Archives de Catégorie: Sport de combat

« J’ai gagné ! » : Live your dreams, #Épisode4

Après un mois d’entraînement sur les terres américaines, Annabel Merlier a participé à ses premiers Championnats du monde de Jujitsu Brésilien. Déjà sacrée aux derniers Championnats d’Europe, elle a remporté en Californie, le week-end dernier, le titre ultime, celui qui habitait ses espoirs les plus profonds. À 30 ans, Annabel est allée au bout de son rêve. Elle raconte sa journée, ses sensations, ses émotions et évoque le futur. Plus que jamais, elle arbore fièrement ce tatouage, symbole de l’aventure qui l’a conduite sur la plus haute marche du podium, sur lequel est inscrit : « Live your dreams » (Vis tes rêves, ndlr).

Les larmes d'Annabel Merlier, fraîchement sacrée Championne du monde de JJB

Les larmes d’Annabel Merlier, fraîchement sacrée Championne du monde de JJB

« Ça y est je suis Championne du monde! Après cette longue et difficile préparation j’ai obtenu la meilleure des récompenses ! Je suis tellement heureuse d’avoir décroché cette médaille tant désirée ! Je suis encore toute euphorique, et ce n’est que le début. Je rentre vendredi (le 7 novembre, ndlr) en France et je suis très impatiente de pouvoir fêter ça, d’abord avec mon chéri, puis avec les personnes de mon club, puis sur mon lieu de travail et enfin dans le nord avec ma famille ! Ma journée a commencé tôt. J’ai été matinale pour prendre le temps de m’attacher les cheveux et préparer mon sac. Dans la voiture, écouteurs sur les oreilles, je me concentre, je pense à la compétition. Une fois sur place, je vais me faire peser. Je suis dans la catégorie ceinture bleue, on l’appelle aussi la catégorie feather, pour faire simple, cela veut dire moins de 58,5 kg en kimono. Après la pesée, je peux grignoter quelque chose avant le premier combat.

Leticia Ribeiro, ma prof américaine n’a pas pu venir. Maxine, une des filles avec qui je me suis entraînée, l’a remplacée. J’avais aussi un précieux soutien depuis la France. Par téléphone, Julien, mon coach et compagnon dans la vie, a été très présent. J’avais la chance de pouvoir écouter ses conseils avisés avant et après chaque combat. Sur place, Maxine a pris son rôle très au sérieux. Quand je l’ai vu arriver, la pression est montée d’un cran. Je savais que l’heure du premier combat était arrivée. Enfin, j’étais là. Prête à monter sur ce tatami mondial, celui dont j’avais tant rêvé, pour lequel je me suis tant entraînée. Le premier combat est le plus difficile car éliminatoire. J’étais très tendue. Je ne voulais pas repartir les mains vides après quelques minutes de compétition seulement. Il faut assurer dès le début. Etre prête psychologiquement dès les premières secondes et bien échauffée. J’étais confiante mais attentive. On ne sait jamais ce que cachent les adversaires. Les apparences peuvent être trompeuse donc il faut rester concentrée quoiqu’il arrive. Il y a beaucoup de bruit, la salle est immense et remplie. L’ambiance est incroyable. Je ressens des ondes positives. Le bruit et les cris m’aident à entrer dans la compétition et me transportent. Je gagne mon premier combat 13 à 0 et le 2ème, qualificatif pour la finale, 10 à 0. La médaille est assurée. À moi d’en déterminer la couleur. Je sais que la fille en face est très puissance et qu’elle a la rage. L’année dernière elle était déjà montée sur le podium. C’est une cliente sérieuse qui n’est pas la par hasard. Je reste lucide et je me dis que je ne suis pas là par hasard non plus. Julien et Maxine me le rappellent aussi. Je suis prête. L’or est à ma portée. J’oublie tout, la fatigue, la douleur et me prépare à faire mon dernier combat de ces Championnats du monde. Le duel est intense. Jusqu’à la dernière seconde, tout peut basculer.

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Annabel Merlier

Nous avons terminé sur le score de quatre partout mais j’ai marqué un avantage qui m’a donné la victoire. Quand le temps de combat s’est écoulé, avant même que les juges annoncent ma victoire, des larmes ont commencé monter. J’ai eu envie de hurler et je l’ai fait! Je suis tombée dans les bras de Maxine et de ma famille américaine. J’ai pleuré. Un sentiment de liberté m’a traversé, toute la pression de ces derniers mois est retombée, laissant place à un autre sentiment : celui de la fierté du travail accomplie.

Les larmes de joie d'Annabel Merlier quand le juge annonce sa victoire

Les larmes de joie d’Annabel Merlier quand le juge annonce sa victoire

Annabel Merlier avec sa coach du jour, Maxine

Annabel Merlier avec sa coach du jour, Maxine

J’ai profité du podium. Sur la plus haute marche, je me suis refait le film de tous les moments passés pour en arriver là. Je suis fière du travail que j’ai réalisé avec Julien. C’est vraiment la plus belle et la plus difficile compétition que j’ai faite jusque-là. Une expérience incroyable que je n’aurais jamais pu réaliser sans le soutien de mes proches, mes amis et ma famille américaine. Sans eux, je n’y serais pas arrivée.

