Archives de Tag: enquête

Une usine à la montagne

CP/MB

La voiture semble avoir roulé des heures dans le blanc Tyrol autrichien avant d’apercevoir le petit village de Mittersil. Depuis la route qui descend du col, le typique bourg d’environ 6 000 personnes, niché en fond de vallée, se distingue par son imposant clocher. Non loin de ce dernier trône un bâtiment tout aussi imposant : l’usine du groupe Tecnica. C’est dans cet édifice blanc, au fin fond des montagnes autrichiennes, que les skis Blizzards sont fabriqués depuis 1945. Conçus par Toni Arnsteiner, dans la petite menuiserie qui accueille désormais Lire la suite

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A chaque sport ses habitudes alimentaires

Bien qu’il soit difficile les ranger dans des cases, des diététiciennes ont constaté chez les sportifs des comportements alimentaires différents en fonction des sports pratiqués. De grosses tendances se dégagent.

Photo et création : ABoul

Photo et création : Alizée Boulangeat

 

Sports à catégorie de poids

Les sports de combats sont très exigeants au point de vue nutritionnel. Pour Lucile, judokate, manger est « un plaisir… quand je ne suis pas au régime ! ». Comme elle, les sportifs à catégorie de poids doivent s’astreindre à une rigueur sans faille pour se maintenir à leur poids de compétition. Une rigueur qu’il leur est difficile de tenir au vue de la charge d’entrainement qu’ils s’imposent. « Après une grosse séance d’entraînement, raconte Lucile, j’ai envie de beaucoup manger, de manger quelque chose qui me fait plaisir, quitte à ne pas pouvoir finir ». La majorité de ces sportifs s’entrainent donc en surpoids et commencent à se soumettent à un régime très poussé à l’approche des compétitions.

Certains d’entre eux sont capables de perdre jusqu’à 10 kilos en une semaine. Pour cela, ils arrêtent de manger et de boire pendant plusieurs jours tout en continuant leurs entraînements quotidiens. Une fois la pesée de compétition effectuée, ils se ruent sur des encas et des boissons hydratantes…juste avant de monter sur le ring ou le tatami.

« Chez ces sportifs, c’est la politique du tout ou rien, raconte Véronique Rousseau, diététicienne à l’INSEP (Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance). Ils ne cherchent pas à optimiser leur poids pour être performant à l’entraînement. Il y a souvent des privations extrêmes à l’approche des compétitions, suivies de phases de compensations extrêmes.» Pour limiter cette trop grosse fluctuation de poids, la fédération française de boxe soumet ses sportifs à une pesée quotidienne avec un objectif à ne pas dépasser, au gramme près.

Sports esthétiques

Dans les sports esthétiques comme la gymnastique ou la natation synchronisée, la silhouette de l’athlète est l’élément principal. Le corps est au cœur de la performance et l’attention qui lui est consacrée est quotidienne. Les repas deviennent alors un enjeu considérable.

« Le repas était un de mes moments préférés, confie Noémie, gymnaste en équipe de France. Aujourd’hui, alors que je dois faire attention et me priver, c’est un moment moins agréable où la volonté doit l’emporter sur l’appétit. » Véronique Rousseau constate : « ils ont souvent l’impression d’être trop gros. La pression est très forte entre ces sportifs et avec les entraîneurs. Ils font une grosse fixation sur l’alimentation, qui reste souvent un tabou. Il est très difficile d’évoquer ce sujet avec eux. Un sentiment de culpabilité est souvent décelé chez ses sportifs, généralement gourmands ».

Sports d’endurances

Autre catégorie : celle des sports d’endurances. La diététicienne observe chez ces sportifs une tendance à « attribuer des vertus imaginaires à certains aliments. Ils pensent que l’énergie vient de la nourriture. La consommation de ces aliments est parfois démesurée ». Les athlètes accordent une grosse importance à la récupération et adaptent leur nourriture en conséquence, se concentrant sur une catégorie d’aliments en en délaissant d’autres, pourtant indispensables à un équilibre alimentaire.

Sports collectifs

Dans les sports collectifs, comme le volley ou le basket, les croyances alimentaires sont moins présentes, selon Véronique Rousseau. « La plupart du temps, les sportifs sont recrutés sur des critères morphologiques, explique-t-elle. Il n’y a pas de culture sportive forte. Ces sports sont donc moins marqués par l’alimentation.»

