Archives de Tag: compétition

TDF : « Moi, masseur ! Mais pas seulement »

Pendant le Tour de France, Le sport entre les lignes vous fait découvrir les coulisses d’une équipe de cyclisme (Cofidis) en rencontrant plusieurs de ses protagonistes. Cet épisode vous emmène à la rencontre d’un des masseurs de l’équipe : Christophe Hajaer. Présent depuis une vingtaine d’années dans le milieu du cyclisme professionnel, il est assistant sportif chez Cofidis depuis 2003. Titulaire d’une formation massage, confort et bien-être, de nombreux cyclistes professionnels sont déjà passés entre ses mains.

« Sur le Tour de France, l’équipe compte cinq masseurs. Chacun d’entre nous à deux cyclistes attitrés. On s’occupe d’eux pendant toute la grande boucle. Pour un massage il faut compter une heure. Cela peut même aller jusqu’à une heure et demi pendant les journées de repos. Selon l’état de fatigue, les cyclistes sont massés de la tête aux pieds. Bien sur, la priorité ce sont les jambes. Mais les coureurs sont aussi demandeurs au niveau du bas du dos, des paumes des mains et Lire la suite

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TDF : « Deux types de blessures chez les cyclistes »

Pendant le Tour de France, Le sport entre les lignes vous fait découvrir les coulisses d’une équipe de cyclisme (Cofidis) en rencontrant plusieurs de ses protagonistes. Cet épisode vous emmène à la rencontre du médecin de l’équipe, Jacky Maillot. Présent depuis une quinzaine d’années dans le monde du cyclisme professionnel, le docteur a rejoint l’équipe Cofidis il y a sept ans.

Jacky Maillot, médecin de l’équipe Cofidis pendant le Tour de France

« Mon travail de médecin au sein de l’équipe se décompose en plusieurs temps. En début de saison, j’effectue une batterie de tests médicaux : échocardiographie, tests à l’effort, bilan général… Il y a ensuite un suivi classique tout au long de l’année. Je me déplace sur les compétitions les plus importantes comme le Tour de France. Je suis en déplacement entre 110 et 120 jours par an. Le reste du temps, je le passe dans un cabinet libéral.

Sur le Tour mon emploi du temps très chargé.

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TDF : « La vie continue, le Tour continue »

Pendant le Tour de France, Le sport entre les lignes vous fait découvrir les coulisses d’une équipe de cyclisme (Cofidis) en rencontrant plusieurs de ses protagonistes. Pour commencer, rencontre avec Julien Simon, coureur cycliste Français, qui participe à sa quatrième grande boucle.

Julien Simon, team Cofidis

« Attaquer les Pyrénées et les étapes de montagnes, ça va faire du bien même si ça va être difficile. Ca va faire du bien pour diminuer la nervosité qui règne dans le peloton. Tous les ans il y a beaucoup de chutes sur la première semaine.

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Objectif Finisher

« Je ne me suis jamais senti aussi vivant. Je vais devenir un finisher. Je vois l’arche d’arrivée, le speaker dit mon nom, mes potes sautent et gesticulent. Je suis dans un état second, une sorte de plénitude. Je touche le bonheur du doigt ». Ces mots sont ceux du coureur cycliste, Fred Azzolin après avoir bouclé la MB Race, l’an dernier. Avec 140 kilomètres de course et 7000 mètres de dénivelé dans le massif du Mont-Blanc, l’organisation a bien choisi son slogan : Lire la suite

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Trois médailles olympiques, ça change quoi ?

CP/ C.Cattin-OT Val Thorens

CP/ C.Cattin-OT Val Thorens

Une marseillaise pour trois. L’image était belle et presque surréaliste. La performance, historique. C’était à Sotchi, l’hiver dernier. Un podium 100% tricolore aux Jeux Olympiques, du jamais vu. Onze mois plus tard, la planète skicross s’est donnée rendez-vous en France, à Val Thorens, pour la deuxième Coupe du monde d’une saison marquée par le manque de neige. La station savoyarde organise cet événement international pour la troisième année consécutive. L’occasion de faire le bilan et de répondre à cette question : « Trois médailles olympiques, ça change quoi ? ».

Dans l’aire d’arrivée, ils étaient entre 1 500 et 2 000 spectateurs mais ils faisaient du bruit comme si il étaient 10 000. Cloches, tronçonneuse, cris, même le speaker était difficilement compréhensible dans ce brouhaha constant, entretenu par les belles performances des skieurs français. Jamais sur une Coupe du monde de skicross il n’y avait eu Lire la suite

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Qui a dit que la danse n'était pas un sport ?

