Archives de Tag: ambiance

TDF : « Moi, masseur ! Mais pas seulement »

Pendant le Tour de France, Le sport entre les lignes vous fait découvrir les coulisses d’une équipe de cyclisme (Cofidis) en rencontrant plusieurs de ses protagonistes. Cet épisode vous emmène à la rencontre d’un des masseurs de l’équipe : Christophe Hajaer. Présent depuis une vingtaine d’années dans le milieu du cyclisme professionnel, il est assistant sportif chez Cofidis depuis 2003. Titulaire d’une formation massage, confort et bien-être, de nombreux cyclistes professionnels sont déjà passés entre ses mains.

« Sur le Tour de France, l’équipe compte cinq masseurs. Chacun d’entre nous à deux cyclistes attitrés. On s’occupe d’eux pendant toute la grande boucle. Pour un massage il faut compter une heure. Cela peut même aller jusqu’à une heure et demi pendant les journées de repos. Selon l’état de fatigue, les cyclistes sont massés de la tête aux pieds. Bien sur, la priorité ce sont les jambes. Mais les coureurs sont aussi demandeurs au niveau du bas du dos, des paumes des mains et Lire la suite

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Objectif Finisher

« Je ne me suis jamais senti aussi vivant. Je vais devenir un finisher. Je vois l’arche d’arrivée, le speaker dit mon nom, mes potes sautent et gesticulent. Je suis dans un état second, une sorte de plénitude. Je touche le bonheur du doigt ». Ces mots sont ceux du coureur cycliste, Fred Azzolin après avoir bouclé la MB Race, l’an dernier. Avec 140 kilomètres de course et 7000 mètres de dénivelé dans le massif du Mont-Blanc, l’organisation a bien choisi son slogan : Lire la suite

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Trois médailles olympiques, ça change quoi ?

CP/ C.Cattin-OT Val Thorens

CP/ C.Cattin-OT Val Thorens

Une marseillaise pour trois. L’image était belle et presque surréaliste. La performance, historique. C’était à Sotchi, l’hiver dernier. Un podium 100% tricolore aux Jeux Olympiques, du jamais vu. Onze mois plus tard, la planète skicross s’est donnée rendez-vous en France, à Val Thorens, pour la deuxième Coupe du monde d’une saison marquée par le manque de neige. La station savoyarde organise cet événement international pour la troisième année consécutive. L’occasion de faire le bilan et de répondre à cette question : « Trois médailles olympiques, ça change quoi ? ».

Dans l’aire d’arrivée, ils étaient entre 1 500 et 2 000 spectateurs mais ils faisaient du bruit comme si il étaient 10 000. Cloches, tronçonneuse, cris, même le speaker était difficilement compréhensible dans ce brouhaha constant, entretenu par les belles performances des skieurs français. Jamais sur une Coupe du monde de skicross il n’y avait eu Lire la suite

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Le football vu par un sociologue

Pourquoi le football passionne-t-il autant ? Christian Bromberger, sociologue et anthropologue du football, s’est posé la question. Pour lui, le sport au ballon rond est un condensé de la vie. Une sorte de miroir qui reflèterait notre quotidien : « Il y a dans ce sport quelque chose qui renseigne sur la vie. Pour réussir, il faut du mérite, de la solidarité et un fort esprit d’équipe. Et comme dans la vie de tous les jours, le facteur chance joue un rôle important. Il est difficile à maîtriser, inanticipable. » Réussite, échec, chance. Christian Bromberger va plus loin dans le parallèle qu’il fait entre le football et le quotidien. Pour lui, l’arbitrage serait assimilé à la justice. « Une décision crée un débat. Un verdict est discutable. On peut se sentir injustement sanctionné. En sport, une décision peut permettre de relativiser une défaite ou de fêter une victoire. » L’auteur du livre « Le match de football » (Editions de la Maison des sciences et de l’homme, ndlr) met aussi en avant l’intensité ressentie par les supporters : « Un match de foot, c’est une expérience corporelle. Les fans éprouvent des émotions avant, pendant et après la rencontre. Certains, dorment mal la veille, stressent et s’alimentent différemment à l’approche d’un match de leur équipe. Dans les tribunes, leur agitation nerveuse s’exprime par l’expression de la colère, du bonheur ou de la tristesse. Certains transpirent, d’autres ont les jambes coupées, sur certains visages quelques larmes se dévoilent. »