Le podium

Le podium

Les résultats finaux

Les résultats finaux

Cette victoire me donne envie d’aller encore plus haut et encore plus loin. A mon retour en France je vais recevoir la ceinture violette. Il faudra tout recommencer mais un cran au-dessus. On se prépare déjà pour les Championnats d’Europe de Lisbonne, fin janvier. J’aimerai y décrocher un titre. Je rêve des plus beaux titres et des plus belles médailles avec toutes les ceintures. La seule petite différence est qu’à l’avenir, Julien sera aussi du voyage. Ensemble, nous reviendrons surement au sein de l’équipe de Leticia Ribeiro mais le projet ultime reste de pouvoir combattre sous les couleurs de la Team Prana, notre chère équipe Française de Sète. »

Annabel Merlier, sa famille américaine et Maxine

Annabel Merlier, sa famille américaine et Maxine

Propos recueillis par Méryll Boulangeat @Meryll_B

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« Demain c'est la guerre ! » : Live your dreams, #Épisode3

Après un mois d’entraînement passé aux Etats-Unis, aux côtés des meilleurs, Annabel Merlier disputera, demain, les Championnats du monde de jujitsu Brésilien, son rêve.

Annabel Merlier CP/Copainsdavant

Annabel Merlier
CP/Copainsdavant

« Demain, c’est le grand jour. Celui pour lequel je suis venue aux Etats-Unis. La finalité d’un mois de voyage entre entraînements, doutes, joies, rencontres, courbatures et progrès. Je combas à partir de 10 heures ( 19 heures en France, avec le décalage horaire).

Annabel Merlier à l'entraînement  CP/ Annabel Merlier

Annabel Merlier à l’entraînement aux USA
CP/ Annabel Merlier

Je suis prête mais hyper stressée. Je sais que je suis prête mais il y a toujours un petit doute qui subsiste. C’est normal. La gestion du stress sera vraiment importante. Certains sportifs sont transcendés par ce sentiment. D’autres perdent tous leurs moyens. Je ne suis dans aucun extrême mais je sais que si je gère mal, je peux basculer dans le mauvais stress, celui qui me fait perdre mes moyens. D’un autre côté, j’ai confiance en mon physique, le reste se jouera à l’instant T. J’essaie d’être positive, je me dis que j’ai fait ce que j’avais à faire, que je n’aurais pas de regrets de ce côté là. Maintenant il faut que je mette les bonnes choses en place au bon moment.

Annabel Merlier à l'entraînement  CP/ Annabel Merlier

Annabel Merlier à l’entraînement aux USA
CP/ Annabel Merlier

Je suis impatiente. J’ai hâte d’être demain pour faire mes preuves, montrer ce que je vaux. Je vais faire en sorte que tout ça, tous les efforts et les sacrifices que j’ai fait soient récompensés. Autant pour moi que pour les gens qui m’entourent. Je veux vraiment leur faire ce cadeau car c’est aussi grâce eux que je suis ici aujourd’hui. Plus qu’une journée avant le grand jour. Une journée longue, une journée de repos. Il faut que je trouve de quoi m’occuper au maximum. Et puis, demain c’est la guerre! »

Annabel et son entraîneur français, Julien Catagnier, à Sète.  CP/ Annabel Merlier

Annabel et son entraîneur français, Julien Catagnier, à Sète.
CP/ Annabel Merlier

Propos recueillis par Méryll Boulangeat @Meryll_B

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« Il y a des jours avec et des jours sans » : Live your dreams, #Épisode2

« Live your dreams » (Vis tes rêves, ndlr). Une phrase, un proverbe qu’Annabel Merlier a décidé de se faire tatouer comme pour ne jamais trahir l’état d’esprit qui l’anime. Un état d’esprit qu’elle a mis en pratique en partant peaufiner son entraînement, de l’autre côté de l’atlantique, en Californie, en vue des championnats du monde de Jujitsu Brésilien. Depuis 8 ans, le Jujitsu Brésilien rythme sa vie. Troisième des derniers championnats d’Europe, elle participera les 1 et 2 novembre prochains à ses premiers championnats du monde qui se dérouleront aux Etats-Unis. Pendant un mois, elle a quitté son club de Sète (Hérault) pour rejoindre les rangs de Leticia Ribeiro, la grande prêtresse du Jujitsu Brésilien. En immersion totale, au plus près des racines de son sport,  Annabel nous fait partager son expérience, son rêve américain à elle. 

Annabel et sa coach américaine Leticia Ribeiro. CP/ Annabel Merlier

Annabel et sa coach américaine Leticia Ribeiro.
CP/ Annabel Merlier

« Je suis à la moitié de mon voyage et je sens la fin de ma préparation arriver. La compétition approche. Et à compétition exceptionnelle, programme exceptionnel : Cette semaine est la dernière où je vais me donner à 1000% pendant les entraînements. A partir de la semaine prochaine, je vais lever le pied pour garder de la fraîcheur en vue des Championnats du monde. La pression monte petit à petit. Le point positif est que j’ai bien géré mon alimentation. Je n’ai pas de poids à perdre. J’ai fait attention : très peu d’extra et beaucoup de qualitatif. Muesli et fruits pressés le matin, poisson (ou blanc de poulet grillé) et riz complet (ou pâtes complètes) avec légumes le midi, et salade mixte avec deux blancs d’œuf le soir.