Nathalie Péchalat  CP/TF1

Nathalie Péchalat CP/TF1

Depuis trois mois, le samedi, elle enfile de jolies robes. Elle alterne avec amusement vêtement de princesse et tenue de demoiselle peu farouche. Et puis elle danse. Tous les samedi soir, elle danse. Nathalie Péchalat est une ancienne patineuse de haut niveau. Après 23 ans de compétition, deux titres de championne d’Europe et trois participations aux Jeux Olympiques, elle a décidé de mettre un terme à sa carrière l’hiver dernier. Les patins à peine posés, TF1 lui a proposé de participer à Danse avec les stars. Dans cette émission, la star c’est elle.

Nathalie Péchalat et son partenaire pendant 14 ans sur la glace, Fabian Bourzat CP/ Nathalie Péchalat

Nathalie Péchalat et son partenaire pendant 14 ans sur la glace, Fabian Bourzat CP/ Nathalie Péchalat

« Au début j’ai hésité. J’aime danser mais le côté star c’était un peu l’angoisse. Une de mes concurrente, Méryl Davis (championne olympique à Sotchi, ndlr), a participé à la version américaine. Ça c’est super bien passé pour elle et ça m’a convaincu. » Décidée, elle a foncé : « Comme en patinage, j’ai envie de donner le meilleur de moi-même, de montrer ce que je suis capable de faire. Par contre, je suis moins stressée que pendant une préparation olympique, je le prends plus comme un jeu. » Un jeu qui lui impose tout de même six heures d’entraînement par jour. « C’est assez intensif. Pour moi le défi est de l’ordre technique, pas physique. Il faut faire preuve de beaucoup de rigueur et penser à tout, de la pointe du pied jusqu’au placement de la tête. Contrairement au patinage, rien n’est naturel quand je danse. » Pour optimiser l’apprentissage quelques vieux réflexes de compétitrices ont refait surface : « Quand je rentre chez moi, j’essaie de visualiser les chorégraphies, de les répéter pour qu’elles rentrent plus facilement. »

Nathalie Péchalat sur le plateau de Danse avec les stars. CP/TF1

Nathalie Péchalat sur le plateau de Danse avec les stars. CP/TF1

Lorsqu’elle faisait du patinage, la jeune femme de 30 ans travaillait trois ou quatre mois sur deux programmes qu’elle améliorait au fil de la saison. Dans Danse avec les stars, le rythme est tout autre. « Je dois apprendre quatre chorégraphies en cinq jours. Je ne pensais pas en m’engageant dans cette émission que ce serait aussi accaparant. Toutes les semaines c’est une course contre-la-montre, un projet qui me prend 100% de mon temps et de mon énergie. Mais j’adore ça, j’adore danser et apprendre de nouveaux éléments techniques. » Sur la glace, jadis, la normande virevoltait avec Fabian Bourzat. Sur le plateau de TF1, les bras de Christophe ont remplacés ceux du patineur devenu entraîneur. « Pour moi la norme c’était Fabian. Après 14 ans passés ensemble, nous avions trouvé notre mode de fonctionnement et une certaine complicité. Danser avec quelqu’un d’autre m’a demandé de l’adaptation. Il m’a fallu un peu de temps pour modifier mes repères et avoir confiance sur les portés. Par contre, je pense que le fait d’avoir passé une grande partie de ma vie à travailler à deux est un avantage dans l’émission. Je sais gérer la communication et la proximité qui se crée, c’était mon quotidien. »

Nathalie Péchalat et Fabian Bourzat sur la glace CP/ Nathalie Péchalat

Nathalie Péchalat et Fabian Bourzat sur la glace CP/ Nathalie Péchalat

Nathalie Péchalat et Fabian Bourzat pendant leur carrière de patineurs CP/ Nathalie Péchalat

Nathalie Péchalat et Fabian Bourzat pendant leur carrière de patineurs CP/ Nathalie Péchalat