Christian Bromberger, lors d'un conférence donné à l'INSEP

Christian Bromberger, sociologue, lors d’un conférence donnée à l’INSEP en avril 2014

Des émotions qui, selon l’anthropologue, sont petit à petit vouées à disparaître au dépend d’une volonté de diminuer les facteurs  aléatoires dans les rencontres sportives. « Les enjeux financiers sont énormes pour les clubs. Le facteur chance tente donc d’être contrôlé au maximum. » Et plus les clubs sont riches, plus ils ont la possibilité de le faire. Les meilleurs joueurs sont ainsi recrutés dans les meilleures équipes. Les équipes qu’elles rencontrent n’ont souvent pas les armes pour lutter contre l’artillerie lourde proposée par les clubs majeurs. Ainsi, les résultats de ces rencontres sont quasiment annoncés avant même d’êtres jouées. Le suspense sportif en est donc réduit aux grands clubs. Heureusement, le sport restant du sport, quelques surprises voient le jour et une fois de temps en temps David envoie Goliath au tapis.

Pour le sociologue, les avancées technologiques seraient aussi un moyen de pallier au caractère aléatoire des rencontres sportives. « L’arbitrage vidéo met fin à tout débat, alors que la discussion, c’est l’essence même de la vie. Quand une équipe perd, la chute est plus difficile. Plus question de relativiser ou de déplacer la faute. Les joueurs et les spectateurs prennent conscience qu’ils sont les seuls responsables de leur échec. » Plus de gris sur les terrains de football. Désormais il faut choisir son camp : noir ou blanc.

« Paye, assieds toi et tais toi »

Les premières victimes de cette chasse à l’aléatoire, ne sont autres que les supporters. Comment vibrer lorsque l’on va voir un match en en connaissant déjà son issue ? Comment s’identifier à une équipe qui change tous les ans voire tous les six mois ?

Parc des princes Crédit Photo : L'Equipe/Pierre Lahalle

Parc des princes
Crédit Photo : L’Equipe/Pierre Lahalle

Au fil des années, le rôle du spectateur dans le stade a changé. Principale source de revenu dans les années 80, la billetterie représente seulement 1% du budget d’un club aujourd’hui. Insignifiant. Et cela se ressent. Alors que les supporters faisaient partie intégrante de la vie du club, ils en sont aujourd’hui exclus : entraînements fermés, rencontres joueurs-supporters inexistantes… « Le spectateur est dépossédé de sa part de supportarisme, explique Bromberger. Dans un stade tout est sous contrôle. On assiste a une nouvelle politique d’encadrement des supporters : ‘le tout assis’. Ainsi, une nouvelle devise des organisateurs et des clubs a vu le jour : ‘paye, assieds toi et tais toi’. »

« Tais toi ». Il est loin le temps des stades colorés aux sons folkloriques et farfelus. Le temps où l’on entendait des bruits sortis tout droit d’instruments artisanaux, fabriqués avec entrain. Dans les stades, cornemuses, assiettes en cartons, vieilles casseroles, tout était prétexte à se faire entendre. Les répertoires vocaux aussi variés qu’originaux étaient repris en chœur. « Nous entrons dans une forme de transition vers un spectacle aseptisé qui prive le public d’une participation active. C’est comme si on lui supprimait son rôle de douzième homme (statistiquement les équipes gagnent plus à domicile qu’à l’extérieur). Le côté coloré des tribunes est aussi en train de disparaître, la réglementation limite le pouvoir des supporters. Ainsi, en Italie, les banderoles sont interdites dans les stades. »

Parmi les autres grandes mutations observées par Christian Bromberger dans les enceintes footballistiques : la masculinisation des gradins. Les filles se font de plus en plus rares, excepté pendant la Coupe du monde. L’événement sportif le plus regardé au monde fédère les foules. Avec 700 millions de téléspectateurs à travers le monde l’édition brésilienne 2014 a battu tous les records d’audience. Au fil des évolutions, le football ne cesse cependant de cristalliser les foules et de faire rêver.

Méryll Boulangeat @Meryll_B

Propos recueillis à l’occasion de la conférence des Mardis du Master du 8 avril 2014 à l’INSEP.

 

 

 

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Les fous du guidon

Pendant quatre jours la Coupe du monde de VTT a fait étape à Méribel. Retour sur les coulisses de cet évènement international.

