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« Demain c'est la guerre ! » : Live your dreams, #Épisode3

Après un mois d’entraînement passé aux Etats-Unis, aux côtés des meilleurs, Annabel Merlier disputera, demain, les Championnats du monde de jujitsu Brésilien, son rêve.

Annabel Merlier CP/Copainsdavant

Annabel Merlier
CP/Copainsdavant

« Demain, c’est le grand jour. Celui pour lequel je suis venue aux Etats-Unis. La finalité d’un mois de voyage entre entraînements, doutes, joies, rencontres, courbatures et progrès. Je combas à partir de 10 heures ( 19 heures en France, avec le décalage horaire).

Annabel Merlier à l'entraînement  CP/ Annabel Merlier

Annabel Merlier à l’entraînement aux USA
CP/ Annabel Merlier

Je suis prête mais hyper stressée. Je sais que je suis prête mais il y a toujours un petit doute qui subsiste. C’est normal. La gestion du stress sera vraiment importante. Certains sportifs sont transcendés par ce sentiment. D’autres perdent tous leurs moyens. Je ne suis dans aucun extrême mais je sais que si je gère mal, je peux basculer dans le mauvais stress, celui qui me fait perdre mes moyens. D’un autre côté, j’ai confiance en mon physique, le reste se jouera à l’instant T. J’essaie d’être positive, je me dis que j’ai fait ce que j’avais à faire, que je n’aurais pas de regrets de ce côté là. Maintenant il faut que je mette les bonnes choses en place au bon moment.

Annabel Merlier à l'entraînement  CP/ Annabel Merlier

Annabel Merlier à l’entraînement aux USA
CP/ Annabel Merlier

Je suis impatiente. J’ai hâte d’être demain pour faire mes preuves, montrer ce que je vaux. Je vais faire en sorte que tout ça, tous les efforts et les sacrifices que j’ai fait soient récompensés. Autant pour moi que pour les gens qui m’entourent. Je veux vraiment leur faire ce cadeau car c’est aussi grâce eux que je suis ici aujourd’hui. Plus qu’une journée avant le grand jour. Une journée longue, une journée de repos. Il faut que je trouve de quoi m’occuper au maximum. Et puis, demain c’est la guerre! »

Annabel et son entraîneur français, Julien Catagnier, à Sète.  CP/ Annabel Merlier

Annabel et son entraîneur français, Julien Catagnier, à Sète.
CP/ Annabel Merlier

Propos recueillis par Méryll Boulangeat @Meryll_B

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« Il y a des jours avec et des jours sans » : Live your dreams, #Épisode2

« Live your dreams » (Vis tes rêves, ndlr). Une phrase, un proverbe qu’Annabel Merlier a décidé de se faire tatouer comme pour ne jamais trahir l’état d’esprit qui l’anime. Un état d’esprit qu’elle a mis en pratique en partant peaufiner son entraînement, de l’autre côté de l’atlantique, en Californie, en vue des championnats du monde de Jujitsu Brésilien. Depuis 8 ans, le Jujitsu Brésilien rythme sa vie. Troisième des derniers championnats d’Europe, elle participera les 1 et 2 novembre prochains à ses premiers championnats du monde qui se dérouleront aux Etats-Unis. Pendant un mois, elle a quitté son club de Sète (Hérault) pour rejoindre les rangs de Leticia Ribeiro, la grande prêtresse du Jujitsu Brésilien. En immersion totale, au plus près des racines de son sport,  Annabel nous fait partager son expérience, son rêve américain à elle. 

Annabel et sa coach américaine Leticia Ribeiro. CP/ Annabel Merlier

Annabel et sa coach américaine Leticia Ribeiro.
CP/ Annabel Merlier

« Je suis à la moitié de mon voyage et je sens la fin de ma préparation arriver. La compétition approche. Et à compétition exceptionnelle, programme exceptionnel : Cette semaine est la dernière où je vais me donner à 1000% pendant les entraînements. A partir de la semaine prochaine, je vais lever le pied pour garder de la fraîcheur en vue des Championnats du monde. La pression monte petit à petit. Le point positif est que j’ai bien géré mon alimentation. Je n’ai pas de poids à perdre. J’ai fait attention : très peu d’extra et beaucoup de qualitatif. Muesli et fruits pressés le matin, poisson (ou blanc de poulet grillé) et riz complet (ou pâtes complètes) avec légumes le midi, et salade mixte avec deux blancs d’œuf le soir.

 

CP/Annabel Merlier

CP/Annabel Merlier

CP/Annabel Merlier

CP/Annabel Merlier

Des bobos un peu partout

J’ai des petits bobos un peu partout mais je sais que c’est incontournable quand on s’entraîne de manière intensive. Même avec du repos, le corps est mis à rude épreuve. Chaque jour, pour garder une prise de kimono efficace et solide, je strappe mes doigts et mes articulations qui me font souffrir. J’ai aussi des petites tendinites au coude et au poignet. Je soulage les douleurs avec des huiles essentielles et en appliquant de la glace au moins deux fois par jour. Pour finir sur le chapitre des petits bobos, je crois que je vais devoir faire un tour chez le chiropracteur, comme ils l’appellent ici (notre ostéopathe en France).

