Vendée Globe : Coulisses d’un jour de départ

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Pendant une semaine, retrouvez, chaque jour un article sur le Vendée Globe. Découvrez les coulisses de ce grand événement à travers des histoires, des acteurs et des hommes de l’ombre. Aujourd’hui vivez le départ de la course vue sous un autre angle.

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Il est à peine 7 heures du matin quand les premiers mots sortent du micro dans le village du Vendée Globe. Aujourd’hui est un jour spécial, c’est le jour du départ. Les vingt-neuf navigateurs inscrits dans cette 8ème édition se préparent à prendre le large pour trois mois en mer. Sur les pontons tout le monde s’agite. En plus des bateaux de course, c’est tout le port de plaisance qui se prépare. Vedettes de passagers, zodiaques de sécurité, embarcations des teams, bateaux de commerce et plaisanciers attendent leur tour pour quitter le port et rejoindre la ligne de départ. Sur le ponton des Imoca l’ambiance est spéciale. L’heure des au revoir approche. Une savant mélange entre excitation et nostalgie. Un peu d’appréhension peut-être aussi. À partir de 8h30, les bateaux de course quittent le ponton un par un avant de se retrouver au large. Un départ toutes les quatre minutes, le timing est précis, la procédure cadrée.

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En même temps, dans le port de pêche voisin, un autre ballet se joue. Loin du bruit des hélicoptères et du brouhaha du village éphémère du Vendée Globe, les journalistes et les autres privilégiés qui ont eu la chance d’avoir une place sur un bateau font la queue pour accéder à leur embarcation du jour. Drôle de bureaux que ces imposantes embarcations à moteur pouvant accueillir jusqu’à 250 passagers. Accréditations autour du cou, bracelets fluos fixés au poignet, les journalistes se hâtent pour trouver la meilleure place, le meilleur angle de vue. Pourtant, le bateau n’est pas encore prêt à partir. Une heure et demie d’attente avant de quitter le quai et de rejoindre le canal qui mène vers la grande bleue.

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À droite et à gauche les spectateurs observent la sortie des bateaux munis, entre autre, de banderoles « bon vent », de cloches et de klaxons. Une haie d’honneur pour les navigateurs solitaires et les autres bateaux qui quittent le port. La terre ferme bien quittée, les journalistes massés dans la vedette Ogia se bousculent à droite puis à gauche selon les positions des bateaux de course qui se distinguent au loin.

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Dans l’assemblée des gens râlent parce qu’ils attendent depuis trop longtemps ou qu’ils aimeraient être plus proche des bateaux ou encore parce qu’un de leur confrère les gênes pour prendre une photo. Au-dessus, les hélicoptères tournent. Deux, puis trois, puis quatre survolent la zone pour immortaliser ce moment. Les conditions météorologiques sont exceptionnelles. Beau temps, plan d’eau idéal. « On n’avait pas vu ça depuis au moins trois éditions », commente le coureur au large Nicolas Boidevezi, reconverti en animateur pour l’occasion.

L’heure du départ, 13h02, approche. Un passager allume sa radio VHF. Branché sur le canal 1 il entend la direction de course qui lance la procédure de départ. Sur le pont, on suit attentivement le décompte : 5, 4, 3, 2, 1, Go. La course est lancée. Les voiles sont hissées, les compétiteurs ultra rapprochés. L’Ogia met les gazs pour rester au contact des voiliers. Les clac clac des appareils photos se mêlent aux bruits du moteur et des hélicoptères qui semblent de plus en plus nombreux. Sur l’eau, il y a des bateaux partout qui essaient de se frayer un chemin dans une mer agitée par leur activité. 70 000 personnes répartis entre 500 et 800 bateaux au large des Sables D’Olonne pour accompagner les marins, leur souhaiter bon vent pour cette aventure qui les attend. C’est un joyeux bazar.

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Sacré contraste que ce dernier bain de foule avant de faire face à la solitude. Petit à petit les bateaux des spectateurs font demi tour, laissant les explorateurs des temps modernes seuls face à leur destin. La vedette Ogia, comme les autres embarcations, se met à tanguer. L’espace d’un instant le mal de mer s’installe sur certains visages. Malaise de courte durée, il est l’heure de rentrer au port pour les journalistes et les autres.

Le village et la salle de presse, vides le matin même, revivent à nouveau. France télévision y a installé un plateau de télévision. Une dernière soirée, un dernier moment de partage pour ceux qui restent avant que le port de plaisance d’Olona ne retrouve son rythme routinier. La station balnéaire des Sables d’Olonne, elle, attend maintenant le retour des ses héros.

Méryll Boulangeat

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Vendée Globe : Skippers 2020

-Par Méryll Boulangeat-

Le Vendée Globe est une machine à rêves. Pour la plupart des gens, partir en solitaire autour du monde est une utopie, un rêve fou enfoui qui a peu de chance de se réaliser un jour. Mais parmi le public présent dimanche aux Sables d’Olonne, une poignée de spectateurs porteront un regard différent sur l’évènement : des navigateurs, passionnés et entraînés qui lorgnent déjà sur la prochaine édition. Manque de budget, de temps, d’expérience. Autant de raisons qui font qu’ils n’ont pas pu s’aligner cette année. Alors ils sont là, dans l’ombre, à s’imaginer sur ce ponton dans quatre ans. C’est aussi et surtout pour eux l’occasion d’observer, de prendre des informations pour mener à bien leur projet. Mais avant d’en arriver là, la route est longue. Alors que le départ du Vendée Globe 2016 n’a pas encore été donné, rencontre avec quatre skippers qui sont déjà tournés vers 2020.

Nicolas Boidevezi, le globe de la récompense 

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La carrière et l’histoire de Nicolas Boidevezi sont atypiques. Alsacien expatrié en Savoie pour devenir moniteur de ski, le navigateur s’est lancé assez tardivement dans la course au large. « Je suis autodidacte, explique-t-il. J’ai toujours aimé la voile et été attiré par la course au large en solitaire. J’ai assisté au départ de la mini transat en 2003 et en 2007. La dernière année je me suis dit : dans deux ans j’y serais. Et j’y étais ! ». Poussée par une envie indescriptible de rejoindre le grand large, il a tout quitté pour s’installer sur la côte ouest. Petit à petit il a réussi à se faire une place, « même si au début ce n’est pas facile quand tu ne viens pas du milieu». De fil en aiguille, de navigation en navigation, l’idée de se lancer dans l’aventure Vendée Globe a pris tout son sens. Alors Nicolas Boidevezi s’est attelé à transformer son rêve en réalité. Mais pour atteindre le ponton des Sables d’Olonne la route est longue. La qualification sportive n’est pas l’étape la plus compliquée. Avant, il faut trouver un bateau. Valeur de l’investissement : environ un million d’euros. Une somme importante à laquelle s’ajoute les frais de fonctionnement qui, dans les meilleurs des cas, doublent la facture : un million d’euros par an en moyenne. Nicolas Boidevezi s’est alors transformé en chef d’entreprise pour monter le projet, démarcher les éventuels partenaires, amplifier son réseau… Il a commencé à mettre en place sa nouvelle vie d’ « entrepreneur sans salaire » trois ans avant le départ de l’édition 2016. Un an après il avait trouvé un investisseur, acheté le bateau : le rêve à portée de main. Ne manquait « que » les frais de fonctionnement. Les partenaires intéressés se sont succédés sans jamais s’engager. Le temps, lui, à continuer de filer. Si bien qu’en mars dernier il lui manquait toujours les 2/3 du financement. Le skipper frisé a alors pris la décision de se retirer, il a revendu le bateau et déplacé son rêve à plus tard, en 2020. « C’était dur mais c’était le choix de la raison, se souvient-il. Les enjeux sont importants. Je pouvais encore revendre le bateau à cette époque, je ne voulais pas prendre un risque qui aurait pu devenir immaîtrisable. » Présent aux Sables d’Olonne, il observe avec envie les skippers qui vont prendre le large. Avec un petit pincement au cœur, celui qui a touché du bout du doigt son rêve regarde le bateau qui aurait du être le sien se faire briquer et bichonner pour un autre marin. « Je sais que tout ce qui a été fait n’a pas servi à rien. Même si je dois prendre le temps de digérer tout ça, je repars avec la même envie. » Rendez-vous en 2020 !