 

CP/Annabel Merlier

CP/Annabel Merlier

CP/Annabel Merlier

CP/Annabel Merlier

Des bobos un peu partout

J’ai des petits bobos un peu partout mais je sais que c’est incontournable quand on s’entraîne de manière intensive. Même avec du repos, le corps est mis à rude épreuve. Chaque jour, pour garder une prise de kimono efficace et solide, je strappe mes doigts et mes articulations qui me font souffrir. J’ai aussi des petites tendinites au coude et au poignet. Je soulage les douleurs avec des huiles essentielles et en appliquant de la glace au moins deux fois par jour. Pour finir sur le chapitre des petits bobos, je crois que je vais devoir faire un tour chez le chiropracteur, comme ils l’appellent ici (notre ostéopathe en France).

« J’ai beaucoup de chance »

Sinon, ça y est c’est officiel, je fais partie de la team « Gracie Humaita » de la grande Leticia Ribeiro! En jujitsu brésilien, il faut avoir un prof ceinture noire qui te suit pour participer aux compétitions internationales. Je lui ai demandé de combattre aux Championnats du monde sous ses couleurs et elle m’a dit oui! Une fierté et un soulagement. Mon coach en France, qui est aussi mon compagnon dans la vie, est ceinture marron donc je ne peux pas combattre officiellement pour mon club de Sète, ma chère « team Prana ». Par contre, j’ai beaucoup de chance car Leticia accepte que je porte le nom des deux clubs sur mon kimono! Notre kimono est notre seule vitrine et celle de notre club!

Sur le kimono d’Annabel, deux patchs aux couleurs du clubs de Leticia Ribeiro et de la « team Prana » de Sète. Sur le patch français, on peux lire en portugais : « pas de miracles sans sacrifices ». CP/ Annabel Merlier

Bien que je m’entraine avec Leticia en ce moment, Julien, mon entraîneur français, est toujours très présent. Chacun de leurs côtés, ils essaient de faire ressortir le meilleur de moi-même. Tous les jours, après chaque entraînement je fais un compte rendu à Julien et nous débriefons. Même à l’autre bout du monde, quelque soit l’heure du jour ou de la nuit, il me conseille. Il m’est indispensable. Il me connaît par cœur, il sait ce qui me fait douter, connait mes qualités et mes défauts, il sait ce que j’ai besoin d’entendre. Son rôle de coach et de conjoint lui donne davantage de crédibilité à mes yeux car il me connais aussi bien sportivement que personnellement. Mes parents me suivent aussi depuis toujours. Ils sont toujours très impliqués dans mes aventures et sont mon réconfort dans les moments difficiles.

« Dans ces moment-là, je suis anéantie »

Loin de toutes ces personnes qui me sont chères, ce n’est pas toujours facile. Il m’arrive d’avoir quelques coups durs. Plusieurs fois par ce voyage je me suis dis que je n’étais pas à la hauteur, pas assez forte, pas assez technique, pas assez efficace. Que je n’assimilais pas assez vite. Dans ces moments-là, je suis complètement anéantie. Mon problème c’est que je veux être la meilleure tout le temps. Si à l’entraînement je fais un mauvais combat, que je me fais malmenée et que je ne vois pas le jour, je remets tout en question. Parfois il faut accepter de ne pas être au top tout le temps. Il y a des jours avec et des jours sans.Il y a aussi des gens plus fort. Il y a tellement de paramètres qui entrent en comptent. La fatigue, elle aussi, influe sur le moral. Heureusement, je suis bien entourée et je rebondis très vite. Mis à part ces petits coups de blues, je me sens progresser et gagner en confiance ainsi qu’en efficacité. Grâce à cette aventure, j’ai de découvert une approche différente de mon sport. J’ai aussi appris sur moi-même. Je me suis surprise à gérer mes efforts et ma récupération beaucoup mieux qu’avant. J’ai découvert des ressources que je ne me soupçonnais pas notamment au niveau mental. C’est très enrichissant et je pense sortir plus forte de cette expérience. »

CP/Annabel Merlier

CP/Annabel Merlier

CP/ Annabel Merlier

CP/ Annabel Merlier

Propos recueillis par Méryll Boulangeat @Meryll_B

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« Elles veulent voir ce que j’ai dans le ventre » : Live your dreams, #Épisode1

