TDF : « Moi, masseur ! Mais pas seulement »

Pendant le Tour de France, Le sport entre les lignes vous fait découvrir les coulisses d’une équipe de cyclisme (Cofidis) en rencontrant plusieurs de ses protagonistes. Cet épisode vous emmène à la rencontre d’un des masseurs de l’équipe : Christophe Hajaer. Présent depuis une vingtaine d’années dans le milieu du cyclisme professionnel, il est assistant sportif chez Cofidis depuis 2003. Titulaire d’une formation massage, confort et bien-être, de nombreux cyclistes professionnels sont déjà passés entre ses mains.

« Sur le Tour de France, l’équipe compte cinq masseurs. Chacun d’entre nous à deux cyclistes attitrés. On s’occupe d’eux pendant toute la grande boucle. Pour un massage il faut compter une heure. Cela peut même aller jusqu’à une heure et demi pendant les journées de repos. Selon l’état de fatigue, les cyclistes sont massés de la tête aux pieds. Bien sur, la priorité ce sont les jambes. Mais les coureurs sont aussi demandeurs au niveau du bas du dos, des paumes des mains et des pieds. Les échauffements aux pieds sont nombreux et même si ils prennent parfois le temps de s’arroser les extrémités du corps pendant la course, il y a de réels besoins le soir à ce niveau-là. Il y a deux types de massages : les toniques et les relaxants. Sur la grande boucle, c’est la récupération qui est privilégiée. Ce sont donc des massages de confort. Plus long que les massages énergisants, il faut trouver la bonne tension pour que les muscles se relâchent.

Homme de l’ombre d’une équipe, le masseur est un maillon important de la chaîne. Ici, Christophe Hajaer masse Christophe Laporte pour le team Cofidis.

« Certains s’endorment sur la table de massage »

Dans ces moments-là, tous les coureurs ne réagissent pas de la même manière. Certains s’endorment alors que d’autres discutent. On parle beaucoup sur la table de massage. D’abord de l’étape et puis d’autre chose. Cela fait partie de mon travail de les faire déconnecter en parlant de la famille, de voitures ou de tout autre chose. Il y a une relation particulière qui s’installe. Je deviens leur confident. Une relation de confiance se crée et on échange sur des sujets qui ne sortent pas de la chambre. C’est important pour moi et je pense que ça l’est pour eux. Avec certains, nous continuons à nous voir et à prendre des nouvelles en dehors du vélo.

Un rôle logistique important

Masseurs, nous avons aussi un rôle logistique au sein de l’équipe. A tour de rôle, nous arrivons les premiers à l’hôtel pour organiser l’arrivée des coureurs et du staff sur place. Nous préparons les chambres, installons les valises, faisons les lessives, allons aux courses pour préparer les ravitaillements et les musettes du lendemain. Quand nous ne sommes pas « d’astreinte hôtel », nous suivons la course depuis le bus des coureurs pour les réceptionner dès l’arrivée et leur donner les boissons de récup. Il nous arrive aussi d’être placés à des endroits stratégiques de la course pour ravitailler les cyclistes et leur donner leurs musettes. Musettes que nous avons soigneusement préparées la veille avec des pâtisseries, des gels énergétiques, des encas salés. Si il fait très chaud, au-delà de 27°C, nous avons des petites astuces pour rafraichir les coureurs : nous coupons des bas de collant féminin que nous fermons avec un nœud avant de le remplir de glaçons.

Au service d’une équipe

Être masseur sur le Tour de France, s’est avant tout être au service d’une équipe et des cyclistes. Si nous avons passé une mauvaise journée, que tout ne c’est pas passé comme prévu, les coureurs ne doivent pas le ressentir. Il faut que tout soit optimisé pour que leur récupération soit la meilleure possible. Il faut avoir de l’expérience, tout anticiper, être prêt à toute demande de dernière minute. Pour nous aussi la fatigue va commencer à se faire sentir. Tout va très vite, ce sont des journées à 100 à l’heure. On récupère dès qu’on le peut. Épuisant, mais passionnant ! »

Propos recueillis par Méryll Boulangeat @Meryll_B

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3 réflexions sur “TDF : « Moi, masseur ! Mais pas seulement »

  1. lombart dit :

    passionnant réussir à transformer un coureur (cuit) aprés 5 h d’éffort evec toutes sortes de problémes(souffrances) et le remettre sur pieds (en selle) pour le lendemain les explications du masseur cofidis sont vraiment une source d’info, pour la masse de spectateurs dans l’ignorance du sujet

  2. Michel Duvent dit :

    Je suis tout a fait dans la logique de votre masseur, mon oncle à massé de nombreux champions, et il tenais le même raisonnement tout comme moi lorsqu’il nous à quitté !!!!

  3. SFAM dit :

    Vous m’avez vraiment tenu en haleine ! car article est génial

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