Nicolas Boidevezi n'a pas pu prendre le départ à cause d'un manque de financement. CP/facebook

Nicolas Boidevezi n’a pas pu prendre le départ à cause d’un manque de financement. CP/facebook

Samantha Davies, jamais deux sans trois

Samantha Davies, "c'était mon choix de ne pas prendre le départ cette année.Mais je participe quand même à travers mon mari qui participe à son premier Vendée Globe"  CP/Facebook

Samantha Davies, « c’était mon choix de ne pas prendre le départ cette année.Mais je participe quand même à travers mon mari qui participe à son premier Vendée Globe »
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L’édition 2016 du Vendée Globe ne compte aucune femme au départ. Une situation assez rare qui ne devrait pas se reproduire dans quatre ans. Samantha Davies a déjà annoncé ses ambitions de prendre le départ de la course au large la plus longue du monde pour la troisième fois (4ème en 2008-2009, abandon en 2012-2013). En attendant le moment de mener à bien son projet elle passe des heures sur les pontons des Sables d’Olonne à s’occuper du bateau de son compagnon, Romain Attanasio, qui prendra le départ dimanche pour la première fois. « C’est son rêve depuis toujours d’y participer, confie la britannique. Je suis tellement contente qu’il puisse s’aligner. Je m’investie à fond dans son projet. Comme ça j’ai l’impression d’y être moi aussi. C’est pour ça que je n’aime pas parler de 2020, pour le moment je mets mon énergie à soulager Romain sur le côté logistique notamment. Quand ce sera fini je pourrais me concentrer sur mon propre projet. » Le couple de navigateur est très populaire dans le village. Même si elle ne prend pas le départ, Samantha est ultra sollicitée. Entre les interviews, les conférences, les autographes, la préparation du bateau et des détails de dernière minute son emploi du temps est surchargé. « C’est assez spécial d’être ici sans participer. Mais c’est bien de pouvoir vivre l’événement différemment. Je profite à fond. » Une fois les amarres de son compagnon larguées, Samantha s’apprêtera à relever un nouveau défi, jusqu’ici inconnu : reprendre une vie « normale » avec son fils Ruben. « La vie à terre ce n’est pas facile non plus. C’est la première fois que je vais me retrouver dans cette situation, je ne sais pas trop comment je vais le vivre». Loin des régates en solitaire, des nuits glacées passées en mer et des plats lyophilisés, miss Davies passera son hiver au chaud dans son canapé, les yeux vissés sur son téléphone ou son ordinateur à suivre de loin son compagnon voguer sur les mers du monde entier. Avec l’idée dans un coin de sa tête que dans quatre ans ce sera son tour à elle !

Samantha Davies aux Sables d'Olonne

Samantha Davies aux Sables d’Olonne

Damien Seguin, le globe en exemple

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Damien Seguin, champion paralympique de voile à Rio

Damien Seguin, champion paralympique de voile à Rio CP/Facebook

Le Vendée Globe c’est avant tout une histoire d’hommes. Des histoires fortes qui se dévoilent, qui se racontent. Cela tombe bien car l’histoire de Damien Seguin mérite qu’on s’y attarde. Handicapé de naissance de la main gauche, celui qui a passé son enfance en Guadeloupe vient d’annoncer qu’il commençait à préparer l’édition 2020 : « le Vendée Globe, tout le monde y pense. C’est l’Everest des mers. » Pourtant, c’est dans une autre discipline qu’il a tutoyé les sommets. Il s’est illustré en voile paralympique, sport dans lequel il a décroché trois médailles aux Jeux paralympiques, une en argent et deux en or, dont la dernière l’été dernier à Rio. Parallèlement à sa carrière de haut-niveau, il rêve de s’essayer à la course au large en solitaire. En 2006, après avoir essuyé un refus de l’organisation l’année précédente à cause de son handicap, il prend le départ de la solitaire du Figaro avant de retrouver l’univers olympique et décrocher sa dernière médaille d’or. L’or en poche, il décide d’entamer l’ultime défi : le Vendée Globe. « Aujourd’hui tout est à construire, confie-t-il. M’habituer au format de course, appréhender le fait de passer autant de temps en mer, trouver un bateau, des partenaires financiers, connaître le voilier… J’ai quatre ans pour bosser et y arriver. Je pense qu’il ne faut pas moins de temps.» Outre l’envie de passer des mois seul en mer, c’est l’envie de prouver qu’il en est capable qui pousse Damien Seguin : « J’aimerai que ma participation permette d’ouvrir les yeux aux gens sur le handicap. J’ai envie de prouver que je suis capable de le faire, que mon handicap n’est pas un frein. Je peux m’adapter au bateau, je fais peut-être les manoeuvres différemment des autres skippers mais ça marche et finalement c’est le résultat qui compte. » Déterminé, Damien Seguin, sait déjà sur quel bateau il aimerait naviguer et les étapes à franchir afin d’arriver dans quatre ans dans les meilleures dispositions. « L’idée est d’arriver au départ prêt physiquement, techniquement, avec un bateau bien abouti », se projette-t-il. Sa carrière olympique brillamment menée, il y a peu de doutes que sa reconversion ne suive pas le même chemin !

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Aurélien Ducroz, la consécration

Montagnard pur souche, rien ne prédestinait Aurélien Ducroz à rêver de Vendée Globe un jour. Pourtant, via le hasard des rencontres, le double champion du monde de ski freeride, a commencé à troquer ses skis contre des voiliers. La mer a remplacé la neige. En 2010, conseillé et épaulé par ses amis marins, il a appris à connaître et apprivoiser ce nouveau milieu jusqu’à y prendre goût et se lancer dans la compétition. Petit à petit il a appris les gestes, les codes du milieu marin. De nouvelles surfaces de glisse, un nouveau vocabulaire, de nouveaux objectifs. Poussé par une soif d’apprendre et de progresser sans cesse il gravit petit à petit les échelons. Quatrième du tour de France à la voile 2016, il s’est aussi essayé à la classe mini, au Figaro, à l’Imoca… Déterminé à mener son projet de Vendée Globe à bien, il arpente le ponton principal des Sables d’Olonne les yeux rivés sur les bateaux à la recherche de celui qui pourrait un jour devenir sien. « Pour l’instant, il y en a trois qui me plaisent, confie-t-il. Le plus dur reste de trouver le budget pour l’acheter. » Le budget est la principale problématique de la course au large. D’où l’importance d’ajouter à sa casquette de marin celle de chef de projet pour trouver des fonds et des financements. Chaque navigateur a sa propre histoire et communique dessus pour attirer des partenaires. Le profil d’Aurélien peut faire la différence. « Avec le ski l’hiver et la voile l’été je représente mes partenaires toute l’année. Il n’y a pas de période creuse au niveau de la visibilité et c’est un réel avantage pour les marques qui s’engagent à mes côtés. » En attendant le skipper assistera demain au départ de la course avant de rejoindre la neige et ses montagnes pour passer l’hiver et commencer à préparer son Vendée Globe.

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le double champion du monde de freeride, Aurélien Ducroz vise le Vendée Globe en 2020

le double champion du monde de freeride, Aurélien Ducroz vise le Vendée Globe en 2020

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Vendée Globe : La Louise, refuge planqué

La Louise accueille aussi des conférences comme ici Amnesty International

La Louise accueille entre autre des conférences comme ici Amnesty International.

Pendant une semaine, retrouvez, chaque jour un article sur le Vendée Globe. Découvrez les coulisses de ce grand événement à travers des histoires, des acteurs, des lieux et des hommes de l’ombre. Aujourd’hui, visite d’une goélette privée où les skippers et les acteurs du Vendée Globe aiment se retrouver.

