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« Elles veulent voir ce que j’ai dans le ventre » : Live your dreams, #Épisode1

Annabel Merlier CP/Copainsdavant

Annabel Merlier
CP/Copainsdavant

« Live your dreams ». Plus que le simple tatouage qu’elle arbore, Annabel Merlier a fait de cette phrase sa ligne de conduite. A 30 ans, la petite brune musclée a décidé de se donner les moyens d’atteindre son rêve : Devenir championne du monde de jujitsu brésilien (la compétition aura lieu, aux Etats-Unis, les 1 et 2 novembre prochain). Le jujitsu (ou jiu-jitsu) est un art martial qui découle des MMA (« Mixed Martials Arts » ou « combats libres » en français) et utilise, entre autre, des techniques empruntées au judo. Un sport de combat encore confidentiel en France et pourtant ultra populaire au Brésil (où il est né) et aux Etats-Unis. En France, peu de pratiquants et surtout peu de femmes sur les tatamis. Annabel Merlier, 3ème des derniers championnats d’Europe, s’entraîne, presque exclusivement avec des hommes, à Sète (Hérault), au sein du team Prana. Poussée par son objectif sportif, elle a décidé de franchir le cap et la frontière pour s’entraîner avec une coach brésilienne installée à San Diego, en Californie (USA). Neuf fois championne du monde, Leticia Ribeiro est la grande dame de la discipline. Toutes les meilleures athlètes passent entre ses mains. Poussée par une envie de progresser et un esprit hyper compétitif, Annabel a décidé de se joindre au collectif de « la prof star ». Elle est partie, seule, pendant un mois vivre son rêve. Un aventure en partie possible grâce à Laurent Bodart, le patron de la salle de sport dans laquelle elle est employée, qui lui finance son voyage. Son boss mis à part, la languedocienne d’adoption ne compte qu’un seul sponsor à ses côtés, « Sitec Nutrition » lui fournit vitamines et compléments alimentaires. 

Loin de la France, où quand elle prononce le mot « Jujitsu » ses interlocuteurs froncent les sourcils, elle est partie se fondre dans un univers qui est le sien, au plus près des racines du sport qui rythme sa vie depuis huit ans. A travers cette série, Annabel Merlier nous fait partager, en immersion, son aventure américaine.

Annabel Merlier ravie devant son nouveau centre d'entraînement

Annabel Merlier ravie devant son nouveau centre d’entraînement

« Je suis comme une gamine à Noël! Je peux maintenant vivre mon rêve pleinement et ne penser plus qu’à ça, plus qu’à mon sport! Fini le boulot et les contraintes que j’ai en France, ici je n’ai qu’une chose en tête: Les championnats du monde. Tout est tourné vers cet objectif, je suis ultra motivée !

Après une voyage compliqué et fatiguant je suis arrivée à San Diego, avec deux heures de retard, il y a un peu plus d’une semaine! Pour le moment, je suis hébergée chez le frère d’un ami. Une famille exceptionnelle que je découvre et qui m’a accueilli avec beaucoup de sympathie et de simplicité. Dans la famille, le père, Français, s’est marié avec une Américaine. Ensemble, ils se sont installés en Californie avec leurs deux enfants.

Le week-end m’a laissé le temps de m’adapter au climat et au décalage horaire. Petit à petit, je découvre les lieux. Après ces deux premières journées d’acclimatation sur le sol américain, j’ai pris le chemin de la salle lundi dernier.

C’est parti, mon aventure peut commencer ! Si je suis venue ici, c’est pour pouvoir m’entraîner avec Leticia Ribeiro. C’est une star dans le milieu du jujitsu et par la même occasion, une prof de renom, une des meilleures du monde. Doucement, elle s’occupe de moi. Elle me fait travailler avec son élite féminine, ravie de ma perspective de compétition!

Leticia Ribeiro  CP/Twitter

Leticia Ribeiro
CP/Twitter

Au programme deux entraînements par jour, un le midi et un le soir : En tout trois heures intensives quotidiennement. J’ai été bien reçue. Bien qu’ici tout le monde soit souriant, l’esprit de compétition est très présent. Tout de suite, les filles m’ont testées. Le test est simple : Le premier abord est cordial, gentil, mais dès que l’on commence les exercices pratiques, c’est la guerre ! Elles veulent voir ce que j’ai dans le ventre. Dans ces moments là, il faut savoir rester lucide et trouver le juste milieu pour se faire respecter sans passer pour quelqu’un de prétentieux. Ma technique est donc d’être à fond sans paraître agressive, savoir parfois me laisser faire et même aller jusqu’à perdre de temps à autre. Rester humble et simple. Le test est réussi si à la fin du cours je n’ai pas « bronché » tout en ayant donné le maximum, sans l’intention de me montrer supérieure.

Entre filles il y a toujours une relation de rivalité, une espèce de guerre froide. Ici, je suis sur leur territoire et elles me le font savoir. Mon but n’est pas de prendre leur place, je veux juste progresser à leur contact. Avec, Julien Castanier, mon coach français, on a une expression qui résume ces combats d’entraînements, on dit : « Qu’elles veulent me « désosser » ». C’est un peu brutal comme mot mais, dans l’esprit, c’est la guerre ! Grâce à mon entraîneur je suis préparée à ça.

Annabel Merlier en immersion aux Etats-Unis

Annabel Merlier en immersion aux Etats-Unis

Ici, je reste à ma place et j’apprends. Je sais que certaines filles finiront par me faire confiance. D’autres jamais. C’est comme ça ! J’ai fais mes preuves.

Je ne me suis pas encore complètement adaptée à la chaleur et aux habitudes alimentaires américaines. Ils grignotent après le petit déjeuner et mangent à 17h le repas du soir. J’ai décidé d’aller faire des courses pour reprendre mon rythme avec mes trois repas par jours. Je préfère faire attention car j’ai peur que mon corps me lâche prématurément.

Dans un tout autre registre, petit à petit les courbatures se font ressentir. Des bleus apparaissent et mes doigts commencent à me faire souffrir à cause de la prise du kimono qui est plus intense que ce dont j’ai l’habitude. Malgré tout ça, je vis un rêve éveillé. Ici, ce n’est que du bonheur. »

Méryll Boulangeat @Meryll_B

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