La descente : théâtre de toutes les folies, les pilotes pouvant atteindre jusqu’à 75 kms/h sur des terrains accidentés. Pour Morgane Charre, compétitrice chez les dames : « c’est une piste hyper plaisante. Naturelle et variée, elle est à la fois technique avec des parties raides et des zones plus plates et rapides« .

C'est dans le froid et brouillard que les descendeurs ont effectués leurs derniers entraînements

C’est dans le froid et le brouillard que les descendeurs ont effectué leurs derniers entraînements.

 

desc de face

 

saut du haut

Le brouillard n'a pas empêché les courageux de se déplacer pour assister aux épreuves de descente... Un poste d'observation privilégié puisque les spectateurs sont à quelques mètres seulement des pilotes

Le brouillard n’a pas empêché les courageux de se déplacer pour assister aux épreuves de descente… Un poste d’observation privilégié puisque les spectateurs sont à quelques mètres seulement des pilotes et ce sur toute la longueur du parcours.

Les photographes aussi sont aux premières loges, souvent à la limite du contorsionnisme, pour dénicher quelques jolis  clichés !

Les photographes sont aux premières loges, souvent à la limite du contorsionnisme, pour dénicher quelques jolis clichés!

a fond

Partie dans les bois

Partie dans les bois

Tout le long du parcours des bénévoles, munis de leur sifflets, sont chargé d'annoncer l'arrivée des pilotes dans leur zone.

Tout le long du parcours des bénévoles, munis de leur sifflets, sont chargé d’annoncer l’arrivée des pilotes dans leur zone.

Les bois, la partie la plus technique de la piste avec racines et troncs d'arbres à négocier

Les bois, la partie la plus technique de la piste avec des racines et des troncs d’arbres à négocier. Les spectateurs présents, équipés de divers objets bruyants, affichent leur engouement pour la discipline !

Thibaut Ruffin est pilote et team manager. Blessé la veille sur cette piste, il profite de son forfait pour analyser les passages des pilotes. "J'observe sur le bord de la piste et je donne des informations sur les trajectoires, l'état de la piste et autres à mes coéquipiers par téléphone avant qu'ils ne s'élancent. Il n'y a pas une ligne idéale mais de nombreuses options. Pendant les entrainements nous avons sur nos téléphones portables des logiciels qui décortiquent toutes les sections".

Thibaut Ruffin est pilote et team manager. Blessé la veille sur cette piste, il profite de son forfait pour analyser les passages des pilotes. « J’observe sur le bord de la piste et je donne des informations sur les trajectoires, l’état de la piste et autres à mes coéquipiers par téléphone avant qu’ils ne s’élancent. Il n’y a pas une ligne idéale mais de nombreuses options. Pendant les entrainements nous avons sur nos téléphones portables des logiciels qui décortiquent toutes les sections« .

 

 

descente de fou

En fin de parcours, la ligne d'arrivée comme seul horizon, les pilotes se retrouvent dans la partie la plus rapide de la piste.

En fin de parcours, la ligne d’arrivée comme seul horizon, les pilotes se retrouvent dans la partie la plus rapide de la piste.

La ligne d'arrivée

La ligne d’arrivée

La zone presse

La zone presse

Au terme d'une belle compétition, le Français, Loris Vergier, est sacré chez les junior. Il remporte ainsi le classement général de la Coupe du monde à quelques jours des Championnats du monde

Au terme d’une belle compétition, le Français, Loris Vergier, est sacré chez les junior. Il remporte ainsi le classement général de la Coupe du monde à quelques jours des Championnats du monde.

David Magnat, journaliste au Dauphiné Libéré recueille les premières impressions du vainqueur du jour

David Magnat, journaliste au Dauphiné Libéré recueille les premières impressions du vainqueur du jour

 

 

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Ambiance Supercross

Fabien Izoird Crédit photo : Thomas O'brien

Fabien Izoird
Crédit photo : Thomas O’brien

Il faut prendre un petit un chemin de terre cabossé pour arriver sur les lieux. Mais c’est une fois la voiture garée et la petite butte grimpée que le circuit de Supercross de St Thibéry (Hérault) se dévoile. Samedi 9 aout, le terrain languedocien y accueillait une manche des Championnats de France. Le circuit en plein air, monté de toutes pièces pour l’événement, « fait partie des plus grosses pistes de Supercross en France », selon Joël Carrier, le président du club de St Thibéry. « Nous avons travaillé sur la piste en collaboration avec le traceur officiel des Championnats de France pendant environ cinq mois. C’est un gros travail de préparation. Nous avons enlevé une bosse de près de 4 500 tonnes avec des pelles mécaniques pour élargir la piste. Plus la piste est large, plus il y a de la bagarre. »