Annabel Merlier CP/Copainsdavant

Annabel Merlier
CP/Copainsdavant

« Live your dreams ». Plus que le simple tatouage qu’elle arbore, Annabel Merlier a fait de cette phrase sa ligne de conduite. A 30 ans, la petite brune musclée a décidé de se donner les moyens d’atteindre son rêve : Devenir championne du monde de jujitsu brésilien (la compétition aura lieu, aux Etats-Unis, les 1 et 2 novembre prochain). Le jujitsu (ou jiu-jitsu) est un art martial qui découle des MMA (« Mixed Martials Arts » ou « combats libres » en français) et utilise, entre autre, des techniques empruntées au judo. Un sport de combat encore confidentiel en France et pourtant ultra populaire au Brésil (où il est né) et aux Etats-Unis. En France, peu de pratiquants et surtout peu de femmes sur les tatamis. Annabel Merlier, 3ème des derniers championnats d’Europe, s’entraîne, presque exclusivement avec des hommes, à Sète (Hérault), au sein du team Prana. Poussée par son objectif sportif, elle a décidé de franchir le cap et la frontière pour s’entraîner avec une coach brésilienne installée à San Diego, en Californie (USA). Neuf fois championne du monde, Leticia Ribeiro est la grande dame de la discipline. Toutes les meilleures athlètes passent entre ses mains. Poussée par une envie de progresser et un esprit hyper compétitif, Annabel a décidé de se joindre au collectif de « la prof star ». Elle est partie, seule, pendant un mois vivre son rêve. Un aventure en partie possible grâce à Laurent Bodart, le patron de la salle de sport dans laquelle elle est employée, qui lui finance son voyage. Son boss mis à part, la languedocienne d’adoption ne compte qu’un seul sponsor à ses côtés, « Sitec Nutrition » lui fournit vitamines et compléments alimentaires. 

Loin de la France, où quand elle prononce le mot « Jujitsu » ses interlocuteurs froncent les sourcils, elle est partie se fondre dans un univers qui est le sien, au plus près des racines du sport qui rythme sa vie depuis huit ans. A travers cette série, Annabel Merlier nous fait partager, en immersion, son aventure américaine.

Annabel Merlier ravie devant son nouveau centre d'entraînement

Annabel Merlier ravie devant son nouveau centre d’entraînement

« Je suis comme une gamine à Noël! Je peux maintenant vivre mon rêve pleinement et ne penser plus qu’à ça, plus qu’à mon sport! Fini le boulot et les contraintes que j’ai en France, ici je n’ai qu’une chose en tête: Les championnats du monde. Tout est tourné vers cet objectif, je suis ultra motivée !

Après une voyage compliqué et fatiguant je suis arrivée à San Diego, avec deux heures de retard, il y a un peu plus d’une semaine! Pour le moment, je suis hébergée chez le frère d’un ami. Une famille exceptionnelle que je découvre et qui m’a accueilli avec beaucoup de sympathie et de simplicité. Dans la famille, le père, Français, s’est marié avec une Américaine. Ensemble, ils se sont installés en Californie avec leurs deux enfants.

Le week-end m’a laissé le temps de m’adapter au climat et au décalage horaire. Petit à petit, je découvre les lieux. Après ces deux premières journées d’acclimatation sur le sol américain, j’ai pris le chemin de la salle lundi dernier.

C’est parti, mon aventure peut commencer ! Si je suis venue ici, c’est pour pouvoir m’entraîner avec Leticia Ribeiro. C’est une star dans le milieu du jujitsu et par la même occasion, une prof de renom, une des meilleures du monde. Doucement, elle s’occupe de moi. Elle me fait travailler avec son élite féminine, ravie de ma perspective de compétition!

Leticia Ribeiro  CP/Twitter

Leticia Ribeiro
CP/Twitter

Au programme deux entraînements par jour, un le midi et un le soir : En tout trois heures intensives quotidiennement. J’ai été bien reçue. Bien qu’ici tout le monde soit souriant, l’esprit de compétition est très présent. Tout de suite, les filles m’ont testées. Le test est simple : Le premier abord est cordial, gentil, mais dès que l’on commence les exercices pratiques, c’est la guerre ! Elles veulent voir ce que j’ai dans le ventre. Dans ces moments là, il faut savoir rester lucide et trouver le juste milieu pour se faire respecter sans passer pour quelqu’un de prétentieux. Ma technique est donc d’être à fond sans paraître agressive, savoir parfois me laisser faire et même aller jusqu’à perdre de temps à autre. Rester humble et simple. Le test est réussi si à la fin du cours je n’ai pas « bronché » tout en ayant donné le maximum, sans l’intention de me montrer supérieure.

Entre filles il y a toujours une relation de rivalité, une espèce de guerre froide. Ici, je suis sur leur territoire et elles me le font savoir. Mon but n’est pas de prendre leur place, je veux juste progresser à leur contact. Avec, Julien Castanier, mon coach français, on a une expression qui résume ces combats d’entraînements, on dit : « Qu’elles veulent me « désosser » ». C’est un peu brutal comme mot mais, dans l’esprit, c’est la guerre ! Grâce à mon entraîneur je suis préparée à ça.

Annabel Merlier en immersion aux Etats-Unis

Annabel Merlier en immersion aux Etats-Unis

Ici, je reste à ma place et j’apprends. Je sais que certaines filles finiront par me faire confiance. D’autres jamais. C’est comme ça ! J’ai fais mes preuves.

Je ne me suis pas encore complètement adaptée à la chaleur et aux habitudes alimentaires américaines. Ils grignotent après le petit déjeuner et mangent à 17h le repas du soir. J’ai décidé d’aller faire des courses pour reprendre mon rythme avec mes trois repas par jours. Je préfère faire attention car j’ai peur que mon corps me lâche prématurément.