Avec Christophe, cependant, les choses ne se passent pas tout à fait comme avec son partenaire de l’époque. « Avec Fabian, nous contrôlions tout. De la chorégraphie, aux costumes en passant par le choix des entraîneurs et des tenues. Avec Christophe, je me laisse guider car ce n’est pas ma discipline. » La production y est aussi pour beaucoup. « Sur la glace, je me coiffais et me maquillais seule. Cela faisait partie de ma routine de compétition. C’était un moyen de gérer mon temps et mon stress avant de présenter mon programme. Sur les primes, c’est différent. Nous avons des maquilleuses, des coiffeuses et des costumières. Il faut s’en remettre à d’autres personnes. Pour moi, qui aime bien être dans le contrôle, ça n’a pas été évident au début mais j’ai appris à me laisser guider. »

Dans les coulisses de Danse avec les stars pendant un entraînement. Parmi participants, les anciens patineurs, Natahlie Péchalat et Brian Joubert CP/ Nathalie Péchalat, Instagram

Dans les coulisses de Danse avec les stars pendant un entraînement. Parmi participants, les anciens patineurs, Natahlie Péchalat et Brian Joubert CP/ Nathalie Péchalat, Instagram

Alors qu’elle pratiquait un sport plutôt confidentiel, sous la lumière des projecteurs tous les quatre ans environ, Nathalie s’est découvert une toute nouvelle notoriété. Son rapport avec les médias est complètement différent de ce qu’elle a vécu durant toute sa carrière. Elle aurait pu avoir tous les titres du monde jamais sa notoriété n’aurait été aussi grande : « Je comprend l’engouement des médias car l’émission touche le grand public. C’est normal que je sois plus médiatisée qu’avant mais malgré tout, je trouve que c’est de la folie. Il y a beaucoup de sportifs qui s’entraînent comme des fous et dont on ne parle jamais. C’est dommage. »

Nathalie Péchalat et Fabian Bourzat se démarquaient sur la glace par leur originalité CP/ Nathalie Péchalat

Nathalie Péchalat et Fabian Bourzat se démarquaient sur la glace par leur originalité CP/ Nathalie Péchalat

Samedi soir, Nathalie Péchalat dansera pour la victoire. Après trois mois d’aventure, elle vivra son dernier prime. « Je suis heureuse d’être allée au bout. Si il y a un trophée à la clé, ce sera génial mais ça ne changera pas ma vie. Ce ne sont pas les JO mais un simple aboutissement. » L’aboutissement d’un jeu où l’héroïne porte de jolies robes tous les samedi soir.

Méryll Boulangeat

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Pourquoi les Russes finissent-elles (presque) toujours par gagner ?

Ballet aquatique

 

Nathalie Péchalat sur le plateau de Danse avec les stars. CP/TF1

Nathalie Péchalat sur le plateau de Danse avec les stars. CP/TF1

 

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Ambiance Supercross

Fabien Izoird Crédit photo : Thomas O'brien

Fabien Izoird
Crédit photo : Thomas O’brien

Il faut prendre un petit un chemin de terre cabossé pour arriver sur les lieux. Mais c’est une fois la voiture garée et la petite butte grimpée que le circuit de Supercross de St Thibéry (Hérault) se dévoile. Samedi 9 aout, le terrain languedocien y accueillait une manche des Championnats de France. Le circuit en plein air, monté de toutes pièces pour l’événement, « fait partie des plus grosses pistes de Supercross en France », selon Joël Carrier, le président du club de St Thibéry. « Nous avons travaillé sur la piste en collaboration avec le traceur officiel des Championnats de France pendant environ cinq mois. C’est un gros travail de préparation. Nous avons enlevé une bosse de près de 4 500 tonnes avec des pelles mécaniques pour élargir la piste. Plus la piste est large, plus il y a de la bagarre. »

Le circuit de St Thibéry

Le circuit de St Thibéry

Une piste plus large mais aussi plus rythmée que les années précédente comme le souligne le favori de l’épreuve reine (SX one), Fabien Izoird : « la piste est longue et il faut savoir jongler entre vitesse et efficacité. Il y a une partie très rapide où les sauts sont très espacés. On arrive ensuite sur une partie plus rythmée et plus physique. Il faut savoir se reposer au bon moment pour attaquer intelligemment. »

Fabien Izoird

Fabien Izoird

Après sa demi-finale remportée, Fabien Izoird, local de l’étape et leader du classement, retourne du côté du paddock, lieu de vie des pilotes et de leurs teams. Les techniciens bichonnent les motos pendant que les pilotes se ressourcent en vue de la finale. Le paddock prend alors des airs de camping-car sauvage : « la plupart des pilotes arrivent avec leur camping-car et il y a aussi les camions et les remorques des teams pour transporter tout le matériel, décrypte Mr Carrier. Nous mettons à leur disposition l’eau et l’électricité, pour qu’ils s’y sentent bien ». Un confort supplémentaire pour ces sportifs nomades : « J’ai la chance de me déplacer avec mon camping-car, sourit Izoird. Il y a tout le confort nécessaire, c’est une mini-maison roulante qui nécessite beaucoup d’entretien ».