Le circuit de St Thibéry

Le circuit de St Thibéry

Une piste plus large mais aussi plus rythmée que les années précédente comme le souligne le favori de l’épreuve reine (SX one), Fabien Izoird : « la piste est longue et il faut savoir jongler entre vitesse et efficacité. Il y a une partie très rapide où les sauts sont très espacés. On arrive ensuite sur une partie plus rythmée et plus physique. Il faut savoir se reposer au bon moment pour attaquer intelligemment. »

Fabien Izoird

Fabien Izoird

Après sa demi-finale remportée, Fabien Izoird, local de l’étape et leader du classement, retourne du côté du paddock, lieu de vie des pilotes et de leurs teams. Les techniciens bichonnent les motos pendant que les pilotes se ressourcent en vue de la finale. Le paddock prend alors des airs de camping-car sauvage : « la plupart des pilotes arrivent avec leur camping-car et il y a aussi les camions et les remorques des teams pour transporter tout le matériel, décrypte Mr Carrier. Nous mettons à leur disposition l’eau et l’électricité, pour qu’ils s’y sentent bien ». Un confort supplémentaire pour ces sportifs nomades : « J’ai la chance de me déplacer avec mon camping-car, sourit Izoird. Il y a tout le confort nécessaire, c’est une mini-maison roulante qui nécessite beaucoup d’entretien ».

Le paddock, lieu de vie des teams

Le paddock, lieu de vie des teams

La moto de Fabien Izoird avant les phases finales

La moto de Fabien Izoird avant les phases finales

4 500 personnes ont fait le déplacement pour voir l’événement nocturne. Public de néophytes et de connaisseurs se partagent les pelouses en amont du parcours. Plus qu’une compétition, c’est un véritable show qui leur est offert. Entre les manches, pompom girl et démonstrations de Freestyle sont à l’honneur.

La présentation des pilotes, escortés par les pompom girls, fait partie du show.

La présentation des pilotes, escortés par les pompom girls, fait partie du show.

Il est déjà une heure avancée dans la soirée lorsque les pilotes se présentent sur la grille de départ pour la finale. Ils sont 16 à en découdre pour une place sur le podium minimum. « Lorsque je suis sur la grille, je pense à ma position de départ, explique Izoird le métronome. Quand je vois le panneau qui annonce 15 secondes puis 5 secondes, je suis hyper concentré. Sur cette piste le départ est très court, c’est important de bien partir pour ne pas se faire serrer dès le premier virage. Après si tu es devant c’est plus facile, c’est toi qui imposes ton rythme aux autres. »

Fabien Izoird Crédit photo : Thomas O'brien

Fabien Izoird
Crédit photo : Thomas O’brien

La course est lancée. Izoird voit ses concurrents lui filer sous le nez : « j’ai fait une erreur au départ, ma moto à calé. J’ai mis du temps à la redémarrer ». Parti en dernière position, poussé par le public, il remonte un à un les concurrents pour échouer à la troisième place. Une performance saluée par les spectateurs bien que le chouchou du public ne termine pas à la place espérée. « C’est ma pire place de la saison mais j’ai sauvé les meubles. A domicile, j’espérais un peu mieux. J’ai laissé beaucoup d’énergie à remonter sur la tête de la course. La piste était glissante, ce n’était pas facile de doubler. »

La compétition terminée, le dernier show Freestyle prend le relais, histoire de finir sur une touche de légèreté. Petit à petit le public quitte les lieux laissant sur place les pilotes et les 130 bénévoles présents.

Méryll Boulangeat @Meryll_B

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Les chevaliers de la tintaine

« On nous appelle les chevaliers de la tintaine », raconte fièrement Jean-Louis Montels. Il fait partie des meilleurs jouteurs languedociens de sa génération. La joute Languedocienne ? Explications : deux bateaux se croisent face à face. Sur l’arrière de chaque barque, un plancher (alias une tintaine) qui sert de promontoires aux jouteurs engagés. Des jouteurs semi-équilibristes, munis d’un pavois (sorte de bouclier) et d’une lance. La règle de base est simple : faire tomber son adversaire à l’eau.

