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Manger, un plaisir de sportif !

« La nourriture c’est sacré ! » C’est Marcus, boxeur en équipe de France, qui l’affirme les yeux remplis de gourmandises. Ce n’est pas Noémie, qui représente la France en gymnastique rythmique, qui va dire le contraire : « j’adore manger, je suis hyper gourmande et ça depuis toujours  ». Ni Margaux, membre de l’équipe de France de natation synchronisée, qui considère son rapport à la nourriture comme « fusionnel ».

Les athlètes de haut niveau entretiennent un rapport particulier avec les aliments. Une relation « sacrée », presque obsessionnelle qui dépasse le facteur physique. Pour certains, le moment des repas devient un moment privilégié et attendu alors que pour d’autres c’est une épreuve. La nourriture est dans la tête de chaque sportif un moment à part. Un besoin autant qu’une envie.

Pour Isabelle Touffait, préparatrice mentale et sophrologue, « il y a un vrai lien entre les sportifs et ce qu’il y a dans leurs assiettes. Les sportifs aiment manger et possèdent une vraie curiosité culinaire, continue-t-elle. Cela peut venir du fait que les sportifs voyagent beaucoup et sont en contact avec de nombreuses cultures. Ils développent ainsi un palet différent des personnes qui sont moins en déplacement. » Le gout devient alors un facteur de plaisir. Un constat survenu après de nombreuses années de collaboration au près de sportifs de haut niveau.Lorsqu’elle utilise la sophrologie, elle demande aux personnes qui la consultent de choisir une « image ressource ». Un lieu, une couleur ou une image qui les apaise, les calme. Au fil du temps, elle s’est rendu compte que seuls les sportifs choisissaient une image en rapport avec l’alimentation.

Un autre détail a surpris Mme Touffait : quand elle demande aux sportifs de définir les points qui les emmèneraient, selon eux, vers la performance, elle s’est aperçue que « de nombreux sportifs citaient la nourriture… parfois avec une importance démesurée par rapport aux autres éléments cités. »

Le sportif est soumis à de fortes exigences. Pour être performant, il doit répondre aux contraintes exercées par son environnement. Entraînement, récupération, sélections, compétitions…. Les pressions sont permanentes. Tout est contrôlé et évalué par des personnes dont il dépend (entraîneur, préparateur physique, préparateur mentale, sélectionneur…). Pour Véronique Rousseau, diététicienne à l’INSEP (Institut Nationale du Sport, de l’Expertise et de la Performance), « la nourriture est un des seuls moments de liberté pour le sportif. Il fait ses choix, il est autonome. Lui seul contrôle son assiette ». Une autonomie qui peut finir par tourner à l’obsession.  Dans le cas des régimes par exemple : « plus on pense à ne pas manger plus on a envie de manger, rappelle Madame Rousseau ». L’esprit est centré sur l’interdit : la nourriture.

Marjorie Brun est kinésithérapeute du sport. Pour elle, « chaque sportif a son petit truc -pomme, chocolat, barres énergétiques…- qu’il croit efficace mais qui est  parfois à l’opposé de ce qu’il faudrait faire. Ces croyances sont un moyen pour l’athlète d’installer un rituel. Rituel essentiel pour la compétition car il met le sportif en confiance. Par la nourriture, il se crée un certain confort, une habitude qui vise à le rassurer ».

Une idée renforcée par Isabelle Touffait qui intègre la nourriture dans le rituel de préparation de l’athlète. « Dans les sports où le poids est important, la nourriture est intégrée à  la routine de préparation de la compétition. Par exemple, en biathlon, le petit déjeuner et le repas de la veille sont calculés, minutés, réfléchis.» Un gage de confiance. Pour pallier à l’inconnu. Pour rassurer.

Pour Véronique Rousseau, la nourriture s’inscrit aussi dans une dimension sociale pour les athlètes. « C’est un moment relatif à l’enfance, à la culture familiale », explique-t-elle. Souvent en déplacement, les sportifs sont séparés de leurs proches et de l’univers dans lequel ils ont grandit. La nourriture permet de garder un contact avec ses origines.

« C’est aussi un moment de partage », renchérit Madame Rousseau. Un avis approuvée par Ophélie David, championne de skicross : « ces moments autour de la table sont relaxants car on peut discuter, rigoler, échanger. C’est très important socialement, surtout dans un groupe. »

Pour performer, se faire plaisir, s’évader ou bien se rassurer, aucun doute : pour le sportif,  « la nourriture c’est sacré ! « .