« J’ai beaucoup de chance »

Sinon, ça y est c’est officiel, je fais partie de la team « Gracie Humaita » de la grande Leticia Ribeiro! En jujitsu brésilien, il faut avoir un prof ceinture noire qui te suit pour participer aux compétitions internationales. Je lui ai demandé de combattre aux Championnats du monde sous ses couleurs et elle m’a dit oui! Une fierté et un soulagement. Mon coach en France, qui est aussi mon compagnon dans la vie, est ceinture marron donc je ne peux pas combattre officiellement pour mon club de Sète, ma chère « team Prana ». Par contre, j’ai beaucoup de chance car Leticia accepte que je porte le nom des deux clubs sur mon kimono! Notre kimono est notre seule vitrine et celle de notre club!

Sur le kimono d’Annabel, deux patchs aux couleurs du clubs de Leticia Ribeiro et de la « team Prana » de Sète. Sur le patch français, on peux lire en portugais : « pas de miracles sans sacrifices ». CP/ Annabel Merlier

Bien que je m’entraine avec Leticia en ce moment, Julien, mon entraîneur français, est toujours très présent. Chacun de leurs côtés, ils essaient de faire ressortir le meilleur de moi-même. Tous les jours, après chaque entraînement je fais un compte rendu à Julien et nous débriefons. Même à l’autre bout du monde, quelque soit l’heure du jour ou de la nuit, il me conseille. Il m’est indispensable. Il me connaît par cœur, il sait ce qui me fait douter, connait mes qualités et mes défauts, il sait ce que j’ai besoin d’entendre. Son rôle de coach et de conjoint lui donne davantage de crédibilité à mes yeux car il me connais aussi bien sportivement que personnellement. Mes parents me suivent aussi depuis toujours. Ils sont toujours très impliqués dans mes aventures et sont mon réconfort dans les moments difficiles.

« Dans ces moment-là, je suis anéantie »

Loin de toutes ces personnes qui me sont chères, ce n’est pas toujours facile. Il m’arrive d’avoir quelques coups durs. Plusieurs fois par ce voyage je me suis dis que je n’étais pas à la hauteur, pas assez forte, pas assez technique, pas assez efficace. Que je n’assimilais pas assez vite. Dans ces moments-là, je suis complètement anéantie. Mon problème c’est que je veux être la meilleure tout le temps. Si à l’entraînement je fais un mauvais combat, que je me fais malmenée et que je ne vois pas le jour, je remets tout en question. Parfois il faut accepter de ne pas être au top tout le temps. Il y a des jours avec et des jours sans.Il y a aussi des gens plus fort. Il y a tellement de paramètres qui entrent en comptent. La fatigue, elle aussi, influe sur le moral. Heureusement, je suis bien entourée et je rebondis très vite. Mis à part ces petits coups de blues, je me sens progresser et gagner en confiance ainsi qu’en efficacité. Grâce à cette aventure, j’ai de découvert une approche différente de mon sport. J’ai aussi appris sur moi-même. Je me suis surprise à gérer mes efforts et ma récupération beaucoup mieux qu’avant. J’ai découvert des ressources que je ne me soupçonnais pas notamment au niveau mental. C’est très enrichissant et je pense sortir plus forte de cette expérience. »

CP/Annabel Merlier

CP/Annabel Merlier

CP/ Annabel Merlier

CP/ Annabel Merlier

Propos recueillis par Méryll Boulangeat @Meryll_B

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« Elles veulent voir ce que j’ai dans le ventre » : Live your dreams, #Épisode1

Annabel Merlier CP/Copainsdavant

Annabel Merlier
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« Live your dreams ». Plus que le simple tatouage qu’elle arbore, Annabel Merlier a fait de cette phrase sa ligne de conduite. A 30 ans, la petite brune musclée a décidé de se donner les moyens d’atteindre son rêve : Devenir championne du monde de jujitsu brésilien (la compétition aura lieu, aux Etats-Unis, les 1 et 2 novembre prochain). Le jujitsu (ou jiu-jitsu) est un art martial qui découle des MMA (« Mixed Martials Arts » ou « combats libres » en français) et utilise, entre autre, des techniques empruntées au judo. Un sport de combat encore confidentiel en France et pourtant ultra populaire au Brésil (où il est né) et aux Etats-Unis. En France, peu de pratiquants et surtout peu de femmes sur les tatamis. Annabel Merlier, 3ème des derniers championnats d’Europe, s’entraîne, presque exclusivement avec des hommes, à Sète (Hérault), au sein du team Prana. Poussée par son objectif sportif, elle a décidé de franchir le cap et la frontière pour s’entraîner avec une coach brésilienne installée à San Diego, en Californie (USA). Neuf fois championne du monde, Leticia Ribeiro est la grande dame de la discipline. Toutes les meilleures athlètes passent entre ses mains. Poussée par une envie de progresser et un esprit hyper compétitif, Annabel a décidé de se joindre au collectif de « la prof star ». Elle est partie, seule, pendant un mois vivre son rêve. Un aventure en partie possible grâce à Laurent Bodart, le patron de la salle de sport dans laquelle elle est employée, qui lui finance son voyage. Son boss mis à part, la languedocienne d’adoption ne compte qu’un seul sponsor à ses côtés, « Sitec Nutrition » lui fournit vitamines et compléments alimentaires. 