Les joutes languedociennes sont les seules à utiliser des rameurs pour faire avancer les barques

Les joutes languedociennes sont les seules à utiliser des rameurs pour faire avancer leurs barques

Dimanche 3 aout se déroulait à Agde (Hérault) une des compétitions les plus importante de l’été pour les jouteurs : Le Trophée du Languedoc, 94ème du nom. Un Trophée chargé d’histoire.

Le défilé dans la ville annonce le tournoi

Le défilé dans la ville annonce le tournoi

Comme à l’époque, tout commence par un défilé dans la ville. La parade annonce le tournoi. En tête de cortège, les musiciens. Ce sont ensuite les agathoises, vêtues de leurs vêtements d’antan en dentelles, qui ouvrent le bal encerclées par les jouteurs en habits traditionnels : pantalon, chemises et chaussettes blanches. Les jouteurs du jour se distinguent par leur tee-shirt marin visible sous la chemise blanche de rigueur. « Ils défilent en rayé », commente un jouteur d’une autre catégorie.

Les musiciens se préparent à défiler

Les musiciens se préparent à défiler

Les agathoises dans leurs habits d'époque

Les agathoises dans leurs habits d’époque

Une fois sur le canal, le protocole continue : les jouteurs sont appelés un par un pour prendre place sur les barques. Une minute de silence est demandée en l’honneur des champions disparus. Les musiciens qui sont sur la barque sonnent la charge : le tournoi est officiellement lancé.

barque rouge

Les passes (combats) se succèdent. Des hommes tombent à l’eau, d’autres se qualifient pour la suite de la compétition. Arrive Jean-Louis Montels, un de favoris de la ville. Perdant malheureux sur le tournoi précédent, il est décidé à en découdre. « La concentration commence sur le bord du quai, raconte-il. Je regarde les passes de joute pour percevoir les défauts des adversaires par rapport à leur position. Je me concentre aussi sur les barques. Comment elles arrivent, comment est le courant. Je repère les distances. Je ne me concentre que sur des éléments techniques. Quand je quitte le quai pour rejoindre les bateaux, je rentre dans le tournoi. Une bulle se forme autour de moi. Plus je monte sur le plancher et plus je suis concentré. Dans ma tête c’est le vide. Même mon visage change, il se ferme. » Après avoir jeté deux hommes à l’eau, il n’en reste plus qu’un pour que Jean-Louis se qualifie. Il faudra plusieurs tentatives pour départager les deux hommes.

Le public

Le public

L’ambiance au sein du public monte d’un cran : « les encouragements, je ne les entends pas, confie Jean-Louis. Je ne suis concentré que sur l’adversaire jusqu’à ce que la passe soit terminée ». C’est finalement à la suite d’une faute que Jean-Louis se fera éliminer. Un résultat difficile à encaisser pour celui qui « joute à la maison ».

Un jouteur tombe à l'eau

Un jouteur tombe à l’eau

Le tournoi ne s’arrête pas pour autant. Les duels se succèdent jusqu’à la finale et la consécration du vainqueur du jour. Une ultime épreuve l’attend, toujours dans la plus pure tradition. Le gagnant se voit remettre son trophée : une statue de 45 kilos pour 50 cm de haut qu’il doit porter sur l’épaule jusqu’au cœur de ville où l’attend une remise des prix et une réception festive. « C’est un sport qui allie folklore et esprit de compétition. C’est ce qui me plaît », raconte Thibaut Cognos, également jouteur à Agde.

L’ambiance festive fait partie de l’ADN des joutes. Après chaque entrainement et compétitions, apéro et barbecue sont de rigueur, et les querelles de jouteurs restent, elles, sur les barques.

Méryll Boulangeat @Meryll_B

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Vague verte à Paris

Marathon de Paris 2014

Marathon de Paris 2014

Sur les Champs-Elysées, en ce début d’après-midi, des hommes et des femmes vêtus de ponchos verts, se mêlent aux promeneurs du dimanche. A droite, à gauche, devant, derrière, ils sont partout, à l’image d’une tribu.  La plupart d’entre eux boitent, grimacent. Ils vont dans des directions différentes. Plus tard, ils s’engouffreront dans des bouches de métro pour en ressortir aux quatre coins de Paris. Pour comprendre ce phénomène, il faut les observer un moment pour finir par voir qu’ils arrivent tous du même endroit. En approchant de l’avenue Foch, les hommes et les femmes en vert se font de plus en plus nombreux. On peut lire sur leur coupe-vent : « Marathon de Paris ». Le mystère est levé.