Dans les autres sports, la diététicienne estime qu’il est plus difficile de dégager des tendances. Amélie Fosse suit aussi des sportifs de haut niveau sur le plan diététique. Pour elle, il existe deux grands types de sportifs mangeurs : « les instinctifs et les détachés ».

Les sportifs « instinctifs »

Les mangeurs « instinctifs » entretiennent un rapport sain à la nourriture. Ils sont capables d’écouter leurs corps et de répondre à leur besoin. Amélie Fosse met en garde cette catégorie de sportifs qui « peuvent parfois se perdre avec tout ce qu’ils entendent de part et d’autre sur ce qu’il faut manger ou pas. Dans un environnement sportif, il est très difficile de rester un mangeur instinctif car les conseils et les recommandations nutritionnelles sont omniprésentes. »

Les sportifs « détachés »

Ces sportifs mangent pour « alimenter la machine ».  Ils laissent le facteur émotionnel de côté et ne sont focalisés que sur la performance. « Les sportifs « détachés» se font toujours rattraper. Ils finissent par compenser leurs privations par une abondance de nourriture sur la période qui suit », explique Amélie Fosse.

Même si il est difficile de généraliser, les sportifs peuvent être trahis par leurs assiettes et leurs petites habitudes alimentaires  sont loin d’être anodines.

Méryll Boulangeat

@Meryll_B

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A chaque sport ses habitudes alimentaires

Bien qu’il soit difficile les ranger dans des cases, des diététiciennes ont constaté chez les sportifs des comportements alimentaires différents en fonction des sports pratiqués. De grosses tendances se dégagent. Article à lire ici

Photo et création : ABoul

Photo et création : ABoul

Méryll Boulangeat

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Jeux Olympiques de Sotchi : Vrai ou faux record ?

Avec 15 médailles en Russie, la France a atteint son objectif. Et apporté aux JO une poignée de belles surprises. Mais derrière les chiffres se cache une réalité plus nuancée. Les échecs ont été nombreux et le programme n’a jamais été aussi fourni.

 

Début décembre. Fabien Saguez, directeur technique national de la fédération française de ski, annonce : « Pour les Jeux olympiques de Sotchi, notre objectif à la FFS est de 15 médailles, dont 5 en or », avant d’ajouter : « C’est un objectif ambitieux ». Le 23 février dernier, lors de la cérémonie de clôture de ces mêmes Jeux olympiques, le tableau des médailles affiche 15 récompenses (dont 4 en or)…pour l’ensemble de la délégation française. Un record aux Jeux olympiques d’hiver. Un record à l’allure trompeuse.

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Enquête : Jeux olympiques de Sotchi, vrai ou faux record ?

Michel Vion, président de la Fédération Française de ski Crédit photo : L'Equipe

Michel Vion, président de la Fédération Française de ski
Crédit photo : L’Equipe

Avec 15 médailles en Russie, la France a atteint son objectif. Et apporté aux JO une poignée de belles surprises. Mais derrière les chiffres se cache une réalité plus nuancée. Les échecs ont été nombreux et le programme n’a jamais été aussi fourni.

Début décembre. Fabien Saguez, directeur technique national de la fédération française de ski, annonce : « Pour les Jeux olympiques de Sotchi, notre objectif à la FFS est de 15 médailles, dont 5 en or », avant d’ajouter : « C’est un objectif ambitieux ». Le 23 février dernier, lors de la cérémonie de clôture de ces mêmes Jeux olympiques, le tableau des médailles affiche 15 récompenses (dont 4 en or)…pour l’ensemble de la délégation française. Un record aux Jeux olympiques d’hiver. Un record à l’allure trompeuse. Benoît Lallement couvre les disciplines hivernales depuis 1998 pour le journal L’Equipe. Il estime que « c’est un bilan correct. Ils ont fait le nombre de médailles qu’ils avaient annoncées ». Pourtant, le journaliste pose quelques nuances : « On peut se poser la question de savoir si l’objectif n’a pas été sous-évalué en amont ». Benoît Lallement souligne qu’il n’y ait jamais eu autant de disciplines au programme des Jeux olympiques. Six nouvelles épreuves ont fait leur apparition en Russie. De quoi faire sourire le clan français. En half pipe, deux filles et trois garçons jouaient sur le devant de la scène en cette année olympique. L’équipe de saut à ski féminin, aussi jeune soit-elle, n’avait pas à rougir face aux autres nations et pour le relais mixte en biathlon, la France faisait partie des favorites au titre. A ce vent de fraicheur et de nouveauté, il fallait ajouter la forte bise venue des anciens. Ceux pour qui l’aventure olympique est devenue une simple formalité tous les quatre ans. Ski alpin, biathlon, combiné nordique…des épreuves et des chances de podiums légitimes.