Dans un tout autre registre, petit à petit les courbatures se font ressentir. Des bleus apparaissent et mes doigts commencent à me faire souffrir à cause de la prise du kimono qui est plus intense que ce dont j’ai l’habitude. Malgré tout ça, je vis un rêve éveillé. Ici, ce n’est que du bonheur. »

Méryll Boulangeat @Meryll_B

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Marcus Gévia (Boxe anglaise) : Dans mon sac de sport #2

Vous allez découvrir au fil du temps une série de photographies qui mettent en lumière les espoirs français de Rio sous un angle…différent ! Les sportifs se mettent à nu en nous dévoilant l’intérieur de leur sac de sport. Objet banal en soi, son contenu peut révéler bien des surprises sur son ou sa propriétaire, en fonction de sa discipline et de sa personnalité. Dans la construction de sa performance, l’athlète a un rituel de préparation qui lui est propre. Les objets, font partie intégrante de ce rituel. Des petits trésors, des petites histoires qui pour la première fois sont partagés.

A 19 ans, Marcus Gévia est déjà triple champion de France de boxe anglaise. Membre de l’équipe de France, il participait ce week-end aux championnats du monde universitaires, en Russie,  où il a décroché la médaille d’argent. Un titre mondial qui s’ajoute au palmarès du jeune Réunionnais. Une marche de plus vers son ultime rêve : Rio 2016. D’ici là, il nous a offert la possibilité de s’immiscer dans son sac de sport.

Marcus_Fotor

Dans le sac de sport de Marcus Gévia : Gants, casque, coquille, vaseline, cœur en mousse, photo de son neveu.

« L’objet qui a la plus grosse valeur sentimentale dans mon sac est la photo de mon neveu. Il me l’avait donnée avant les championnats du monde en 2012. Au dos, il est inscrit : Pour mon champion. Ma sœur a ajouté : dans le K.O il n’y a pas d’injustice. Avant mon combat je regarde cette photo plusieurs fois. Ma famille tiens une place très importante dans ma vie. Elle est un de mes piliers. J’ai aussi un cœur en mousse offert par ma copine.

Parmi mon matériel, une coquille. Le jour où j’ai cassé la mienne, le pôle France m’a donné celle-là. Elle est spéciale, c’est presque une relique. Elle appartenait à Brahim Asloum (champion olympique et champion du monde, ndlr). En combat officiel je ne peux pas la porter, c’est trop gros. Pour le casque, c’est la même chose. Depuis que les règles ont changé nous n’avons plus le droit de nous protéger la tête pendant les compétitions. Des casques, j’en ai plusieurs, de différentes couleurs. Bleu, noir ou rouge. Les gants, c’est la même chose.

Dans mon sac de boxeur, on trouve aussi de la vaseline. C’est de la crème très grasse. Nous en appliquons sur le visage pour que les coups des adversaires glissent sur la peau. Nous avons une limite à ne pas dépasser. Si l’arbitre juge qu’il y en a trop, il nous demande d’en enlever. Sinon, le spectacle et le combat perdent de leur intérêt. Quand mon entraîneur applique la vaseline sur mon visage, je sens que je vais monter sur le ring, que je vais bientôt boxer. L’adrénaline monte. Ce moment n’est pas anodin, il fait partie de mon rituel.

Je dois avouer que je suis un garçon plutôt bordélique et tête en l’air. Mais avec mes affaires de boxe je suis très rigoureux. Il est rare que j’oublie quelque chose. »

Propos recueillis par Méryll Boulangeat @Meryll_B

Photos : Emmelieke Odul

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« Comme sur un ring, tu n’as qu’une seule chance »

Un mois après la sortie officielle du film « Victor Young Perez » en DVD, l’acteur principal et ancien champion du monde de boxe, Brahim Asloum, revient sur sa prestation à l’écran. Le film retrace la vie et le destin tragique de Victor Young Pérez. Le boxeur franco-tunisien  détient toujours le record du plus jeune champion du monde de boxe dans sa catégorie. Un film poignant.

L'affiche du film "Victor Young Pérez"

L’affiche du film « Victor Young Pérez »

A-t-il était facile d’interpréter le rôle de Victor Young Pérez ?

J’ai essayé d’être le plus vrai, le plus sincère possible dans mon interprétation. J’ai pu m’identifier facilement au personnage car nous avons tous les deux combattus dans la même catégorie, celle des poids mouches. De plus, lui était Tunisien membre de la communauté juive et moi je suis d’origine algérienne et musulmane. Alors qu’hier les juifs étaient persécutés, aujourd’hui ce sont les musulmans qui sont stigmatisés. Le parallèle entre nos deux vies m’a plu. A travers ce film, j’ai envie d’adresser un message de paix. Il faut que l’on soit tous plus solidaires, que l’on s’aime les uns les autres.

Le métier d’acteur est-il tellement différent du métier de boxeur de haut niveau ?

Ce film, c’est avant tout une super aventure. A part la boxe, peu de choses m’ont procuré ce genre d’émotions. Boxer c’est très fort : l’adrénaline que tu ressens avant de monter sur un ring, tu te mets à nu entre quatre cordes devant des milliers de spectateurs. Le boxeur a un égo très important : il est seul, sous la lumière devant des milliers de spectateurs. Ce sont des émotions intenses qu’il est difficile de retrouver ailleurs dans la vie. Quand la carrière est terminée, tout cela s’arrête. Le boxeur se retrouve dans l’ombre, il n’existe plus aux yeux du public. La reconversion est difficile et je crois que cette expérience m’a permis de me rapprocher des sensations que j’ai vécues en tant que sportif. Le stress, l’adrénaline et la pression ressentis devant une caméra ressemble un peu à ce qui se passe sur un ring. C’était une expérience magique !