L'autre visage de la Louise, sur les terres groenlandaises

L’autre visage de la Louise, sur les terres groenlandaises

Tout au bout du village éphémère du Vendée Globe, il y a un lieu hors du temps. Loin des files d’attentes interminables, La Louise fait face au ponton où sont amarrés les bateaux de course. Dans le milieu de la course au large presque tout le monde connait ce voilier couleur « danette caramel » et son capitaine, Thierry Dubois. Ancien coureur au large, le skipper a participé à trois tour du monde en solitaire dont deux Vendée Globe (éditions 1996 et 2000). Vingt ans plus tard, il est toujours présent sur les pontons des Sables d’Olonne à bord de la goélette de 19 mètres en bois qu’il a entièrement construite. Plus qu’un bateau, La Louise représente beaucoup pour Dubois qui y vit à l’année. C’est aussi son outil de travail : le voilier se transforme en refuge flottant huit mois de l’année dans les terres arctiques où il propose des séjours de ski et de découverte en Islande et au Groenland. De retour en France, il renoue avec son ancienne passion, la course au large. Dès qu’il le peut, il se rend sur les départs de courses : «C’est l’occasion de retrouver des gens que j’ai côtoyés durant des années, de revenir dans ce milieu que j’apprécie, qui m’a beaucoup apporté.»

Le directeur de course et des skieurs en visite sur La goélette de Dubois.

Le directeur de course et des amis skieurs en visite sur La goélette de Dubois.

Sur le ponton des Sables d’Olonne, La Louise est devenue une institution. Jours et nuits, les acteurs de la course au large se succèdent pour venir saluer le voilier et son capitaine. Coureurs du Vendée Globe d’hier et d’aujourd’hui, anciens journalistes, anciens partenaires, anciens équipiers. Toute la journée, des souvenirs, des anecdotes d’ici et là refont surface. « Ceux qui passent savent qu’ils n’ont pas besoin de cartons d’invitation pour venir sur La Louise. Ils voient que le bateau est là, qu’ils vont être bien accueillis, ils s’arrêtent faire un coucou, boire le café, explique le skipper. Tout se fait naturellement ». Depuis qu’il a posé les amarres sur le ponton M du port d’Olona, Dubois a eu l’honneur de recevoir sur son bateau, entre autres, le premier vainqueur du Vendée Globe, Titouan Lamazou, son ancienne concurrente, Catherine Chabaud, et une flopée de skippers qui prendront, dimanche, le départ de l’édition 2016. « Quand ils viennent là, ils savent qu’ils sont tranquilles, loin de la foule et des sollicitations. C’est un refuge planqué, un petit havre au calme, à deux pas de leurs bateaux. Les seuls journalistes qui sont là viennent en ami et pas pour travailler. »

Samantha Davies en visite sur La Louise.

Samantha Davies en visite sur La Louise.

Apéro sur le ponton de La Louise.

Apéro sur le ponton de La Louise.

Les liens avec la plus grande course en solitaire du monde ne s’arrêtent pas là. En cherchant bien on peut trouver à bord une pièce de bateau de chaque édition du Vendée Globe. « La barre à roue a fait le premier Vendée Globe, la bôme de grand-voile a gagné la seconde édition, le grand-mât a participé en 2016, etc », énumère le skipper.

La Louise sur le ponton du port d'Olona

La Louise sur le ponton du port d’Olona

Thierry Dubois dans sa cuisine, au petits soins pour ses convives.

Thierry Dubois dans sa cuisine, au petits soins pour ses convives.

Lieu d’échange et de retrouvailles, La Louise est aussi mise à la disposition des particuliers et des entreprises pour accueillir leurs réceptions. Dimanche, le bateau larguera les amarres du port de plaisance pour voir au plus près le départ de cette dernière édition. Après s’être affairé en cuisine pour nourrir ses convives, il changera de casquette pour partager ses expériences et ses connaissances avec ceux qu’ils accueillent. « J’aime cuisiner, faire partager mon bateau et mes expériences », confie le skipper avant de retourner en cuisine préparer un apéritif pour les invités de dernière minutes tous juste arrivés pour le saluer.

Méryll Boulangeat @Meryll_B

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La Louise au Groenland

La Louise au Groenland

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Vendée Globe : Bienvenue dans mon port !

Pendant une semaine, retrouvez, chaque jour un article sur le Vendée Globe. Découvrez les coulisses de ce grand événement à travers des histoires, des acteurs et des hommes de l’ombre. Rencontre aujourd’hui avec l’équipe du port de plaisance qui accueille la compétition.

Patrick Brégeon, agent du port des Sables d'Olonne.

Patrick Brégeon, agent du port des Sables d’Olonne.

Naviguer entre les quais du port de plaisance d’Olona aux Sables d’Olonne avec Patrick Brégeon c’est comme visiter son jardin. Il en connaît toutes les allées et la plupart des bateaux n’ont pas de secrets pour lui. Pêcheurs, passeurs, plaisanciers ou bateau de commerce, il échange un petit mot, une petite blague avec chacun d’entre eux.

Une fois installé dans sa barque à moteur, la foule et l’agitation que génère l’événement semblent loin. Ici, sur l’eau, c’est un autre monde. Pas besoin de faire la queue pour approcher les bateaux de course, pas besoin non plus de marcher des kilomètres collés, serrés à ses voisins pour rejoindre l’autre bout du port. C’est d’ailleurs là-bas que Patrick Brégeon retrouve ses collègues devant un café dans le grand bâtiment flambant neuf de la capitainerie.

La capitainerie du port d'Olona.

La capitainerie du port d’Olona.

Ils sont quatorze à gérer le port et ses activités toute l’année, 24 heures sur 24. « Ici c’est comme un camping, s’amuse Patrick Brégeon. Notre rôle est de s’assurer que tout le monde est bien à sa place, que tout se passe bien sur les pontons, dans les sanitaires et aux abords du port ». La petite équipe possède aussi deux bateaux pilotés par des hommes multifonctions : « Il faut savoir maitriser plusieurs corps de métiers. De la plomberie à l’électricité en passant par la menuiserie, l’entretien et la navigation », ajoute-t-il.

Chaque jour, quelque soit le temps et la force du vent les mêmes rituels se répètent. À partir de 6 heures du matin, les gardiens sillonnent le port pour faire l’inventaire des bateaux à quai. Veiller à ce que tout soit en ordre, chaque bateau à sa place. Et puis il faut vérifier que tout le monde a bien accès à l’eau et l’électricité, que les sanitaires et les pontons sont propres.

Une petite routine un peu troublée ces derniers temps par l’organisation de la compétition de voile la plus médiatique du monde. Le Vendée Globe a pris ses quartiers. Les 29 bateaux concurrents se sont amarrés sur les pontons libérés et reconfigurés pour l’occasion. Une centaine d’embarcations ont été déplacées par les équipes d’un port remodelé pour accueillir les skippers et leurs montures. Aux voiliers de course s’ajoutent les bateaux de l’organisation, des équipes et les embarcations commerciales. Tout a été pensé et étudier à l’avance. Tout comme l’opération de dragage : « nous l’avons réalisée il y a un an, souligne Mathieu Thebaud, directeur du port. Cela nous a pris quatre mois pour enlever la vase. Pour accueillir des bateaux du Vendée Globe qui ont 4,50 mètres de tirant d’eau, c’est indispensable. Nous recommençons l’opération tous les quatre ans. » Un travail colossal.

Mathieu Thebaud, directeur du port.

Mathieu Thebaud, directeur du port.