Loin de la France, où quand elle prononce le mot « Jujitsu » ses interlocuteurs froncent les sourcils, elle est partie se fondre dans un univers qui est le sien, au plus près des racines du sport qui rythme sa vie depuis huit ans. A travers cette série, Annabel Merlier nous fait partager, en immersion, son aventure américaine.

Annabel Merlier ravie devant son nouveau centre d'entraînement

Annabel Merlier ravie devant son nouveau centre d’entraînement

« Je suis comme une gamine à Noël! Je peux maintenant vivre mon rêve pleinement et ne penser plus qu’à ça, plus qu’à mon sport! Fini le boulot et les contraintes que j’ai en France, ici je n’ai qu’une chose en tête: Les championnats du monde. Tout est tourné vers cet objectif, je suis ultra motivée !

Après une voyage compliqué et fatiguant je suis arrivée à San Diego, avec deux heures de retard, il y a un peu plus d’une semaine! Pour le moment, je suis hébergée chez le frère d’un ami. Une famille exceptionnelle que je découvre et qui m’a accueilli avec beaucoup de sympathie et de simplicité. Dans la famille, le père, Français, s’est marié avec une Américaine. Ensemble, ils se sont installés en Californie avec leurs deux enfants.

Le week-end m’a laissé le temps de m’adapter au climat et au décalage horaire. Petit à petit, je découvre les lieux. Après ces deux premières journées d’acclimatation sur le sol américain, j’ai pris le chemin de la salle lundi dernier.

C’est parti, mon aventure peut commencer ! Si je suis venue ici, c’est pour pouvoir m’entraîner avec Leticia Ribeiro. C’est une star dans le milieu du jujitsu et par la même occasion, une prof de renom, une des meilleures du monde. Doucement, elle s’occupe de moi. Elle me fait travailler avec son élite féminine, ravie de ma perspective de compétition!

Leticia Ribeiro  CP/Twitter

Leticia Ribeiro
CP/Twitter

Au programme deux entraînements par jour, un le midi et un le soir : En tout trois heures intensives quotidiennement. J’ai été bien reçue. Bien qu’ici tout le monde soit souriant, l’esprit de compétition est très présent. Tout de suite, les filles m’ont testées. Le test est simple : Le premier abord est cordial, gentil, mais dès que l’on commence les exercices pratiques, c’est la guerre ! Elles veulent voir ce que j’ai dans le ventre. Dans ces moments là, il faut savoir rester lucide et trouver le juste milieu pour se faire respecter sans passer pour quelqu’un de prétentieux. Ma technique est donc d’être à fond sans paraître agressive, savoir parfois me laisser faire et même aller jusqu’à perdre de temps à autre. Rester humble et simple. Le test est réussi si à la fin du cours je n’ai pas « bronché » tout en ayant donné le maximum, sans l’intention de me montrer supérieure.

Entre filles il y a toujours une relation de rivalité, une espèce de guerre froide. Ici, je suis sur leur territoire et elles me le font savoir. Mon but n’est pas de prendre leur place, je veux juste progresser à leur contact. Avec, Julien Castanier, mon coach français, on a une expression qui résume ces combats d’entraînements, on dit : « Qu’elles veulent me « désosser » ». C’est un peu brutal comme mot mais, dans l’esprit, c’est la guerre ! Grâce à mon entraîneur je suis préparée à ça.

Annabel Merlier en immersion aux Etats-Unis

Annabel Merlier en immersion aux Etats-Unis

Ici, je reste à ma place et j’apprends. Je sais que certaines filles finiront par me faire confiance. D’autres jamais. C’est comme ça ! J’ai fais mes preuves.

Je ne me suis pas encore complètement adaptée à la chaleur et aux habitudes alimentaires américaines. Ils grignotent après le petit déjeuner et mangent à 17h le repas du soir. J’ai décidé d’aller faire des courses pour reprendre mon rythme avec mes trois repas par jours. Je préfère faire attention car j’ai peur que mon corps me lâche prématurément.

Dans un tout autre registre, petit à petit les courbatures se font ressentir. Des bleus apparaissent et mes doigts commencent à me faire souffrir à cause de la prise du kimono qui est plus intense que ce dont j’ai l’habitude. Malgré tout ça, je vis un rêve éveillé. Ici, ce n’est que du bonheur. »

Méryll Boulangeat @Meryll_B

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