Avec 19 médailles aux derniers championnats du monde, toutes disciplines confondues, la France a-t-elle vue petit en visant seulement 15 médailles à Sotchi ?« L’objectif était réaliste, voire ambitieux, analyse un expert de l’INSEP (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance). Comme lors de tous les Jeux olympiques, il faut prévoir que certains favoris seront présents mais d’autres non. » Un autre critère à prendre en compte dans les calculs : les blessures. « C’est plus compliqué à gérer que pour les sports d’été car il y a énormément de blessés », souligne Benoît Lallement. Parmi les blessures, survenues quelques mois avant l’échéance, deux ont particulièrement retenues l’attention : celles de Marion Rolland et de Tessa Worley, toutes deux Championnes du monde en titre de ski alpin (en descente et en slalom géant).

Miser sur la polyvalence

Sur 15 médailles ramenées dans les montagnes françaises 7 d’entre elles ont été remportées par des sports qualifiés d’« alternatifs » pour certains, « de djeun’s » pour d’autres (le snowboard et le ski freestyle). Sans ces sports, le bilan français serait réduit de moitié. Pour Michel Vion, ce n’est pas une surprise. « Depuis que je suis arrivé à la tête de la fédé, il y a quatre ans, nous avons pris l’option de jouer sur toutes les disciplines. Nous avons essayé de faire en sorte que tout le monde puisse travailler dans des conditions satisfaisantes, explique-t-il. Ce résultat n’est autre que le fruit de notre volonté de polyvalence. Nous essayons de répartir le budget le plus justement possible, même si nous sommes bien conscients que ce n’est jamais assez. »

Le Ski Freestyle Project regroupe les pratiquants du ski half pipe français. Géré en marge de la fédération, il est autonome. La FFS débloque un budget minimum, ce qui permet au groupe d’évoluer librement et d’échapper à certaines contraintes dictées par la FFS comme le choix du matériel et des tenues. Alors que certains s’interrogent sur le fait de pouvoir évoluer hors du cadre fédéral, Michel Vion assume cette situation : « Nous n’aurions pas la capacité de gérer ce groupe. Ils sont très professionnels dans leurs démarches, on leur fait confiance. Il serait même intéressant, sur le long terme, d’étendre ce mode de fonctionnement à d’autres disciplines. Nous avons compris qu’on ne gère pas de la même manière un groupe de snowboarder et de freestylers qu’un groupe de skieurs alpins ou de biathlètes. » Le président de la fédération se félicite de cette polyvalence, selon lui, spécifique à la France : « très peu de nations peuvent faire ce constat. Prenez la Norvège par exemple, ils sont très fort en nordique mais n’ont pas de snowboarders. Les Américains sont présents partout mais pêchent en biathlon. Aux Pays-Bas, l’accent est mis sur le patinage de vitesse. »

La glace a fondu

Le patinage de vitesse et tous les sports de glace, talon d’Achille du clan français. « En sport de glace, le bilan est nul », commente Benoît Lallement. Depuis Turin en 2006, aucune médaille n’a été décrochée par la fédération des sports de glace (FFSG). Et les Jeux de Sotchi n’ont pas permis d’inverser la tendance. « La glace, c’est un chantier énorme, explique le journaliste de l’Equipe. Il n’y a pas de stratégie mise en place. Ils sont restés dans la ligne droite de Vancouver sans se poser les bonnes questions et en tirer des leçons.» Même constat pour l’expert de l’INSEP, « c’est un échec, avoue-t-il. Il ne fallait pas s’attendre à des miracles. Les seuls chances étaient le couple Péchalat-Bourzat, qui pouvait espérer une médaille de bronze en danse sur glace, et Florent Amodio (ndlr : patinage artistique) qui s’est écroulé. Les autres ont patiné à leur niveau. »