Le paddock, lieu de vie des teams

Le paddock, lieu de vie des teams

La moto de Fabien Izoird avant les phases finales

La moto de Fabien Izoird avant les phases finales

4 500 personnes ont fait le déplacement pour voir l’événement nocturne. Public de néophytes et de connaisseurs se partagent les pelouses en amont du parcours. Plus qu’une compétition, c’est un véritable show qui leur est offert. Entre les manches, pompom girl et démonstrations de Freestyle sont à l’honneur.

La présentation des pilotes, escortés par les pompom girls, fait partie du show.

La présentation des pilotes, escortés par les pompom girls, fait partie du show.

Il est déjà une heure avancée dans la soirée lorsque les pilotes se présentent sur la grille de départ pour la finale. Ils sont 16 à en découdre pour une place sur le podium minimum. « Lorsque je suis sur la grille, je pense à ma position de départ, explique Izoird le métronome. Quand je vois le panneau qui annonce 15 secondes puis 5 secondes, je suis hyper concentré. Sur cette piste le départ est très court, c’est important de bien partir pour ne pas se faire serrer dès le premier virage. Après si tu es devant c’est plus facile, c’est toi qui imposes ton rythme aux autres. »

Fabien Izoird Crédit photo : Thomas O'brien

Fabien Izoird
Crédit photo : Thomas O’brien

La course est lancée. Izoird voit ses concurrents lui filer sous le nez : « j’ai fait une erreur au départ, ma moto à calé. J’ai mis du temps à la redémarrer ». Parti en dernière position, poussé par le public, il remonte un à un les concurrents pour échouer à la troisième place. Une performance saluée par les spectateurs bien que le chouchou du public ne termine pas à la place espérée. « C’est ma pire place de la saison mais j’ai sauvé les meubles. A domicile, j’espérais un peu mieux. J’ai laissé beaucoup d’énergie à remonter sur la tête de la course. La piste était glissante, ce n’était pas facile de doubler. »

La compétition terminée, le dernier show Freestyle prend le relais, histoire de finir sur une touche de légèreté. Petit à petit le public quitte les lieux laissant sur place les pilotes et les 130 bénévoles présents.

Méryll Boulangeat @Meryll_B

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TDF : « Et d’un seul coup…tout s’arrête » Le carnet de route de Cyril Lemoine : #épisode 9

Cyril Lemoine est cycliste professionnel depuis 2003. Il participe à son quatrième Tour de France avec l’équipe Cofidis. Pendant les trois semaines que dure l’événement, Cyril nous fait partager SON Tour de France. L’occasion de découvrir la grande boucle d’un angle différent à travers un coureur sympathique et disponible.

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Mardi 29 juillet, J+2 après arrivée du Tour

« Ça y est, c’est terminé ! La boucle est bouclée. Je suis bien content que ce soit terminé. Nous avons passé trois semaines un peu difficile quand même. Je suis très satisfait de mon Tour. Après six journées passées sous le maillot à pois et une étape des pavés réussie, j’ai gagné de l’assurance. J’ai pris du plaisir sur ces trois semaines même si il y a eu des jours sans notamment dans les étapes de montagne. Physiquement, je me suis senti bien. Je n’avais jamais eu d’aussi bonnes jambes. Pas de gros bobo jusqu’à la dernière étape où j’ai été entrainé dans une chute sur les Champs-Elysées. Sur le coup j’étais bien sonné.

Je suis rentré chez moi hier midi. Ça fait bizarre, presque un peu vide. Pendant un mois, il y avait toujours plein de monde autour de moi. Mon équipe, les médias, le public. Et puis le bruit. Une cohue incessante. Du bruit, beaucoup de bruit, partout et tout le temps. Et d’un seul coup, plus rien, tout s’arrête. Sur le Tour j’avais mes petites habitudes et une équipe autour de moi pour s’occuper de mon bien-être. On peut dire que j’étais un peu assisté. En posant les valises à la maison, je retrouve ma vie normale. Je prépare de mon repas et joue avec mon fil de deux ans. Retour aux choses simples. Je suis passé en très peu de temps d’un extrême à un autre. Ça fait presque un choc.