Comment arrive-t-on au cinéma après une carrière de sportif de haut niveau ?

Comme tout le monde j’en rêvais mais je ne pensais pas le faire un jour. C’est très difficile de trouver des acteurs capables d’incarner techniquement des boxeurs alors la production a fait appel à moi. On m’a proposé de faire un casting. J’ai eu 48 heures seulement pour me préparer et apprendre les textes. J’y suis allé au culot, ça a marché.

Brahim Asloum lors de la présentation du film à l'INSEP où se trouve une plaque commémorative de Victor Young Pérez

Brahim Asloum lors de la présentation du film à l’INSEP où se trouve une plaque commémorative de Victor Young Pérez

A l’approche du tournage, quelle préparation avez-vous effectuée ?

Je n’ai jamais fait de théâtre ou pris de cours de comédie. Par contre,  j’ai dû me remettre au sport de manière intensive. Pendant deux mois, j’ai fait de la remise en forme. Je voyais un coach deux heures par jour, deux à trois fois par semaine. En même temps, nous révisions les textes. J’ai passé beaucoup de temps à lire et relire le scénario. Au bout de trois semaines, je connaissais mon texte par cœur mais aussi celui des autres. Je ne voulais pas arriver sur le tournage et bafouiller. C’était important pour moi de le connaître sur le bout des doigts. J’ai préparé ce tournage comme un championnat du monde de boxe. Quand je suis arrivé devant les caméras, je voulais être prêt. Je me suis dis « c’est comme sur un ring : tu n’as qu’une chance ». Quand j’entendais « action », c’est comme si c’était le gong du début d’un combat qui résonnait.

Avez-vous d’autres projets cinématographiques en vue ?

C’est un métier assez compliqué à exercer. Contrairement au sport, on dépend à 100% des producteurs et des réalisateurs. On ne peut pas faire un film tout seul. J’ai reçu beaucoup de compliments pour ce film alors pourquoi pas en faire d’autres. J’ai pris un agent et je me laisse un an, un an et demi pour voir. On m’a déjà proposé une ou deux petites choses…

Propos recueillis par Méryll Boulangeat @Meryll_B

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« Comme sur un ring, tu n’as qu’une seule chance »

Un mois après la sortie officielle du film « Victor Young Perez » en DVD, l’acteur principal et ancien champion du monde de boxe, Brahim Asloum, revient sur sa prestation à l’écran. Le film retrace la vie et le destin tragique de Victor Young Pérez. Le boxeur franco-tunisien  détient toujours le record du plus jeune champion du monde de boxe dans sa catégorie. Un film poignant. Interview à lire ici

L'affiche du film "Victor Young Pérez"

L’affiche du film « Victor Young Pérez »

 

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Marcus Gévia, boxeur sentimental !

Marcus Gévia

Marcus Gévia

Marcus Gévia

Marcus Gévia

Marcus Gévia est un boxeur sentimental a qui tout sourit ! Champion de France de boxe 2013, il vient également de sortir son premier clip « Dans le love ». Une sortie réussie puisque la vidéo a fait son petit effet sur la toile. 1700 vues en une journée !

Entre la boxe et son univers musical qualifié de « lover », Marcus trouve vite le parallèle : « dans les deux domaines, c’est la même chose. Si je veux réussir, je dois m’en donner les moyens. Ça ne tombe pas comme ça en claquant des doigts.»

« Je chante depuis que je suis tout petit, raconte Marcus. A l’école primaire déjà, j’avais chanté devant toute l’école pour la fête de fin d’année. Comme pour la boxe, c’est une passion depuis toujours. L’année dernière, j’ai décidé de me lancer et d’enregistrer mes propres chansons en studio. » C’est le deuxième titre que Marcus dévoile au public et petit scoop pour les fans…deux autres sont à venir, déjà enregistrés. C’est les encouragements qu’il a reçu après la mise en ligne de sa première chanson, qui l’ont motivé pour enregistrer ce clip.

Un clip qui n’aurait jamais vu le jour sans l’aide de Guillaume Hoareau, le réalisateur de la vidéo. « Il nous a bien aidé, remercie Marcus. Il avait confiance en cette chanson.» Marcus a aussi pu compter sur le soutien de sa famille. «Financièrement, mes parents m’ont aidé, confesse Marcus. Et sans mes deux sœurs je n’aurais rien pu faire. Elles se sont beaucoup impliquées dans ce clip. Des idées à la déco, ce sont elles qui ont tout fait. »