Nathalie Péchalat et Fabian Bourzat.  Trophé Bompard 2012, Paris.  Crédit photo : Emmelieke Odul

Nathalie Péchalat et Fabian Bourzat.
Trophé Bompard 2012, Paris.
Crédit photo : Emmelieke Odul

Et le patinage de vitesse alors ? « Aucun effort n’a été fait sur les réelles chances de médailles, souligne Benoît Lallement. Tout a été misé sur le patinage artistique, les autres sports ont été laissés à l’abandon. Il n’y a pas de moyens, pas de coaches, pas de reconnaissances pour ces athlètes. » De ternes résultats qui handicapent la France dans le classement final des médailles selon Michel Vion : « nous sommes 10ème au classement des médailles (ndlr : 12ème à Vancouver). Le problème c’est que les 15 médailles sont réparties sur une seule fédération, la FFS. Sans compter les sports de glace, la France pointerait à la 4ème place. Si la FFSG avait ramené ne serait-ce que 4 ou 5 médailles en plus, nous pouvions lutter pour le top 5. Finalement le score ne repose que sur nos épaules ».

Outre la glace, des grands loupés, des grosses déceptions, il y en a eu. A commencer par le porte drapeau et son équipe. Le combiné nordique, que l’on voyait, que l’on voulait doré avant l’heure. Certes, il y a eu cette erreur de fart, assumée et revendiquée, mais pas seulement… « Les garçons sont sûrement arrivés un peu émoussés, un peu fatigués ». Et la malédiction du porte-drapeau, il en pense quoi Michel Vion ? « ça c’est un peu la question cliché. Mais ça n’a rien à voir ». Pour lui, l’analyse est ailleurs, plus profonde qu’un simple drapeau : « cela fait trois ans que Jason est au sommet de son sport. Il y a un an, il décrochait trois titres de Champion du monde. Depuis le début de saison, il est un peu moins bien. D’abord parce qu’il a eu des soucis personnels. Et ensuite parce que le combiné est un sport très exigent, qui peut laisser des traces. Il a tellement tout gagné qu’il ne peut plus être aussi dominateur qu’avant. Mais il va bientôt regagner, j’en suis sûr. » Pour Benoît Lallement, « le débriefing de Lamy-Chappuis sera intéressant pour l’ensemble de l’équipe de France. Cela pourra permettre de mener une réflexion sur la gestion d’une olympiade. C’est un bon exemple. Cela montre aussi à quel point il est difficile d’être Champion olympique deux fois de suite. »

Au chapitre des déceptions, il y a aussi l’équipe de France de ski alpin. Plus forte que jamais, riche de 13 podiums en début de saison, comment pouvait-on ne pas espérer vibrer devant le ski alpin ? Il a fallu attendre le slalom géant pour voir se débloquer le compteur avant qu’il ne se fige sur un total de deux médailles (l’argent pour Steeve Missilier et le bronze pour Alexis PInturault). « Même si le résultat est meilleur qu’à Vancouver, pour moi le bilan ne reste pas très bon », interprète Benoît Lallement. Même son de cloche du côté de la fédération : « on attendait 3 ou 4 médailles, on est un peu en dessous. On a une très belle équipe. On peut dire qu’on a fait le service minimum », commente Michel Vion. Les observateurs s’accordent à pointer du doigt les performances des françaises, en retrait sur ces Jeux olympiques. « En vitesse (ndlr : descente et super-géant), c’est catastrophique. C’est une équipe qui n’existe plus. Il va falloir s’interroger sur ce qu’il y a à faire et trouver une solution pour remotiver et sélectionner les filles, débriefe le journaliste sportif. En technique (ndlr : géant et slalom) c’est différent, les filles ont bien skié, elles étaient à leur place. Et puis avec la perte d’une leader comme Tessa (ndlr : Worley), c’est compliqué. » Les blessures de Tessa Worley et Marion Rolland retentissent à chaque fois qu’on évoque les résultats féminins. « C’est vrai que les blessures mettent en évidence ces faiblesses, explique le président de la FFS. Chez les garçons, il y a beaucoup de monde à la base, une bonne émulation alors que chez les filles, le niveau global est un peu inférieur. On a toujours des talents que les autres pays nous envie mais pas un gros réservoir derrière.»

