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A chaque sport ses habitudes alimentaires

Bien qu’il soit difficile les ranger dans des cases, des diététiciennes ont constaté chez les sportifs des comportements alimentaires différents en fonction des sports pratiqués. De grosses tendances se dégagent.

Photo et création : ABoul

Photo et création : Alizée Boulangeat

 

Sports à catégorie de poids

Les sports de combats sont très exigeants au point de vue nutritionnel. Pour Lucile, judokate, manger est « un plaisir… quand je ne suis pas au régime ! ». Comme elle, les sportifs à catégorie de poids doivent s’astreindre à une rigueur sans faille pour se maintenir à leur poids de compétition. Une rigueur qu’il leur est difficile de tenir au vue de la charge d’entrainement qu’ils s’imposent. « Après une grosse séance d’entraînement, raconte Lucile, j’ai envie de beaucoup manger, de manger quelque chose qui me fait plaisir, quitte à ne pas pouvoir finir ». La majorité de ces sportifs s’entrainent donc en surpoids et commencent à se soumettent à un régime très poussé à l’approche des compétitions.

Certains d’entre eux sont capables de perdre jusqu’à 10 kilos en une semaine. Pour cela, ils arrêtent de manger et de boire pendant plusieurs jours tout en continuant leurs entraînements quotidiens. Une fois la pesée de compétition effectuée, ils se ruent sur des encas et des boissons hydratantes…juste avant de monter sur le ring ou le tatami.

« Chez ces sportifs, c’est la politique du tout ou rien, raconte Véronique Rousseau, diététicienne à l’INSEP (Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance). Ils ne cherchent pas à optimiser leur poids pour être performant à l’entraînement. Il y a souvent des privations extrêmes à l’approche des compétitions, suivies de phases de compensations extrêmes.» Pour limiter cette trop grosse fluctuation de poids, la fédération française de boxe soumet ses sportifs à une pesée quotidienne avec un objectif à ne pas dépasser, au gramme près.

Sports esthétiques

Dans les sports esthétiques comme la gymnastique ou la natation synchronisée, la silhouette de l’athlète est l’élément principal. Le corps est au cœur de la performance et l’attention qui lui est consacrée est quotidienne. Les repas deviennent alors un enjeu considérable.

« Le repas était un de mes moments préférés, confie Noémie, gymnaste en équipe de France. Aujourd’hui, alors que je dois faire attention et me priver, c’est un moment moins agréable où la volonté doit l’emporter sur l’appétit. » Véronique Rousseau constate : « ils ont souvent l’impression d’être trop gros. La pression est très forte entre ces sportifs et avec les entraîneurs. Ils font une grosse fixation sur l’alimentation, qui reste souvent un tabou. Il est très difficile d’évoquer ce sujet avec eux. Un sentiment de culpabilité est souvent décelé chez ses sportifs, généralement gourmands ».

Sports d’endurances

Autre catégorie : celle des sports d’endurances. La diététicienne observe chez ces sportifs une tendance à « attribuer des vertus imaginaires à certains aliments. Ils pensent que l’énergie vient de la nourriture. La consommation de ces aliments est parfois démesurée ». Les athlètes accordent une grosse importance à la récupération et adaptent leur nourriture en conséquence, se concentrant sur une catégorie d’aliments en en délaissant d’autres, pourtant indispensables à un équilibre alimentaire.

Sports collectifs

Dans les sports collectifs, comme le volley ou le basket, les croyances alimentaires sont moins présentes, selon Véronique Rousseau. « La plupart du temps, les sportifs sont recrutés sur des critères morphologiques, explique-t-elle. Il n’y a pas de culture sportive forte. Ces sports sont donc moins marqués par l’alimentation.»

Dans les autres sports, la diététicienne estime qu’il est plus difficile de dégager des tendances. Amélie Fosse suit aussi des sportifs de haut niveau sur le plan diététique. Pour elle, il existe deux grands types de sportifs mangeurs : « les instinctifs et les détachés ».

Les sportifs « instinctifs »

Les mangeurs « instinctifs » entretiennent un rapport sain à la nourriture. Ils sont capables d’écouter leurs corps et de répondre à leur besoin. Amélie Fosse met en garde cette catégorie de sportifs qui « peuvent parfois se perdre avec tout ce qu’ils entendent de part et d’autre sur ce qu’il faut manger ou pas. Dans un environnement sportif, il est très difficile de rester un mangeur instinctif car les conseils et les recommandations nutritionnelles sont omniprésentes. »

Les sportifs « détachés »

Ces sportifs mangent pour « alimenter la machine ».  Ils laissent le facteur émotionnel de côté et ne sont focalisés que sur la performance. « Les sportifs « détachés» se font toujours rattraper. Ils finissent par compenser leurs privations par une abondance de nourriture sur la période qui suit », explique Amélie Fosse.

Même si il est difficile de généraliser, les sportifs peuvent être trahis par leurs assiettes et leurs petites habitudes alimentaires  sont loin d’être anodines.

Méryll Boulangeat

@Meryll_B

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Mieux comprendre les paralympiques

Les jeux paralympiques sont ouverts. Des disciplines et des athlètes qui, petit à petit, sortent de l’ombre. Ils deviennent, aux yeux du grand public, des sportifs à part entière. Pourtant, les règlements restent encore méconnus. Les règles peuvent paraîtres flous pour les spectateurs novices des sports paralympiques.

Comment des athlètes ayant un handicap différent  peuvent-t-ils être en concurrence directe. Certains sont-ils avantagés ? Un aveugle a-t-il moins de chance de s’imposer qu’une personne en fauteuil ? Un unijambiste qui skie sans sa jambe a-t-il les mêmes repères qu’un unijambiste amputé ? Essayons de décrypter les subtilités des différents handicaps. Prenons l’exemple du ski alpin.