Il y a aussi la fatigue qui retombe et les nerfs qui lâchent petit à petit. Ma hanche est un peu douloureuse, mon genou gonflé et je suis un peu égratigné suite à ma chute de dimanche. Mais dans l’ensemble, finir ce quatrième Tour est pour moi une grande satisfaction.

Quand tu arrives sur les Champs, tu frissonnes.

C’est un moment exceptionnel. Il y a un monde incroyable, c’est impressionnant. Tu ressens une montée d’adrénaline, c’est top. Et tu te dis qu’après trois semaines intenses, c’est mérité. Alors tu savoures chaque moment. La ligne d’arrivée franchie, nous nous retrouvons tous dans le bus, symbole de l’unité de notre équipe. On débouche le champagne, on trinque, on se félicite.  Et puis équipes par équipes, comme lors de la cérémonie d’ouverture, nous défilons sur les Champs-Elysées, une ultime fois, pour saluer et profiter du public. Rouler sur la plus belle avenue du monde, c’est sympa ! C’est la seule étape où tous les coureurs sont logés dans le même hôtel. Le soir, chaque équipe a organisé une petite soirée. Certains sont allés sur une péniche. Pour nous c’était resto. Autant vous dire que nous avons bien fêté ça et que nous ne nous sommes pas couchés très tôt !

Et puis, nous nous sommes quittés. Après un mois passé à suivre le même chemin, chacun a repris sa route. Maintenant, il faut repartir sur de bonnes bases, ne pas faire trop d’écarts et gérer ses entrainements. Je pense faire une coupure de cinq jours. Mais ce ne sera pas le cas de tout le monde puisqu’un de mes coéquipiers cours à nouveau ce week-end. J’ai la chance de pouvoir poser mon vélo un moment avant de recommencer l’entrainement en vue de ma prochaine compétition qui aura lieu dans un mois. »

Propos recueillis par Méryll Boulangeat @Meryll_B

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Dans le peloton : « j’ai appris des gros mots dans différentes langues » !

Dans le peloton, il y a deux moments à distinguer. Les moments de calmes et les moments où la course prend forme, s’accélèrent. Pendant les moments calmes, tout le monde se dit bonjour, les coureurs en oublient presque qu’ils sont en compétition. Sur leurs vélos, ils échangent, ils discutent et ils rient. « Quand on navigue dans le peloton, on trouve toujours quelqu’un à qui parler, se souvient Yannick Talabardon qui a couru le tour de France en 2011. Pas forcément de vélo. De tout, de rien, de la vie privée. » Le peloton peut aussi être l’occasion, aussi surprenant soit-il, de faire des rencontres. « On a le temps de discuter, de sympathiser avec d’autres cyclistes, raconte Yannick. Je me souviens pendant le Tour de Turquie, j’avais rencontré et discuté trois quarts d’heure avec Warren Barguil. C’est le côté sympa du peloton ».

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Et puis vient le moment où la course prend le dessus. Le rythme s’accélère, la cadence augmente. Plus rapides, plus serrés, plus stressés, la tension est palpable. Plus question de papillonner pour les cyclistes. Les équipes se recomposent. Yannick explique : « il faut essayer de rester toujours en équipe, autour des leaders. C’est super compliqué d’être entourés et de rester soudés quand ça joue des coudes ».

L’objectif pour tous les cyclistes : être devant. Un gage de sécurité afin d’éviter les chutes qui arrivent plus fréquemment à l’arrière du peloton, surtout dans les zones étroites. Ces moments de bagarre sont aussi l’occasion pour les cyclistes de perfectionner l’apprentissage de langues étrangères : « dans ces moments-là, ça s’insulte pas mal, sourit Yannick. J’ai pu apprendre différents gros mots dans différentes langues comme l’italien, le russe ou le flamand. »

En plus de faire attention à leur place, les cyclistes sont conscients des coureurs qui gravitent autour d’eux. « Quand il y a des gros leaders à côté, tu fais attention. Quand il y a Froome ou Contador, tu les laisses passer si tu estimes que ce n’est pas un moment crucial de ta course. » Ainsi, Yannick se rappelle de son premier Dauphiné Libéré en 2003 : « C’était l’époque Armstrong. Tout le monde le craignait. J’étais à côté de lui. A cause d’un bidon roulant sur la chaussée il a chuté. J’en suis venu à me demander si c’était de ma faute. J’en tremblais. Il s’est avéré que je n’y étais pour rien. Si il était tombé à cause de moi, ça aurait été le drame, un incident qui aurait pu ruiner ma carrière. Il faut toujours faire attention aux mecs qui jouent la gagne.