Des faiblesses ressenties aussi en biathlon. Malgré les belles performances de Martin Fourcade et ses trois médailles (deux en or et une en argent), et de Jean Guillaume Béatrix (bronze), la France a souffert. « La deuxième semaine a été difficile pour les biathlètes, avoue Michel Vion. Même pour Martin qui est tombé malade. Il n’y a eu aucune médaille en relais, un fait rare pour la France, qui traduit un niveau moyen de l’équipe. Les athlètes étaient calés sur le rythme des Championnats du monde 2013. Ils ont atteint leur pic de forme en janvier, deux semaines trop tôt. Nous avons mal géré ce point-là.»

Le coup de cœur Vaultier

Mais Sotchi, ce sont aussi de beaux moments, de belles images. Le sourire de Chloé Trespeuch, troisième en Snowbardcross pour son premier podium mondial. Et la fraicheur de Colline Mattel. Michel Vion espère que le bronze de la jeune femme va donner du souffle au saut à ski, discipline qui a du mal à trouver son public en France. « Il y a une génération de 3 ou 4 filles qui peuvent réussir à s’exprimer sur les compétitions internationales. L’émulation est importante, un noyau dur commence à prendre. Chez les garçons, en revanche, on éprouve une grande difficulté à créer une équipe. Nous n’avons la culture saut en France. Nous essayons d’y remédier. Depuis 2/3 ans, nous avons mis en place un « plan tremplin » pour faire découvrir la discipline et la rendre accessible aux plus jeunes ». Des jeunes qui pourront également s’inspirer de Pierre Vaultier, le snowboarder sacré Champion olympique avec un ligament croisé du genou en moins. Pierre Vaultier, ou l’athlète coup de cœur de Michel Vion : « deux semaines avant les jeux on ne savait même pas si il allait y participer. Et puis il est arrivé et il a survolé la compétition. Il n’a jamais été inquiété. Ca c’est une vraie belle histoire ».

Comment parler de belles histoires sans évoquer le triplé en Skicross ? « C’est historique, sourit le président de la FFS. Après Vancouver, nous avons fait le choix de recruter des skieurs alpins et de les former au skicross. Un choix audacieux, comme le fait de les amener en Turquie une semaine avant l’épreuve. Si ça n’avait pas fonctionné nous aurions été très critiqués. »

Et si finalement les grands vainqueurs de ces jeux étaient les fondeurs ? Dans l’ombre des autres disciplines, mais aussi des nations ayant une culture nordique forte (Russie, Norvège, Suède), ils ont su tirer leurs épingles du jeu. Troisièmes sur le relais homme du 4×10 kilomètres, c’est la première médaille de l’histoire des Jeux pour les français dans cette discipline. Les filles sur la quatrième marche ne sont pas passées inaperçues et les nombreuses places dans les 10 en individuel de ces sportifs non plus. Pour Michel Vion, « le fond c’est la grosse satisfaction des ces jeux. On a joué dans les premiers rôles alors que nous n’avons pas la fibre nordique comme les pays scandinaves. Par rapport au niveau attendu et aux moyens que l’on possède dans ces disciplines, le bilan est très bon ».

Des belles histoires, des déceptions, des loupés, des sourires, de la colère, de l’émotion, des larmes… Tous ces sentiments qu’il va falloir mettre de côté, un moment seulement, pour les acteurs du ski français. Le temps de faire le bilan, discuter et mettre en place une nouvelle machine, celle qui ne regarde que devant : direction PyeongChang 2018. Moins de quatre ans séparent les skieurs, les snowboarders et les patineurs des prochains Jeux olympiques.

Méryll Boulangeat

@Meryll_B

 

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Manger, un plaisir de sportif !

« La nourriture c’est sacré ! » C’est Marcus, boxeur en équipe de France, qui l’affirme les yeux remplis de gourmandises. Ce n’est pas Noémie, qui représente la France en gymnastique rythmique, qui va dire le contraire : « j’adore manger, je suis hyper gourmande et ça depuis toujours  ». Ni Margaux, membre de l’équipe de France de natation synchronisée, qui considère son rapport à la nourriture comme « fusionnel ».