Pour commencer, il faut savoir que les skieurs sont divisés en trois catégories : « les malvoyants », « les debouts » et « les assis ». Les sportifs s’exprimant debout ou en fauteuils sont plus nombreux que les malvoyants.

Ils évoluent tous sur le même parcours, les uns après les autres, mais figurent dans un classement différent. En descente, par exemple, il y aura trois médailles d’or pour les hommes, soit une par catégorie. Ce sont les malvoyants qui s’élancent en premier sur la piste, suivis des « debouts ». Les « assis » ferment la marche car leurs traces abîment un peu plus la piste.

Les choses se compliquent : chaque catégorie possède des sous catégories. Le IPC (Comité International Paralympique), composé de médecins et de kinésithérapeutes spécialisés, se réunit deux à trois fois par an pour redéfinir les différentes classifications médicales. De ces réunions, émane un tableau qui permet d’établir des coefficients de corrections.

En fonction de la hauteur de leurs handicaps, les sportifs se voient appliquer une pénalité sur leur temps réel effectué pendant la descente. Au final, tout le monde se retrouve sur le même pied d’égalité. En ski alpin, les coefficients sont directement multipliés par le temps réel. A la télévision, seuls les temps finaux, déjà modifiés, sont affichés, facilitant ainsi la compréhension du téléspectateur.

Tous les ans, le comité reçoit les nouveaux licenciés pour définir leur niveau de handicap. Un classement remis en question tous les deux à quatre ans puisque certains handicaps, comme la vue, peuvent évoluer.

LES MALVOYANTS

La première catégorie concerne les malvoyants. Ces sportifs sont accompagnés par un guide qui les précède. La réglementation prévoit une distance maximale à ne pas dépasser entre le l’athlète et son accompagnateur.  Il existe trois déclinaisons de personnes malvoyantes. Les premiers, les B1 (B pour « blind »), sont complètement aveugles. Ils sont guidés par la voix de leur éclaireur qui utilise un haut parleur.

Ensuite, il y a les B2 qui sont capables de distinguer quelques formes. Un de leur entraîneur image ce qu’ils perçoivent : « c’est un peu comme regarder Canal + en codé ». En plus de suivre la silhouette qui les précèdent, ils reçoivent des informations par une oreillette bluetooth.

Les B3 sont ceux qui voient le mieux. Ils distinguent mieux leur guide que les B2 mais sont aussi dotés d’une oreillette.

Français engagés dans cette catégorie : – Ski de fond : Thomas CLARION (B1) guidé par Julien BOURLA

 » LES DEBOUTS « 

Alors qu’il y a seulement trois déclinaisons de malvoyants, les « debouts » sont beaucoup plus nombreux. Pour faire simple, il y a les amputés et les hémiplégiques. Mais ce n’est pas si simple car les amputés ne peuvent pas tous évoluer avec la même pénalité. Les unijambistes ou amputés fémoral (LW2), ont moins d’équilibre que les skieurs amputés au niveau du tibia, qui ont une prothèse (LW4). De même, si un sportif est amputé d’un bras (LW6/8) ou des deux (LW5/7), les repères ne seront pas les mêmes. Le niveau de l’amputation est aussi pris en compte par l’IPC. Par exemple, si le handicap du skieur débute au coude ou à l’épaule, la pénalité sera différente.

Dernière précision : parmi les amputés, il y aussi les sportifs ayant une agénèse. Ils sont nés avec un organe en moins. Classés avec les amputés, ils sont plus habitués au handicap.

Les hémiplégiques sont eux aussi divisés en deux sous catégories (LW9/1 et LW9/2).

Français engagés dans cette catégorie : – Ski alpin : Vincent GAUTHIER-MANUEL (LW 6/8), Cédric AMAFROI-BROISAT (LW 4), Romain RIBOUD (LW 9/2), Solène JAMBAQUÉ (LW 9/2), Marie BOCHET (LW 6/8)  – Snowboard : Patrice BARATTERO, Cécile HERNANDEZ-CERVELLON – Biathlon : Benjamin DAVIET (LW2),

 » LES ASSIS « 

Cette catégorie concerne les paraplégiques et les sportifs amputés des deux membres inférieurs. Sur la piste, ils évoluent en fauteuil roulant (ou glissant) ! A l’image des malvoyants, ils sont divisés en trois déclinaisons. Cela dépend de la hauteur de la lésion. C’est la sangle abdominale qui délimite les différentes sous catégories. Il y a les sportifs qui n’ont aucunes sensations en dessous des abdominaux (LW10) et les paraplégiques incomplets au niveau abdominal (LW11). Dans la dernière déclinaison (LW12), on retrouve les paraplégiques amputés et ceux qui ont toutes leurs capacités abdominales. Parmi eux, certains sont capables de se tenir debout avec ou sans béquilles.

Français engagés : – Ski alpin : Frédéric FRANÇOIS (LW 11), Jean-Yves LEMEUR (LW 12), Cyril MORÉ (LW 12), Yohann TABERLET (LW 12) – Ski de fond : Romain ROSIQUE (LW 11)

Ils seront quinze français à Sotchi, neuf en ski alpin, quatre en ski nordique et deux en snowboard pour la première apparition de la discipline aux jeux paralympiques. Forte de six médailles, dont une en or, à Vancouver, la délégation française s’est fixée l’objectif de rapporter dix médailles dans nos montagnes.

Méryll Boulangeat

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