Autre mission pour la petite équipe : gérer la masse de plaisanciers qui veulent assister au départ. « Nous fermons le port à partir du 5 octobre pour deux mois. À l’approche du départ le port est plein comme au mois d’août.» Loin de déplaire aux hommes en gris, cette affluence apporte une nouvelle ambiance à leur quotidien comme le décrit le maître de port adjoint, Franck Wojcik : « c’est super d’avoir le Vendée Globe, ça apporte un peu d’animation et ça nous permet de raccourcir la période hivernale qui est moins drôle. C’est aussi l’occasion de faire de belles rencontres. On croise des gens qui arrivent de plusieurs horizons différents. »

La majeure partie du travail de Mathieu Thebaud et de son équipe s’effectue en amont de l’événement. Une fois les voiliers installés à quai, ils sont relayés au second plan, l’organisation de la course prend le relai. « C’est tellement énorme que ça nous dépasse », confie le directeur d’Olona. Alors ils continuent leurs activités quotidiennes et se tiennent prêts à répondre aux sollicitation de l’organisation ou des skippers. La capitainerie prend des airs d’office de tourisme. Sophie Durandet, la secrétaire, passe sa journée à répondre aux questions des visiteurs.

Une partie de l'équipe du port d'Olona, dirigée par Mathieu Thebaud, qui accueil le Vendée Globe. Ils sont quatorze toute l'année et prévoient une dizaine de personnes supplémentaires le jour du départ pour assurer la sécurité en haut des pontons.

Une partie de l’équipe du port d’Olona, dirigée par Mathieu Thebaud, qui accueil le Vendée Globe. Ils sont quatorze toute l’année et prévoient une dizaine de personnes supplémentaires le jour du départ pour assurer la sécurité en haut des pontons.

Patrick Brégeon près des bateaux de course.

Patrick Brégeon près des bateaux de course.

Dimanche, jour de départ de la flotte, ils seront au premier plan. Certains skippers font personnellement appelle à leur service pour les aider à manoeuvrer les voiliers en toute sécurité. Thebaud : « C’est le jour le plus stressant pour nous. Surtout si la météo est défavorable. Tout le monde veut partir en même temps pour suivre les coureurs jusqu’au dernier moment. Durant quelques heures on devient la police du port.»

Le départ de la course donnée, les artisans du port rentrent au camp de base. L’ambiance des jours qui suivent change subitement. « C’est tout calme, tout le monde est parti, tout est vide, creux, se souvient Sophie Durandet qui a assisté à toutes les éditions. C’est presque le cafard. » Avant que tout ne recommence…quatre ans plus tard.

Méryll Boulangeat @Meryll_B

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Vendée Globe : Une solitaire en équipe

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Pendant une semaine, retrouvez, chaque jour un article sur le Vendée Globe. Découvrez les coulisses de ce grand événement à travers des histoires, des acteurs et des hommes de l’ombre. Rencontre, aujourd’hui, avec les préparateurs de bateaux.

J-4 avant le départ. Les vas-et-viens se multiplient sur les bateaux de course. Ici et là, les équipes s’affairent à peaufiner les derniers réglages. L’ultime ligne droite avant le verdict : quels bateaux franchiront la ligne d’arrivée ? L’histoire et les statistiques racontent qu’en moyenne un bateau sur deux n’arrivera pas au bout suite à des pannes, des casses et des accidents de parcours.

Pour pallier à ces imprévus, les skippers ne sont pas seuls. Toute une équipe est à leur disposition durant les mois qui précèdent le départ des compétiteurs. Depuis deux semaines et demi les chantiers de tous les skippers ont été délocalisés aux Sables d’Olonne. Loin de l’agitation des pontons ouverts au public, les équipes techniques se retrouvent dans la zone qui leur est réservée. Le calme qui y règne contraste avec le brouhaha et les allées venues incessants qui entourent les bateaux de course. Certaines équipes ont apporté leurs containers ou leurs véhicules aménagés en atelier, d’autres en ont loués sur place. Selon les équipes, les différences sont frappantes : les budgets se reflètent à travers les ateliers disposés sur la zone.

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Emeric Lynch, préparateur du bateau La Fabrique

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Le skipper, Thomas Ruyant, avec son équipe de préparateurs, dans leur ateliers lors des dernières phases de préparation.

Le skipper, Thomas Ruyant, avec son équipe de préparateurs, dans leur ateliers lors des dernières phases de préparation.

La taille des équipages aussi varie en fonction des porteurs de projets. Quatre techniciens pour les plus petites équipes à vingt personnes pour les plus grosses. Gilles Campan, alias Panpan, est boat captain (responsable technique et navigation) du bateau japonais de Kojiro Shiraishi. À la fois technicien et marin, celui qui a déjà travaillé sur trois éditions du Vendée Globe s’appuie sur quatre autres spécialistes pour préparer le bateau à subir les tempêtes des mers du monde. « Depuis le mois d’avril nous travaillons tous les jours sur le bateau pour qu’il soit prêt dimanche, explique-t-il. Toutes les pièces ont été démontées, inspectées, réparées ou remplacées et remontées. Polyvalent, il faut être capable d’avoir une vision globale sur tous les aspects qui touchent le bateau.» Informatique, électricité, électronique, hydraulique, voilerie, matelotage, tout doit être vérifié et maîtrisé avant le départ. « Il faut anticiper, penser à tous les scénarios possibles pour être capable de pallier aux défaillances. C’est ce qui fait le charme du Vendée Globe, tu ne sais jamais ce qui va se passer à l’avance », sourit-il.

Quelques places de port plus loin, Philippe Cairo s’affaire avec son équipe et son fils sur le voilier de Romain Attanasio. Lui aussi, comme la majorité des techniciens, fait partie des incontournables du Vendée Globe. Trois éditions, et des tonnes d’histoires à raconter à son actif aux côtés d’Ellen Mc Arthur (2000), d’Armel Le Cléac’h (2008) et de Jean-Pierre Dick (2012). Sur les pontons de la plus importante course de voile du monde, tout le monde se connaît. Les techniciens passent d’un bateau à un autre, partagent leurs connaissances, leurs compétences, leurs expériences. « C’est une belle aventure, confie Cairo que l’on surnomme Pipo. Quand on intègre une équipe, on intègre une petite famille. Plus l’équipe est restreinte et plus les liens sont forts. Plus qu’un travail, le Vendée Globe est une aventure humaine. La relation avec le skipper n’est plus jamais la même.»

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Philippe Cairo, alias Pipo, peaufine les derniers préparatifs du bateau de Romain Attanasio.

Philippe Cairo, alias Pipo, peaufine les derniers préparatifs du bateau de Romain Attanasio.

À quelques jours du Vendée Globe, la pression monte sur les pontons. L’équipe termine les derniers réglages, « sur un bateau il y a toujours des choses à faire », confie Marine Viau du projet Imagine, une des rares filles à faire partie de l’équipe des préparateurs. Le départ se rapproche, la « jobliste » s’épure. « Dans la phase finale nous remplissons le bateau avec les sacs de nourriture, l’outillage et le spare », explique Campan. Le spare, ce sont les pièces de rechanges et de secours pour pallier aux problèmes qui surviennent tout au long de la traversée. Les équipages préparent des listes, plastifiées, sur lesquelles tout le matériel embarqué est répertorié. En cas de problème, le skipper contacte ses préparateurs pour savoir où sont rangés les pièces et les outils dont il a besoin. Une fois les bateaux au large, les techniciens restent sur le qui vive. Connectés à leurs téléphones, leurs ordinateurs portables, ils vivent eux aussi au rythme du vent et des vagues, suivent chaque mouvement de leur protégé et du bateau sur internet.

Chaque sac est numéroté et tout ce qu'ils contiennent est répertorié sur des fiches plastifiés.

Chaque sac est numéroté et tout ce qu’ils contiennent est répertorié sur des fiches plastifiés.

En attendant le départ, une petite paranoïa s’installe sur les pontons du Vendée Globe et dans la tête de tous ceux qui ont passé leurs derniers mois à bichonner ces voiliers de compétition : « Qu’est-ce qu’on a bien pu oublier ? Est-ce qu’on a bien tout vérifié ? » Encore et encore, jusqu’à la dernière minute, ils tournent sur le bateau, l’observe, le scrute, à la recherche du moindre détail qui pourrait leur avoir échappé. « Parfois on en rêve même la nuit », s’amuse Campan. « Il faut sortir du bateau, puis revenir pour avoir un autre point de vue. Et puis, toujours douter un peu pour ne rien louper », continue Cairo.

