Pierra Menta #2 : « Au départ, mon inconscient a géré l’effort à ma place »

Pierra Ment, J1. Sous le regard du Mont-Blanc en arrière-plan. Crédit Photo/Jocelyn Chavy

Pierra Menta, J1. Sous le regard du Mont-Blanc en arrière-plan.
Crédit Photo/Jocelyn Chavy

Laetitia Roux est en lice pour un sixième titre sur la Pierra Menta, la course de ski-alpinisme la plus difficile au monde. Celle qui possède déjà quinze titres de championne du monde, nous fait partager sa compétition de l’intérieur. Vainqueur aujourd’hui de la première étape, elle évoque sa journée et sa gestion de l’alimentation sur cette course hors norme.

« En sortant de l’hôtel à 7 heures ce matin je me suis tout de suite rendue compte qu’il n’allait pas faire aussi froid qu’annoncé (ressentit à -22°C, ndlr). C’était un froid sec, beaucoup plus supportable que lorsque c’est humide. Mais froid quand même ! Mes mains l’ont tout de suite senti. Lorsque les températures sont basses, c’est toujours la partie du corps qui est, pour moi, la plus sensible. J’avais anticipé un grand froid. Sans hésiter, j’ai sorti les gros gants. « Gros » façon de parler, ce ne sont quand même pas des gants de ski alpin ! Au niveau des jambes,  je n’ai rien changé. Nous ressentons peu le froid sur cette partie du corps. Il nous arrive de nous arrêter mettre une petite veste si les températures sont très basses mais c’est rare car notre corps se réchauffe vite. Rapidement le soleil a fait son apparition et les températures sont remontées. Il faisait presque trop chaud ! La neige était excellente, le temps radieux, c’était une belle journée. Nous avons terminé en tête avec ma coéquipière, Axelle. Avec plus de 10 minutes d’avance, nous avons creusé un petit écart, assez confortable pour les étapes à venir. Au départ c’était un peu chaud avec un start en ligne. Les filles, nous nous sommes retrouvées au milieu de la foule, en deuxième ligne, comme chaque année. Les garçons sont partis très fort. Quelques filles aussi. J’ai tout de suite vu que mon départ n’était pas terrible mais je ne me suis pas affolée car je sais que la course ne se joue pas là. J’avais les jambes un peu lourdes et à la fois, c’est comme si mon inconscient avait décidé de gérer l’effort à ma place. Ne pas utiliser trop d’énergie sur ce départ sachant que la course était encore longue. C’est assez étrange comme sensation. Petit à petit j’ai rattrapé puis doublé les autres. Nous avons creusé l’écart tout le long, en restant fidèles à notre rythme. »

Laetitia Roux et sa coéquipière Axelle Mollaret ont remporté la première étape de la Pierra Menta avec 12'11 d'avance. Crédit Photo/ Instagram @laeti_roux

Laetitia Roux et sa coéquipière Axelle Mollaret ont remporté la première étape de la Pierra Menta avec 12’11 d’avance.
Crédit Photo/ Instagram @laeti_roux

Carburant de champion

« L’énergie, on la trouve, entre autre, dans la nourriture. Les matins de course, je mange à peu près toujours la même chose. La Pierra Menta est un format plus long que les coupes du monde et pourtant je ne mange pas trois fois plus. Je privilégie un petit déjeuner assez light. Je me lève deux heures et demie avant le départ pour déguster les flocons d’avoine que j’ai fait tremper dans du lait végétal la veille. J’y ajoute des fruits secs, des noix et de la noix de coco.

Une fois sur les skis, j’ai dans mon sac de quoi pallier aux petites fringales : Boisson énergétique un peu plus épaisse que les boissons classiques, gels énergétiques. Des denrées rapidement assimilables.

Laetitia Roux et sa coéquipière Axelle Mollaret préparent leur boissons énergétiques pour la course du lendemain

Laetitia Roux et sa coéquipière Axelle Mollaret préparent leur boissons énergétiques pour la course du lendemain

Tout ce qui est solide, comme les barres, je le garde pour les étapes qui dépassent trois heures. C’est difficile de manger et de croquer pendant que l’on fait un effort physique intense. Une fois la ligne d’arrivée franchie, je profite du moment pour me faire plaisir : Gâteaux, fruits… Parfois, si j’ai envie de salé, je mange une soupe. Ça permet de m’hydrater, en plus des boissons de récupération. Je ne bois jamais assez pendant l’effort. Une fois douchée et reposée, je prépare le déjeuner qui sera assez similaire au diner : Protéines légères (viande blanche, poisson ou protéine végétale), féculents, légumes et fruits.

Tofu, riz et légumes en guise de déjeuner pour Laetitia Roux après avoir terminé la première journée de compétition Crédit Photo/littlemisspharmacist

Tofu, riz et légumes en guise de déjeuner pour Laetitia Roux après avoir terminé la première journée de compétition
Crédit Photo/littlemisspharmacist

J’amène de la nourriture avec moi au cas où il y ait des choses qui ne me conviennent pas au restaurant. J’aime aussi avoir la possibilité de manger au calme, loin de l’agitation de la course. Nous avons peu de moment pour nous reposer. Trois jours de course c’est long et à la fois, tout va très vite. J’ai besoin de ce temps pour moi.»

Propos recueillis par Méryll Boulangeat @Meryll_B

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Une réflexion sur “Pierra Menta #2 : « Au départ, mon inconscient a géré l’effort à ma place »

  1. pike dit :

    La coéquipière ressemble étrangement à Mathéo Jacquemoud sur cette photo, non? 😉

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