Méryll Boulangeat

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Manger, un plaisir de sportif !

« La nourriture c’est sacré ! » C’est Marcus, boxeur en équipe de France, qui l’affirme les yeux remplis de gourmandises. Ce n’est pas Noémie, qui représente la France en gymnastique rythmique, qui va dire le contraire : « j’adore manger, je suis hyper gourmande et ça depuis toujours  ». Ni Margaux, membre de l’équipe de France de natation synchronisée, qui considère son rapport à la nourriture comme « fusionnel ».

Les athlètes de haut niveau entretiennent un rapport particulier avec les aliments. Une relation « sacrée », presque obsessionnelle qui dépasse le facteur physique. Pour certains, le moment des repas devient un moment privilégié et attendu alors que pour d’autres c’est une épreuve. La nourriture est dans la tête de chaque sportif un moment à part. Un besoin autant qu’une envie.

Pour Isabelle Touffait, préparatrice mentale et sophrologue, « il y a un vrai lien entre les sportifs et ce qu’il y a dans leurs assiettes. Les sportifs aiment manger et possèdent une vraie curiosité culinaire, continue-t-elle. Cela peut venir du fait que les sportifs voyagent beaucoup et sont en contact avec de nombreuses cultures. Ils développent ainsi un palet différent des personnes qui sont moins en déplacement. » Le gout devient alors un facteur de plaisir. Un constat survenu après de nombreuses années de collaboration au près de sportifs de haut niveau.Lorsqu’elle utilise la sophrologie, elle demande aux personnes qui la consultent de choisir une « image ressource ». Un lieu, une couleur ou une image qui les apaise, les calme. Au fil du temps, elle s’est rendu compte que seuls les sportifs choisissaient une image en rapport avec l’alimentation.

Un autre détail a surpris Mme Touffait : quand elle demande aux sportifs de définir les points qui les emmèneraient, selon eux, vers la performance, elle s’est aperçue que « de nombreux sportifs citaient la nourriture… parfois avec une importance démesurée par rapport aux autres éléments cités. »

Le sportif est soumis à de fortes exigences. Pour être performant, il doit répondre aux contraintes exercées par son environnement. Entraînement, récupération, sélections, compétitions…. Les pressions sont permanentes. Tout est contrôlé et évalué par des personnes dont il dépend (entraîneur, préparateur physique, préparateur mentale, sélectionneur…). Pour Véronique Rousseau, diététicienne à l’INSEP (Institut Nationale du Sport, de l’Expertise et de la Performance), « la nourriture est un des seuls moments de liberté pour le sportif. Il fait ses choix, il est autonome. Lui seul contrôle son assiette ». Une autonomie qui peut finir par tourner à l’obsession.  Dans le cas des régimes par exemple : « plus on pense à ne pas manger plus on a envie de manger, rappelle Madame Rousseau ». L’esprit est centré sur l’interdit : la nourriture.

Marjorie Brun est kinésithérapeute du sport. Pour elle, « chaque sportif a son petit truc -pomme, chocolat, barres énergétiques…- qu’il croit efficace mais qui est  parfois à l’opposé de ce qu’il faudrait faire. Ces croyances sont un moyen pour l’athlète d’installer un rituel. Rituel essentiel pour la compétition car il met le sportif en confiance. Par la nourriture, il se crée un certain confort, une habitude qui vise à le rassurer ».

Une idée renforcée par Isabelle Touffait qui intègre la nourriture dans le rituel de préparation de l’athlète. « Dans les sports où le poids est important, la nourriture est intégrée à  la routine de préparation de la compétition. Par exemple, en biathlon, le petit déjeuner et le repas de la veille sont calculés, minutés, réfléchis.» Un gage de confiance. Pour pallier à l’inconnu. Pour rassurer.

Pour Véronique Rousseau, la nourriture s’inscrit aussi dans une dimension sociale pour les athlètes. « C’est un moment relatif à l’enfance, à la culture familiale », explique-t-elle. Souvent en déplacement, les sportifs sont séparés de leurs proches et de l’univers dans lequel ils ont grandit. La nourriture permet de garder un contact avec ses origines.

« C’est aussi un moment de partage », renchérit Madame Rousseau. Un avis approuvée par Ophélie David, championne de skicross : « ces moments autour de la table sont relaxants car on peut discuter, rigoler, échanger. C’est très important socialement, surtout dans un groupe. »

Pour performer, se faire plaisir, s’évader ou bien se rassurer, aucun doute : pour le sportif,  « la nourriture c’est sacré ! « .

Méryll Boulangeat

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