Le moment arrivé, les préparateurs devront quitter le bateau, laisser le skipper voler de ses propres ailes. « Enfin », disent-ils tous avec, déjà, une petite pointe de nostalgie dans la voix. «On s’attache au bateau, confie Cairo. On fini par les aimer comme des vieilles bagnoles».

Leur tâche terminée, il les regarderont, au loin, voguer sur les eaux du monde entier avec l’espoir avoué de les voir franchir la ligne d’arrivée entiers. Là, seulement là, leur mission sera accomplie.

Méryll Boulangeat

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Le ponton d’en face

Pendant une semaine, retrouvez, chaque jour un article sur le Vendée Globe. Découvrez les coulisses de ce grand événement à travers des histoires, des acteurs et des hommes de l’ombre.

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Le ponton des bateaux de course vue depuis la terrasse d’Étoile, le catamaran de Bob Escoffier qui propose des prestations réceptives pour les sponsors et les entreprises.

 

Comme tous les quatre ans, la station balnéaire des Sables d’Olonne a revêtit sa tenue de terre d’accueil du Vendée Globe. Le village installé pour l’occasion est en ébullition. Des milliers de pieds foulent, chaque jour, les quais du port de plaisance. Poussés par l’espoir de croiser l’un des navigateurs qui participera à cette nouvelle édition, la curiosité de voir les bateaux de courses ou l’envie de comprendre ces aventuriers des temps modernes, tous veulent être au plus prés des bateaux et de leurs occupants.

Le catamaran Étoile

Le catamaran Étoile

Sur le ponton d’en face, loin de l’ébullition du quai principal, Bob Escoffier fait la sieste, au calme, à bord d’Étoile, son catamaran à moteur de 20 mètres de long pour 8,50 mètres de large. Pour les trois semaines qui précèdent le départ du Vendée Globe, le bateau dans lequel il vit avec sa femme Françoise dix mois de l’année, a été affrété par Quéguiner. La marque spécialiste des matériaux de construction, basée dans le grand ouest, a choisi le bateau du couple pour accueillir ses clients privilégiés, ses partenaires, ses fournisseurs et ses collaborateurs. Ainsi, chaque jour, une cinquantaine de personnes invitées par la marque, foulent les tapis gris clair ou la terrasse panoramique du catamaran pour prendre le petit-déjeuner, profiter d’une pause réconfort ou boire des cocktails en fin de journée. Aux prestations, s’ajoutent les récits du propriétaire des lieux, ancien navigateur qui a passé le virus à sa fille qui a, elle aussi fait le tour du monde avant de rencontrer son mari, qui sera sur la ligne de départ de cette édition.

 

Bob Escoffier propose des prestations sur tous les départs de course au large depuis plus de trente ans

Bob Escoffier propose des prestations, à bord de son bateau, sur tous les départs de course au large depuis plus de trente ans

L’enseigne familiale Quéguiner, sponsor du navigateur Yann Éliés, a trouvé dans le bateau de Bob Escoffier le moyen d’offrir à ses collaborateurs une expérience unique. « C’est le lieu idéal pour se ressourcer entre deux visites dans le village, explique Mickaël Le Goslès, responsable communication du groupe Quéguiner. C’est un très beau bateau pour recevoir mais c’est aussi l’ambiance qui nous a séduit. Bob et Françoise sont très chaleureux. Et puis nous sommes au cœur de l’événement, au plus prés des bateaux, cela donne du sens à notre projet. Les gens partent d’ici avec le sourire.»

Mickaël Le Goslès, responsable communication de Quéguiner, la marque qui a affrété Étoile pour accueillir ses collaborateurs

Mickaël Le Goslès, responsable communication de Quéguiner, la marque qui a affrété Étoile pour accueillir ses collaborateurs

 

Étoile lors du départ de la course en solitaire du Figaro en juin 2014 CP/ Alexis Courcoux

Étoile lors du départ de la course en solitaire du Figaro en juin 2014
CP/ Alexis Courcoux

Le propriétaire d’Étoile n’en est pas à son coup d’essai. Bien au contraire. Aujourd’hui proche de la retraite il ne lui reste que son catamaran mais pendant plus de trente ans il a multiplié les bateaux pour proposer des expériences uniques aux marques et aux particuliers sur tous les grands départs de courses au large. Vendée Globe, Route du Rhum, Transat Jacques Vabres, il est partout et fait partie des pionniers de ce florissant business du réceptif. Les courses se succèdent. Pas une année ne passe sans que Bob et sa femme ne se trouvent sur un ponton de départ de course. En marins passionnés, pas question pour le couple de faire l’impasse sur ces grand rendez-vous qui représentent la moitié de leur revenus. «Ici, en deux semaines je double mon chiffre d’affaire annuel », constate Bob Escoffier.

Vue privilégiée sur le ponton des bateaux de courses depuis la terrasse panoramique d'Étoile

Vue privilégiée sur le ponton des bateaux de courses depuis la terrasse panoramique d’Étoile

Au sommet de sa carrière, il possédait quinze bateaux, tous restaurés, pour accueillir marques et entreprises avant et pendant les départs de courses. « Sur la Route du Rhum, nous avons été affréteurs officiels sur trois éditions. Nous gérions la totalité des prestations proposées sur l’eau. La demande était telle que nous avons dû louer des bateaux supplémentaires. Nous avons accueillis plus de 8 000 passagers et embauché une centaine de personnes pour l’occasion.»

Dimanche, à bord d’Étoile, une trentaine de privilégiés accompagneront les participants du Vendée Globe jusqu’au départ, pour un dernier signe, un dernier regard avant des mois passés à sillonner les océans. Bob, Françoise et Étoile, eux, rejoindront ensuite leur port de Saint-Malo en attendant le prochain départ d’une course au large.

Méryll Boulangeat

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Une survie presque parfaite

Départ de la régate de tricatamaran entre l'ïle d'Houat et le port d'Arradon. CP/ hocus-focus.bzh

Départ de la régate de tricatamaran entre l’ïle d’Houat et le port d’Arradon.                                                                             CP/ hocus-focus.bzh

Le petit magasin de l’Eau Vive de Vannes, en Bretagne, est en ébullition. Devant l’entrée, une arche gonflable noire imprimée du logo de l’association « Du Flocon à La Vague » annonce la couleur. Douze champions d’hier et d’aujourd’hui se sont donnés rendez-vous dans l’enseigne biologique pour le lancement de l’Odyssée Bretonne, une compétition multisports regroupant des sportifs aux palmarès internationaux dans divers univers. Parmi eux, Fabrice Jeannet, double champion olympique d’escrime, Mathieu Crépel, double champion du monde de snowboard, Fabienne d’Ortoli, championne du monde de kite surf, Damien Castera, champion d’Europe de longboard, Justine Mauvin, championne de France de longboard, Philippe Mesmeur, windsurfeur, Nicolas Boidevezi, navigateur et Nathalie Cottard, championne de windsurf . Mais aussi des explorateurs animés par le goût de l’aventure comme Sarah Hébert, qui prépare un tour du monde à la voile, Ewen Le Goff et Aurélien Jacob, qui partent avec Ronan Gladu à la découverte de nouvelles vagues à surfer dans le monde entier.

Ewen Le Goff, Nathalie Cottard, XXX et Roland Jourdain, navigateur et parrain de l'évènement.

Ewen Le Goff (surf), Roland Jourdain, navigateur et parrain de l’évènement, Nathalie Cottard (windsurf) et Aurélien Jacob (surf, team Lost in the swell).                                                                                                                                                                                                         CP/Renaud Hermen

C’est là, à Vannes, au cœur du golf du Morbihan, que ces champions invités par l’association « Du Flocon à La Vague » découvrent le programme concocté par « Lost in the swell », le trio de surfeurs-explorateurs, partenaires et organisateurs de l’événement. Quatre équipes de trois sont composées. La première épreuve est lancée. Drôle de décor que ce magasin biologique pour débuter une compétition sportive. Le principe est simple : Chaque équipe dispose d’un budget, offert par l’Eau Vive, sponsor de l’événement, pour confectionner un panier garni en vue d’une épreuve qui aura lieu deux jours plus tard. Les concurrents, se retrouveront en autonomie complète pendant 24 heures sur une île au large du golfe du Morbihan.