Affiche du clip "Dans le love" de Marcus

Affiche du clip « Dans le love » de Marcus

Côté communication, Marcus a fait de la sortie de son clip un événement sur Facebook. De quoi attirer les curiosités… et la pression sur les épaules de Marcus : « Avant que le clip ne sorte j’avais le même stress qu’avant de monter sur un ring. L’appréhension de ce que les gens allaient en penser. » Et le verdict est tombé : « j’ai été surpris de la mobilisation après la sortie du clip. Je suis vraiment touché par les gens qui me soutiennent, qui me poussent. Que ce soit dans la chanson comme en boxe ». Un engouement fort pour la musique qui n’empêche pas Marcus de rester concentré sur sa pratique sportive « la chanson n’empiète pas sur la boxe.  Mes objectifs sportifs restent les mêmes. Mon rêve c’est Rio (ndlr : les JO en 2016). Je me consacre à la musique pendant mes temps libres. Souvent dans ma chambre après les entraînements. J’en profite aussi quand je rentre chez moi, à la Réunion, pendant les vacances. » Pas question pour autant de faire un choix entre la musique et la boxe « j’ai besoin des deux. C’est mon équilibre. Après les entraînements, la musique me permet de me recentrer sur moi même, de m’évader. Ca m’aide aussi à travailler mon imagination. » Une imagination primordiale pour Marcus puisqu’il écrit lui-même toutes ses paroles.

Rio dans le viseur côté sportif, le rêve musical de Marcus c’est « de (se) produire sur scène, que les gens aiment ce que je fais et que le public chante mes chansons. »

Méryll Boulangeat

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Karaté : Au cœur de l’Open de Paris avec Kenji Grillon

Champion du monde en titre, Kenji Grillon était la tête d’affiche des moins de 84 kilos ce week-end, à l’Open de Paris. Les meilleurs compétiteurs mondiaux de la planète karaté étaient réunis pour l’évènement. Avec les championnats du monde et les championnats d’Europe, cette compétition fait partie des objectifs majeurs de l’année pour le Français. Retour sur une journée…compliquée.

 Samedi 11 janvier 2014, Stade Pierre de Coubertin, 12h30

Trois heures avant l’heure de son premier combat Kenji arrive au stade Pierre de Coubertin. Ici, la star c’est lui ! Champion du monde l’année dernière à Paris, il fait partie des favoris de la compétition. Il trône sur l’affiche officielle. Il connaît tout le monde, tout le monde le salue.

Arrivé en avance, il se « pose tranquille avec (sa) famille » dans les tribunes du stade, au milieu des spectateurs. Une manière de s’immerger petit à petit, de prendre la température des lieux. A ses côtés sa copine, son père, sa mère, son oncle, sa tante et des amis d’enfance. Bien qu’il y ait quelques échanges, l’ambiance n’est pas à la discussion. Le clan Grillon est calme. Tous les yeux sont rivés sur les tatamis où les combats des autres catégories s’enchaînent depuis 9 heures ce matin.

Kenji et ses proches dans les tribunes

Kenji et ses proches dans les tribunes

La famille de Kenji n’est pas néophyte dans les sports de combat. Avec des parents, un oncle et une copine qui ont pratiqué le karaté, le champion du monde bénéficie de conseils avisés de la part de son entourage. Sa maman et son frère ont un penchant pour le judo, sport également pratiqué par Kenji dans sa jeunesse. Pourtant pas question de parler karaté maintenant. Kenji entre petit à petit dans sa concentration.

En guise de coup de boost, il mâche des morceaux de canne à sucre fraîche. « Nous les lui avons ramenés de Guadeloupe. C’est de la canne à sucre de notre jardin », sourie sa tante.

Petit à petit Kenji entre dans sa bulle. Il a l’air ailleurs. Pour être totalement dans ce monde qui n’appartient qu’à lui, il met ses écouteurs sur les oreilles. Une barrière se crée entre ce qu’il voit et ce qu’il pense. L’esprit est entièrement focalisé sur la compétition. Seules quelques personnes arrivent à entrer dans sa bulle. Parmi eux, son préparateur physique de Sarcelles et tout le staff de l’équipe de France.

Pendant un moment, Kenji s’échappe des gradins. Il va chercher le tableau des poules qui ont été tirées au sort la veille. « C’est pas protocolaire comme sur une coupe du monde de foot, explique-t-il, tout est fait par ordinateur. Seuls les coachs ont accès à ce moment-là. »

Il va savoir qui il va affronter. Une fois le tableau en main, briefing avec Olivier, l’entraineur. Passage en revue des différents adversaires. « En fonction de l’adversaire la stratégie est différente. Il faut connaître leurs points forts mais aussi leurs points faibles. Dans le cas de Kenji, il faut qu’il montre tout de suite que c’est lui qui domine. »

Retour dans les gradins. Quelques enfants lui demandent des autographes. « On l’a reconnu tout de suite », raconte fièrement l’un d’eux. Un curieux s’arrête « c’est bien Kenji Grillon, hein ? ».

Kenji signe des autographes

Kenji signe des autographes

Et puis il est temps d’embrasser la famille et de rejoindre la salle d’entraînement.

14h20

A une heure du combat, Kenji rejoint la salle d’entrainement mise à la disposition des athlètes. Une salle, ou plutôt un petit gymnase, dans les sous-sols de Coubertin. Il y a du bruit, du monde, de l’agitation. Au centre de la pièce, un grand tapis bleu, ultra sollicité par les sportifs. Kenji se met à l’écart, dans un coin, au fond de la salle.

Il commence par marcher avant d’entreprendre un rituel d’échauffement bien à lui. Petit à petit il augmente son activité cardiaque. Tour à tour, les membres du staff le rejoignent. Il y a Olivier, l’entraineur de l’équipe de France, Mathieu son préparateur physique et Sébastien, le kiné.