Les hommes en verts sur les Champs-Élysées

Vague verte sur les Champs-Élysées

Ils étaient 42 000 coureurs à prendre le départ de la 38ème édition. 42, 195 kilomètres de course à pied à travers la capitale française. Cette aventure est l’occasion pour certains coureurs d’afficher (via un tee-shirt, une pancarte ou un autocollant) leur soutient à une cause (combat contre le cancer, leucémie, maladies cardiovasculaires…). D’autres, comme Bruno, défendent une cause plus personnelle. Les 42 kilomètres, il les a couru avec une pancarte adressée à sa bien-aimée : « Sandra je t’aime. Epouse-moi ! ». Le caractère sportif n’était pas suffisant pour certains, ils ont ajouté du piment à leur performance. Ainsi, il a fallu 6 h 32 à un rhinocéros pour arriver au bout du parcours. Sur sa route, il a croisé, entre autres : Un Superman, une grosse tasse à café et un Super Mario. Difficile, en effet, de se retrouver seul pendant la course. Il y a des sportifs partout, comme si le peloton était infini. Du monde, des routes barrées, des supporters massés sur les bas-côtés mais aussi de la musique. Les groupes, les troupes et les artistes se succèdent. Les coureurs passent d’un univers musical à un autre. Djembé, trompette, guitare, tambours.  Les pas se succèdent, les rythmes aussi.

Groupe de musiciens dans le bois de Vincennes

Groupe de musiciens dans le bois de Vincennes

Des musiciens dans les rues parisiennes

Des musiciens dans les rues parisiennes

Quand l’effort se fait difficile, la musique ne suffit plus à apaiser les corps fatigués. C’est là qu’interviennent les stands de ravitaillement. Dispersés le long du parcours, de généreux bénévoles offrent bananes, oranges et bouteilles d’eau aux sportifs transpirants. Des mets qu’ils ont préparés : Couper les bananes, diviser les oranges en quartiers, déboucher les bouteilles. Depuis 6 h 30 du matin, ils sont au garde-à-vous, prêt à distribuer les victuailles. L’estomac rassasié et les corps réhydratés, les coureurs jettent leurs déchets dans des grosses poubelles, transformées en cibles pour l’occasion, sur lesquels on peut lire « Je cours, je bois, je trie ». Plusieurs fois dans la journée, un camion benne passe les vider. Lorsque ces grosses poubelles sont manquantes, les coureurs laissent tomber leurs bouteilles vides par terre. Une nouvelle mélodie se mêle alors à la fête : Celle des pas écrasant les bouteilles en plastiques.

Les bénévoles pendant le ravitaillement

Les bénévoles pendant le ravitaillement

Container sur le bord de la route pour jeter les bouteilles vides

Une « poubelle-cible » sur le bord de la route pour jeter les bouteilles vides

Les coureurs au milieu des bouteilles en plastique vides

Les coureurs au milieu des bouteilles en plastique vides

Les spectateurs sont massés le long du parcours. Perchée sur les bords de la Seine, une jeune femme d’une trentaine d’année encourage les sportifs en contre bas: « allez les gars, vous êtes des stars ! ». Pancartes et banderoles en main, les supporters sont venus nombreux soutenir leurs proches. Un slogan résonne en boucle : « allez papa ! ».

 

les supporters encouragent les coureurs en contre-bas

les supporters encouragent les coureurs en contre-bas

Un supporter

Un supporter

Un pompier utilise les grands moyens pour rafraîchir les participants

Les kilomètres avancent, la fatigue se fait sentir. Sur le bord de la route des compétiteurs se sont arrêtés. Ils s’étirent ou se mettent de l’eau sur les articulations douloureuses. Quelques kilomètres plus tard, ils sont allongés, seuls ou accompagnés du SAMU. Ils évaluent les possibilités de continuer la course, d’atteindre leur objectif. Puis l’arrivée se distingue, les cris, les bruits sont plus intense. La ligne franchie, les hommes et les femmes reçoivent une médaille et un poncho…vert ! Dans l’aire d’arrivée, embrassades et félicitations. Difficile de distinguer qui des proches ou des coureurs sont les plus fiers !

Les pompom girl accueillent les marathoniens à l'arrivée

Les pompom girl accueillent les marathoniens à l’arrivée

Sur les berges de la Seine

Sur les berges de la Seine

Les supporters encouragent les coureurs qui passent sous le pont

Les supporters encouragent les coureurs qui passent sous le pont

 

Méryll Boulangeat

@Meryll_B

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