La championne du monde de kitesurf, Fabienne d'Ortoli, prépare son panier garni pour l'épreuve de survie. CP/ hocus-focus.bzh

La championne du monde de kitesurf, Fabienne d’Ortoli, prépare son panier garni en vue de l’épreuve de survie.         CP/ hocus-focus.bzh

Les emplettes terminées, les épreuves sportives peuvent commencer. Pendant trois jours, elles se succèdent dans des décors somptueux. Course de stand up paddle autour de deux petits îlots bordant la côte bretonne, régates en trimaran dans le golfe du Morbihan, chasse au trésor et natation sur les terres et les rives sauvages de l’île d’Ilur.

Fabrice Jeannet (escrime), Aurélien Jacob (surf), Nathalie Cottard (windsurf), Philippe Mesmeur (windsurf) et Justine Maunin (surf)

Fabrice Jeannet (escrime), Aurélien Jacob (surf), Nathalie Cottard (windsurf), Philippe Mesmeur (windsurf) et Justine Mauvin (surf) avant l’épreuve de paddle board.                                                                                                                                CP/ Renaud Hermen

 

Nicolas Boidevezi (navigateur) au départ du stand up puddle. CP/Renaud Hermen

Nicolas Boidevezi (navigateur) au départ du stand up puddle.                                                                                               CP/Renaud Hermen

 

Départ de la compétition de stand up paddle CP/Renaud Hermen

Départ de la compétition de stand up paddle                                                                                                                              CP/Renaud Hermen

 

Course de stand up paddle.

Course de stand up paddle.                                                                                                                                                                    CP/ hocus-focus.bzh

 

Régate dans le golf du Morbihan.

Régate dans le golfe du Morbihan.                                                                                                                                                         CP/ hocus-focus.bzh

 

Départ de l'épreuve de chasse au trésor sur l'île d'Ilur, sous les ordres du gardien de l'île.

Départ de l’épreuve de chasse au trésor sur l’île d’Ilur, sous les ordres de Vincent Chapuis, le gardien de l’île.                                                               CP/ hocus-focus.bzh

Cette Odyssée bretonne n’est pas le coup d’essai de l’association basque dont l’objectif est de sensibiliser le public à la protection de l’eau et de l’environnement via le sport. À travers ces défis sportifs, dans des paysages où la nature offre ce qu’elle a de plus beau, le message de l’association prend tout son sens. « Cette Odyssée, mais aussi celles qui se déroulent dans les Alpes, la Corse ou le Pays Basque, sont des prétextes pour montrer qu’il existe des endroits magnifiques en France et sur terre. Nous voulons que tout le monde en prenne conscience et se sente concerné par la protection de l’eau et de ces lieux idylliques », explique Bernard Crépel, le président de l’association. Un discours appuyé par le responsable pédagogique de l’association, Renaud Hermen : « Les Odyssées sont aussi l’occasion de sensibiliser les populations locales à la protection de leur environnement. Des enfants viennent rencontrer les champions. Nous passons aussi dans les classes de la région où nous sommes. Ici, en Bretagne, plus de 800 élèves ont fait partie du programme. » Ainsi les enfants bretons ont eu la chance de faire du paddle board ou de la voile avec les champions. Des moments de partage et des souvenirs uniques pour les petits citoyens de demain.

Sarah Hébert (windsurf), Fabienne D'Ortoli (kitesurf) et Justine Mauvin (surf) font  découvrir les joies du paddle aux enfants bretons.

Sarah Hébert (windsurf), Fabienne D’Ortoli (kitesurf) et Justine Mauvin (surf) font découvrir les joies du paddle aux enfants bretons.

Retour sur l’île d’Ilur, joyau paisible du golfe du Morbihan, géré par le conservatoire du littoral. Outre les épreuves sportives, les équipes ont eu la chance de découvrir la faune et la flore locale : Observation d’hippocampes dans leur milieu naturel, relevé et analyse de plancton, pêche à la palourde, ramassage de plantes invasives et comestibles, les tétragones.

L'île d'Ilur

L’île d’Ilur                                                                                                                                                                                                      CP/ hocus-focus.bzh

Observation des hypocampes dans leur milieu naturel

Observation des hypocampes dans leur milieu naturel                                                                                                                    CP/ hocus-focus.bzh

Après une journée passée sur la petite île dont le plus haut point culmine à 17 mètres, les sportifs-aventuriers se sont lancés dans une régate de trimaran pour rejoindre l’île d’Houat, à l’extérieur du golfe. Près de quatre heures de navigation entre golfe et Océan. Quatre heures à virer de bords pour arriver, deux équipes au coude à coude, sur une large plage de sable blanc, déserte. Il fait encore beau et jour. L’occasion pour les surfeurs de l’aventure de rejoindre une baie à une quinzaine de minutes du mouillage pour profiter des derniers rayons du soleil et des seules vagues de l’île. Les autres apprécient le spectacle et le coucher de soleil avant que tout le monde ne se retrouve au camp de base.

CP/ hocus-focus.bzh

CP/ hocus-focus.bzh

Arrivée sur l'île d'Houat.

Arrivée sur l’île d’Houat.                                                                                                                                                                              CP/ hocus-focus.bzh

C’est l’heure de l’épreuve tant attendue : La survie presque parfaite. Chaque équipe, munie d’un kit de survie et de son panier concocté à l’Eau Vive doit proposer un repas aux autres équipes. Toutes seront notées sur trois critères : le menu, la décoration et l’ambiance. Alors que la nuit tombe, les équipes s’affairent, lampes frontales vissées sur la tête. Chacune fini par proposer son menu disposé sur des planches de surf ou des paddle board entourés de coquillages ou surélevés par des tas de sable. La scène est insolite. Légumes au Sarrazin et salade de tétragones ramassées la veille pour les uns, fajitas à la tagine de légumes pour les autres. Tofu au curry et salade de fruits au menu des troisièmes et palourdes aux tétragones et à l’huile de truffe pour les derniers. L’épreuve de survie a tenue ses promesses.

Justine Maunin et Fabienne d'Ortoli en pleine épreuve de survie CP/Renaud Hermen

Justine Mauvin et Fabienne d’Ortoli en pleine épreuve de survie                                                                                          CP/Renaud Hermen

Aurélien Jacob en pleine épreuve de survie CP/Renaud Hermen

Aurélien Jacob en pleine épreuve de survie                                                                                                                          CP/Renaud Hermen

Préparation du repas de l'épreuve "une survie presque parfaite" par l'équipe bleue composée de Sarah Hébert (windsurf), Damien Castera (surf) et Mathier Crépel (snowboard).

Préparation du repas de l’épreuve « une survie presque parfaite » par l’équipe bleue composée de Sarah Hébert (windsurf), Damien Castera (surf) et Mathieu Crépel (snowboard).                                                                                                  CP/ hocus-focus.bzh

Fabrice Jeannet (escrime), Nicolas Boidevezi (navigateur) et Méryll Boulangeat (ski) déguste leur "repas de survie". CP/ hocus-focus.bzh

Fabrice Jeannet (escrime), Nicolas Boidevezi (navigateur) et Méryll Boulangeat (ski) dégustent leur « repas de survie ». CP/ hocus-focus.bzh

La lune ayant pris ses quartiers d’été, les équipes rejoignent leurs bateaux. Certains profitent de la belle étoile alors que d’autres installent leurs tentes sur le ponton. Bercés par les vagues, le calme des lieux prend le dessus, les sportifs, apprentis marins pour certains, s’endorment au rythme de l’océan.

Réveillés par le soleil qui se fraie une place parmi les nuages, les équipes se préparent pour la dernière navigation : Le retour vers le continent. Le ciel est plus menaçant que les jours précédents. Quelques gouttes et le froid prennent part à la fête, avant que les équipages ne rejoignent le golfe. Le soleil fait son grand retour pour dévoiler les côtes verdoyantes des petites îles qui bordent le chemin jusqu’à la ligne d’arrivée.