Les athlètes de haut niveau entretiennent un rapport particulier avec les aliments. Une relation « sacrée », presque obsessionnelle qui dépasse le facteur physique. Pour certains, le moment des repas devient un moment privilégié et attendu alors que pour d’autres c’est une épreuve. La nourriture est dans la tête de chaque sportif un moment à part. Un besoin autant qu’une envie.

Pour Isabelle Touffait, préparatrice mentale et sophrologue, « il y a un vrai lien entre les sportifs et ce qu’il y a dans leurs assiettes. Les sportifs aiment manger et possèdent une vraie curiosité culinaire, continue-t-elle. Cela peut venir du fait que les sportifs voyagent beaucoup et sont en contact avec de nombreuses cultures. Ils développent ainsi un palet différent des personnes qui sont moins en déplacement. » Le gout devient alors un facteur de plaisir. Un constat survenu après de nombreuses années de collaboration au près de sportifs de haut niveau.Lorsqu’elle utilise la sophrologie, elle demande aux personnes qui la consultent de choisir une « image ressource ». Un lieu, une couleur ou une image qui les apaise, les calme. Au fil du temps, elle s’est rendu compte que seuls les sportifs choisissaient une image en rapport avec l’alimentation.

Un autre détail a surpris Mme Touffait : quand elle demande aux sportifs de définir les points qui les emmèneraient, selon eux, vers la performance, elle s’est aperçue que « de nombreux sportifs citaient la nourriture… parfois avec une importance démesurée par rapport aux autres éléments cités. »

Le sportif est soumis à de fortes exigences. Pour être performant, il doit répondre aux contraintes exercées par son environnement. Entraînement, récupération, sélections, compétitions…. Les pressions sont permanentes. Tout est contrôlé et évalué par des personnes dont il dépend (entraîneur, préparateur physique, préparateur mentale, sélectionneur…). Pour Véronique Rousseau, diététicienne à l’INSEP (Institut Nationale du Sport, de l’Expertise et de la Performance), « la nourriture est un des seuls moments de liberté pour le sportif. Il fait ses choix, il est autonome. Lui seul contrôle son assiette ». Une autonomie qui peut finir par tourner à l’obsession.  Dans le cas des régimes par exemple : « plus on pense à ne pas manger plus on a envie de manger, rappelle Madame Rousseau ». L’esprit est centré sur l’interdit : la nourriture.

Marjorie Brun est kinésithérapeute du sport. Pour elle, « chaque sportif a son petit truc -pomme, chocolat, barres énergétiques…- qu’il croit efficace mais qui est  parfois à l’opposé de ce qu’il faudrait faire. Ces croyances sont un moyen pour l’athlète d’installer un rituel. Rituel essentiel pour la compétition car il met le sportif en confiance. Par la nourriture, il se crée un certain confort, une habitude qui vise à le rassurer ».

Une idée renforcée par Isabelle Touffait qui intègre la nourriture dans le rituel de préparation de l’athlète. « Dans les sports où le poids est important, la nourriture est intégrée à  la routine de préparation de la compétition. Par exemple, en biathlon, le petit déjeuner et le repas de la veille sont calculés, minutés, réfléchis.» Un gage de confiance. Pour pallier à l’inconnu. Pour rassurer.

Pour Véronique Rousseau, la nourriture s’inscrit aussi dans une dimension sociale pour les athlètes. « C’est un moment relatif à l’enfance, à la culture familiale », explique-t-elle. Souvent en déplacement, les sportifs sont séparés de leurs proches et de l’univers dans lequel ils ont grandit. La nourriture permet de garder un contact avec ses origines.

« C’est aussi un moment de partage », renchérit Madame Rousseau. Un avis approuvée par Ophélie David, championne de skicross : « ces moments autour de la table sont relaxants car on peut discuter, rigoler, échanger. C’est très important socialement, surtout dans un groupe. »

Pour performer, se faire plaisir, s’évader ou bien se rassurer, aucun doute : pour le sportif,  « la nourriture c’est sacré ! « .

Méryll Boulangeat

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Manger, un plaisir de sportif !