Sur son visage, imperturbable, les traces d’une concentration sans faille. « Il a une démarche très pro, confesse Olivier. Il sait exactement ce qu’il fait. Il ne veut rien laisser au hasard. »

L’échauffement monte peu à peu en intensité. Olivier devient le sparring-partner de Kenji. Près d’une heure d’échauffement plus tard, il est temps pour Kenji de rejoindre l’arène.

Kenji et son entraineur Olivier pendant l'entrainement

Kenji et son entraineur Olivier pendant l’entrainement

15h20

Le premier combat de la journée est prévu dans 10 minutes. Dans le long couloir qui mène à l’entrée en piste des compétiteurs, c’est le parcours du combattant pour se frayer un chemin. L’étroit couloir est squatté de toutes parts par les sportifs, les entraineurs et les organisateurs. Kenji réussit à se trouver un coin un peu à l’écart du brouhaha et de l’agitation. Toujours à ses côtés Mathieu. Olivier, lui, fait des va-et-viens pour informer Kenji de l’organisation.

Kenji dans le couloir en attendant son entrée en piste

Kenji dans le couloir en attendant son entrée en piste

15h45

L’organisation a été chamboulée. Le combat de Kenji est décalé plus tard. Pas question pour autant de s’énerver dans le camp Grillon, il faut rester focaliser sur l’objectif. Retour à la salle d’échauffement. Et là, c’est une longue phase d’attente qui débute pour le champion du monde. Attendre, le casque sur les oreilles, la musique comme seule compagnie. Manger une mandarine, puis deux. S’étirer. Rester au calme. Allongé sur le tapis, les yeux fermés, il faut garder son énergie.

"Garder son énergie"

« Garder son énergie »

16h48

Petit à petit il faut remobiliser le corps. Pour la deuxième fois de la journée, Kenji effectue son rituel de préparation. Plus succinctement cette fois.

Olivier arrive : « c’est bon, tu peux y retourner ». Avant de se diriger vers le lieu de compétition Kenji sollicite à nouveau son entraineur. Pour répéter quelques mouvements.

17h17

Premier combat. Kenji entre en piste : kimono blanc, ceinture, mitaine, protège-pieds et protège-tibias rouges. Protège-dents en guise de sourire. Le début du combat est à son avantage jusqu’au moment où…Kenji tombe. A terre, il se tord de douleur. Son genou droit est sorti, il a entendu « un clac ». Sur le bord du tapis, les mots d’Olivier raisonnent « relève-toi, relève-toi ».

Kenji à terre, blessé au genou

Kenji à terre, blessé au genou

Kenji s’exécute, difficilement. Une personne du staff médicale entre en scène. Devant les spectateurs, il manipule son genou. Le combat reprend. Issue victorieuse pour le français.

17h30

Retour dans le couloir. Sébastien, le kiné, est présent. Il teste le genou de Kenji. « Ca devrait aller. Bouge un peu pour voir si ça tient », lui conseille-t-il. « Ca va, répond Kenji, je sens quand même une gêne ». Bombe de froid et gros strap sont nécessaires avant de retourner sur le tapis. Les tours s’enchaînent rapidement.

Sébastien teste le genou de Kenji

Sébastien teste le genou de Kenji

17h58

Deuxième combat de 3 minutes. Kenji le remporte. Sur le côté, son entraineur. Par ses cris, il guide Kenji du bord du tatami.

Combat

Combat

18h29

Quart de final contre un karatéka marocain. Le combat est serré. Résultat final 2 à 2. C’est aux juges de se prononcer sur l’issue du combat. Verdict : quatre drapeaux bleus se lèvent, Kenji a perdu. Il quitte l’arène…en boitant.

18h39

C’est à l’infirmerie que les rêves de victoires de Kenji finissent leur journée. Allongé, une poche de glace sur le genou, avec son staff il refait le match « il a dû voir que mon genou droit avait lâché au premier combat. Au corps à corps, il faisait que de taper dedans. J’avais trop mal ». Tout bascule, tout s’écroule. C’est le temps des questionnements : pourquoi moi ? Pourquoi ici ? Quand reprendre la compétition ?

Kenji à l'infirmerie, poche de glace sur le genou

Kenji à l’infirmerie, poche de glace sur le genou

Difficile pour autant de faire un diagnostic fiable, le genou est trop enflé. Sébastien le kiné penche pour « une lésion du ligament latéral externe » avant d’expliquer « l’œdème est trop important, on ne peut pas faire les tests. Demain on en saura plus ».

19h57

Après un moment isolé à l’infirmerie, de la glace, beaucoup de glace, un gros strap et une bonne douche,  Kenji est de retour aux affaires. Avec franchise et courage, il répond aux questions des journalistes.

20h09

C’est en boitant qu’il retourne là où sa journée a commencé…dans les tribunes, auprès des siens.

Méryll Boulangeat

Depuis Kenji a réalisé tous les tests nécessaires. Le verdict est tombé ce matin : rupture du ligament croisé antérieur. Sa saison est donc terminée. Je profite de cet article pour lui souhaiter un très bon rétablissement.

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