CP/Renaud Hermen

CP/Renaud Hermen

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CP/ hocus-focus.bzh

La journée se termine, comme l’aventure, autour d’une crêpe et d’un verre. Les bleus ont remportés le trophée mais la vraie victoire, elle, est collective : L’Odyssée à permis aux sportifs de s’exprimer dans ce qu’ils savaient faire de mieux pour délivrer un message qui leur tient à cœur : « La nature est un cadeau, préservons la ».

Méryll Boulangeat @Meryll_B

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Au terme de trois jours de compétitions, l'équipe bleue l'emporte (Mathieu Crépel, Sarh Hébert et Damien Castera).

Au terme de trois jours de compétitions, l’équipe bleue l’emporte (Mathieu Crépel, Sarh Hébert et Damien Castera).

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Pierra Menta #5 : «Comme une petite dépression»

Sixième victoire sur la Pierra Menta pour Laetitia Roux avec 48 minutes d'avance sur ses poursuivantes.  Credit Photo/ Jocelyn Chavy

Sixième victoire sur la Pierra Menta pour Laetitia Roux avec 48 minutes d’avance sur ses poursuivantes.
Credit Photo/ Jocelyn Chavy

Laetitia Roux vient de remporter, avec sa coéquipière Axelle Mollaret, sa sixième Pierra Menta. Avec 83 kilomètres de course et 10 500 mètres d’ascension la course de ski-alpinisme la plus difficile au monde a tenu ses promesses. La favorite de l’épreuve, Laetitia Roux, aussi. Pour ce dernier épisode, elle évoque la journée qui l’a conduite au titre mais aussi ce qu’elle aime dans ce sport.

« En passant la ligne d’arrivée, je me suis dis « ça y est, c’est fait, c’est fini ! ». Une petite phrase accompagnée d’un grand soulagement et d’un moment de bonheur. Même si tout s’est passé idéalement pour notre équipe depuis le premier jour, rien n’est gagné d’avance. Jusqu’à la ligne d’arrivée, tout peut arriver. L’avance accumulée nous laissait une marge d’erreur mais il faut savoir rester concentré. Ne pas se laisser parasiter par l’enjeu. D’ailleurs dans enjeu, il y a jeu. Et c’est ce qui me plaît dans le ski-alpinisme. Nous sommes tous de grands enfants et j’essaie de trouver dans la compétition tout ce qui peut être amusant. Pour moi, la base de la réussite passe par le plaisir. Je vis tout comme si c’était un jeu. Je joue avec le terrain, je joue avec les gens qui nous encouragent, je joue avec mon corps, je joue avec les sensations. Tout le monde ne comprend pas quel plaisir nous trouvons dans ces efforts intenses. Cette année a été particulièrement difficile avec quatre étapes de taille. Mais lorsque l’on est bien entraîné, il y a dans l’effort quelque chose de plaisant. Ce n’est pas la même souffrance que lorsque l’on est moins en forme. C’est agréable de sentir son corps qui fonctionne bien, de sentir battre son cœur à fond, de sentir ses muscles qui travaillent. Il y a une sensation de contrôle de soi poussée à l’extrême. Déplacer ses limites, se mettre dans le rouge, varier les rythmes, accélérer, relancer. Tout est possible car on s’en sent capable. Actifs, on ne subit pas l’effort, on le crée. C’est pour toutes ces raisons que j’aime ce sport, mon sport.

La course maintenant terminée, c’est une autre épreuve qu’il va falloir affronter : Le petit coup de moins bien qui va s’abattre sur tous les compétiteurs lors des prochains jours. Après quatre jours intenses aussi bien au niveau physique qu’émotionnel, c’est toujours difficile de se retrouver chez soi. Plus de bruit, plus d’agitation, plus d’objectif. C’est le vide. Tout retombe. C’est comme une petite dépression. Mentalement et physiquement. Pendant quatre jours, on puise dans nos ressources. C’est fou à quel point on est capable d’aller loin. Pour le corps aussi c’est violent. Comme ça, du jour au lendemain, plus rien ne se passe. C’est pour ça que demain j’irai quand même faire une petite sortie. Pour que la transition soit plus douce. Un petit tour pendant lequel je repenserai à cette belle Pierra Menta. Cette édition était magnifique, je n’aurais pas pu rêver mieux. Une victoire, du beau temps, de la bonne neige, des paysages toujours aussi fascinants et une ambiance incroyable.

Plus de 5 000 spectateurs massés au sommet du Grand Mont.  Crédit Photo/ Jocelyn Chavy

Plus de 5 000 spectateurs massés au sommet du Grand Mont.
Crédit Photo/ Jocelyn Chavy

Comme chaque année, le plus impressionnant était au sommet du Grand Mont. Environ 5 000 personnes étaient présentes avec cloches et autres outils pour nous transporter vers le sommet. C’est incroyable cette ambiance. Tu as l’impression d’être sur une étape du tour de France, tellement c’est bruyant ! Ça fait comme une haie d’honneur. Personnellement, toute cette énergie me transcende.

"Une ambiance digne du Tour de France". Ici en 2015.

« Une ambiance digne du Tour de France ». Ici en 2015.

Cloches, déguisements, cris..? Les années se suivent, l'ambiance est toujours aussi impressionnante sur la Pierra Menta. Images de 2015.

Cloches, déguisements, cris..? Les années se suivent, l’ambiance est toujours aussi impressionnante sur la Pierra Menta. Images de 2015.

Je savais que ma famille et mes amis seraient là. Avec une banderole et leurs bandeaux bleus. À l’approche du sommet, je les cherchais du regard. Quand je les ai repérés, je me suis arrêtée leur faire une bise. Nous avions de l’avance. C’est un luxe de pouvoir faire ça et tellement important pour moi de partager ces moments intenses avec mes proches. C’est aussi un bon moment d’attendre les autres filles qui passent la ligne d’arrivée. On se voit toute l’année, ce sont plus que des concurrentes. Elles sont devenues des amies et je suis fière quand je les vois franchir la ligne d’arrivée. La Pierra Menta reste un gros challenge pour tout le monde. Passer la ligne d’arrivée c’est déjà une victoire. »

Propos recueillis par Méryll Boulangeat @Meryll_B

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Pierra Menta #4 : « Nous avons croisé quelques petits pièges »

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Laetitia Roux et sa coéquipière Axelle Mollaret confortent leur première place.

Toujours en tête de la Pierra Menta après trois jours de compétition, Laetitia Roux, raconte comme elle a vécu sa journée. Elle nous transporte ainsi dans les coulisses de la compétition de ski-alpinisme la plus difficile au monde. Elle évoque aussi la gestion de la course par équipe, particularité de cette compétition qui se dispute à deux.

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« Le profil de la course était différent des autres jours. Un peu moins alpin, sur un terrain vallonné avec quelques passages en forêt et des panoramas magiques. Même si il y avait moins de difficultés purement techniques, ce n’était pas pour autant de tout repos. Le parcours était plus long qu’hier. Nous avons croisé quelques petits pièges. À commencer par la première descente en forêt. Les écarts ne s’étaient pas encore faits, il y avait du monde sur cette portion boisée, étroite et bosselée. La qualité de la neige aurait aussi pu surprendre. Un manque de vigilance est vite arrivé. La poudreuse du début de semaine a laissé place à une neige croutée sur les faces sud qui avaient pris le chaud. Nous avons réussi assez rapidement à trouver notre rythme. C’est agréable d’avoir une petite avance et de ne pas se mettre dans le rouge. J’en profite de temps en temps pour admirer les beaux paysages qui s’offrent à nous. C’est grandiose ! Je n’ai pas toujours cette chance. Parfois, tu as la tête dans le guidon et pas le temps d’observer les alentours. Tu te concentres sur tes skis, tes pieds, la neige. Et tu passes à côté de ce spectacle qu’offrent le Mont-Blanc et la Pierra Menta. J’aime aussi voir les traces formées par le parcours de la course dans la montagne. Tu vois les gens, au loin, qui montent ou qui descendent, les uns derrière les autres. Ça pourrait ressembler à un pèlerinage.