« La nourriture c’est sacré ! » C’est Marcus, boxeur en équipe de France, qui l’affirme les yeux remplis de gourmandises. Ce n’est pas Noémie, qui représente la France en gymnastique rythmique, qui va dire le contraire : « j’adore manger, je suis hyper gourmande et ça depuis toujours  ». Ni Margaux, membre de l’équipe de France de natation synchronisée, qui considère son rapport à la nourriture comme « fusionnel ».

Les athlètes de haut niveau entretiennent un rapport particulier avec les aliments. Une relation « sacrée », presque obsessionnelle qui dépasse le facteur physique. Pour certains, le moment des repas devient un moment privilégié et attendu alors que pour d’autres c’est une épreuve. La nourriture est dans la tête de chaque sportif un moment à part. Un besoin autant qu’une envie.

Pour Isabelle Touffait, préparatrice mentale et sophrologue, « il y a un vrai lien entre les sportifs et ce qu’il y a dans leurs assiettes. Les sportifs aiment manger et possèdent une vraie curiosité culinaire, continue-t-elle. Cela peut venir du fait que les sportifs voyagent beaucoup et sont en contact avec de nombreuses cultures. Ils développent ainsi un palet différent des personnes qui sont moins en déplacement. » Le gout devient alors un facteur de plaisir. Un constat survenu après de nombreuses années de collaboration au près de sportifs de haut niveau.Lorsqu’elle utilise la sophrologie, elle demande aux personnes qui la consultent de choisir une « image ressource ». Un lieu, une couleur ou une image qui les apaise, les calme. Au fil du temps, elle s’est rendu compte que seuls les sportifs choisissaient une image en rapport avec l’alimentation.

Un autre détail a surpris Mme Touffait : quand elle demande aux sportifs de définir les points qui les emmèneraient, selon eux, vers la performance, elle s’est aperçue que « de nombreux sportifs citaient la nourriture… parfois avec une importance démesurée par rapport aux autres éléments cités. »

Le sportif est soumis à de fortes exigences. Pour être performant, il doit répondre aux contraintes exercées par son environnement. Entraînement, récupération, sélections, compétitions…. Les pressions sont permanentes. Tout est contrôlé et évalué par des personnes dont il dépend (entraîneur, préparateur physique, préparateur mentale, sélectionneur…). Pour Véronique Rousseau, diététicienne à l’INSEP (Institut Nationale du Sport, de l’Expertise et de la Performance), « la nourriture est un des seuls moments de liberté pour le sportif. Il fait ses choix, il est autonome. Lui seul contrôle son assiette ». Une autonomie qui peut finir par tourner à l’obsession.  Dans le cas des régimes par exemple : « plus on pense à ne pas manger plus on a envie de manger, rappelle Madame Rousseau ». L’esprit est centré sur l’interdit : la nourriture.

Marjorie Brun est kinésithérapeute du sport. Pour elle, « chaque sportif a son petit truc -pomme, chocolat, barres énergétiques…- qu’il croit efficace mais qui est  parfois à l’opposé de ce qu’il faudrait faire. Ces croyances sont un moyen pour l’athlète d’installer un rituel. Rituel essentiel pour la compétition car il met le sportif en confiance. Par la nourriture, il se crée un certain confort, une habitude qui vise à le rassurer ».

Une idée renforcée par Isabelle Touffait qui intègre la nourriture dans le rituel de préparation de l’athlète. « Dans les sports où le poids est important, la nourriture est intégrée à  la routine de préparation de la compétition. Par exemple, en biathlon, le petit déjeuner et le repas de la veille sont calculés, minutés, réfléchis.» Un gage de confiance. Pour pallier à l’inconnu. Pour rassurer.

Pour Véronique Rousseau, la nourriture s’inscrit aussi dans une dimension sociale pour les athlètes. « C’est un moment relatif à l’enfance, à la culture familiale », explique-t-elle. Souvent en déplacement, les sportifs sont séparés de leurs proches et de l’univers dans lequel ils ont grandit. La nourriture permet de garder un contact avec ses origines.

« C’est aussi un moment de partage », renchérit Madame Rousseau. Un avis approuvée par Ophélie David, championne de skicross : « ces moments autour de la table sont relaxants car on peut discuter, rigoler, échanger. C’est très important socialement, surtout dans un groupe. »

Pour performer, se faire plaisir, s’évader ou bien se rassurer, aucun doute : pour le sportif,  « la nourriture c’est sacré ! « .

Méryll Boulangeat

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