sourcils, elle est partie se fondre dans un univers qui est le sien, au plus près des racines du sport qui rythme sa vie depuis huit ans. A travers cette série, Annabel Merlier nous fait partager, en immersion, son aventure américaine.

Annabel Merlier ravie devant son nouveau centre d'entraînement

Annabel Merlier ravie devant son nouveau centre d’entraînement

« Je suis comme une gamine à Noël! Je peux maintenant vivre mon rêve pleinement et ne penser plus qu’à ça, plus qu’à mon sport! Fini le boulot et les contraintes que j’ai en France, ici je n’ai qu’une chose en tête: Les championnats du monde. Tout est tourné vers cet objectif, je suis ultra motivée !

Après une voyage compliqué et fatiguant je suis arrivée à San Diego, avec deux heures de retard, il y a un peu plus d’une semaine! Pour le moment, je suis hébergée chez le frère d’un ami. Une famille exceptionnelle que je découvre et qui m’a accueilli avec beaucoup de sympathie et de simplicité. Dans la famille, le père, Français, s’est marié avec une Américaine. Ensemble, ils se sont installés en Californie avec leurs deux enfants.

Le week-end m’a laissé le temps de m’adapter au climat et au décalage horaire. Petit à petit, je découvre les lieux. Après ces deux premières journées d’acclimatation sur le sol américain, j’ai pris le chemin de la salle lundi dernier.

C’est parti, mon aventure peut commencer ! Si je suis venue ici, c’est pour pouvoir m’entraîner avec Leticia Ribeiro. C’est une star dans le milieu du jujitsu et par la même occasion, une prof de renom, une des meilleures du monde. Doucement, elle s’occupe de moi. Elle me fait travailler avec son élite féminine, ravie de ma perspective de compétition!

Leticia Ribeiro  CP/Twitter

Leticia Ribeiro
CP/Twitter

Au programme deux entraînements par jour, un le midi et un le soir : En tout trois heures intensives quotidiennement. J’ai été bien reçue. Bien qu’ici tout le monde soit souriant, l’esprit de compétition est très présent. Tout de suite, les filles m’ont testées. Le test est simple : Le premier abord est cordial, gentil, mais dès que l’on commence les exercices pratiques, c’est la guerre ! Elles veulent voir ce que j’ai dans le ventre. Dans ces moments là, il faut savoir rester lucide et trouver le juste milieu pour se faire respecter sans passer pour quelqu’un de prétentieux. Ma technique est donc d’être à fond sans paraître agressive, savoir parfois me laisser faire et même aller jusqu’à perdre de temps à autre. Rester humble et simple. Le test est réussi si à la fin du cours je n’ai pas « bronché » tout en ayant donné le maximum, sans l’intention de me montrer supérieure.

Entre filles il y a toujours une relation de rivalité, une espèce de guerre froide. Ici, je suis sur leur territoire et elles me le font savoir. Mon but n’est pas de prendre leur place, je veux juste progresser à leur contact. Avec, Julien Castanier, mon coach français, on a une expression qui résume ces combats d’entraînements, on dit : « Qu’elles veulent me « désosser » ». C’est un peu brutal comme mot mais, dans l’esprit, c’est la guerre ! Grâce à mon entraîneur je suis préparée à ça.

Annabel Merlier en immersion aux Etats-Unis

Annabel Merlier en immersion aux Etats-Unis

Ici, je reste à ma place et j’apprends. Je sais que certaines filles finiront par me faire confiance. D’autres jamais. C’est comme ça ! J’ai fais mes preuves.

Je ne me suis pas encore complètement adaptée à la chaleur et aux habitudes alimentaires américaines. Ils grignotent après le petit déjeuner et mangent à 17h le repas du soir. J’ai décidé d’aller faire des courses pour reprendre mon rythme avec mes trois repas par jours. Je préfère faire attention car j’ai peur que mon corps me lâche prématurément.

Dans un tout autre registre, petit à petit les courbatures se font ressentir. Des bleus apparaissent et mes doigts commencent à me faire souffrir à cause de la prise du kimono qui est plus intense que ce dont j’ai l’habitude. Malgré tout ça, je vis un rêve éveillé. Ici, ce n’est que du bonheur. »

Méryll Boulangeat @Meryll_B

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