Pierra Menta J3  Crédit Photo/ Jocelyn Chavy

Pierra Menta J3
Crédit Photo/ Jocelyn Chavy

C’est la première fois que je cours la Pierra Menta avec Axelle (Mollaret, ndlr). Elle me demandait depuis deux ans d’être ma coéquipière. Nous avons déjà partagé quelques coupes du monde ensemble mais pas assez pour avoir des petites habitudes en commun. C’est facile avec elle, on s’entend bien. Et puis techniquement nous avons toutes les deux une bonne préparation physique. C’est un plus car nous n’avons pas besoin de sortir l’élastique pour nous tirer.

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C’est à la descente que l’entraide de la course par équipe prend tout son sens. Axelle est un peu moins à l’aise dans ces parties-là qu’à la montée. Du coup, je passe devant. Elle me suit. Pour elle, il y a moins de lecture de terrain à faire et c’est plus facile d’anticiper les changements de neige et les mouvements de terrain. Pendant la course, on se parle très peu. On échange quelques mots par-ci, par-là qui se résument par : « Ça va ? Le rythme, c’est bon ? Tu veux que je passe devant ? ». Sur les coupes du monde individuelles, Axelle fait partie de mes rivales. C’est une idée bizarre de se dire qu’ici on doit échanger et partager. Mais j’adore cette facette des courses par équipe. Bien sûr, il y a quelques petits trucs que je garde pour moi. Mais finalement pas tant que ça. On s’apporte toutes les deux des choses. Pendant quatre jours, on vit ensemble. On apprend plus à partager qu’à se cacher des choses. C’est très enrichissant sur le plan humain. Parfois, on double des garçons. Cette année, ce n’est pas mon objectif de faire un bon classement avec eux. Je dois gérer ma saison pour être régulière et au top jusqu’au bout. Mais c’est plutôt amusant de voir que certains ne veulent pas être derrière nous. Cela pourrait être un objectif intéressant que d’essayer de me placer dans leur classement dans les prochaines années. Mais avant, il faut penser à la journée de demain ! »

Propos recueillis par Méryll Boulangeat @Meryll_B

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Crédit Photo/ Jocelyn Chavy

Crédit Photo/ Jocelyn Chavy

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Pierra Menta #3 : « La sieste ? Ce ne sera pas pour aujourd’hui ! »

Pierra Menta J2 - Laetitia Roux et Axelle Mollaret confortent leur avance au classement général. Crédit photo/Jocelyn Chavy

Pierra Menta J2 – Laetitia Roux et Axelle Mollaret confortent leur avance au classement général.
Crédit photo/Jocelyn Chavy

Laetitia Roux, quinze fois championne du monde de ski-alpinisme, nous fait découvrir, au jour le jour, les coulisses de la mythique Pierra Menta. Encore victorieuse de l’étape d’aujourd’hui, elle raconte sa journée marathon, sur les skis et en dehors.

Crédit photo/Jocelyn Chavy

Crédit photo/Jocelyn Chavy

« Le départ de l’étape d’aujourd’hui était assez stratégique, comme souvent. Nous sommes partis en masse en direction de la première montée. L’idée est de se décrocher rapidement du peloton pour ne pas être coincés sur les parties techniques. Au départ la piste est large et damée. Tout le monde peut se frayer une place. Puis nous arrivons en zone hors pistes où il y a seulement deux traces. C’est la partie la plus technique avec des conversions et de la neige qui glisse sous le pied. Les garçons sont plus rapides sur le sprint du départ mais certains pêchent sur ces zones. Cela peut entraîner quelques « bouchons ». Dans ces cas là, c’est la queue leu-leu : Impossible de doubler. Il faut se bouger les fesses dès le début pour éviter d’être au milieu du peloton et de ces embouteillages ! La première montée est arrivée rapidement. Elle était longue et difficile. J’avais froid aux mains et j’ai commencé à faire un début d’hypoglycémie. Sensation difficile à expliquer. Tu sens que tu perds de l’énergie. Il faut manger rapidement. Quand c’est trop tard, c’est trop tard. Le froid avait tout gelé : l’eau et les gels énergétiques étaient tous durs. Impossible de se ravitailler dans la première montée. L’effort était trop intense et il ne fallait pas perdre de temps sur cette partie. J’ai pris sur moi. Dès la première descente les écarts se sont creusés. J’ai profité de la deuxième grimpée pour mettre ma gourde dans ma combine, histoire de réchauffer la boisson énergétique. Et puis j’ai « croqué » dans mon gel énergétique ! J’ai repris des forces, nous avons fini par trouver notre rythme. La suite s’est bien passée, nous n’avons pas vu nos concurrentes revenir. Au final, nous avons doublé notre avance d’hier. Une bonne chose pour la suite. Une fois la ligne d’arrivée franchie, je n’ai pas fini mon parcours du combattant. À peine le temps de manger quelques graines que j’enchaîne les interviews. En suite, pas question de ne pas passer un peu de temps avec ma famille et mes amis qui ont fait le déplacement. Un petit tour auprès des partenaires et c’est enfin le moment de prendre une douche. Un peu de répit dans cette journée chargée. Autre moment indispensable à la recharge de mes batteries : Le déjeuner. D’habitude, j’enchaîne avec une séance de Compex (electrostimulateur, ndlr) et une sieste réparatrice. Mais aujourd’hui, les choses en ont décidé autrement. Toc, toc, toc. Les petites mains qui luttent contre le dopage des sportifs tapent à ma porte : Contrôles urinaires et sanguins inopinés. Le deuxième en deux semaines. La sieste ? Ce ne sera pas pour aujourd’hui ! C’est un peu frustrant mais nous savons que ça fait partie du jeu. À la place, direction la salle de soins pour retrouver notre kiné de l’équipe de France, Danny, pour un massage.

Laetitia Roux récupère entre les mains du kiné de l'équipe fédéral.

Laetitia Roux récupère entre les mains du kiné de l’équipe fédéral.

Une récupération de courte durée avant d’enchaîner deux heures d’interviews. Puis c’est le moment de découvrir le profil de l’étape de demain lors du débriefing. Pas beaucoup plus difficile qu’aujourd’hui mais un peu plus long. Après le diner et avant de me coucher, il me reste encore une étape importante : La préparation du matériel.

Chaque jour, les coureurs fartent leurs peaux pour augmenter la capacité de glisse lors de la montée.

Chaque jour, les coureurs fartent leurs peaux pour augmenter la capacité de glisse lors de la montée.

C’est important que tout soit parfait. À commencer par les skis qui sont fartés tous les soirs par le technicien de l’équipe de France. Sur une compétition comme la Pierra Menta je n’utilise qu’une paire de ski, comme le prévoit le règlement. De mon côté je farte les peaux de phoques pour faire en sorte que ça ne botte pas (que la neige ne colle pas sur les peaux quand elles sont humides, ndlr). Cela permet d’avoir une meilleure glisse à la montée. Je prépare ensuite mon sac à dos que je porte pendant toute la course. Il pèse environ 700 grammes. À l’intérieur, le matériel obligatoire : Pelle, sonde, couches protectrices (sur-pantalon, coupe-vent). Avec les températures basses du moment, nous devons aussi prévoir une couche thermique. Parfois les crampons sont obligatoires, mais pas demain. Et puis bien sûr, de quoi se réhydrater et pallier aux fringales passagères.

Tous les soirs, Laetitia Roux passe du temps à préparer son sac pour la course du lendemain

Tous les soirs, Laetitia Roux passe du temps à préparer son sac pour la course du lendemain

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Le sac est bouclé, les affaires sont prêtes. La journée se termine. Et demain, il faudra tout recommencer ! »

Propos recueillis par Méryll Boulangeat @Meryll_B

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Crédit photo/Jocelyn Chavy

Pierra Menta J2                                                                                                                                                      Crédit photo/Jocelyn Chavy

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