TDF : « Deux types de blessures chez les cyclistes »

Pendant le Tour de France, Le sport entre les lignes vous fait découvrir les coulisses d’une équipe de cyclisme (Cofidis) en rencontrant plusieurs de ses protagonistes. Cet épisode vous emmène à la rencontre du médecin de l’équipe, Jacky Maillot. Présent depuis une quinzaine d’années dans le monde du cyclisme professionnel, le docteur a rejoint l’équipe Cofidis il y a sept ans.

Jacky Maillot, médecin de l’équipe Cofidis pendant le Tour de France

« Mon travail de médecin au sein de l’équipe se décompose en plusieurs temps. En début de saison, j’effectue une batterie de tests médicaux : échocardiographie, tests à l’effort, bilan général… Il y a ensuite un suivi classique tout au long de l’année. Je me déplace sur les compétitions les plus importantes comme le Tour de France. Je suis en déplacement entre 110 et 120 jours par an. Le reste du temps, je le passe dans un cabinet libéral.

Sur le Tour mon emploi du temps très chargé.

Ma journée commence en même temps que celle des coureurs. Je fais un petit tour des chambres pour voir si tout le monde a bien dormi, si il n’y a pas de pépins particuliers. Avant le petit déjeuner, les cyclistes passent à la pesée et la prise de tension. Quand c’est nécessaire, je refais le tour des chambres pour faire les pansements, les soins thérapeutiques, les soins en cryothérapie et autres. Faute de temps, tout ça se termine souvent dans le bus.

Une fois la compétition lancée ma place est très variable. Soit je suis dans le bus qui file directement à l’arrivée pour attendre les coureurs et les accompagner au contrôle anti-dopage. Soit je suis avec le directeur sportif, dans la voiture. C’est le cas si il y a des chutes, des coureurs inquiets à rassurer ou des cyclistes blessés à surveiller. C’est important qu’ils sachent que je suis là si ils ont des doutes sur les douleurs qu’ils ressentent. Parfois ils viennent jusqu’à la voiture pour poser des questions. Ils veulent savoir si telle ou telle douleur est normale. L’étape achevée, tout le monde remonte dans le bus direction l’hôtel. Le moment pour moi de veiller à la bonne récupération de chacun pour faire le plein d’énergie le plus vite possible en vue du lendemain. Au menu, boissons spécifiques à base, entre autre, de sels minéraux, bottes de pressothérapie et cryothérapie. Le timing est serré, les journées hyper chargées.

Le sommeil : base de la récupération

Arrivés à l’hôtel, je refais le tour des chambres pour faire le bilan de l’état de fatigue et des bobos. Je suis en étroite collaboration avec les kinés, les masseurs et l’ostéo pour déterminer les soins nécessaires (physio, ultrasons…). Après le diner, je retourne une dernière fois dans les toutes les chambres pour voir si il n’y a pas de soucis et si tout le monde trouve le sommeil. C’est hyper important, c’est la base de la récupération. J’y accorde beaucoup d’attention. Avec le stress que procure le Tour, les enjeux et la fatigue cumulés ce n’est pas évident pour eux de trouver le sommeil. J’utilise une médecine douce à base de plantes pour faciliter l’endormissement.

Deux types de blessures

Chez les cyclistes, il y a deux types de blessures. Celles qui surviennent suite à des chutes et les blessures chroniques que l’on peut anticiper. Ce sont les chutes qui font le plus de dégâts. On observe des traumatismes articulaires et des contusions osseuses, principalement situés au niveau des coudes, des épaules, des genoux et des hanches. A cela s’ajoutent des lésions dermo-cutanées diffuses et profondes qui sont généralement très douloureuses.

D’un autre côté, les cyclistes sont sujets aux tendinites. Nous prenons des précautions en début de saison pour anticiper ce type de pathologie. Nous travaillons sur la posture pendant les stages de début d’année pour corriger les troubles dus à la position du cycliste. On adapte le vélo, on règle les cales. Des petits détails que l’on vérifie régulièrement. L’autre traumatisme fréquent chez les coureurs se situe au niveau du périnée. Les frottements sont très importants dans cette zone et malgré l’utilisation de bons cuissards, les lésions cutanées peuvent être importantes.

Mon travail de médecin sur le Tour n’est pas de tout repos. Les journées sont chargées mais mon rôle me plait. Difficile de faire ce métier sans être passionné et pratiquant de cyclisme. Je suis les deux à la fois, ça tombe bien ! »

Propos recueillis par Méryll Boulangeat @Meryll_B

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