Le Tour de France est avant tout une aventure sportive. Mais derrière le caractère sportif, se cache une aventure humaine pour tous les cyclistes qui prennent le départ. Pendant trois semaines, il y a une vraie vie dans le peloton à la fois si proche et si loin des caméras.

Méryll Boulangeat

 

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TDF : « Réveillé par un contrôle anti-dopage » Le carnet de route de Cyril Lemoine : #épisode 7

Cyril Lemoine est cycliste professionnel depuis 2003. Il participe à son quatrième Tour de France avec l’équipe Cofidis. Pendant les trois semaines que dure l’événement, Cyril nous fait partager SON Tour de France. L’occasion de découvrir la grande boucle d’un angle différent à travers un coureur sympathique et disponible.

Lundi 21 juillet, journée de repos

« Deuxième jour de repos…Ça fait du bien après les étapes des Alpes. Cette journée a une saveur particulière pour moi puisque ma compagne et mon petit garçon de 2 ans m’ont rejoins. Après près de trois semaines sans se voir, c’est une parenthèse agréable de ce Tour de France. Cependant, ici, je ne suis pas le même qu’à la maison. Il ne faut pas que je m’éparpille sinon le lendemain c’est très difficile. Je reste dans ma petite bulle, concentré sur mon Tour de France. Si je commence à relâcher les nerfs, je ne serais plus dans la bonne dynamique. Ma compagne en est consciente. Mais ça me fait du bien au moral de les voir.

Le fait qu’ils soient là me permet de m’éloigner un peu de mes coéquipiers, de m’isoler. Après trois semaines tous ensemble, ça fait du bien d’avoir du temps pour soit.

Nous logeons dans un château : le Domaine de l’Hospitalet. C’est une propriété viticole. C’est calme, c’est tranquille et c’est beau. Nous sommes entourés de vignes, pas loin de la mer. Pour un amateur de vin comme moi, c’est super !

Ce matin, j’ai eu une mauvaise surprise : je me suis fait réveiller par un contrôle anti-dopage. On sait que ça peut arriver n’importe quand et c’est important de jouer le jeu si on veut avoir un sport clean… Mais un jour de repos…c’est dur ! C’est mon deuxième sur le Tour. Dans la vie quotidienne, nous devons signaler chaque jour où nous sommes avec une adresse précise car nous pouvons avoir des contrôles inopinés à tout moment.  Je ne compte plus le nombre de fois où ils sont venus à la maison me contrôler, c’est un peu contraignant. Depuis peu, une application a été mise en place pour nous faciliter les choses. C’est déjà ça !

Après le contrôle, je suis allé faire 1h30 de vélo avec un de mes coéquipiers. Nous avons roulé dans les terres et nous sommes revenus par Narbonne Plage, l’occasion de voir la mer ! Pour moi, cette petite sortie est essentiel un jour de repos. Ainsi, je dis à mon corps que ce n’est pas fini, qu’il faut continuer, qu’il y a encore des étapes derrière. Les 15 premières minutes, j’ai mal aux jambes, puis les muscles chauffent. Je fais alors quelques efforts sur une allure course, je transpire avant de terminer tranquillement. C’est important de transpirer pour éliminer les toxines emmagasinées la veille. La nourriture joue aussi un rôle important. Il faut faire attention de ne pas se suralimenter. Les efforts physiques sont réduits, les repas doivent l’être aussi. Nous mettons l’accent sur les légumes pour se « purifier » le foie, les viscères… Nous évitions aussi les laitages surtout quand il fait chaud.

Finalement, c’est plein de petits paramètres qui peuvent paraître insignifiants mais qui font la différence. Chacun a ses petites habitudes.

L’après-midi passée en famille, c’est le retour à la routine traditionnelle avec massage, ostéo et diner. Tu retrouves ta peau de cycliste du Tour de France pendant le repas du soir avec une pensée parmi d’autres : demain c’est 237 kilomètres… »

Propos recueillis par Méryll Boulangeat @Meryll_B

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